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15/06

Alors que la Coupe du Monde de foot féminin continue sa route, et si on décalait notre regard vers le foot mixte?

article paru dans Sport et Plein Air, juin-juillet 2019

Le foot mixte est-il possible ? De fait, il existe déjà. Jusqu’à 13 ans les règlements de la FFF l’autorise. En FSGT, s’il n’apparait aucune limite d’âge, très peu d’équipes mixtes, au-delà des enfants (comme à Marseille ou à Vitry), sont engagées dans les différents championnats ou tournois à quelques exceptions près, tel le challenge de printemps de football autoarbitré à 7 du comité 75. Donc, de fait, dès l’âge adulte, la séparation des sexes prévaut.

Dommage, car, comme le confirme Kadidiatou Diani, internationale formée à l'ES Vitry, «petite, j’ai appris beaucoup plus vite avec des garçons parce que c’était plus physique. Ça a relevé mon niveau» (Le Parisien, 20/05/2019). Toutefois, petit à petit des formules commencent à émerger, avec des formes spécifiques et des règles adaptées. Par exemple, à Paris, l’association les Sporti.ve.s propose régulièrement, avec la FSGT 75, des matchs et des tournois à 7, 5 ou 3x3 sans arbitre. Candice Prevost, ex footballeuse pro, y voit même un espoir pour ce sport: «Le football mixte est l'avenir pour faire croiser les routes des filles et des garçons. Nous avons tout intérêt à bien le cadrer pour éviter les échecs des uns ou des autres. Il sera nécessaire qu'il soit choisi par les acteurs. Les garçons doivent être préparés et les filles devraient pouvoir choisir. Les éducateurs ont un rôle important dans sa réalisation et plus largement la FF de football. Avec Little Miss Soccer [littlemiss-soccer.com], Mélina Boetti et moi nous avons été témoin d'une mixité réussie en Nouvelle-Zélande. Le programme permet aux joueuses de 19 à 23 ans d’évoluer contre des garçons U17 [moins de 17 ans] pour progresser et atteindre le haut niveau

Toutefois, des réticences demeurent, y compris du côté des militantes du foot féminin : «La mixité dans le foot est une question assez complexe et n'est pas forcément synonyme d'égalité», nuance Véronica Noseda des Dégommeuses, club de foot féminin LGBT (Lesbien Gay Bi et Trans), «il ne suffit pas de jouer ensemble sur un même terrain pour effacer les hiérarchies de genre : toutes les femmes ont connu l'expérience humiliante d'être ignorées par ses coéquipiers masculins. D'autre part, il est intéressant de remarquer que la mixité dans le foot est systématiquement soulevée pour le foot féminin. Dans quel article sur le foot masculin on aborderait cette question ? La preuve que, inconsciemment, le foot féminin est considéré comme une anomalie. Pour avoir plus d'égalité dans le sport, il faut déjà plus de créneaux pour les filles, plus de moyens pour leur encadrement, plus d'intérêt médiatique. Si, par ailleurs, certaines équipes souhaitent se développer en mixité (une mixité choisie et non subie), c'est super ! Mais l'imposer, et notamment aux femmes, n'est pas la solution.» Un vaste chantier pour le sport populaire. N’est-ce pas sa raison d’être que de se frotter à ce que l’opinion dominante du sport refuse ? #


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