Atahualpa futbol

22/07/2014

Il n'y aura pas de championnat de football de première et deuxième division (Serie A et Serie B) cette semaine en Equateur. Le président de la FEF Luis Chiriboga et les présidents des clubs professionnels ont confirmé la nouvelle ce soir. Mais au fait, c'est quoi un peu ce bazar qui secoue le football équatorien?

La grève inédite qui va toucher le championnat de football équatorien porte sur de récents et profonds changements qui touchent le sport professionnel en Equateur.
Depuis l'arrivée au pouvoir du parti Alianza Pais et son président de la République charismatique, Rafael Correa, le gouvernement équatorien ainsi que l'Assemblée Nationale prennent des mesures et mènent des réformes qui bouleversent grandement tout un ensemble d'institutions du pays, en bien il faut le dire, tant le pays avait été vidé de ses richesses par des politiciens corrompus des décennies durant.
Parmi les secteurs concernés on trouve évidemment le sport professionnel. Les élections comme députés des anciens internationaux Ulises De La Cruz, Agustin Delgado et Ivan Hurtado, tous élus sous l'étiquette Alianza Pais, ont permis de faire entendre la voix des acteurs du football professionnel. Ces anciens sportifs de haut niveau ainsi qu'un ensemble d'acteurs institutionnels ont collaboré et posé les bases de nouvelles règles pour régir le football équatorien :

-Il y a d'abord eu la création de l'Association des Footballeurs Equatoriens, une association créé par Ivan Hurtado et qui défend les droits des footballeurs.

-Des règles fiscales visant à assainir les finances des clubs professionnels dont il a été avéré que la plupart était lourdement endettés. Les clubs équatoriens sont désormais tenus de déclarer leurs financements et de payer leurs impôts quand ceux-ci ont la forme de sociétés anonymes.

-Les clubs sont obligés de payer les joueurs à temps et comme leurs contrats le stipulent.

-Les clubs doivent investir dans la formation et les écoles de jeunes footballeurs.

Or, la plupart des clubs équatoriens sont aux mains de riches hommes d'affaires, de patrons et de personnalités influentes de la droite équatorienne. Dès le départ, les présidents des clubs se sont montrés défavorables à cette réforme. Cette réforme intervenait aussi dans un contexte tendu où un club, le Deportivo Quito, ne payait plus certains de ces joueurs et où le dialogue était rompu. Le club a dû vendre ses meilleurs éléments cet été afin de pouvoir retrouver un certain "confort" financier et payer ses joueurs, même si certains ne l'ont toujours pas été. Pire que ça, certains joueurs n'ont pas pu payer leurs loyers et se sont retrouvés quasiment "à la rue", obligés de vivre dans des installations que le club possède à Quito. Soutenus par leur porte-parole, Edwin Tenorio, ancien international, l'AFE a annoncé que les joueurs du championnat d'Equateur entament une grève illimitée tant que les salaires n'ont pas été dûment versés. Ils demandent aussi que les contrats soient respectés notamment en ce qui concerne l'affiliation à la sécurité sociale. La FEF et le président Chiriboga sont aussi critiqués par les joueurs grévistes, notamment Isaac Mina, défenseur du Deportivo Quito et plusieurs fois international et qui dans une interview donnée à la radio a clairement accusé le président Luis Chiriboga d'être responsable de cette crise.

De plus, le climat qui règne actuellement dans le football équatorien s'est envenimé un peu plus depuis l'élimination au premier tour du Mondial au Brésil. La FEF et le président Chiriboga ont très mal communiqué sur l'avenir du sélectionneur colombien Reinaldo Rueda. C'est d'ailleurs hier seulement que par une annonce très concise que Luis Chiriboga a annoncé le départ de Rueda : "Rueda n'est plus le sélectionneur de l'Equateur". Sans d'autres explications. C'est Sixto Vizuete qui reprendra les commandes de l'équipe jusqu'en janvier prochain, date des prochaines élections à la tête de la FEF. Les joueurs sont apparus désunis à l'issue de l'élimination, certains rentrant directement depuis le Brésil dans leurs clubs, sans passer par l'Equateur avec le reste du groupe. Là encore, la FEF a semblé incapable de maîtriser le sujet. D'autant qu'à l'image de ce qu'on appelle ici le "lobby France 98", les anciens internationaux des Coupes du Monde 2002 et 2006 n'ont pas manqué de critiquer la façon dont l'ensemble de la sélection, des joueurs aux techniciens, a été géré.

Le football équatorien connaît donc une crise qui pourrait être assez profonde si la prochaine réunion entre les parties concernées n'aboutit par sur un accord satisfaisant. Cette réunion pourrait avoir lieu à l'Assemblée Nationale après qu'Agustin Delgado, passé de buteur historique de la Tricolor à député ait convoqué les membres de la FEF, ceux de l'AFE ainsi que les parlementaires concernés.

Source photo : eltelegrafo.com.ec


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