Atahualpa futbol

11/12/2013

L’Equateur, qualifiée pour son troisième Mondial après ceux de 2002 et 2006, affrontera en juin prochain les sélections de la Suisse, de la France et du Honduras. 23ème du classement FIFA (entre le Ghana et la Russie) et qualifiée en 4ème position des éliminatoires de la zone Amérique du Sud, l’Equateur ambitionne une qualification pour les huitièmes de finale, une performance qu’elle avait réussie en 2006. Quelles sont les chances de la Tricolor ?

Le groupe E, de par sa composition, ressemble beaucoup au groupe dans lequel était l’Equateur à la Coupe du Monde 2006. Lors du Mondial allemand, l’Equateur était avec l’Allemagne, la Pologne et le Costa Rica. Un ténor du football mondial donc, l’Allemagne à l’époque, la France cet été (à moins que la Suisse ne soit le vrai ténor du groupe), la Pologne en outsider européen en 2006 et désormais la Suisse (ou alors on considère que la France est l’outsider) et une équipe d’Amérique centrale, le Honduras prenant la place du Costa Rica. La configuration est donc relativement semblable, encore plus quand on sait que le dernier match de la Tricolor sera contre la France et que l’Equateur avait joué contre l’Allemagne lors du dernier match de groupe en 2006, alors que les deux équipes étaient sûres d’être qualifiées, se disputant seulement la première place.

En 2006, lors de son premier match à Gelsenkirchen, l’Equateur affrontait la Pologne. La Pologne était favorite de ce match, d’autant que les matches amicaux précédents le Mondial avaient été inquiétants pour les sud-américains : défaites contre le Japon, les Pays-Bas et la Macédoine. Pourtant, dès le coup d’envoi, l’Equateur avait pris le jeu à son compte pour ouvrir le score sur une tête de Carlos Tenorio. En fin de match, après avoir bien maîtrisé leur sujet, les Equatoriens scellaient la victoire par un deuxième but d'Agustin Delgado. Lors du deuxième match, le Costa Rica volait en éclats et l’Equateur déployait un jeu en passes courtes porté vers l’avant pour une victoire 3-0 (buts de Carlos Tenorio, Agustin Delgado et Ivan Kaviedes). Lors du dernier match de groupe, Luis Fernando Suarez titularisait quelques remplaçants afin de préparer le huitième de finale à venir. L’Allemagne s’imposait logiquement 3-0. Lors du huitième de finale contre l’Angleterre, l’Equateur procédait par contres et à la 10ème minute Tenorio frappa la barre de Robinson. C’est David Beckham, sur coup-franc, qui donna la victoire au sien à l’heure de jeu. L’Equateur donna quand-même quelques sueurs froides aux Anglais, surtout en fin de match où la puissance physique des joueurs sudaméricains mettait à la peine les britanniques.

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Kaviedes en Spiderman après le 3ème but contre le Costa Rica en 2006.

Reinaldo Rueda, le sélectionneur colombien de l’Equateur a effectué un gros travail tactique avec cette sélection. Après le départ de Luis Fernando Suarez en 2007, ce fut Sixto Vizuete, un entraîneur équatorien en charge des équipes juniors qui fut nommé sélectionneur national. Moqué pour sa simplicité (un peu à l’image d’Aimé Jacquet avant le Mondial 1998), Vizuete n’a pas réussi à qualifier l’Equateur pour le Mondial sudafricain, cependant durant son passage, commençait à poindre la génération d'espoirs passés par les sélections de jeunes dont il eut la charge et qui allait devenir les titulaires de la sélection actuelle. Passé lui aussi par la charge de sélections espoirs, Reinaldo Rueda a installé en sélection les Jefferson Montero, Felipe Caicedo, Renato Ibarra, Fidel Martinez ou Enner Valencia. La qualité du groupe actuel réside dans sa bonne maîtrise technique au milieu de terrain, l’explosivité des joueurs occupant les ailes et la complémentarité en attaque entre la puissance physique de Caicedo et la vitesse, la technique et le jeu collectif des Ibarra, Enner Valencia ou Martinez. Il reste encore à Rueda à travailler sur le placement défensif, point faible de l’Equateur, car même si les défenseurs Erazo, Achilier, Guagua ou Paredes ont individuellement des qualités indéniables, ils ont malheureusement montré des signes de mésentente et de faiblesse collective.

Le match le plus difficile pour l’Equateur sera le premier, contre la Suisse. L’équipe nationale helvète, devenue habituée des rendez-vous internationaux et même, une certaine référence, devrait être un solide adversaire. La Suisse a battu l’Allemagne, le Brésil et la Grèce lors de matches amicaux cette année, ce qui prouve la valeur du groupe suisse où l’on retrouve de jeunes joueurs.
Le Honduras sera le match à ne pas perdre pour l’Equateur, ou plutôt : le match que la Tricolor se doit de gagner. Le Honduras s’est qualifié pour sa deuxième Coupe du Monde consécutive, en sortant troisième du groupe final CONCACAF. Mieux armés offensivement, tenant largement la comparaison défensivement, l’Equateur devrait pouvoir battre son adversaire hondurien. Ce match sera aussi l’occasion de voir deux anciens sélectionneurs diriger les sélections que chacun occupait lors de son Mondial précédent puisque Rueda était entraîneur du Honduras en 2010 et Suarez celui de l’Equateur en 2006.
Enfin, le dernier match du groupe E verra l’opposition Equateur-France. L’Equateur a rencontré la France une seule fois, c’était en 2009 à Grenoble, pour l’inauguration du Stade des Alpes et un doublé de Gomis avait permis à la France de l’emporter 2-0. La presse équatorienne a présenté la France comme le gros morceau de ce groupe E tout en rappelant que le parcours des Bleus ne fut pas une partie de plaisir et que les dernières sorties internationales de la France ne furent pas mémorables dans le bon sens du terme (la dernière place du groupe en 2010). Ce match devrait être spectaculaire. Si les Bleus sont en forme et jouent comme ils l’ont fait contre l’Ukraine, des espaces devraient se créer de part et d’autre et laisser ainsi s’exprimer les qualités offensives des ailiers français dont Ribéry et Valbuena ainsi que de leurs homologues équatoriens Valencia et Montero. Si Valencia avale le côté droit à la vitesse de l’éclair, Montero est un peu plus vicieux et aime à provoquer en un contre un son adversaire direct, qui sera probablement Debuchy ou Sagna.
L’Equateur aime la possession de balle et si son adversaire n’effectue pas un pressing constant, la Tricolor prendra le jeu à son compte et alors, si la réussite est au rendez-vous, elle peut s’imposer. Ce fut le cas en février dernier à Guimarães, en amical contre le Portugal, où l’Equateur s’imposa 3-2 après s’être joué du faux rythme imposé aux Portugais, qui ne s’attendaient sûrement pas à être battus chez eux (première et deuxième mi-temps du match amical Portugal-Equateur) . Quand son adversaire est un cran au-dessus, l’Equateur procède par contre et c’est alors Noboa qui, le plus souvent, va chercher les ailes afin que Montero et Valencia amènent rapidement des occasions de but. Quand elle est dans ce dernier cas de figure, les adversaires de l’Equateur font « patouiller » la défense équatorienne, pas franchement référence en matière de replacement.

La fédération, les supporters, le staff et les joueurs de l’Equateur ambitionnent une nouvelle qualification pour les huitièmes de finale. Avec seulement 30 800 licenciés (1 700 000 pour la France), le football équatorien réussit déjà, depuis plusieurs années, son plus bel exploit.


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