Stadium Stories

04/09/2013

En Italie, le championnat reprend toujours fin du mois d'Août, plus tard que dans les autres pays d'Europe. Il aura fallu un peu de patience afin de voir la Serie A reprendre en cette saison 2009/2010. Présent à Rome, c'est bel et bien la Lazio qui jouera ce premier match à domicile. L'adversaire du jour, l'Atalanta Bergame. Ce n'était certes pas une immense affiche pour un Dimanche après-midi au Stadio Olimpico, mais c'était une chance pour moi de découvrir ce stade mythique, ainsi que les supporters Laziali, les « Irriducibili » à cette époque. Après les vacances d'été, c'était enfin l'heure de la reprise pour la Serie A.

Voici quelques infos sur le match :


Match : Lazio – Atalanta (1-0)

Buts : Rocchi, 22' (Lazio)

Stade : Stadio Olimpico, Roma, Italie

Compétition : Serie A, 1ère journée

Date : 23 Aout 2009.

Contexte

Ce match donnait le coup d'envoi de la saison 2009/2010 pour ces deux équipes. La Lazio jouait donc à domicile, devant des supporters heureux et très enthousiastes à l'approche de la rencontre. En effet, la Lazio venait juste de remporter la Supercoupe d'Italie, lors d'un match gagné 3-1 contre l'Inter de Milan, après avoir soulevé la Coupe d'Italie quelques mois plus tôt. La situation était donc idéale pour voir un beau match, dans une belle ambiance. Il faut savoir le reconnaître, la Lazio n'est pas la plus grande équipe d'Italie à cette période. Malgré une jolie victoire en coupe, puis en supercoupe d'Italie, le club a finit sa précédente saison à une petite 10ème place au classement. En revanche, on ressent une vraie ferveur de la part des supporters « biancocelesti ». Créée en 1900, ils revendiquent fièrement être la « Prima squadra della capitale », l'AS Roma n'ayant vu le jour qu'en 1927. La Lazio s'est depuis constituée un palmarès plus qu'honorable, notamment fin des années 1990, la période la plus prolifique du club. Les Laziali comptent donc 2 Scudetti, 6 Coupes d'Italie et 3 Supercoupes au niveau national, ainsi qu'une Coupe des coupes et une Supercoupe d'Europe au niveau continental. Honorable, certes, mais le vrai challenge de cette équipe, notamment du point de vue des supporters, c'est le combat qu'il mène depuis 83 ans contre leur voisin et rivaux de l'AS Roma.

Le derby romain est la source d'une immense rivalité entre les deux équipes de la capitale italienne. Des derbys disputés souvent (voire trop souvent) sous haute tension, à la fois sur le terrain et dans les tribunes. Des matchs hachés et fermés, des incidents dans et aux abords du Stadio Olimpico, en font l'un des derbys les plus intenses d'Europe. Cependant, il ne faut pas regarder que le côté négatif de ces derbys. Un match entre ces 2 équipes est avant tout un spectacle grandiose pour tout amateur de football. Il suffit de voir l'entrée des joueurs, lorsque les deux « Curve » (ou virages), face à face, déploient leurs tifos respectifs, qu'ils soient à base de drapeaux, de toiles ou de fumigènes, accompagnés des chants des groupes de supporters… Magnifique. Un vrai régal pour les yeux et les oreilles. Cette rivalité est aussi agressive car historique. Lorsque l'on supporte une équipe de Rome, la passion pour son club n'a d'égal que la haine du rival. Dans les années 20, la ville de Rome compte une dizaine de clubs, représentants les différents quartiers de la ville. Les différences sociales et économiques sont alors très appuyées entre ces différents quartiers. En 1922, les clubs romains entament une discussion de fusion, afin de créer un seul et unique club de Rome, capable de rivaliser avec les équipes du Nord, déjà bien organisées. En 1927, la fusion est officialisée et l'AS Roma est née. Seule la Lazio a refusé de prendre part à la fusion. Le club Laziale a en effet souhaité conserver son identité, du fait que cette fusion aurait fait disparaître l'ensemble de la société sportive de la Lazio (qui ne comprenait pas que le football à cette époque). Ces désaccords sont les prémices d'une rivalité qui s'annonçait grandissante. Les disparités sociales, économiques, voire politiques qui existaient entre ces clubs ont par la suite contribué à l'amplification de cette rivalité, comme on l'a connaît aujourd'hui.

