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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Un affront à l'Île de Beauté

Un affront à l'Île de Beauté
12/08/2019

Match box #3 : Ajaccio - Caen

Score : 1-2
Buts : G. Courtet (3e de la saison) pour l'ACA, J. Deminguet (2e) et B. Sankoh (1er) pour le SMC
Possession : 66 / 34

On ne va pas se mentir : il y a très peu d'enseignements à tirer du match des Caennais sur la pelouse d'Ajaccio, compte tenu des circonstances particulières du match, et notamment de l'exclusion prématurée de Diaw, dès la 27e minute, puis de la blessure de Jessy Deminguet. On aurait aimé voir comment cette équipe allait se comporter lorsqu'elle menait au score, mais le fait de se retrouver rapidement en infériorité numérique a contraint le SMC à courber l'échine et à se recroqueviller en défense jusqu'au coup de sifflet final. Commençons donc par énoncer l'essentiel : il n'est jamais facile de venir s'imposer en Corse (c'est un lieu commun, certes...), et il est sûrement bénéfique pour Malherbe d'avoir su résister pendant une heure, à 11 contre 10, pour arracher sa première victoire de la saison ; pas sûr en revanche qu'il y ait grand-chose de reproductible dans le spectacle qu'ont offert les Caennais en seconde période.

Ça avait pourtant commencé de la meilleure des manières : on évoquait dans le précédent match box (voir ici) la piste offensive que pouvaient constituer les montées d'Armougom sur son aile, et il a suffi qu'il centre une seule fois à Ajaccio (un centre qui n'est pas même pas arrivé à destination, et qui a été mal renvoyé par la défense) pour que l'adresse de Deminguet fasse la différence. Si le reste du projet offensif du Stade Malherbe est encore assez flou, ou pas encore en place, le positionnement et les courses d'Armougom ont plusieurs fois permis aux Normands de créer un vrai déséquilibre au sein de la défense des Corses. Et tant pis si Gonçalves n'est pas capable de la même activité sur l'autre aile, et si l'animation caennaise est souvent asymétrique lors de chaque possession... L'autre élément de déséquilibre, c'est Jessy Pi, dont les passes laser entre la charnière centrale et les latéraux ont, comme lors de la dernière demi-heure contre Lorient, permis à Caen de créer plusieurs situations intéressantes - et c'était d'ailleurs souvent à destination d'Armougom.



La seule autre façon dont on peut marquer des buts pour l'instant, comme contre Lorient, c'est grâce aux coups de pied arrêtés. Et c'est d'ailleurs sur un corner frappé par Jessy Pi que Tchokounté se procurait une très belle occasion, d'une subtile reprise de volée malgré un marquage serré ("mAis iL é trO nuL tChoKounTé lOl"), pendant que Moussaki obtenait un penalty des plus généreux. Baisama Sankoh pose le ballon, l'envoie dans le petit filet, et allez hop, salut les couillons, nous on ferme boutique, empilez les sacs de sable, planquez-vous derrière, et renvoyez tout ce que vous pouvez.

Et aussi surprenant que ça puisse paraître, ça a marché. Pourtant, difficile que les Caennais ont vraiment bien défendu. Ils ont même été beaucoup plus fébriles que prévu. Entre le manque de réactivité de Rivierez, les moments d'absence de Weber et la prestation abyssale de Pape Djibril Diaw, parachevée d'une expulsion ô combien méritée (il est sans doute la seule personne sur Terre que ça a surpris), on se demande bien quelle tronche aura notre assise défensive quand Jo Gradit aura migré dans le Nord. Quoi qu'il en soit, face à des Ajacciens pas spécialement adroits au moment de se créer des espaces et de combiner, il aura donc suffi de se regrouper derrière comme des cochons et d'attendre patiemment le coup de sifflet final pour repartir avec trois points. Alors oui, c'est positif, mais non, ça ne nous fera pas oublier les errements au marquage de Courtet (il est le seul joueur à être mobile dans la surface lorsqu'il réduit la marque à l'heure de jeu), les pertes de balle dangereuses dans notre camp, les relances hasardeuses et les chandelles envoyées vers Moussaki... On n'oubliera pas non plus que Malherbe, certes en infériorité numérique, a laissé Ajaccio en possession du ballon pendant les deux tiers du match et s'est laissé malmener sans plus jamais menacer les cages adverses ou presque. C'était franchement moche à voir, et les trois points ne changeront rien à ce constat : a-t-on vraiment mis les meilleures chances de notre côté en jouant (ou plutôt en ne jouant pas) ainsi ? Pas sûr.

Comme on le disait en préambule, on va se contenter de garder en tête les vraies facultés mentales nécessaires pour s'imposer en Corse, la prestation très intéressante de Rémy Riou pour sa première sous le maillot caennais, l'activité de Baisama Sankoh, qui a enfin produit ce qu'on attend de lui depuis son arrivée, et on va se dépêcher d'oublier que les Ajacciens ont tiré 25 fois au but (contre 6 fois pour le SMC), dont 7 fois vers le cadre. Caen a rendu le ballon beaucoup trop vite, s'est exposé à des tirs lointains, a laissé des espaces, et aurait concédé le nul voire la défaite si Riou n'avait pas été dans un grand soir, ou si quelques frappes des Corses avaient été un tout petit mieux ajustées. On rentre de ce voyage en Corse avec trois points, certes, mais avec autant d'incertitudes, sinon davantage, qu'on en avait avant de partir. Sauf qu'il est beaucoup plus facile de travailler en prenant des points que sans. Au travail, donc !

Les tops :

Riou : c'est qui, déjà, Brice Samba ?

Sankoh : une activité intéressante et un gros volume dans l'entrejeu, une complémentarité qui se dessine avec Jessy Pi, et une prise de responsabilité salutaire pour tirer (plutôt bien) le penalty.

Moussaki : ses efforts et son sacrifice en pointe méritent d'être salués, au moins autant que le péno qu'il a obtenu.

Les flops :

Diaw :



Rivierez : la légende raconte que, quand tu fais peur à Rivierez, il sursaute trois jours plus tard.

Gonçalves : entre les relances douteuses et le placement hasardeux... purée, sortez-le de cette aile.


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