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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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La révolution est reportée à demain

La révolution est reportée à demain
29/07/2019

Match box #1 : Sochaux - Caen

Malherbe est donc redevenu un club de Ligue 2. La nouvelle est désormais (à peu près) digérée, et puis bon, c'est pas comme si on ne l'avait pas vue venir, après trois saisons vécues en respiration artificielle, lesquelles apparaissent désormais comme une lente et pénible agonie qui s'est achevée au mois de mai dernier, face aux Girondins, de la façon la moins imprévisible possible. Malherbe est en Ligue 2. Voilà, c'est fait, et maintenant il n'y a plus qu'à tirer les leçons du passé et se reconstruire, comme on dit... Et pour ce faire, c'est donc Rui Almeida qui a été choisi. (Je vous vois d'ici avec vos vannes sur les Portugais et les chantiers...)

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'ancien tacticien de l'ESTAC n'est pas ce qu'on peut appeler un choix particulièrement audacieux. Ceux qui désespéraient de revoir du jeu, de la possession et des séquences de passes redoublées dans la moitié de terrain adverse peuvent passer leur chemin. Rui Almeida n'est pas venu en Normandie pour faire le mariole avec du Gegenpressing et des contres-éclairs à la Bielsa avec sept mecs à la retombée du ballon dans la surface. Rui Almeida, il est venu pour apporter de la solidité, de la fiabilité, de la sécurité. Du foot à la papa, du foot de bon républicain, du foot gaulliste, en somme... Et en ce sens, le premier match de la saison est apparu comme une note d'intention très lisible : on va encore bien se faire chier. Le Stade Malherbe a blindé comme un cochon face à la plus mauvaise attaque de Ligue 2 de l'exercice 2018-19, et n'a tiré que trois fois au but (contre onze fois pour les Sochaliens). Objectif accompli : on n'a pas vu un seul tir cadré de la rencontre. Pas un seul. Voilà. Vous avez fait connaissance avec le SMC de Rui Almeida.

On ne va pas faire semblant d'être surpris. Au cours de la phase de préparation, les Caennais n'ont remporté qu'une seule rencontre (le Trophée des Normands, face au Havre, 2-0 - deux buts qu'on qualifiera d'ailleurs d'assez heureux), n'ont jamais su marquer plus de deux fois, même contre des adversaires modestes (Laval, Quevilly et Le Mans) et ont bouclé cette série de matchs par un triste 0-0 contre les Manceaux. Le mercato caennais, s'il apparaît comme plutôt intéressant sur le papier, a très clairement ciblé les postes défensifs comme prioritaires (Weber, Isako, Rivierez, Diaw, etc.) et le club n'a toujours pas enregistré, à l'heure actuelle, le moindre renfort offensif. Pour une équipe qui avait marqué 27 et 29 buts seulement au cours des deux dernières saisons, et qui affichait l'an dernier le total de xG le plus faible de Ligue 1 (et de loin), ce n'est pas tout à fait anodin.