Or, en cette après-midi ensoleillée, je ne me dirigeais pas vers l'Olimpico pour un derby, mais pour un match contre l'Atalanta, un match toutefois important pour entamer une nouvelle ère. C'était surtout l'occasion d'évaluer l'ambiance des tifosi Laziali, réputés très dynamiques malgré des performances sportives relativement médiocres. Immersion à Rome, où la passion prend parfois le dessus sur la raison.

Stadio Olimpico

Rome est une ville avec une très longue histoire. La capitale italienne est une des villes les plus visitées en Europe. En effet, de nombreux monuments et sites historiques datant de l'empire romain en font l'une des plus belles villes du monde. Le Colisée, l'Altare della Patria, la fontaine de Trevi, autant de lieux caractérisant la magnificence de Rome. Avec un passé aussi lourd, ses habitants ne pouvaient qu'être des gens fiers et passionnés par leur ville. Fierté et passion qui se transmettent aisément au sport, tant la culture foot est importante en Italie. Ainsi, à Rome, on est soit biancoceleste, soit giallorosso. Pas de demi-mesure. Forcément, quand on est biancoceleste, on vit biancoceleste. Le football est présent partout, restaurants, cafés, commerces, tout le monde expose son camp. En ce jour de match, Rome était bel et bien bleue et blanche. L'AS Roma se déplaçait sur le terrain du Genoa, c'est donc les tifosi laziali qui occupaient le centre ville. Depuis la victoire en Supercoupe, on commence à reprendre espoir du côté de la Lazio. Ce fut le premier trophée du club depuis leur titre de champion d'Italie en 2000. Dans les rues de Rome, la présence policière était assez importante en ce jour de match, bien qu'il ne représentait pas une grande menace au niveau de la sécurité. A croire que Rome a été mal habituée, et est sujette à de nombreux débordements. Pour rejoindre le stade, il nous faut sortir de la ville. Après quelques minutes de route en longeant le Tevere, fleuve qui traverse la ville, nous arrivions dans l'enceinte du stade olympique de Rome.

Le Stadio Olimpico est un stade mythique en Italie. Trois équipes y ont élu domicile, à savoir la Lazio de Rome, l'AS Roma et l'équipe nationale d'Italie. Aucune de ses équipes, ni même la fédération de football italienne, ne sont pour autant propriétaires de ce stade. Il est détenu par le CONI, le comité olympique national Italien. En effet, l'Olimpico fut construit en 1953 dans le but d'accueillir les Jeux Olympiques de Rome de 1960. Il a par la suite été rénové entre 1987 et 1989 en vue de la Coupe du Monde de la FIFA 1990 en Italie. Il est le 2ème plus grand stade Italien avec plus de 72.000 places, après le San Siro de Milan. L'Olimpico est effectivement surprenant. Il est notamment reconnaissable grâce à son toit, maintenu par d'immenses structures métalliques blanches très caractéristiques. A l'intérieur, les tribunes sont divisées sur deux étages ; on pourra regretter la piste d'athlétisme qui impose un espace important entre les tribunes et le terrain, notamment au niveau des virages. Ces derniers n'en restent pas moins impressionnants. La Curva Nord accueille les tifosi Laziali, tandis que la Sud accueille les tifosi Romanisti. Ces tribunes très arrondies accentuent l'effet de masse et offrent de nombreuses possibilités pour les tifos des groupes de supporters. Mais plus que le stade en lui-même, c'est tout le complexe olympique qu'il est intéressant de visiter. En effet, en face des bâtiments du CONI, ornés du signe olympique, on peut y voir un immense obélisque. A côté du stade se trouvent également la piscine olympique, plusieurs courts de Tennis, ainsi que le Stadio dei Marmi. Un petit terrain dont j'ignore l'utilité, mais très caractéristique de la ville grâce aux 64 statues Romaines qui l'entourent. Un très bel endroit, dont le contraste avec l'immense Olimpico à ses côtés est plutôt amusant.



Le match

Comme pour tout premier match de la saison, une victoire est toujours importante pour bien se lancer et gagner en confiance. C'est également un match difficile pour les joueurs, notamment au niveau physique. Le retour à la compétition après les vacances se fait en effet ressentir sur le terrain. J'espérais un résultat favorable pour la Lazio, afin de pouvoir profiter de l'ambiance de l'Olimpico les jours de victoire. Voici le 11 de départ aligné par l'entraîneur de l'époque, Davide Ballardini :

Muslera; Kolarov, Siviglia, Cribari, Lichtsteiner; Foggia (Matuzalem), Baronio (Dabo), Brocchi, Mauri, Zarate; Rocchi (Cruz).

