Never trust a marxist in football !

06/11/2014

Une polémique inutile contre le foot français ou un énième dérapage d'un petit monde du ballon rond qui ne sait plus parfumer ses boules puantes ? Les déclas de Willy Sagnol ont rallumé les minuscules mèches médiatiques (et les réseaux sociaux) pendant qu'un bouclier protecteur s'installait tant bien que mal autour de l'entraîneur des Girondins. On peut toujours invoquer la bêtise ou la maladresse, mais même l'ancien pensionnaire du Bayern n'est pas hors-sol et son discours, aussi maladroit fut-il, nous parle plus de l'hexagone que de la formation en Afrique.

Voilà donc le mini scandale du moment, coincé entre la champion League et l'exonération fiscale de l'UEFA pour l'euro 2016. Willy Sagno, a ressorti la vieille antienne, déjà entendue à l'époque des quotas dans la bouche de Laurent Blanc, sur la répartition des « qualités » dans son sport : aux « noirs », excusez « les africains », le physique, aux « blancs », enfin les « nordiques », la technique. Tout cela enrobé de considération sur la CAN et le dur métier de celui qui doit se « contenter » de gars « pas trop chers ». Rare sont les mauvais esprits qui imaginent sérieusement que Willy Sagnol soit raciste - ou en tout cas partisan d'une idéologie s'en réclamant-, pas plus que d'ailleurs la France ne l'est, et c'est bien le drame de cette affaire.


Le foot possède au moins une vertu indéniable, que personne ne peut lui nier, la société y trouve encore le temps de s'y indigner. Ce qui passe sans problème sur les plateaux d' « On n'est pas couché » quand Eric Zemmour est invité en toute amitié par Laurent Ruquier pendant que Léa Salamé joue la comédie de la critique , se transforme en drame dans la bouche d'un entraineur de #L1. On pourrait se lamenter de cette situation à miroir renversé des cas Nasri ou Benzema, au moins cette "exception sportive" permet de poser sur la table et dans l'Equipe quelques petites questions sur l'état de notre pays, des doutes sur la gestion d'un effectif qui finalement répondent aux échos inquiétants des sondages.


La plus belles des victoires politiques se manifeste lorsque justement ceux qui ne partagent ni vos convictions ou ni projets finissent par régurgiter vos idées avec la tranquille assurance du lieu commun. On va s'épargner les grands discours sur la stratégie méta-politique de conquête culturelle désirée par "la nouvelle droite" que mettrait aujourd'hui en branle dans les urne le FN. La vérité se situe à un niveau beaucoup plus bas du front – si l'on ose dire-, et finalement bien plus profondément enraciné dans notre histoire que la percée, voici trente ans , de Lepen père aux élections européennes (oui encore un anniversaire).


Ces petites secousses ou polémiques révèlent surtout à quel point la société française n'a toujours pas ouvert son chantier post-colonial. Et qu'en toute circonstance, quand on ne sait pas ou plus s'expliquer la situation, on ré-enfile ses vieux habits et ses vieilles habitudes d' « européen » en Algérie Française (y compris sur le volet, je ne suis pas raciste, j'ai des amis noir/arabe/juif). On a fêté les 30 ans de canal plus comme un événement aussi déterminant que la Fête de la Fédération, combien se sont souvenu de la Toussaint rouge en 1954, dont les traînées de poudre brûlent encore l'épiderme national ? Toute mémoire sélective finit par accoucher de ses bévues et de ses apories dans le vocabulaire.


En s'attaquant à la question « raciale » avec son probablement célèbre « joueur typique africain » et son invention de son équivalent « nordique » - qu'on doit imaginer fan de Metal-, les footeux-centré expliqueront qu'il a surtout étalé sa méconnaissance de la réalité des centres de formation ou son amnésie des vingts dernières années de Coupe du Monde – le moins que l'on puisse c'est que la Scandinavie ne faisait pas particulièrement rêver en terme de jeu-. Mais ce serait surtout rater le message principal. En 2014, les préjugés façonnés vite-faits au temps de l'Empire continuent de servir de viatique ordinaire dès qu'il s'agit de chercher un remède à ses petits problèmes quotidiens et aux défis du temps.



Peu importe les gammes et les qualificatifs, que le joueur noir tricoteur et enfantin ait été chassé par le balaise défenseur et ses abdos, comme le mec de sécu flippant a remplacé le "si gentil" éboueur dans les représentations sociales. Au final tout est simple: pour qui te prends-tu et prends-tu ton Afrique pour te casser à la CAN ?


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  • Message posté par sissa (4489) le 06/11/2014 à 17:53
      

    Il n'a jamais dit que les Scandinaves étaient de grands techniciens, je crois que vous avez lu ce que vous vouliez lire (au passage, le Danemark en 98-2002, puis la Suède qui faisaient cohabiter Larsson et Ibra, je ne sais pas s'il y a eu des équipes africains à ce niveau un jour).

    Et au final vous faites un article sur ce que vous voulez dire sur la France, et non sur ce que le discours de Sagnol en dit (cf le raccourci direct africain = noir que vous faites, ou le fait de balayer la partie la CAN qui est pourtant le noeud du discours).

    Comme je le disais sur le site, si quelqu'un a un reproche à faire à Sagnol, qu'il dresse une liste des joueurs africains de L1 ou sur tous les joueurs qui jouent la CAN et qu'il fasse des stats sur leurs caractéristiques. S'il s'avère que Sagnol a fait une erreur, c'est uniquement ce travail là qui la fera apparaître. La flemme?


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