OL'Dirty Bastards

10/08/2013

A force de s'en tenir aux présentations déclinées sur tous les tons, on en oublierait qu'une nouvelle saison se joue aussi ailleurs : dans le onze-type qu’il faut faire et défaire, dans le choix du maillot à floquer, dans la playlist qui renforce un peu plus les liens entre l’histoire de l’OL et du rock’n’roll, dans ces histoires qui racontent le club et quelque chose du sens de la vie. Tout ce qui fait qu'une saison sera bâtarde.

L’équipe-type qu’il faudra supporter

Le 4-3-3 de Garde : Anthony Lopes – Miguel Lopes, Milan Bisevac, Samuel Umtiti, Henri Bedimo – Maxime Gonalons, Steed Malbranque, Clément Grenier – Gaël Danic, Alexandre Lacazette, Yassine Benzia.

Le 4-3-3 qu’on espère en secret : Anthony Lopes – Miguel Lopes, Milan Bisevac, Samuel Umtiti, Henri Bedimo – Maxime Gonalons, Gueida Fofana, Clément Grenier – Yoann Gourcuff (feat. Gaël Danic), Alexandre Lacazette (feat. Yassine Benzia & Bryan Bergougnoux), Farès Bahlouli (feat. Alexandre Lacazette)


Le maillot qu’il faut porter

Le tube – Le n°7 de Grenier

Bien sûr, Juninho, Lisandro, Anderson tiennent toujours le haut du pavé les soirs de match. Reste une tendance qui se dessine et elle fait la part belle au n°7 de Grenier, tout juste intronisé roi de la mène. Un maillot qui fait l’unanimité des groupes de jeunes filles en fleurs jusqu’aux bons pères de famille en passant par les plus mordus des supp’, jamais aussi contents que lorsqu’il faut porter le nom du bon gars du coin. Après tout, qui n’a jamais rêvé de ressembler à Elvis en 1955 dans le Tennessee ?

Le romantique – Le n°9 lisandriste

Plus qu’un maillot, un manifeste. Ce pourrait être celui de l’Internationale Lisandriste (IL). Comme s’il fallait rappeler qu’au-delà de ce départ brutal qui en a fauché plus d’un, le lisandrisme bouge toujours. Cette histoire qui s’est écrite pendant quatre ans entre l’Argentin et Gerland, à coups de colères, de courses folles, de buts qui puent le talent des types au-dessus du lot, de sacrifices à tout épreuve, de célébrations sévèrement burnées, d’aphorismes définitifs qu’on laisse sur le casier (« Goutte à goutte, l’eau est capable d’ouvrir un rocher et ce n’est pas en raison de sa force. ») et de larmes qu’on ne va pas retenir non plus. Si l’OL avait moins besoin de Licha les dernières fois qu’on a pu le voir, il aura toujours besoin du lisandrisme. Parce que le foot reste aussi une affaire d’émotions.

Le militant – Le n°9 floqué Bryan

Ce sont encore les causes les plus désespérées qui méritent d’être défendues. Jusqu’à prendre consistance au moment où on s’y attend le moins. Car depuis le départ de Lisandro, bien des cœurs ont déjà fait leur choix : quitte à avoir un trentenaire, mieux vaut encore un retour de Bergougnoux qu’une arrivée d’Aliadière. Parce que Bryan mérite d’avoir cette carrière à trente ans qu’on lui a refusé à vingt sous le maillot de l’OL. Parce que Bryan a ce parcours cabossé qui fait de lui le chef de meute idéal pour la marmaille lyonnaise. Parce que Bryan a la gueule du Lyon qui va au match le samedi soir et qui laisse encore traîner l’accent quand on l’entend. Parce qu’on l’a compris avec Malbranque, il n’y a plus de petites économies. Il n’y a que des grands retours.


La playlist qu’il faut faire tourner

1. Oblivians – I’ll Be Gone : légende garage du Sud profond (Memphis) qui n’avait plus rien sorti depuis les 90’s. Forcément ça colle avec le retour à ces années d’avant domination de l’OL.

2. Pulp – Common People : c’est pas que tu veux. Tu dois vivre maintenant comme un club normal. Comme un club formateur de Ligue 1 qui recrute Danic et Aliadière comme il aurait recruté Monterubio et Pagis il y a cinq ans. Tu dois vivre comme le Stade Rennais.

3. Sonic Youth – Schizophrenia : ne pas se remettre du départ de Lisandro pour lui trouver une raison dans l’instant. OL dirty bâtard jusqu’au bout.

4. Blur – Resigned : Ligue 1 jouée d’avance, pour un paquet d’années (et d’euros). Va falloir regarder le sommet de loin, mec.

5. Mikal Cronin – Change : la power pop au plus haut. Là encore, les 90’s ne sont jamais loin. Pour ce qui est de changer, on est en plein dedans.

6. Vampire Weekend – Unbelievers : on n’est pas obligé d’y croire. Même si on sait déjà qu’on n’y arrivera pas vraiment.

7. Veronica Falls – Waiting For Something To Happen : un parcours inespéré en Ligue des Champions ou en Europa League, une place pas si loin du PSG et de l’ASM, une coupe.

8. Belle & Sebastian – I Can See Your Future : on ne fait que ça d’ailleurs.

9. Stephen Malkmus – Forever 28 : 15 mars 2014, Jérémy revient. Son 28 pour toujours floqué sur ton maillot.

10. Alain Bashung – Fantaisie Militaire : syn. Général Bako.

La playlist est en écoute ici.


