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Bielsa : « Les gestes techniques sont des réponses musculaires à la réflexion »

Depuis maintenant de nombreuses années, Marcelo Bielsa a choisi de ne plus accorder d’interview à la presse, par souci d’équité et de justice entre les médias. Par souci de justice et d’équité envers Marcelo Bielsa, So Foot publie les transcriptions in extenso de ses conférences de presse avec Leeds United. En demi-finale aller des play-offs, Leeds se rend à Derby pour affronter Derby County.

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Bonjour Marcelo. Pouvez-vous nous dire quels sont les joueurs à votre disposition ?
Stuart Dallas va jouer cette rencontre, au contraire de Tyler Roberts.

Tout le reste est disponible ?
Jansson est incertain, car il a une douleur à la cheville.

« Le match Ajax-Tottenham était une fête du football, où les vaincus et les vainqueurs ont vécu une réalité dans le respect mutuel. »
Nous imaginons que vous avez suivi la semaine européenne. Après sa qualification en finale de la Ligue des champions, Mauricio Pochettino était très ému. Devant les caméras, il a expliqué que vous étiez son père spirituel. En tant que père, est-ce que vous êtes fier de Mauricio et comprenez-vous sa réaction ?
Nous avons tous été très émus durant ce match. De fait, j’imagine que l’émotion de Pochettino en tant que protagoniste de cette rencontre devait être encore bien plus profonde. Le match Ajax-Tottenham était une fête du football, où les vaincus et les vainqueurs ont vécu une réalité dans le respect mutuel. J’ai remarqué que Pochettino avait une joie très contenue pour ne pas offenser directement son homologue. Il ne s’est pas non plus empêché de célébrer, mais il se contrôlait devant la tristesse de l’adversaire. Bien évidemment, je le remercie pour sa référence envers moi.


Vous avez eu deux semaines pour vous préparer en vue des play-offs. Quel était votre message vis-à-vis de vos joueurs avant de démarrer cette période ? Était-il nécessaire de les remobiliser dans ce que l’on peut appeler une mini-saison ?
Ce type d’évènement représente un épisode que n’importe quel joueur souhaiterait vivre. Il y a deux récompenses à la fin de cela : ces deux matchs qui vont être très disputés, puis une finale à Wembley pour le vainqueur de cette opposition avec à la clé, l’accession en Premier League. En tant qu’entraîneur, vous ne pouvez pas avoir un objectif plus important que celui-là. La motivation que vous avez pour affronter ce genre de défi vient d’elle-même, et la préparation occupe une place secondaire dans ce cas de figure.

Vous avez connu des péripéties sportives et extra-sportives avec Derby County cette saison (l’affaire du spygate, N.D.L.R.). Pensez-vous qu’ils seront habités par une motivation supplémentaire ?
(Bielsa hausse les sourcils.) C’est possible...


Durant votre carrière, avez-vous déjà vécu une rencontre similaire à cette demi-finale avec autant d’enjeu sportif ?
Oui, j’ai déjà vécu ce genre de situation il y a maintenant quelques années, je suis familier de ce type d’enjeu. J’ai le souvenir des Jeux olympiques, de la Copa América, des tournois sud-américains comme la Copa Libertadores... Il y en a sans doute d’autres. Celles avec l’Athletic Club, bien sûr ! Bref, j’en ai vécu beaucoup, mais ce que je peux vous dire, c’est que j’ai perdu toutes mes finales (Rires), sauf celle des JO...

Et que vous inspirent ces deux dernières demi-finales retour de Ligue des champions qui démontrent que tous les scénarios semblent possibles ?
Parfois, le football rappelle combien il est impossible de le détrôner en tant que sport le plus suivi au monde.

