Never trust a marxist in football !

17/06

Certain défi semble insurmontable. Peut-on ou doit-on sauver tout ce que nous avons adoré plutôt que de le brûler sur l'autel de la maturité musicale érudite ? Le Punk français, et encore moins le rock alternatif, n'ont guère bonne presse. L'histoire n'en retient que la comparaison peu flatteuse avec les modèles ricains ou brittons. Certes on ne va pas violenter un bon goût construit sur les souvenirs arrogants des anciens de Best ou des Inrocks. Mais quitte à choisir, on a qu'une jeunesse et dans les années 80 la culture musicale ne se construisait pas d'un seul clic, il fallait la chercher, la dégoter, se la fabriquer. Et l'hexagone était un peu plus étroit qu'aujourd'hui. Quelque part les enfants illégitimes de Robespierre et de Joe Strummer n'ont-ils pas eux aussi des leçons philosophiques, bien involontaires, concédons-le, à nous transmettre en matière de footballogie appliquée ? Ou une certaine façon de penser l’exception française…

Les Olivensteins « Fier de rien faire »

Le foot professionnel exige des travailleurs. Et ces derniers ne cessent de courir après le temps de jeu, dopés aux promesses de transfert et d'agents appointés au pourcentage. Quand découvrirons-nous enfin parmi eux les adeptes libertaire et licencieux de Paul Lafargue, gendre de Marx, et défenseur (le seul vrai poste d’un homme de gauche) du « droit à la Paresse » (à ne pas confondre avec la fin de carrière sur un banc en MLS ou en Extrême-Orient)


Wunderbach « Paris-Londres »

Tout est dit. Le PSG n'est ni Tottenham et encore moins West-Ham, La France ne regardera jamais le foot comme les anglais. Nous sommes trop occupés à y jouer. Il fallait choisir. Quand en 1935 Sheffield Wednesday et West Bromwich Albion disputaient la finale de la Cup dans un Wembley plein à craquer, chez nous 50 000 personnes rassemblées dans le stade Buffalo de Montrouge prêtaient le serment du Front Populaire.



L'Infanterie sauvage « Panem e circonces »


Sans doute le meilleur groupe de Oi made in france, mais flambé par la réputation sulfureuse de leur skinhead de chanteur, Géno, parti après leur séparation sauver la France et la race blanche en bon eurasien (c’est vous dire si l’affaire était sérieuse), avant de se noyer dans le Rhône (http://www.youtube.com/watch?v=SBcTOq7mdOs). Preuve de l'originalité de la formation, alors que les tondus parisiens se ruaient au Parc des Princes imiter leur homologues anglais, c'est un vibrant et cynique réquisitoire anti-foot que nous assène l’Infanterie, un peu comme si Jean-Marie Brohm avait écouté les albums de Sham 69 au lieu de lire tout Althusser.


No Fuck bébé « La peuj »


Une pensée pour les salariés de Peugeot, pour PSA-Aulnay, pour les supporters de Sochaux, pour le groupe de punk ouvrier le plus sincère de cette époque.


La souris déglinguée « Seul sur la muraille »

J’ignore à quoi pouvait bien penser Nicolas Anelka ou Guillaume Hoarau en débarquant dans l’empire du Milieu, et certainement fort peu à l’histoire de ce monde « sans l’occident ». Mais quitte à choisir une chanson pour accompagner les missionnaires du foot au royaume du capitalisme à parti unique, admettez que Tai-Luc reste le meilleur guide de voyage…


Bérurier noir « Macadam massacre »

Ils auraient du être les Beastie Boys de Paris, à en croire Kid Loco qui fut leur « label manager » à leur grande période. Mais quelque chose est un peu partie en couille au niveau de l’artistique. Reste ce premier album de fonte et charbon. Et un titre éponyme pour accompagner toute les fois ou le foot tourne au drame et cesse d’être un spectacle pour revêtir le masque d’une tragédie. François, grand lecteur de Mishima, aurait sûrement gouté la comparaison.


Hot Pants « So many nites »

Avant de jouer l'altermondialiste pro-Maradona, Manu Chao était un petit fiftos du 92 qui ne jurait que sur la mémoire de Chuck Berry. Et les Hot Pants devinrent le temps d’un album l'un des meilleurs groupes de ce que l'on osait pas encore appeler le rock alternatif. Avec ce titre aux allures d'hymne aux virées nocturnes après un bon match de la première division d’alors, ou quand seuls les footeux et les rockeurs trainaient le soir à Laval.


Les Garçons Bouchers « la bière »

Eric Liszt ancien de Colditz, ou il jouait avec Geno, on y revient, porte sur ces épaules ce titre anodin d’un groupe plus connu que notable, et qui aurait du s'appeller « La FRANCE ». Tous les ultras comprendront les paroles, et le sens profond de ce cri du cœur en forme de suicide social. Et ils apprécieront surement aussi la délicatesse esthétique du clip.


Washington Dead Cats « the man with no face »

Premier album incandescent des Wash, roi de la banane et du jeter de légumes sur le public. Avec ce titre hommage psychobilly et prémonitoire aux agents, devenu les nouveaux maitres du foot actuel régnant dans l'ombre sur le petit monde du ballon rond.


The brigades « The rise & fall of Mr. Brown »

Formation la plus ambitieuse de sa génération, The Brigades, commença par le meilleur avec ce morceau. Le refrain « he swallows bosses ideas like he swallows beer » . « Il avale les idées des patrons comme il avale ses bières ». Une dédicace pour les nouveaux fans du PSG ou pour les gamins qui trépignent en centre de formations?


Heimat-loss « schlag »

Le grand groupe de punk hardcore français. Et ce morceau en guide de fond sonore pour tout clasico qui se respecte ou derby en devenir. Par exemple un Red star - PFC ?


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  • Message posté par one_of_the_amoks (2224) le 31/07/2013 à 16:17
      

    La souris déglinguée « Seul sur la muraille », heimatloss, wunderbah souvenirs souvenirs.
    quant à l'infanterie, on se laisse aller à ce que je vois, hahahaha.

  • Message posté par legendohe le 31/07/2013 à 19:21
      

    Oberkampf - Pas de poudre... Pour ce bon vieil Adrian Mutu.

  • Message posté par Dance Crasher (607) le 31/07/2013 à 22:42
      

    Message posté par one_of_the_amoks
    La souris déglinguée « Seul sur la muraille », heimatloss, wunderbah souvenirs souvenirs.
    quant à l'infanterie, on se laisse aller à ce que je vois, hahahaha.


    Bon, t'aurais pu laisser une trace sur le reggae aussi, manière de faire honneur à ton avatar! Mais bon, tu m'avais laissé entrevoir que ça te correspondait plus ici, donc je charrie!

  • Message posté par one_of_the_amoks (2224) le 01/08/2013 à 09:51
      

    thanx, j'avais pas vu.


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