OL'Dirty Bastards

17/05/2015

Pour sa dernière de la saison à Gerland, l'OL n'a pas fait péter le record à domicile en manquant de remporter contre Bordeaux (1-1) sa quinzième victoire de la saison. Et c'est même plutôt heureux que les Lyonnais n'y aient pas perdu une troisième fois. Ce qu'ils le doivent en grande partie à Anthony Lopes, le capitaine d'une soirée à laquelle les autres se sont pointés les mains vides.

37ème journée de Ligue 1

Olympique Lyonnais – FC Girondins de Bordeaux 1-1

Pour Lyon : Fekir (9ème)
Pour Bordeaux : Crivelli (2ème)


Le mode d'emploi


1. Anthony Lopes

Sa saison, l'OL la doit avant tout à cette colonne vertébrale faite maison et particulièrement à ses deux extrémités. Parce que, sans faire injure à Umtiti, Gonalons ou Fekir, c'est encore dans les deux surfaces que les matchs se gagnent. Ou ne se perdent pas. On ne va pas s'amuser ici à compter tous les points rapportés par Anthony Lopes cette saison, tout ce qu'on sait, c'est que ça fait beaucoup, et sûrement plus que le gardien qui remportera le trophée UNFP de la catégorie. Gerland s'en fout et ne l'échangerait contre personne, encore moins après le match face à Bordeaux. Parce que quand tout le monde lève le pied sans qu'on comprenne vraiment pourquoi, le Portugone a le bon goût d'éviter la défaite qui fait tache, décisif au point de lancer le contre de l'égalisation dans la foulée d'une parade du pied devant Crivelli (9ème). Il lui faudra ensuite intervenir deux fois devant Saivet (38ème et 45ème) ou encore sur une frappe de Khazri déviée de l'épaule Yattara (87ème), juste avant que Rose s'essaie lui aussi à la claquette devant Pallois. Au final, si la dernière rencontre de la saison à Gerland était décevante, elle aura raconté quelque chose de la saison de l'OL, cette équipe qui a souvent pu compter sur le destin quand elle n'y était pas, mais qui sait que son plus gros coup de bol, c'est encore d'avoir Lopes derrière elle.


2. Nabil Fekir

On a tout dit de la déroute face à Caen. Au risque d'oublier cette impression : le plus dur commence pour Fekir. Les dribles qui se diluent, les accélérations qui ne passent plus et une certaine idée du collectif qui finit dans le décor : on a bien perdu le joueur qu'on a célébré. Reste pour lui à devenir celui qu'il entend devenir, ce joueur de classe mondiale qui entend passer les murs, non pas sur sa seule technique – on laisse cette prétention à Samir Nasri –, mais bien au mental. On pensait avoir eu une première réponse un soir de grâce à la Mosson, au plus fort de cette tempête qui avait soufflé sur son choix de sélection. A le voir se perdre ensuite dans des numéros de soliste trop haut perchés pour y gagner quelques grincements en écho, on s'est dit que la partie était loin d'être gagnée. On ne se retrouve jamais au centre de toutes les attentions par hasard. C'est bien pour ça qu'il faut apprendre à composer avec. Ce qu'a réussi Lacazette en devenant ce monstre de hargne et de détermination, seul joueur capable de résister à la pression quand elle emporte tout une équipe à Caen. On voudrait croire que Nabilon s'embarque sur cette voie à son tour quand il doit passer par le coup d'épaule à Sané pour pouvoir exécuter un de ses enchaînements qui font merveille (9ème). Tout y est, entre le dernier feu d'artifice à Gerland et l'avant-goût à ce qui doit suivre. Une action en forme de manuel de survie en milieu hostile pour l'égo sûr.


