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Connaissez-vous beaucoup de clubs de foot dont le nom est celui d'un poète ? Fidèle abonné au Stade d'Ornano (tribune Centre, rang I, siège 166), qui a vu l'épanouissement de William Gallas et la chute de Dangbeto et a vénéré Xavier "le routard" Gravelaine, Arsenic écrit pour vous démontrer que ce nom ne doit rien au hasard. Malherbe qui joue, c'est peut-être pas du Baudelaire, et ça rime pas toujours, mais c'est toujours rock'n'roll.

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Demain, dans l'Aube, je partirai

Demain, dans l'Aube, je partirai
16/09/2019

Match box #7 : Troyes - Caen

Score : 2-1
Buts : L. Pintor (2e de la saison) et D. Chambost (1er) pour l'ESTAC, B. Sankoh (3e) pour le SMC
Possession : 56 / 44

Elle tombait pourtant à pic, cette trêve internationale. Rappelez-vous : on venait de se faire nettoyer par Le Havre, dans notre stade (0-3), on avait pris l'eau de toutes parts, on venait d'échouer à la 15e place du championnat de Ligue 2, alors on s'était dit "Bon bah on va vite se casser en vacances pour oublier ça, et on espère qu'avec quelques recrues en plus, on proposera autre chose." (Hahaha. Qu'on est cons !) Rui Almeida nous avait dit ce qu'on voulait entendre : on va bosser, on va corriger ce qui doit l'être, et on va revenir plus forts. En même temps, quand tu viens de te prendre une leçon de football par Paul Le Guen , Paul fuckin' Le Guen, la légende d'Oman et du Bursaspor, évidemment, t'as intérêt à te remettre en question et à retourner à tes études.



Et nous voilà donc à Troyes, avec un Jeannot et un Toufiqui tout neufs alignés dans le onze, avec l'espoir de... de pas grand-chose, en fait, juste de pas être aussi ridicules que 15 jours plus tôt contre le HAC. Et comme ce Stade Malherbe n'aime décidément pas les surprises, il s'est empressé de tuer le suspense dès sa première possession : coup d'envoi pour les Normands, le ballon revient directement jusqu'aux défenseurs, circule d'un bout à l'autre de la défense, à droite, d'abord, où Gonçalves effectue une remise immédiate, en première intention, sans même envisager une seule seconde d'exploiter son couloir, et puis la gonfle bascule jusque sur le côté gauche, où Pape Djibril Diaw envoie une passe directement en touche. On joue depuis moins de trente secondes, et on a déjà compris.

Alors oui, le Stade Malherbe était privé de nombreux éléments. La recrue Zady Sery, notamment, dont on aurait aimé le voir percuter et réveiller enfin un secteur offensif en pleine ataraxie. Et puis Anthony Weber et Jessy Pi, surtout, les deux seuls capables, depuis le début de saison, de créer quelque chose depuis une position reculée par une seule transmission tranchante. En gros, c'était déjà pas folichon avant, on ne savait déjà pas quoi faire du ballon, alors si tu enlèves les deux zigotos à peu près adroits quand il s'agit de créer quelque chose individuellement parce qu'on est parfaitement incapables de le faire collectivement, bah il reste... rien. Mais alors rien de rien de chez le néant.

Quel est le projet de jeu ? On n'en sait rien. C'est pas juste une question d'automatismes, de réglages, de médiocrité technique (et pourtant, Dieu sait qu'on ne manque pas de tout ça), c'est plutôt une question qui reste en suspens : même si les Caennais étaient plus appliqués, qu'espère Rui Almeida en jouant comme ça ? Défensivement, le Stade Malherbe se refuse toujours à presser à la perte, et préfère se replier en nombre et en quatrième vitesse. Le projet défensif, comme l'an dernier, c'est juste d'être en surnombre dans nos trente derniers mètres pour avoir plus de chance de repousser les assauts adverses sans s'emmerder à se demander comment il attaque. Et on a vu combien ça nous a réussi face au Havre, quand deux gus lancés à toute berzingue suffisaient à humilier six ou sept types un peu balourds trop occupés à courir vers leur but pour penser à couper les lignes de passe entre les deux ou simplement se positionner correctement en opposition. Et contre l'ESTAC, on a donc pris les mêmes et on a recommencé : le SMC a concédé 16 tirs contre 3. Le tout en passant la majeure partie du match recroquevillé sur nos buts, et privés du ballon (56% pour Troyes). La déroute est totale.

Et en attaque, alors ? Bah c'était pire. Caen ne s'est jamais approché des buts troyens avant le dernier quart d'heure. La faute, encore et toujours, à ce jeu sans ballon absolument effarant, dont on se demande comment on peut l'observer chez une équipe professionnelle : quand le ballon circule en défense, pendant de très longues séquences, parce que les défenseurs ne savent pas quoi en faire, les autres joueurs réalisent des courses incohérentes, inutiles, ne parviennent jamais à se coordonner pour libérer un espace et l'exploiter, ils errent, ils errent, dans les mornes plaines du rond central ou de la moitié de terrain adverse, parce qu'ils n'ont pas la moindre idée de comment ils sont supposés remonter le ballon. C'est terriblement gênant. Les adversaires n'ont même pas besoin de briller pour défendre, le SMC se neutralise tout seul, et finit invariablement par allonger et perdre le ballon. Quand on faisait face aux formations de Ligue 1, prendre des bouillons pareils ça pouvait encore se comprendre, mais subir systématiquement, de la même façon, face à toutes les équipes de Ligue 2, ça devient franchement humiliant.

Alors, c'est quoi, le projet de jeu ? Comment se fait-il qu'après quinze jours de trêve, et autant de temps pour se mettre en place tactiquement, étudier ce qui n'a pas fonctionné lors des matchs précédents, on puisse proposer la même chose en pire ? Et surtout, à quoi ça sert de jouer comme on le fait, en s'appliquant à défendre en nombre, si on concède une foule d'occasions à chaque fois ? Ça sert à quoi de miser sur une récupération basse si on ne sait pas comment faire pour remonter le ballon ? Est-il vraiment pertinent de poursuivre sur cette voie ? Rui Almeida pense très certainement que c'est le cas. Pas sûr qu'il lui reste beaucoup de temps pour convaincre les sceptiques...


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  • Message posté par Hicks2605 le 16/09/2019 à 11:36
      

    Surtout qu'on est à l'inverse de ce qui était annoncé,du pressing haut et du jeu vertical...


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