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Biélorussie, le stade d'insurrection

Depuis la réélection controversée le 10 août d'Alexandre Loukachenko, qui occupe la présidence du pays depuis 1994, la Biélorussie est en ébullition. Alors que des cortèges incessants demandent le départ de l'autocrate, de nombreux supporters et certains joueurs de football ont osé sortir du bois, pour aussi prendre part au combat démocratique.

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Ilya Shkurin n'est pas ce qu'on pourrait appeler une superstar. Le 15 août dernier, celui qui fut transféré au CSKA Moscou après avoir fini meilleur buteur du championnat biélorusse en 2019 a néanmoins significativement gonflé sa notoriété. Pour ce faire, il a suffi d'un simple message, posté sur Instagram. Alors qu'il venait d'apprendre qu'il avait été appelé dans le groupe biélorusse pour disputer les prochains matchs de Ligue des nations avec la sélection, l'attaquant de 21 ans écrivait sur le réseau social : « Je refuse de représenter les intérêts de la sélection, tant que le régime de Loukachenko est au pouvoir. Longue vie à la Biélorussie. »

Une sortie en phase avec la colère de la rue biélorusse : depuis le 10 août et la réélection pour la cinquième fois consécutive à la présidence d'Alexandre Loukachenko, plébiscité avec 80% des voix, les artères de Minsk se sont muées en un magma furieux et instable de corps. Près de 100 000 personnes se sont rassemblées pour scander des slogans hostiles au régime lors des trois derniers dimanche du mois d'août, et plusieurs milliers de manifestants investissent quotidiennement les rues de la capitale. Au cœur du problème, Loukachenko, son autoritarisme, sa mainmise despotique sur l'appareil d'État et surtout les dernières élections présidentielles, présumées largement truquées.

Le bruit et la fureur


Si la principale opposante et adversaire de l'actuel président, Svetlana Tikhanovskaïa, craignant pour sa sécurité, a pris la poudre d'escampette en Lituanie, la contestation du pouvoir en place n'a jamais semblé aussi forte. La répression gouvernementale ne s’en est que raffermie : le régime a déjà procédé à plusieurs milliers d'arrestations ces dernières semaines et les violences policières à l'encontre des manifestants ont rapidement pris une tournure dramatique. « Le nombre officiel de décès est de six, mais un certain nombre de personnes sont aussi portées disparues » , relève le journaliste Ingo Petz, familier des milieux ultras biélorusses et auteur de plusieurs ouvrages sur la Biélorussie.

Parmi les victimes, on peut citer le cas troublant de Nikita Krivtsov, un supporter qui ne ratait pas un match du Maladetchna (un club de seconde division), qu'on avait vu se confronter avec des policiers lors d'une manifestation le 9 août dernier, peu avant que ne soit officialisée la réélection de Loukachenko. Porté disparu depuis, le jeune homme de 28 ans a été retrouvé pendu 13 jours plus tard, dans une forêt proche de Minsk. « Krivtsov a probablement été tué par les forces de sécurité » , abonde Ingo Petz. De quoi se demander quel rôle les ultras biélorusses ont et vont jouer lors de l'actuelle contestation, et si leur activisme inquiète le pouvoir en place.

Ultras surveillés


« C'est certain qu'il y avait beaucoup de fans de foot lors des manifestations déroule Petz. Mais les supporters ne sont pas intervenus en tant que groupe, organisé et revendiqué. Tout simplement parce que la scène ultra biélorusse a été brisée par le régime de Loukachenko, il y a quelques années. » Cette mise au pas prend sa source en Ukraine, alors que débute en novembre 2013 un mouvement révolutionnaire, qui conduira à la démission en février 2014 du président alors en place, Viktor Ianoukovitch. Une révolte au cours de laquelle les ultras ukrainiens auront joué un rôle non négligeable, en étant à la pointe de la contestation populaire. « À ce moment-là, au Belarus, Loukachenko et son régime se sont mis à avoir peur de la scène ultra locale, reprend Petz. Ils ne voulaient pas voir les ultras biélorusses s'unifier, pour combattre le pouvoir en place, comme l'avaient fait les fans ukrainiens. Ces dernières années, le régime a donc œuvré pour faire mettre en prison via de faux prétextes des leaders ultras, en les condamnant à des peines disproportionnées, parfois à 7 ou 8 ans de camp de travail. » Ceux qui ont échappé à l'incarcération auraient pour leur part eu droit à un régime de surveillance survitaminé : « Pour avoir parlé à pas mal d'ultras, je peux vous dire qu'ils se savaient observés. Certains d'entre eux subissaient des pressions, probablement de la part du KGB biélorusse. »


Des barbouzeries en tout genre, qui n'ont cependant pas empêché les stades biélorusses de gronder de colère ces dernières semaines. Si la fédération biélorusse de football a décrété le 21 août que les rencontres de championnat se joueraient jusqu'à nouvel ordre à huis clos, la mesure ne concernait pas les matchs de coupe disputés en début de semaine dernière. Le 31 août, la finale de coupe féminine nationale a été ponctuée d'un nombre conséquent de «  Loukachenko, va chier » gueulés depuis les tribunes. La rencontre qui opposait le Dinamo Minsk au club du Krumkachy Minsk le lendemain a été encore plus animée. « Le stade était bien rempli, et les joueurs des deux équipes sont entrés sur le terrain vêtus de T-shirts où il était écrit "Nous sommes contre la violence", pointe Petz. Puis, les fans dans le stade ont scandé pendant tout le match des chants contre le régime. »

« Il n'y a pas assez de larmes à verser, à la suite de l'arbitraire des matraques »


Le Krumkachy Minsk, qui évolue en seconde division, fait d'ailleurs figure d'exception, au sein d'un football biélorusse sous perfusion gouvernementale. « C'est l'un des rares clubs qui ne sont pas très largement irrigués par les financements de l'État et ne bénéficient pas de sponsors privés, précise Petz. Deux de ses joueurs, Syarhey Kazeka et Pavel Rassolko, ont été arrêtés et victimes de violences lors des manifestations. » Des voix critiques du régime se sont aussi fait remarquer au sein de formations moins confidentielles. Notamment au BATE Borisov, où l'attaquant international Anton Saroka a été arrêté mi-août, avant de croupir une semaine en prison.

Mais c'est Mikhail Zalevsky, le directeur général du BATE, qui a le plus cassé la baraque. Cet ancien policier haut gradé a posté le 14 août une vidéo, où on le voit jeter à la poubelle son vieil uniforme, son badge et son chapeau, l’ensemble étant ponctué d'un texte sans équivoque : « Il n'y a pas assez de larmes à verser, à la suite de l'arbitraire des matraques et l'anarchie de la force déployée. Je suis un ancien officier et maintenant j'ai honte. Veuillez arrêter, pour la paix du pays. » Le 1er septembre, le bonhomme devait quitter dans la foulée ses fonctions de dirigeant. Sa prise de parole courageuse pourrait cependant en convoquer d'autres, au sein du football biélorusse, où certains acteurs ont choisi de se faire l'écho de la colère populaire.



Par Adrien Candau Tous propos recueillis par AC
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