Comme je l'ai spécifié précédemment, les joueurs avaient un peu de mal physiquement. Le rythme était relativement faible, mais il y avait du jeu. Un beau jeu de passes, de combinaisons dans de petits espaces, une organisation vraiment plaisante de la part des deux équipes. En revanche, pas beaucoup d'occasions à se mettre sous la dent. C'est ainsi qu'à la première percée Laziale dans la défense de l'Atalanta, à la 22ème minute, les locaux ont ouvert le score. Passe en profondeur dans le dos des défenseurs de Foggia pour Tommaso Rocchi, qui vient ajuster le gardien pour ouvrir son compteur but de la nouvelle saison. Après la mi-temps, les joueurs de Bergame ont beaucoup poussé pour arracher le match nul, tandis que les Laziali se contentaient de défendre et jouer en contre. Le score ne bougera pas, et la Lazio l'emportera donc 1 but à 0 pour cette première journée. Au coup de sifflet final, alors que la Curva Nord exultait, les joueurs s'effondraient de fatigue sur la pelouse. Un match correct, peu rythmé mais avec une disposition tactique intéressante, qui permet à la Lazio d'obtenir ses 3 premiers points de la saison. On pourra regretter le manque d'occasions, mais ce qui fait la beauté de ces matchs, c'est surtout l'engagement et la combativité des joueurs. Devant leurs supporters, les Laziali ont fait le nécessaire et ont globalement mérité leur victoire.



L'ambiance

Autour du stade, peu avant le match, certains groupes de supporters commençaient déjà à chanter, tout en exposant fièrement leurs tatouages de la Lazio. On pouvait ressentir un réel enthousiasme de la part des supporters. Pour la Curva Nord, le retour à la compétition s'est fait attendre. Une fois dans le stade, l'organisation y est plutôt étrange. En effet, pour un stade de 72.000 places, un match Lazio – Atalanta ne fait pas le plein. De ce fait, toute la partie Sud du stade est entièrement vide. Il faut noter que pour des matchs importants, comme la réception de la Juve ou du Milan, on compte jusqu'à 60.000 spectateurs dans le stade, la moyenne étant d'environ 36.000 par match lors de cette saison 2009/2010. Ce qui fait tout de même de la Lazio la 5ème équipe qui attirent le plus de spectateurs en Italie. Ca peut donc paraître assez étrange de voir la Curva Sud complètement vide, alors que de l'autre côté, la Nord était pleine à craquer.

Cependant, avec l'entrée des joueurs et le début du match, il est possible de constater que le stade n'est finalement pas à moitié vide, mais à moitié plein. En effet, la Curva Nord donne beaucoup de voix, même avant l'entame du match. La résonnance que produit le stade a en effet le don de faire oublier qu'il n'y a personne de l'autre côté du terrain. Alors que l'hymne du club retentissait, Vola Lazio Vola, de nombreux drapeaux et écharpes se sont levés dans le virage. La Curva Nord peut contenir plus de 15.000 supporters. C'est dire que le spectacle de couleurs qui envahissaient la tribune ainsi que les chants des supporters étaient vraiment saisissants. Lors de l'hymne, certaines paroles ont une signification importante pour les ultras laziali. A tel point que la ferveur des supporters, à ce moment là, couvre totalement la bande son qui passe dans le stade. Des paroles qui stipulent que la Lazio est la seule équipe de Rome, et pour qui les joueurs se battent avec force et honneur. Pendant le match, la Curva était très dynamique. De nombreux chants et chorégraphies venaient stimuler le Stadio Olimpico, tandis que certains supporters ne cessaient d'agiter leurs drapeaux. Lors du but de Rocchi, la Curva a littéralement explosé. S'en est suivi plusieurs explosions de pétards ou bombes artisanales. Le stade n'est certes qu'à moitié plein, mais c'est probablement l'un des plus bruyants d'Italie. En tout cas nous avons assisté à une très belle réception de l'équipe de la part des supporters, certainement pour leur souhaiter un bon retour à la maison.