Cela fait maintenant un an que vous vivez à Leeds. Est-ce que vous êtes parvenu à prendre la pleine mesure de la signification d’une montée en Premier League pour les fans du club ?
Bien entendu. Souvent, je pense que les salaires que nous touchons sont obscènes, exagérés. Mais parfois, je me dis aussi que nous ne gagnons pas assez. Je pense cela quand je me rends compte de la responsabilité que nous avons sur nos épaules, au moment de satisfaire l’espoir des fans de Leeds.
« Parfois, le football rappelle combien il est impossible de le détrôner en tant que sport le plus suivi au monde. »
Nous gagnons toujours beaucoup d’argent, sauf au moment où nous réfléchissons à la tâche relative à l’accomplissement des rêves des gens les plus humbles. Les plus humbles sont les gens qui sont privés d’accès à une autre forme de bonheur que celle dégagée par le football, ceux qui ne peuvent être fiers qu’à travers la réussite de leur club de toujours. Dès lors, le devoir que nous avons de rendre ces personnes heureuses est immense. Cela s’adresse évidemment à tous les fans, mais plus particulièrement aux plus démunis.

Merci, Marcelo. Je vous souhaite le meilleur...
Merci à vous.



Newell’s a toujours été votre club de cœur. Comment célébreriez-vous une montée avec Leeds par rapport à un titre avec Newell’s ?
(Bielsa sourit.) Non, écoutez... L’impact que peut avoir le football à Newell’s sur le club, ses supporters et même sa ville n’est pas comparable avec tous les épisodes de football que j’ai pu vivre ensuite. Pour nous, le football est beaucoup plus important que l’importance que vous lui donnez ici. Vous conservez un degré de modération dans votre approche au football, et cela permet à vos résultats sportifs d’être à la place légitime où ils doivent se situer. À Newell’s, nos fans ne parviennent pas à réaliser ce que vous faites.


En ce qui vous concerne, évalueriez-vous une montée avec Leeds United avec enthousiasme ?
Bien sûr ! Ce serait une fierté énorme ! Très, très, très grande...

Frank Lampard (l’entraîneur de Derby County, N.D.L.R.) expliquait que les deux matchs que nous avions joués contre eux démontraient une supériorité de Leeds United. Pensez-vous que vous allez affronter une équipe de Derby County différente de celle que vous avez affrontée en saison régulière ?
(Bielsa se remet droit sur sa chaise.) Chaque match est une histoire antérieure pour le vainqueur comme le vaincu.

Toutes les places sont prises pour les deux matchs à venir contre Derby County, que ce soit pour samedi ou pour mercredi. Est-ce une donnée à prendre en compte pour cet affrontement ?
Le match est important ! Par conséquent, il était complètement impensable d’imaginer un scénario différent à celui que vous venez d’annoncer. En tout cas, je parle pour les fans de Leeds. Nous avons joué avec un stade plein quasiment toute la saison... Comment serait-il possible de voir une issue différente dans un match avec un tel enjeu ?

« Savoir être habile à l’entraînement, ce n’est pas savoir être habile devant 50 000 personnes. Et d’ailleurs, être bon dans un match de championnat ne signifie pas être bon dans un match à élimination directe. Ce que je vous dis, c’est que le fait de se préparer à cela est insensé. »
Nous savons que les tirs au but peuvent être décisifs dans ce genre de rencontre. Les dernières tentatives de Leeds n’ont pas été très fructueuses... Avez-vous travaillé là-dessus à l’entraînement ?
(Bielsa sourit et prend un moment de réflexion.) S’entraîner sur les penaltys, cela sert à se rendre compte quel joueur est habile dans l’exercice et quel autre joueur ne l’est pas. Cela sert à l’entraîneur comme au joueur. Mais savoir être habile à l’entraînement, ce n’est pas savoir être habile devant 50 000 personnes. Et d’ailleurs, être bon dans l’exercice dans un match de championnat ne signifie pas être bon dans l’exercice dans un match à élimination directe. Ce que je vous dis, c’est que le fait de se préparer à cela est insensé, car aucun des deux aspects que je viens de vous mentionner ne peut être vécu dans un entraînement. Dans le même temps, je peux vous dire que nous avons transformé des penaltys durant la saison... Mais c’est vrai, nous avons manqué les trois derniers.

