Never trust a marxist in football !

15/06/2013

La fin de saison se révèle particulièrement riche sur le terrain éditorial, notamment en matière d’histoire et de sociologie du sport. Rapide inventaire avant des chroniques plus détaillées.

Sous la direction de Sébastien Stumpp et Denis Jallat « Identités sportives et revendications régionales (XIXe - XXe siècles). Contribution des pratiques sportives à l'Europe des "petites patries" » (Presses Universitaires de Grenoble)


Particulièrement dynamique dans le registre de l’histoire du sport, les Presses Universitaires de Grenoble publie cet ouvrage collectif qui prend enfin à bras le corps (c’est à dire dans le détail et sans ménagement) l’un des concepts les plus fourre tout et mal employé dès qu’il s’agit de gloser concernant l’identité d’un club ou d’une discipline : la dimension régionale et par extension sa confrontation ce qui prétend en incarner l’expression politique, le régionalisme. A ce propos conseillons la très instructive contribution de Didier Rey sur les rapports entre le nationalisme corse et le football local, même si il y manque forcément les derniers développements autour d’Ajaccio.
Signalons aussi au passage chez le même éditeur, mais nous y reviendrons un peu plus tard, le travail de Fabien Sabatier sur l’« Histoire des organisations sportives communistes de France au XXe siècle ».


Julien Sorez « Le football dans Paris et ses banlieue » (Presses Universitaires de Rennes)


Pour prolonger le champ de l’étude locale, voilà un ouvrage qui apporte une petite pierre supplémentaire et non négligeable à l’histoire du football. En se penchant sur le processus de démocratisation du ballon rond durant la première moitié du vingtième siècle, en prenant en outre Paris et sa banlieue comme un cas d’école et surtout à part, l’auteur tache de cerner la spécificité du football français et de sa situation actuelle. La richesse de la documentation et des sources (nous sommes face à la publication d’une thèse) en fait un des incontournables livres de chevet pour cet été, enfin pour les supporters du PSG, du Red Star et les bénévoles de toutes les AS, FC et US de l’ile de France. Paris est historique !


Philippe Artières « La banderole . Histoire d’un objet politique »(Autrement)


Ce petit fascicule fort bien troussé et très informé doit sa présence dans cette sélection à son chapitre sur le rôles des banderoles dans les stades. Et le fait qu’en replaçant leur usage dans le long fil de leur utilisation politique ou publicitaire, il permet finalement de sortir "par le haut"des inévitable lieux communs ordinaires sur les ultras et leur « bêtises » (parfois indéniable, soyons juste). Un conseil pour les petites distances en TGV ou TER (et une pensée particulière pour un camarade qui dut se rendre à Sochaux).


« Quel autre sport ? », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, n° 120, janvier-mars 2013

La revue de l’"Espaces Marx" se penche sur une intéressante question, y compris, en dehors de l’évidente orientation politique, en terme d’historiographie : exista-t-il vraiment une alternative au "sport dominant et bourgeois" ? Dans le registre du foot, la réponse serait finalement, « oui, mais non ? ». Notamment à lire le papier de Fabien Archambault (longuement interviewé dans le blog ici) sur le cas italien de l’UISP, ou bien la contribution d’André Gounot sur le rapport compliqué du sport ouvrier avec la très singulière « fizkul’tura » soviétique, et finalement le ralliement à la toute puissance de « la compétition » comme horizon sportif indépassable.


Jean-François Davoust & Igor Martinache « Du sport ouvrier au sport oublié ? Histoire mêlée de la CGT et du sport » ( Geai Bleue éditions )


On attendait de lire la façon dont la CGT allait rendre compte, au fil d'une l'histoire plus que centenaire, de sa relation et sa vision de la pratique sportive. Avec évidemment dedans un peu de football (certains doivent se souvenir de la Coupe de la Vie Ouvrière, l’hebdo de la centrale), et surtout beaucoup de cyclisme (une pensée pour Daniel Châtel alors qu’approche le Tour de France). Surtout que la Confédé de Benoit Frachon possède au sein du syndicalisme tricolore la plus vieille expérience, voire réflexion, en la matière. Un apport forcément à nuancer avec la marginalisation du sport corporatif en France et la frilosité syndicale, toute tendance, sur le sujet. Si nous n’avons pas encore eu le temps de nous plonger totalement dans l’ouvrage, et bien qu’on soit d’emblée un peu déçu au niveau de l’illustration (surtout au regard de l’importance du fond icono à disposition), s’y trouve malgré tout rassemblée pour la première fois une masse d’informations inestimbale jusqu’ici souvent éparpillée à droite et surtout à gauche. Par exemple, pour en rester à l’échelle des clubs, la rivalité entre les AS PTT (aujourd’hui membre es qualité du CA du CNOSF) et les CS PTT , ou encore le destin tragique du Club Olympique Billancourt dont la fin doit sonner terriblement familière aux oreilles des salariés de PSA Aulnay (pour ceux qui n’ont pas encore acheter le dernier So Foot).


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