So Roudourou

13/09/2015

La victoire empochée ce soir ne masque pas l'événement du soir. On a enfin vu que Lionel Mathis était capable de marquer.

41ème minute de ce Nice-Guingamp. Après une action bien menée côté gauche, le centre de Benezet attérit à droite sur Marcus Coco. Le Petit centre en retrait pour Jimmy Briand, qui s'efface intelligemment pour laisser une voie royale à Lionel Mathis. Soudain, le temps s'arrête. Tout le monde se demande pourquoi lui, là, maintenant. Le capitaine en personne s'apprête à frapper dans un bonne position. Pendant que Ben Arfa tamponne Tony Chapron, Lionel Mathis déclenche une cartouche aux seize mètres. Lancé, en pleine course, la frappe croisée du taulier chauve se loge petit filet. Explosion. ENFIN !



ENFIN ! Lionel Mathis passe un coup de balai sur la poussière qui recouvrait son compteur statistique depuis le 17 janvier 2012. 3 ans et demi sans marquer, plus de 11 400 minutes sans qué-mar, l'équivalent de 8 jours passés sur le pré sans entendre le claquement du ballon dans les filets. Imaginez, depuis ce jour-là, Argelier, Rouger, Charrier, Levêque ou encore Jacobsen ont planté. Seul Samassa et Lössl sont dans le même cas que "Lio".



"Moi aussi, j'y ai cru..."



C'est la libération, tous les soldats blancs se ruent sur leur lieutenant. La scène de liesse dure... 5 secondes. Jusqu'à ce que tout le monde, et monsieur Chapron en tête, se rende compte que l'arbitre assistant levait comme un innocent - selon les Guingampais - ou comme un Messie - selon les Niçois - son drapeau de touche. Tout s'effondre. Younousse Sankharé se trouve en effet devant Mouez Hassen, en position de hors-jeu. Cela peut paraître sévère tant l'événement était magnifique, mais la règle semble avoir été respectée. Sankharé est sur la trajectoire du ballon et masque Hassen, qui semblait tout de même battu. Trop beau, trop cons. Putain, on y a cru.



"Moi aussi, j'y ai cru, sourit Lionel Mathis en zone mixte. C'est ça le plus dur. Des fois, on voit que le but est refusé et l'euphorie retombe. Là, j'étais vraiment content pendant 8 secondes... et puis non." Pendant que ses coéquipiers contestent, le capitaine s'est lui replacé, conscient qu'il ne peut rien y faire. "J'étais forcément déçu sur le coup, après, c'est comme ça, il faut enchaîner." La déception sera forcément allégée voire oubliée avec la victoire. D'autant plus que, clin d'oeil du destin, c'est Sankharé, jugé en position de hors-jeu sur le but refusé, qui a été décisif.



Obligé de compenser les montées de Diallo et Sankharé



Interrogée sur sa série, Mathis se souvient que c'était contre Nantes qu'il avait scoré pour la dernière fois. S'il n'a plus connu cette joie depuis, cela s'explique surtout par la présence à ses côtés de joueurs portés vers l'offensive comme Imbula ou Diallo et Sankharé aujourd'hui. "Je ne mets pas les pieds dans la surface adverse, se défend-il à juste titre. Avec les latéraux, je suis celui qui y va le moins. Je ne monte pas sur les corners. Si j'y allais plus, je marquerais plus, forcément." Une frustration enfouie ? Que nenni ! "Pas du tout, c'est appréciable de récupérer les ballons, de sauver des buts, de bien relancer. Je préfère, j'ai pas la puissance et la vitesse pour jouer plus haut."


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