Pablo Hernández est un joueur clé de l’équipe. Quelle importance accordez-vous au fait qu’il soit au maximum de ses capacités avant les deux matchs contre Derby ?
J’ai cogité de nombreuses fois sur l’impact que peut avoir Pablo dans notre équipe. Quand Pablo dicte le tempo, Leeds est meilleur. Dans l’équipe, certains joueurs influent sur le style de l’équipe et Pablo est l’un d’entre eux.


Que pensez-vous du travail de vos U23 qui ont remporté le titre national ? Quelle attention portez-vous aux performances des U23 ?
D’abord, je suis très heureux de leur performance et du travail effectué par notre staff. Je donne encore plus de valeur à leur réussite qu’à la nôtre, car l’équipe première n’a jamais été au service des U23, mais les U23 ont toujours été au service de notre équipe. Sportivement, ils ont subi des choses qui n’étaient pas propices à leur bon développement. Les entraîneurs ont été très généreux, à commencer par Carlos (Corberán, N.D.L.R.). Ils ont fait beaucoup de choses contre l’intérêt des U23, et cela a rendu leur tâche beaucoup plus difficile. Par exemple, l’équipe devait parfois être privée de trois joueurs qui montaient en équipe première la veille de leur match... C’était un acte de grande générosité peu fréquent. La préparation était toujours tronquée pour eux, ils ne savaient pas avec quels joueurs il était possible d’aligner un onze avant la matinée du match. Nous étions exigeants envers eux quand ils avaient des matchs à jouer sans notre aide. Malgré toute cette exigence envers eux, ils sont champions d’Angleterre. Nous sommes très fiers, et nous les félicitons pour cette magnifique performance.



Après cette fin de saison difficile pour Leeds, quel était votre principal message adressé à vos joueurs avant de démarrer les play-offs ?
Les quatre derniers matchs, nous avons obtenu un point sur douze. Nos statistiques ont empiré de façon très notable. En temps normal, nous avions besoin de six occasions pour marquer un but. Durant ces quatre dernières rencontres, il nous fallait douze occasions pour en convertir une seule.
« Nous ne nous sentons ni vainqueurs ni vaincus avant ces deux matchs. La seule chose que nous savons, c’est que nous avons la possibilité de démontrer ce que nous valons vraiment. Le reste, ce n’est que de la parole. »
Dans ce même cycle de quatre rencontres, notre adversaire n’avait besoin que de trois actions dangereuses pour nous marquer un but. Si nous avions eu cette même efficacité, nous aurions gagné chaque rencontre avec une grande différence. Nous avons analysé profondément les quatre dernières rencontres, nous avons tiré les conclusions que nous pensions être les bonnes et nous commençons maintenant à aborder le prochain match. Nous avons du rêve, de l’espoir et de la fantaisie dans l’objectif d’atteindre notre but commun. Quand vous vous sentez dans cet état d’esprit, vous emmagasinez de la confiance en vous. Et c’est ce que nous ressentons actuellement : nous souhaitons accepter ce nouveau défi qui s’offre à nous.

Quand vous parlez de l’efficacité de votre équipe sur les occasions de but, percevez-vous un ratio de réussite plus important dans vos entraînements qu’en match ?
(Bielsa lève les yeux au plafond.) Les gestes techniques sont des réponses musculaires issues de la réflexion. Il y a des joueurs qui sont très performants dans le domaine, et qui parviennent à séparer la production musculaire à la construction émotionnelle du geste. En cela, l’émotion n’est pas la même dans un entraînement que dans un match. Dans une session d’entraînement, le joueur fait ce qu’il sait. Dans un match, il fait ce qu’il peut car certaines composantes du match sont contrôlables, mais d’autres restent indépendantes de sa volonté.


Que pensez-vous de la première saison de Frank Lampard en tant qu’entraîneur et quel type d’affrontement attendez-vous contre son équipe ?
Les résultats d’une équipe synthétisent la réussite d’un entraîneur. Cela m’évite d’analyser la saison de Lampard. Il est parvenu à obtenir de bons joueurs, à les faire jouer ensemble dans la même équipe et le résultat global est satisfaisant.