3. Maxime Gonalons

Il y a tout juste un an, alors que ses derniers matchs sonnaient comme la promesse d'un départ devenu inévitable, le Rank se demandait comment faire sans Gonalons. Maintenant que le Rank s'apprête à se barrer, on sait que Gonalons continuera à faire toujours aussi bien sans. Y compris quand le match s'ouvre de la plus foireuse des manières, entre engagement coton et panique défense. Le capitaine prend sa part de responsabilité sur le but de Crivelli (2ème), laissant à Plasil le soin d'envoyer une déviation de la tête au premier poteau pour Rolan. C'est bien quand sa responsabilité est engagée que Washing Maxime est le plus à sa place. Jusqu'à la 35ème, on ne compte plus les retours à l'épaule ou dans les pieds qui soulagent une défense en manque de repères. Après quoi, il sera toujours temps de redevenir cette première rampe des lancements de jeu lyonnais, comme l'avaient si justement remarqué des Caennais qui avaient décidé de l'en priver. Si la suite n'est pas toujours à la hauteur du reste de la saison, c'est que les relais sont à bout de souffle, entre Grenier perdu à l'impact et Ferri pris de vitesse. Ce qui vaut à Lacazette de finir à bout de nerfs. La raison est peut-être à chercher dans cet ailleurs que l'OL ne pourrait plus offrir au Gonéador. Gonalons, lui, préfère encore laisser filer, à l'image d'une fin de saison où il n'y a désormais plus rien à perdre, ni même à gagner. A part une dernière apparition dans le Rank.


4. Steed Malbranque

Il n'y peut-être plus que les personnes de goût, ou celles qui ont un peu de mémoire, pour s'emballer au moment d'apprendre que Malbranque s'est glissé dans la compo. Mais parce qu'elles ont de la mémoire, elles n'ont pas oublié que le beau match à Guingamp avait précédé un autre insignifiant contre Bastia quatre jours plus tard, et que ce n'était pas le premier du genre. N'empêche, contre Bordeaux, Malbranque a été à la fois le plus dangereux (une frappe du gauche sortie par Carrasso, 20ème), le plus créatif (passes pour Fekir à la 50ème et pour Lacazette à la 64ème) et le plus combatif (le sprint de la 31ème pour récupérer le ballon dans la surface avant le tacle de Sané est déjà un must de la saison) des trois milieux censés faire mal dans le camp de l'adversaire. Et quand Grenier ne sert pas à grand-chose, que Ferri n'en finit plus de ramer, quand personne n'est capable d'allumer l'étincelle dans le final d'une saison qui aurait pu être incroyable, on se dit que Malbranque n'est pas trop vieux. Et que la saison prochaine, il le sera à peine plus.


5. Gueïda Fofana

« Le public ne m'a pas oublié. » Fofana a compris. L'histoire de la soirée n'est pas seulement celle d'un retour. Elle renvoie à une reconnaissance mutuelle avec Gerland qui a mis le temps à s'épanouir. Bien sûr, on aurait aimé ne jamais en passer par là pour que les choses se fassent. D'autant plus dans un Rank qui n'a jamais ménagé sa peine pour lui accorder toute sa ferveur. On adorait le milieu qui déboîte le camp d'en face. Gerland préfère celui qui boîte. Et c'est encore plus beau comme ça. Car Fofana peut très bien ne jamais redevenir le joueur qu'on a connu – de toute évidence pas tout de suite –, il n'en tient pas moins une place à part. Celle du type qu'on a vu réapparaître en janvier à l'entraînement, taisant tant bien que mal sa douleur – et les doutes qui allaient avec – pour gratter un bout de mi-temps avec la réserve au printemps. Un genre de répétition générale au retour en grand espéré pour la fin de saison, où il faut s'en remettre à l'anticipation faute de pouvoir exploser et s'engager sans retenue. L'important est ailleurs, dans cette émotion qui surgit sur une passe pour Yattara, et qui fait déjà toutes les différences (71ème). Le centre qui suit peut bien être contré, il ne peut rien contre cette idée qui le dépasse de très loin. Fofana n'est déjà plus ce joueur qu'on pensait perdu pour le foot parce qu'il n'en a rien perdu. Gerland avait raison. Rien de tout ça ne peut s'oublier.


Par Serge Rezza et Pierre Prugneau

Retrouvez le Rank'n'OL sur OL Dirty Bastards et sur Le Libéro Lyon.


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