Camembert Orange

14/02/2014

Tomas Roncero. Ce nom ne vous dit sans doute pas grand-chose mais de l’autre côté des Pyrénées, il fait partie des éditorialistes sportifs les plus populaires. Explication d’un phénomène symbole du journalisme sportif ibérique.

Vue depuis la France, la presse sportive espagnole se compose de journaux quasi exclusivement tournés vers le ballon rond et spécialisés dans l'actualité de leurs équipes locales respectives : le Real et l'Athletico pour As et Marca, le Barça et l'Espanyol pour Mundo Deportivo et Sport. Le modèle est le même pour les journaux régionaux qui suivent en priorité l'équipe locale.

Le football occupe une place prépondérante dans les choix éditoriaux : des pros jusqu’aux jeunes en passant par les équipes amateurs, tout est analysé et décortiqué ad nauseam. Les miettes restantes allant aux sports où les espagnols tirent leur épingle du jeu : le tennis avec Nadal, le basket, les sports automobiles ou bien encore le cyclisme.
Peu avares quand il s’agit de trouver LA polémique du moment, les journalistes scrutent chaque parole, chaque action pour alimenter un débat qui frise souvent le degré 0 de l’analyse sportive. Et un homme résume à lui seul ce système partisan où la polémique prend inévitablement le dessus sur l’analyse tactique : Tomas Roncero.

« Le journalisme objectif m'ennuie ».


Ancien journaliste chez El Mundo ou bien encore pour La Vanguardia, Roncero est rédacteur en chef de la section Real Madrid chez le quotidien As. Le job parfait pour ce merengue pur jus. Consultant du « Carroussel Deportivo » lors des retransmissions en direct de la célèbre radio Cadena Ser, il œuvre également aux côtés du français Frédéric Hermel dans l’émission tv El chiringuito de jugones, sorte d’After foot espagnol en pire.



Editorialiste régulier chez As, Roncero est un extra-terrestre, un objet incontrolable du Madridisme. Face à la neutralité de façade des médias français (ça va Duga, on t’a grillé), l’éditorialiste espagnol joue la carte du parti-pris à outrance dans toutes ses activités : articles, interventions radios et tv, tweets, il prêche chaque jour la bonne parole merengue à ses fidèles. Il répond ainsi aux codes actuels du journalisme sportif dominant en Espagne : un journaliste spécialiste de son équipe, supporter, parfois de mauvaise foi mais qui sait cliver pour pousser le public à réagir. Ce positionnement rejoint en tout point sa conception du journalisme : un journalisme engagé, qui marque ses préférences mais aussi ses adversaires. Digne du "néant"; l'objectivité est synonyme d'ennui selon lui : ce journalisme ne lui fait "ni chaud, ni froid". Chaque lecteur de Roncero sait donc à quoi s'attendre en feuilletant As.

Le drapeau catalan ? «Me cago en la puta»!

On pourrait passer outre ce supporterisme assumé sauf que le mauvais goût n’est jamais très loin dans chacune de ses sorties. Théorie du complot en faveur du méchant Barça contre le pauvre Real, arbitrage toujours en faveurs des culés, Tomas Roncero se pose en groupie de CR7 au travers de ses tweets dignes d’une ado en furie devant les photos en slip du Ballon d'or portugais. Dernier exemple de la tyrannie que subit selon lui le Real : le but hors-jeu de Alexis Sanchez à Séville qui suit la longue liste de buts litigieux accordés au Barça. Il n'a pas tout à fait tort. Certains buts du Barça auraient en effet dû être refusés. Mais que dire alors des erreurs d’arbitrage en faveur du Real et de beaucoup d’autres équipes en général en Europe. Mais non, le complot catalan est partout. Omniprésent.
Ses tweets sont des pépites, sans pitié pour les culés et élogieux pour les merengues. Ses "vikingos" comme il les appelle. Véritable mine d’or, son compte Twitter est en effet le lieu d’une cohabitation exceptionnelle entre messages et photos à la gloire du Real et des photomontages fustigeant les Blaugranas et tournant au ridicule les rivaux de son club de cœur.

Espana primero

Défenseur de l'unité espagnole, il rejette en bloc toute les revendications nationalistes catalanes . Quoi de plus normal donc que de détester la Senyera et le Barça pour notre ami Tomas. Seule compte à ses yeux l’Espagne. En dehors de la Roja, point de salut pour les joueurs barcelonais. Une vidéo (à 1h16) lors d'un passage dans une émission espagnole illustre le dégoût que Roncero éprouve pour le nationalisme catalan. Un rapide mais efficace "Me cago en la puta" vient expliquer sa pensée concernant le drapeau (l'Estelada) cher aux indépendantistes catalans. Bien que son avis sur l'indépendantisme catalan soit légitime et défendable, il peut être un début d'explication de cette haine qu'il éprouve pour le club majeur de Barcelone.

En tant que rédacteur en chef de la section Real de Madrid, il est tout à fait normal voire chanceux pour un journaliste de pouvoir travailler chaque jour au plus près de son équipe. Mais tout n'est pas rose pour la presse sportive espagnole. L'ensemble du système médiatique semble aujourd'hui bancal et incapable de livrer des analyses sensées et des articles cohérents sur le football espagnol. Roncero et avec lui l'ensemble des médias sportifs se complaisent dans ce système qui comble selon eux les attentes du public espagnol. Les audiences sont certes bonnes mais ce choix peut s'avérer périlleux sur le long terme : celui d'agacer les téléspectateurs, lecteurs et auditeurs qui avaient déjà frôlé l'overdose lors des multiples clasicos de l'année 2012.

Personnalité agaçante, Tomas Roncero a au moins le mérite de dire franchement ce qu'il pense, quitte à se tromper ou à énerver ses détracteurs. Créer le clivage pour être populaire : voilà la formule de Tomas Roncero. Un vrai politique dans l'âme.


Pour finir sur des belles images, voici quelques photos publiées par Roncero sur Twitter. La rencontre du football et du bon goût à n'en pas douter...





Pepe et Diego Costa se mettent au catch...



Allez vous régaler sur le compte Twitter du bougre, vous ne serez pas déçus.

Ici vous verrez Tomas Roncero triste.

Une interview (en espagnol) de Tomas Roncero pour mieux comprendre le personnage.


P.S. : Reste dans tout ça l'excellente revue Panenka qui propose fraîcheur et articles de qualité au lectorat espagnol.

Pascal Arroyo.


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2 réactions ;
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  • Message posté par Scholes453 (1628) le 17/02/2014 à 11:41
      Note : 1 

    MON PIRE ENNEMI dans le monde du journalisme. La tete plus dure qu'un mur, plus borné tu meurs, et de plus mauvaise foi que lui ca existe pas. Le real pourrait te chier un bronze sur le terrain, il te dirait que la merde est divine et qu'ils ont le droit de le faire.

  • Message posté par med78 (218) le 18/02/2014 à 19:32
      

    Un pur abruti ce gars
    J'adore cette vidéo
    http://www.youtube.com/watch?v=QOLDlP_gyhc


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