Never trust a marxist in football !

06/10

Il faut parfois se souvenir pourquoi on aime son club... Et c'est peut-être le moment pour le PSG. Petite commémoration élégiaque et toute personnelle au coeur du naufrage ....

Kop of Sentier.

Un club ne se résume pas à son palmarès. Francis Borelli l'avait bien compris. Pour essayer d'enraciner définitivement le PSG à Paris, il fallait un supplément d'âme, bref du monde dans les tribunes, un public fidèle, si possible haut en couleur. Après avoir encouragé la naissance d'un Kop de Boulogne tourné vers la jeunesse turbulente de la capitale, il va définitivement attacher l'image du club parisien à la faconde pied-noir, accrochant une nouvelle singularité culturelle à l'identité morcelée d'un club somme tout inclassable au sein du foot français.

L'ancien joueur de Sousse, né en Algérie (mais qui n'était pas juif, contrairement à son prédécesseur Daniel Hechter), saura par la même fidéliser un public inattendu, surtout devant le peu d'enthousiasme que suscitent les débuts du PSG. Les Sépharades, version « la vérité si je mens », vont en effet vite s'affirmer comme des inconditionnels, commençant ou terminant le shabbat dans leur petite tribune aux airs de famille. Dans les cafés de la rue d'Aboukir, il est enfin possible de reparler de ballon au présent, entre deux évocations des grandes heures du foot pied-noir (El-Biar éliminant Reims restant la légende incontournable). Les grands noms du prêt-à-porter, les Darel notamment, distribue les invitations et les places aux clients (c'est l'âge d'or du Sentier) et aux amis. Bien au chaud dans des gradins où l'on discute à la mi-temps les bonnes affaires de la semaine et du mariage de la fille ainée, tout le monde connaît évidemment personnellement un joueur (de Spiegler l'israëlien à Dhaleb l'algérien) et se donne rendez-vous après avoir serré quelques mains dans les vestiaires. Personne n'exagère, juste le verbe un peu haut. Les cartes de presse s'échangent pour pouvoir garer la nouvelle berline allemande dans le parking du stade. Enrico Macias prendra alors sa mauvaise habitude d'y rentrer comme dans sa cuisine, mettant à l'amende tous les services de sécurité et autres stewarts. 

Les juifs pieds-noirs finiront ainsi par former un des aspects les plus folkloriques du Parc durant les années 80, coincés entre les Antillais à Auteuil et les skinheads du KOB. Une composante « centriste » bien que bruyante d'un public en voie d'apparition. Et si le PSG avait été autant le Totthenham que le Westham français ?


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