Les histoires qu’il ne faut pas manquer

A côté de celles de So Foot et des posts qui traîneront dans le coin.

Le Libéro Lyon : bien sûr, il y a les Rank’n’OL que le site a en partage. Il y a surtout tout le reste. Les retrouvailles avec les anciens qui viennent vous rappeler que vous avez cru au duo Mounier-Beynié ou que vous pensez toujours que Laurent Courtois restera le plus grand technicien à avoir frayé dans les équipes de jeunes. Le quotidien des clubs de la région lyonnaise qui nous ramène là où tout a commencé, pour soi comme pour pour Benzema. Et puis les papiers qui puent la bonne cause et la mauvaise foi de Prugneau pour défendre les passage au 4-4-2 losange ou annoncer avant tout le monde le triomphe de Bergougnoux.

Planète Lyon (en kiosque, 3,50 euros) : n’importe quel lecteur assidu de Pitchfork vous dira qu’il regrette bien la disparition de l’information qui circulait en mode fanzine. Sauf s’il est supporter lyonnais. Planète Lyon réussit tous les deux-trois mois ce miracle de renouveler ce qu’on pensait savoir sur la vie du club à coups d’interviews fleuves, de reportages et de portraits fouillés, d’anecdotes en pagaille. Tout ce que vous avez toujours voulu lire sur l’OL sans jamais oser le demander.

OL TV : la situation financière du club a fini par gagner jusqu’à sa chaine officielle. On n’en est pas encore à envisager un retour de l’hébergement sur TLM entre une pub pour Provifruits et les matelas des Brotteaux. Juste à se passer du bus les soirs de match à l’extérieur (200 000 euros d’économies). Reste heureusement tous ces autres moments où l’on touche du doigt le merveilleux quand ceux qui font l’OL racontent le club vu d’en bas ou d’avant. On laissera à Barth et à Jean-Jacques Rousseau le droit de décréter au bonheur. Ce qu’on sait, c’est que l’OL reste une formidable raison de mater sa télé.

Le Progrès : il y aura comme toujours les ballons et les portraits dans lesquels on traque sans fin l’information qui fait sens – Toulalan qui écoute Sardou ou Gonalons à la pêche dans la Dombes. Il y a aussi tous ces numéros oubliés sur les microfilms de la BM de la Part-Dieu qui permettent de relire l’histoire de l’OL par la même lorgnette. Ou de tomber sur ces quelques clichés essentiels qui viennent confirmer un peu plus l’étrange proximité entre le triumvirat Aulas-Lacombe-Domenech et le trio hard core d’Husker Dü. Au point de se mettre à rêver d’une reformation du combo originel dans un cas comme dans l’autre.

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Par Serge Rezza


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  • Message posté par gôneforlife (51) le 10/08/2013 à 14:42
      

    Magnifique. C'est criant de vérité et d'amour pour le rouge et le bleu. Un retour aux sources des plus bâtard.

  • Message posté par popeye (4462) le 10/08/2013 à 15:34
      

    Alors pour vous, Gourcuff, c'est à gauche?
    Sinon la playlist est trop brit-pop, trop années 90-2000, Pitchfork, etc...
    J'aurais mis un "I Will Die With My Head In Flames" de Felt, un "The Midas Touch" de The Monochrome Set et "Le Colosse" de Bertrand Belin pour le futur (il n'y a que le morceau de Bashung qui ne m'agrée vraiment dans cette liste).

  • Message posté par Serge Rezza (5) le 10/08/2013 à 16:23
      

    @popeye Pour Gourcuff, il peut faire l'affaire à gauche tant que Danic restera à ce niveau. Je ne parle des qualités de footballeur, mais des failles qu'il laisse apercevoir depuis son arrivée sur le terrain ou en interview. Le type semble se faire une telle idée du niveau de l'OL qu'il en oublie l'essentiel. Ce qu'on pourrait nommer une forme de dureté mentale.

    Après, il est peut-être plus simplement question de Gourcuff. Auquel cas il faut m'expliquer où vous comptez le voir cette saison. Qu'on soit bien d'accord : à Lyon, hein...

    Pour les titres, on dira qu'il en va des playlists comme de son club préféré : on a peut-être pas toujours le choix. Merci quand même pour les suggestions. L'une d'entre elles tient même déjà une place importante dans un papier foot sur l'excellent site US Grantland dans lequel l'auteur, Brian Philips, y va de sa théorie pour dénouer les liens qui unissent Landson Donovan et "I Will Die With My Head in Flames" de Felt => http://www.grantland.com/story/_/id/951 … n-gold-cup

  • Message posté par popeye (4462) le 10/08/2013 à 18:18
      

    Bon je suis grillé, je suis tombé sur cet article hier, (Excellent journaliste d'ailleurs, ce Brian Phillips), qui m'a réjouit dans la mesure où j'aime Felt!
    D'accord pour Gourcuff, en fait. Même si j'espère que Danic va se réveiller. Quand Garde lui dit qu'il est "trop timoré", c'est un peu ce que j'aimerais bien suggérer à Garde qui a l'air d'un garçon bien trop sérieux. Je me demande ce qu'il aurait fait avec un Fred, un Govou et un Wiltord entre les mains.
    Bref, j'ai hâte de voir ça quand même.


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