Footaises

10/06/2014

Le 26 septembre prochain, des millions d'acharnés de football virtuel vont pouvoir se ruer sur la dernière version de la licence la plus connue du genre, FIFA 15. Et cette année encore, nous l'avons testé en avant-première. Bilan ? Une tuerie, comme toujours.

Chez Electronic Arts, on a des problèmes de riches. Après avoir passé des années à étoffer un gameplay dans une quête obsessionnelle du réalisme footballistique –et y être finalement parvenu-, après avoir démoli un concurrent plus que sérieux, Konami, au point de ringardiser sa licence Pro Evolution Soccer, les développeurs de FIFA 15 se retrouvent maintenant face à un problème qu'ils n'auraient pas pu imaginer il y a encore quelques années : comment rendre attractive aux yeux du consommateur la dernière version d'un jeu déjà totalement abouti ? Pour connaître la réponse, nous sommes allés tester le jeu en avant-première dans un célèbre bar de sport sur les Grands Boulevards. « No photo, no Facebook, no Twitter », nous prévient-on à l'entrée. A 10h, une cinquantaine de journalistes s'installe, carnet dans une main, café-crème dans l'autre –quand même-, pour écouter deux développeurs de chez EA nous vanter les mérites de leur bébé. En anglais. Tout le monde est « pretty excited », nous aussi. En attendant, il va falloir se fader une conférence technique de plus d'une heure, qui détaille point par point toutes les améliorations apportées au jeu depuis la version 2014.







Sur la nouvelle version, « terminée à 50-60% », le football champagne a été définitivement rangé à la cave au profit d'un jeu plus rugueux, plus pragmatique et tout simplement plus…réaliste. Parce que dans la vraie vie, les transversales de quarante mètres, ça passe pas à tous les coups. Le gameplay en lui-même étant déjà proche de la perfection, les réelles nouveautés de FIFA 15 par rapport à son prédécesseur sont finalement assez minimes : une IA plus performante, de nouvelles stratégies disponibles (on peut maintenant demander à son équipe de « garer le bus » ou de jouer la montre, bonnes nouvelles pour les amateurs de beau jeu) et une plus grande réactivité des défenseurs lorsqu'il s'agit de se retourner rapidement sans le ballon. Fini donc le bon vieux combo « je déborde, je coupe ma course et je repars dans le même sens» pour s'ouvrir tranquillement l'aile pendant que le latéral cherche ses reins. Enfin, pour ce qui est des améliorations notables, il est désormais plus facile de choisir la surface du pied avec laquelle on frappe, le joueur ne privilégiant plus systématiquement son bon pied. Voilà pour la jouabilité. Le reste ? Du pinaillage graphique.



Le décorum et les paillettes





Des kops plus réalistes (la SüdTribüne, putain !) aux cheveux dynamisés (pour toi, David Luiz), des filets qui bougent quand on plante aux insupportables pubs animées au bord du terrain, FIFA 15 s'attaque maintenant à pousser le réalisme jusqu'aux infimes détails de l'extra-footballistique. Le décorum et les paillettes. Concrètement, on sent que les types sont un peu en rade d'extraordinaire et essaient de nous faire saliver comme ils peuvent. En comparant un « gros » Benzema 2014, pioché au kebab du coin, à son double 2015, plus athlétique, le regard fier et le pectoral moulé dans sa tunique blanche, par exemple. Ou en nous vantant les nouveaux « états psychologiques individuels » de chaque joueur, qui réagit désormais aux actions de ses coéquipiers, entre engueulades et encouragements, en en faisant des caisses. Dans la salle, pendant que le développeur « pretty excited » égrène les nouveautés, on s'impatiente sec. Mon voisin de gauche m'avoue avoir décroché tout en mimant une masturbation fictive, on commence à se croire dans un cours de fac. Mais ça y est, il est l'heure de passer à l'étage, c'est parti pour la baston.
Six Xbox, trois PS4, pas (trop) de jaloux. Les plus malins, assis aux derniers rangs pendant la conférence, ont déjà squatté les manettes, pendant que les autres passent leur frustration sur les plateaux de petits fours. Première déception (outre le toast crevette-avocat venu de l'espace), huit équipes seulement sont disponibles dans cette version beta. On retrouve donc pas mal de PSG-Real, Barça-Real ou PSG-Dortmund, tandis qu'un type décide, yolo, de prendre le LA Galaxy. Sélection des équipes, remplacements d'usage, mini-jeu de chargement (slalom - accélération – praline dans les nuages), c'est parti. Deux minutes de jeu, trois contacts, trois fautes, l'arbitre est un Chapron sous stéroïdes. On en boycotte le bouton de tacle au profit d'une lutte à l'épaule virile mais correcte. Autour de nous, les buts casquette et les erreurs grossières s'enchaînent, nous rappelant qu'avoir poncé FIFA 14 ne change rien : face à de nouveaux comportements, il faut acquérir d'autres automatismes et repenser son style de jeu.