L'histoire des ultras de la Lazio est assez complexe. C'est en effet à Rome que les premiers groupes de supporters Italiens ont vu le jour, en 1932. Des groupes organisés qui géraient l'ambiance et confectionnaient les tifos pour les matchs. Or, ce n'est qu'au début des années 60 que la mouvance ultra prend réellement forme en Italie. Depuis, à la Lazio, de nombreux groupes se sont créés pour finalement disparaitre quelques années plus tard, notamment dans les années 70 et 80. Or, en 1987, un groupe ultra se forme, les Irriducibli, avec la ferme intention de prendre le contrôle de la Curva Nord dans le but de réorganiser l'ambiance de l'Olimpico. Ils instaurent donc une nouvelle politique dans leur tribune, sous la gérance d'un seul groupe, en utilisant le modèle britannique. Cela aura plutôt bien fonctionné puisque le groupe sera resté 23 ans à la tête de la Curva Nord. Cependant, ils décident de se retirer fin 2010 pour des raisons politiques, à savoir des conflits avec le président du club Claudio Lotito. Depuis, les ultras se sont regroupés sous un nouveau nom, les Ultras Lazio Curva Nord. Mise à part l'AS Roma, les ultras laziali entretiennent également une rivalité sportive avec la Juventus et le Milan AC. En revanche, la Curva Nord maintient de très bonnes relations à la fois en Italie et en Europe. Au niveau national, les ultras laziali sont jumelés avec leurs homologues de l'Inter de Milan. Enfin, au niveau international, c'est notamment avec les supporters du Real Madrid et de Chelsea que la Lazio entretient des relations très amicales.



Quelques informations

Acheter des billets : Il est relativement facile d'obtenir des billets pour un match a l'Olimpico car, comme je l'ai dit précédemment, le stade n'est jamais complètement plein. Pour acheter des billets en ligne, il vous faudra la « tessera del tifoso », soit une carte de membre. Il existe cependant un site, Listicket.it, qui vous permettra d'en acheter directement sur la toile (moyennent une petite commission pour le site). Cependant, si vous êtes sur place, une solution simple est de se déplacer dans un point de vente. Une liste des points de vente de billets pour la Lazio est disponible sur le site officiel du club, ainsi que les modalités d'achat. Des informations sur la mise en vente des places sont généralement communiquées via le site internet 1 ou 2 semaines avant le match. Lorsque vous vous rendez au point de vente, n'oubliez pas votre carte d'identité car chaque billet est nominatif. On vous demandera d'ailleurs un document d'identification avec votre ticket lors de l'entrée dans le stade.

Prix des billets : Un ticket dans l'une des Curve coûte, en fonction du match, entre 30 et 40€. Dans les tribunes latérales, en revanche, il faudra compter minimum 50€, voire jusqu'à 120€ pour les meilleures places.

Accès au stade : Le stade se situe en dehors du centre, accessible par les transports en commun. Il y a en effet le tram 2 qui vous y emmène directement du centre ville, ainsi que plusieurs bus.

Structure du stade : Le stade est divisé sur 2 étages. Les Curve en revanche ressemblent plus à des tribunes sur un seul niveau. La Curva Sud est la tribune des tifosi de l'AS Roma et la Nord, celle des ultras Laziali. La tribune latérale Tevere constitue la continuité du virage en quelques sortes. Lors de derbys, les tifosi sont mélangés dans cette tribune, ce qui a tendance a générer quelques incidents. Or, lors de matchs habituels, il est fort plaisant d'y prendre place car on y bénéficie d'une belle vue sur le terrain et les tribunes, et on participe également à l'ambiance du stade. L'autre tribune latérale, Monte Mario, est la tribune présidentielle. Dans les quarts de virage se trouvent également les supporters adverses, du côté de la Curva qui n'est évidemment pas occupée.

Ambiance : Les fans de la Lazio sont réputés en Italie pour toujours offrir un bel accueil à leur équipe. Beaucoup de chants et de drapeaux, une Curva très colorée et dynamique. Lors de gros matchs (Roma, Juve, Milan, Inter, Napoli), il est fort probable que les supporters mettent en place un tifo. Les tifosi Laziali aiment beaucoup décorer leur tribune, généralement avec une toile géante entourée de drapeaux ou d'une mosaïque, voire même accompagnée de fumigènes. Ce que j'ai également apprécié lors de mon expérience à l'Olimpico, c'est la relation qui existe entre joueurs et supporters. Lorsqu'un joueur marque en face de sa Curva, il va directement célébrer avec ses tifosi. De plus, il n'est pas impossible de voir d'anciens joueurs, ou même des joueurs actuels blessés ou suspendus, venir assister au match dans la Curva Nord. En conclusion, un beau stade à découvrir, avec des fans passionnés qui répondront toujours présent lorsque leur équipe aura besoin d'eux, une belle expérience en somme. Comme ils disent : Forza Lazio, Non Mollare Mai !


AA


NB: Cet article raconte mon histoire vécue sur un match en particulier. Je ne prétends pas connaitre tout sur l'histoire du club et de ses supporters.


Votre compte sur SOFOOT.com

0 réaction ;
Poster un commentaire


0 réaction :
Poster un commentaire