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Bienvenue dans l’ère Rodri

Joueur le plus cher de l'histoire de Manchester City, Rodri disputera dimanche, à Wembley, son premier match officiel en Angleterre lors du Community Shield. Mais en quoi est-il vraiment si différent des autres ?

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La première version, d’abord. Au printemps 1988, alors qu’il vient juste de revenir à Barcelone pour prendre le volant d’un club qui sort de sa plus mauvaise saison depuis dix-huit ans, Johan Cruyff part s’installer dans une tribune du Mini Estadi. Sous ses yeux, un match du Barça B, dirigé par Charly Rexach, et un jeune type de 17 ans, sur qui le club ne projette rien, ou pas grand chose. Son nom ? Il ne le connaît pas encore. Ce que les responsables catalans en disent ? « Ils voulaient s’en débarrasser, explique Cruyff dans ses Mémoires. Ils trouvaient que c’était une grande asperge, mauvais en défense, sans puissance et nul dans le jeu aérien. On l’a donc attaqué sur ce qu’il ne savait pas faire, alors que tout cela, selon moi, il pouvait l’apprendre. Ce que personne ne voyait, c’est qu’il avait les qualités de base pour arriver au top : intelligence du jeu, rapidité d’exécution, technique. Le genre de choses que très peu de gens maîtrisent et qu’il possédait déjà à un très bon niveau. » Alors, ce jour-là, le technicien hollandais se lève et file voir Rexach juste avant la mi-temps pour lui demander des infos sur l’ado. Celui qui deviendra rapidement l’adjoint de Cruyff lui apprend qu’il s’appelle Pep Guardiola. La réponse du coach batave est alors tactique : « En deuxième mi-temps, installe le au coeur du jeu, comme un pivot. » Pour voir. Plus de deux ans plus tard, c’est dans cette position que Johan Cruyff lance le gosse, au Camp Nou, lors d’un match de championnat remporté face au Cádiz CF. Et, s’il le sort à la pause en lui lâchant qu’il a été «  plus lent que [sa] grand-mère » , le physique du jeune Guardiola ne lui permettant pas encore de gagner tous ses duels et de prendre de vitesse ses adversaires, un monstre vient de naître : la pièce centrale de la dream team, son poumon et déclencheur tactique.


La seconde version, elle, est déjà en cours de création. Nom du projet : Sergio Busquets, fils de Carles Busquets, dont le rôle sera de réveiller, à terme, le souvenir du Pep joueur au profit du Pep entraîneur. On parle ici de ce qui s’apparente, pour beaucoup, au milieu de terrain ultime, au point que Vicente del Bosque, un général qui peine à masquer ses sentiments, lâcha un jour ceci : « Si j’étais joueur actuellement, j’aimerais bien ressembler à Busquets. » Xabi Alonso, un mec qui connaît deux-trois choses aux machines à laver en short, évoque lui Sergio Busquets comme le joueur « le plus tactique » avec lequel il ait eu à jouer. Si bien qu’ensemble, Busquets et Alonso ont longtemps dominé le monde. Le milieu du Barça est un type quasi- « injouable » , robotique, sans déchet, qui ne flippe devant aucun pressing, qui ne foire quasiment aucune passe et qui ne s’autorise à partir à la faute que pour le bien du sacrifice. « Oui, parfois il savate, mais c’est noble » , l’excusait il y a quelques années Pep Guardiola, bien conscient de la face catin de sa création. Aujourd’hui, voilà la troisième version, celle censée rouler sur le monde à partir de maintenant : elle s’appelle Rodri Hernández, a 23 ans, une tête bourrée de schémas et déjà une lourde mission. Car, il y a quelques jours, après la victoire de son Manchester City face aux Yokohama F. Marinos (3-1), Guardiola a prévenu : « Nous le savions, mais je peux vous assurer que nous avons un incroyable milieu de terrain pour la prochaine décennie. » Vraiment ?


