Atahualpa futbol

22/06/2014

L'Equateur vient de jouer ses deux premiers matches du groupe E de la Coupe du Monde et il ne lui reste plus qu'à affronter la France, mercredi soir au stade Maracana de Rio de Janeiro. Alors qu'elle n'a pas encore perdu tout espoir de qualification pour les huitièmes de finale, quel premier bilan peut-on tirer du parcours de la Tricolor dans ce Mondial ?

Comme l'ensemble des équipes latino-américaines, l'Equateur est venu avec des ambitions dans cette compétition. Qualifiés une première fois en 2002 et huitièmes-de-finaliste en 2006, la troisième participation des équatoriens au Mondial devait être celle du franchissement d'un nouveau palier. Or, l'Equateur risque d'avoir de nombreux regrets mercredi soir.

Ni les Suisses ni les Equatoriens n'étaient dupes avant leur rencontre le 15 juin à Brasilia : l'affiche entre leurs deux équipes était une petite finale de groupe avant l'heure qui donnerait la possibilité de se qualifier pour les huitièmes et d'aborder sereinement la dernière journée de matches du groupe E. L'entame de match a été favorable aux Equatoriens, concentrés et appliqués. Dominguez a retrouvé sa place de titulaire dans les buts après les matches moyens de Banguera dans les buts lors des matches de préparation et c'est le jeune Gruezo qui prenait la place de Castillo, blessé avant le début du Mondial. Le jeu de l'Equateur a clairement penché du côté gauche durant la première mi-temps vers un insaisissable Jefferson Montero et un Walter Ayovi inspiré. A la 22ème minute c'est justement Ayovi qui sur un coup-franc, trouve la tête d'Enner Valencia, abandonné par la défense suisse, plein axe face au but. A la mi-temps, on pouvait espérer beaucoup d'une Tricolor, très soutenue par le public de Brasilia. C'était sans compter sur le coaching d'Ottmar Hitzfeld, qui a fait rentrer Admir Mehmedi, buteur juste au retour des vestiaires. La défense équatorienne montrait sur ce but qu'elle serait le gros point noir d'une équipe joueuse mais pas très bien armée derrière. Le match voyait alors les Suisses reprendre le contrôle du ballon et les Equatoriens opérer par contres. Des contres on Jefferson Montero se montrait toujours dangereux, où Enner Valencia jouait intelligemment sans laisser de déchets dans son jeu mais où Antonio Valencia était d'une grande discrétion…jusqu'aux arrêts de jeu. Là, alors que la rencontre était sur le point de s'achever, Antonio Valencia partait tout schuss couloir droit et donnait une balle de 2-1 au rentrant Michael Arroyo qui cherchait, hélas, un improbable penalty plutôt qu'à frapper directement. La réponse suisse fut impitoyable : sur leur contre, Rodriguez trouvait Seferovic qui trompait Dominguez et donnait ainsi la victoire aux Helvètes 2-1.

Contre le Honduras à Curitiba, l'Equateur était dans l'obligation de gagner pour conserver un espoir de qualification. Le Honduras est entrainé par Luis Fernando Suarez, l'entraineur colombien qui avait emmené l'Equateur en huitièmes de finale en 2006, drôles de retrouvailles ! D'autant plus que Reinaldo Rueda, l'entraineur colombien de l'Equateur entrainait le Honduras au Mondial 2010. Le Honduras, fortement teinté Premier league anglaise et MLS américaine jouait d'entrée un jeu très direct, avec de grandes balles en profondeur pour son puissant attaquant Carlos Costly. Bizarrement, alors qu'on aurait souhaité voir la Tricolor jouer davantage sur sa technicité, les Equatoriens se mettaient eux-aussi à balancer devant pour le solide (mais inefficace) Felipe Caicedo. A la 31ème minute, la tactique hondurienne finissait par payer et Costly, plein axe, allumait Dominguez et ouvrait le score pour le Honduras. Durant cinq minutes, les supporters de l'Equateur ont eu toutes les raisons de croire que leur équipe était en train de passer à côté de son match et de son Mondial car l'Equateur tombait en plein dans le piège du jeu rugueux et très direct du Honduras. Heureusement, Enner Valencia, encore lui, sauvait l'Equateur en marquant un but pas évident sur un centre de Paredes à la 34ème minute, 1-1. Dès l'entame de la deuxième mi-temps, l'Equateur retrouvait des couleurs, tandis que le Honduras s'enfermait complètement dans son jeu de provocations. A la 65ème minute sur une passe d'Ayovi côté gauche, Enner Valencia mettait le même but que contre la Suisse et permettait à l'Equateur de remporter son premier match, 2-1.
L'Equateur doit maintenant battre la France, ce qui relève de l'exploit tant les Bleus ont impressionné contre la Suisse par leur efficacité offensive, ou bien tenir un nul en espérant que les Suisses ne battent pas le Honduras. Autrement dit : la Tricolor n'est pas maitre de son destin.

La satisfaction de l'Equateur dans cette Coupe du Monde c'est incontestablement Enner Valencia. Annoncé comme l'homme en forme du côté de la Tri, Valencia n'a pas failli à sa réputation et avec ses 3 buts il a rejoint Thomas Müller, Karim Benzema et Robin Van Persie en tête du classement des buteurs, du beau monde ! Âgé de 24 ans, celui qui avait débuté sa carrière sans faire de bruit, comme ailier gauche à l'Emelec, est en en passe de devenir LA star équatorienne. Repositionné attaquant par Gustavo Quinteros, son entraineur l'an dernier à l'Emelec, Enner Valencia est devenu un buteur de talent. Son arrivée au Mexique, à Pachuca, cet hiver a immédiatement été un succès : il a fini meilleur buteur et son club a atteint la finale du championnat. Enner Valencia éclipse totalement l'autre Valencia, Luis Antonio, très moyen durant ce Mondial.

A l'issue de la Coupe du Monde, l'Equateur, qu'elle soit qualifiée ou non pour les huitièmes de finale, aura devant elle de nouveaux chantiers. Le premier sera surtout tactique, la Tricolor devra se montrer plus sûre d'elle-même sur ce qu'elle peut proposer, notamment quand il s'agit de rencontres importantes et de compétition internationales où l'à-peu-près et l'attentisme ne pardonnent pas. Ensuite, la ligne défensive mériterait que de jeunes joueurs (on peut penser à Cristian Ramirez de Nuremberg et Gabriel Corozo de la LDU de Quito) jouent avec la sélection afin de ne plus connaître les errances tactiques de Jorge Guagua et Frickson Erazo qui ne laisseront pas en sélection un souvenir impérissable. Pour la première fois depuis quinze années où le football équatorien n'a cessé de progresser, l'ensemble du football équatorien aura certainement à réfléchir en profondeur sur les performances de sa sélection nationale dans un rendez-vous mondial.


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