Première partie, défaite 1-0 contre Liverpool sur une perte de balle débile aux vingt mètres. Second match, tout aussi haché, et quelques bugs apparaissent : la lecture des trajectoires de balle, notamment sur les transversales, est carrément impossible et finit souvent à un mètre du destinataire ; sur les coups-francs, le tireur est invisible, ce qui fait un drôle d'effet. « Un bug lié à la beta », nous assure un type en polo EA. Ouf. Graphiquement, pourtant, le contraste est saisissant, avec cette pelouse qui se dégrade, ces maillots tachés de boue et ces nouvelles cinématiques lancées à chaque interruption du jeu. On commence à s'y laisser prendre, les matches deviennent plus fluides, les séquences plus marquées. Concrètement, le jeu est plus difficile que sa version 14 et s'enfonce un pas plus loin dans la simulation, tant dans le placement que dans le dosage des passes, des centres ou des accélérations. Tant pis pour les débutants, qui risquent de se faire plus bizuter dans le jeu en ligne que des étudiants de l'ESSEC en weekend d'intégration. Les défenseurs dans l'âme se feront plaisir avec un catalogue de gestes foufous, de tirages de maillots, de coups d'épaule vicieux et de tacles de la dernière chance, tandis que les amateurs de grosses frappes auront de quoi se régaler avec une physique du ballon repensée – et sublime. Pour le reste, c'est du déjà vu, en mieux. Ambiance plus intense, duels plus serrés, vannes plus foireuses et mauvaise foi du perdant intacte. En huit matches et une trentaine de petits fours, FIFA 15 nous a déjà vendu du rêve et des nuits blanches, au point qu'on se demande sincèrement ce que PES va pouvoir sortir, le 26 septembre, pour soutenir la comparaison. It's in the game.



Thibault Prévost


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  • Message posté par saviola07 (5396) le 17/09/2014 à 12:57
      

    Par contre le bon vieux bug du hors-jeu, celui où la passe va systématiquement au joueur hors-jeu alors qu'on vise le joueur PAS HORS-JEU, il est toujours là dans la démo... (et même en FUMA !!) C'est un bug récurrent qui décrédibilise tout le travail qui peu être fait sur l'IA. Juste aberrant !!

    Et ça craint un max.

    Tout comme les touches où le ballon passe au dessus du joueur qui vient vers le lanceur.

    C'est con parce que ces trucs ridicules, ça fait vraiment chier. Pourtant ça semble pas si difficile à gommer. J'y connais rien en programmation, mais quand on arrive à faire jouer 11 avatars au football, comment ne pas régler de tels bugs ?

    Mystère.

  • Message posté par Adrien15 le 19/03/2015 à 13:17
      

    Les jeux FIFA sont intéressants, mais il y a souvent des bugs. Je joue sur PC et je crois à force de taper comme un malade sur le clavier, je vais finir par le casser.


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