Le portrait-robot


Quand Pep Guardiola est amoureux, ça se voit. Bien souvent, cela se justifie, aussi : oui, Rodri est un joueur à part, différent, presque unique en son genre aujourd’hui en Europe, d’où les 70 millions d’euros dépensés pour le faire sortir de Madrid, où il est né le jour où l’Angleterre a éliminé l’Espagne lors de l’Euro 96. Peut-être avant tout car celui qui avait été poussé à quitter l’Atlético à l’adolescence avant de rebondir à Villarreal et d’être rattrapé par les Colchoneros, où il s’est affirmé la saison dernière comme le meilleur milieu de Liga, a toujours eu un truc en plus : la réflexion. Réflexion sur le monde, sur les joueurs, sur le jeu. « Dès le plus jeune âge, je me suis interessé au fonctionnement du foot, du jeu, soufflait-il il y a quelques mois dans El Pais. Je regardais énormément de matchs, si bien que ma famille en avait le ras le bol. On était en plein boom tactique, avec le Barça de Guardiola, la sélection, et j’ai commencé à faire une fixette là-dessus. Au bout d’un moment, j’étais capable de distinguer les joueurs qui pensaient sur le terrain, et je m’inspirais d’eux. Les autres jeunes de mon âge ne s’intéressaient alors pas trop aux concepts, ils voulaient juste s’amuser. Moi, c’était le contraire : je préférais comprendre le jeu plutôt que de m’amuser. » Voilà pourquoi Rodri s’est rapidement retrouvé au centre du jeu, lieu où doivent évoluer les « meilleurs joueurs » selon Guardiola et où l’international espagnol s’est transformé en « portrait robot » . À savoir : « Pour avoir du rendement, il faut des footballeurs comme ça, des Busquets, des Casemiro, des Kanté… Moi, je veux être un milieu qui préserve l’équilibre de l’équipe. Je ne veux pas monopoliser le ballon, je veux donner de la fluidité au jeu, casser des lignes avec des passes. Et puis, je veux que mes défenseurs centraux se disent que je serai toujours là pour les aider dans la relance. (...) On peut perdre un ballon si l’intention de départ est de donner de la verticalité au jeu. Je préfère jouer dans une équipe comme ça plutôt que dans une équipe qui se contente de jouer à plat, sans se soucier de générer du danger. »

Vidéo

Maître du dark art et du pétage de lignes


Partant, la carrière de Rodri s’est dépliée en deux premières étapes avec une constante : l’adaptation et l’incarnation de son rôle dans un collectif donné. Peu importe le contexte, peu importe les matchs, celui qui vivait encore dans une résidence étudiante à Villarreal ( « les quatre plus belles années de ma vie » ), où il suivait en parallèle de sa carrière un cursus en administration de l’entreprise, impose sa vision des choses et du foot en coupant les liens adverses et créant ceux entre les lignes de son équipe. À Villarreal, où il évoluait à la base arrière d’un milieu en losange, il termina avec le deuxième plus gros total de passes réussies dans la saison. À l’Atlético, dans un 4-4-2 à plat, il a rencontré Diego Simeone, a permis aux Colchoneros de changer un poil dans l'approche et est devenu plus croquant : personne n’a fait autant de tacles que lui l’an passé et il est passé maître dans le dark art, celui de la faute tactique. Quand on ajoute à cela sa capacité à péter les lignes par la passe ou la course, sa force dans les duels et une parfaite gestion de l’espace et du temps, nous voilà avec le milieu du moment, celui pour qui les clubs se dépouillent et pour qui Pep Guardiola devait craquer. S’il a signé à City cet été, ce n’est pas uniquement pour le Catalan, mais avant tout parce que Manchester City est le seul club de Premier League qui propose, à ses yeux, « un autre type de football » . Un football qui doit lui convenir -la préparation l’a déjà prouvé- et dans lequel il débarque avec la mission de remplacer Fernandinho, soit le joueur qui a disputé le plus de minutes en Premier League avec Manchester City depuis l’arrivée de Pep Guardiola mais dont le physique commence à grincer. Résultat, cela a parfois eu des conséquences la saison dernière, notamment face à Crystal Palace (2-3) et à Leicester (2-1), où Gundogan et John Stones n’avaient pas su suppléer qualitativement le Brésilien de 34 ans. Un an après avoir échoué à récupérer Jorginho, Guardiola tient enfin un nouveau pivot, le poste le plus important de son système de jeu, et peut-être le plus prometteur de sa génération. « Il est international et, en Espagne, ils l’appellent le second Busquets, donc je pense que nous avons un plutôt bon joueur » , souriait le technicien il y a quelques semaines. C’est peut-être surtout une nouvelle ère qui s’apprête à débuter : place aux actes.



Par Maxime Brigand
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