La priorité était donc, pour Rui Almeida, de s'appuyer sur une base défensive solide, et de construire son équipe et son animation à partir de ça. Admettons. Sauf que rien, absolument rien, ne semble avoir été mis en chantier pour le moment pour conjurer la malédiction offensive qui frappe le SMC depuis plus de deux ans. Contre Sochaux, pourtant pas un cador de Ligue 2 (16e de Ligue 2 l'an dernier, et maintenu après appel auprès de la DNCG quelques jours seulement avant cette 1ère journée), le Stade Malherbe n'a absolument rien produit dans le secteur offensif. La seule occasion caennaise, il a fallu qu'Herman Moussaki se la procure tout seul en profitant d'une absence de pressing et en décochant une frappe des 20 mètres (36e). Les Normands n'ont pas été en mesure de se procurer la moindre occasion dans le jeu, souvent parce que les joueurs offensifs étaient esseulés dans le camp adverse et ne bénéficiaient d'aucun soutien, et puis, lors de la dernière demi-heure qui a vu les Caennais se projeter enfin prudemment vers les buts sochaliens, parce qu'on n'a vu aucune combinaison, aucune passe redoublée, aucun jeu en triangle, aucun dribble, aucun joueur trouvé entre les lignes... Tout ce qu'on a vu, et ce qu'on connaît déjà trop bien, ce sont des centres expédiés dans la surface, des passes peu assurées, des transmissions imprécises et des pertes de balle en pagaille. Les trop rares mouvements qui auraient pu s'achever par une action de but avaient pour origine une accélération de Jessy Deminguet ou de Yoël Armougom, mais l'un et l'autre manquaient systématiquement de solutions lorsqu'ils relevaient la tête. Le jeu sans ballon est toujours proche du néant à Malherbe. S'il y en a parmi vous qui s'attendaient à voir un Malherbe nouveau, débordant d'énergie et d'idées, ils sont probablement déçus. Le changement, c'est pas pour tout de suite. La révolution est reportée à demain.

Bref, on a assisté à la 39e journée de la saison 2018-19, face à un adversaire plus médiocre que tout ce qu'on a pu affronter l'an dernier - et vous savez pas quoi ? Bah on a été dominés quand même... Ce sont bien les Sochaliens qui se sont procurés les plus belles actions (Sané qui coupe au centre au premier poteau à la 7e, Sané qui tergiverse face à Samba alors qu'il avait pris la défense de vitesse à la 47e, un coup franc de Livolant qui frôle le montant à la 59e, et Livolant qui loupe de nouveau le cadre malgré une superbe reprise à la 65e). Bon, on n'a pas frôlé la catastrophe non plus, on a surtout assisté à un match épouvantable, plus ennuyeux qu'un dimanche après-midi pluvieux sur Mulhouse. Ne condamnons pas Rui Almeida et ce Stade Malherbe en pleine reconstruction - en tout cas, pas tout de suite. Rome ne s'est pas faite en un jour. Nul doute que le SMC, quand il aura recruté un ou deux joueurs offensifs supplémentaires, et quand il sera parvenu à créer les fameux z'automatismes en attaque, saura proposer autre chose que cette bouillie de football à laquelle on a encore eu droit. Mais pour l'instant, ce qu'on a vu, c'est en partie ce qu'on ne voulait plus voir la saison passée.

TOPS

Gonçalves : l'homme avec lequel tu as envie de partir à la guerre, même si tu es pacifiste. Il était déjà le chouchou des supporters avant d'enfiler le maillot caennais pour la première fois. Au rythme où il va, la semaine prochaine il envoie des punchlines aux Bretons sur le Mont Saint-Michel. Attention à ne pas devenir un fayot, c'est sale et méchant qu'on te préfère.

Gradit : MVP du match, aussi solide qu'à l'accoutumée, même si on aurait bien aimé le voir plus souvent porter le ballon un peu plus haut et relancer autrement que par du jeu long. Parce que si on veut exister offensivement, il va falloir que tout le monde mette la main à la pâte, à un moment...

Weber : il n'a pas encore ouvert sa valise, et il sort déjà un match de tronpa en plein de milieu de la charnière caennaise. Très sûr dans la circulation, plutôt juste par son positionnement.

FLOPS

Diaw : aussi paumé qu'au cours de sa dernière saison chez le Jazz. Il va être urgent de retrouver le rythme de la compétition, parce que le voir se faire systématiquement embrumé par Abdoulaye Sané, même quand on a de l'humour, c'est usant.

Armougom : il a le mérite d'avoir été l'un des seuls à accélérer et porter le jeu dans le camp adverse. Sauf qu'au terme de chacune de ses courses, il y avait un ballon perdu.

Tchokounté : on le savait déjà, on s'en convainc chaque match un peu plus, c'est pas sur Malik qu'il faudra compter pour se procurer ses propres occasions. Et comme personne lui en offre...


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