Vous avez été le professeur de Pochettino, et Pochettino est en quelque sorte votre élève. Tottenham s’est qualifié pour la finale alors que peu de monde s’y attendait. Étant donné les résultats actuels de votre équipe, peu de personnes vous imaginent capable d’aller en finale. Pensez-vous pouvoir retirer de la confiance à travers la réussite de Tottenham ?
(Bielsa baisse les yeux.) La première chose que je veux dire, c’est que je connais Mauricio Pochettino depuis ses 15 ans. Mais sa carrière d’entraîneur s’est construite à travers son propre style, sa propre personnalité. C’est un entraîneur qui... (Il prend son temps.) Un entraîneur qui influe davantage par ses idées qu’à travers les idées véhiculées par d’autres équipes. En cela, je ne suis pas d’accord sur le fait que vous m’attribuez le rôle du professeur envers lui parce que son équipe est issue de son propre travail.
« Je ne veux pas prendre le risque que ma logique aille dans le sens contraire de l’une de vos traditions historiques. »
Ensuite, vous allez toujours avoir une équipe considérée comme favorite avant chaque match. Mais parmi ses spéculations, il y a toujours des exemples qui confirment ou infirment cette impression de départ. Penser que la prédiction va se produire ou non permet de voir que chaque situation peut être contredite ou confirmée de manière égale. Comme nous avons la chance de jouer bientôt, cela ne sert pas à grand-chose d’anticiper. Nous ne nous sentons ni vainqueurs ni vaincus avant ces deux matchs. La seule chose que nous savons, c’est que nous avons la possibilité de démontrer ce que nous valons vraiment. Le reste, ce n’est que de la parole.

(Alors que le responsable des relations à la presse souhaite boucler la séance, Bielsa l’interrompt.)

Je voulais simplement vous faire un bref commentaire. Nous avons décidé en accord avec notre groupe de joueurs de nous conformer à 100% au règlement de cette compétition. Nous avons compris que si un de nos joueurs est à terre, notre adversaire n’est pas obligé de faire sortir le ballon du terrain. Dans la même logique, nous ne sommes pas obligés d’envoyer la balle hors du terrain quand l’un de nos adversaires est à terre. Nous avons bien vérifié, et il est absolument clair que la personne en charge de l’interruption de la rencontre reste l’arbitre central. En cela, nous ne souhaitons pas décevoir notre public, le public adverse ou notre adversaire. Je le répète, nous savons que le seul décideur dans ce cas est l’arbitre. Évidemment, cette prise de parole n’est pas liée à ce qu’il s’est passé précédemment contre Aston Villa. Dans cette situation, nous avons commencé à croire que nous allions faire sortir la balle, mais nous ne l’avons pas fait. Cela n’a donc aucun rapport. Ce que nous souhaitons, c’est mettre fin à ce doute. Nous allons donc expliquer à l’arbitre, à l’entraîneur adverse et à son capitaine que nous allons agir conformément au règlement. De cette manière, nous voulons éviter de décevoir les supporters ou l’adversaire. Nous n’attendons pas de l’adversaire qu’il résolve la situation si nous avons un homme à terre, nous ne demanderons pas d’envoyer le ballon en dehors du terrain parce que cette prise de décision serait injustifiée. Dans le cas contraire, nous agirons de la même manière. Dans cette optique, je crois que nous agissons de la bonne manière avec les règles mises en place. Textuellement, cela signifie que nous ne dérangerions personne de cette manière : ni l’adversaire, ni l’arbitre, ni nous-mêmes. En tant que suiveurs assidus du football anglais, pensez-vous que j’ai commis une erreur dans l’analyse que je viens de vous fournir ?

Non, c’est juste.
Très bien. Je ne veux pas prendre le risque que ma logique aille dans le sens contraire de l’une de vos traditions historiques.

Propos retranscrits par Antoine Donnarieix