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Berwick Rangers : l’incruste anglaise

Niché côté anglais à moins de cinq kilomètres de la frontière, Berwick Rangers est l’ovni du football écossais. Une identité hybride forgée dans l’isolement qu’une hypothétique indépendance du voisin rebelle sur fond de Brexit ne saurait ébranler.

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« La plus grosse surprise de l’histoire de la Coupe d’Écosse ! » , pose Eric Tait, légende de Berwick Rangers recyclée en roi de la stat’ pour le compte d’Opta lors de chaque rencontre à Shielfield Park. Avant cet après-midi maudit de janvier 1967, les Rangers les plus célèbres d’Écosse, ceux de Glasgow, n’avaient jamais courbé l’échine face à un club de rang inférieur. Contenue par des murs de fortune construits à l’intérieur même du stade pour l’occasion, la colère de fans humiliés explose après la rencontre. Ces derniers retournent les voitures se dressant sur leur passage et brisent les vitres des maisons avoisinantes. Ironie du sort, l’exploit est l’œuvre d’un club géographiquement situé chez l’ennemi héréditaire.

Ping-pong anglo-écossais


Berwick-upon-Tweed, ville la plus septentrionale du pays, est passée de main anglaise à écossaise plus d’une douzaine de fois au cours de son histoire et inversement, avant de finalement se ranger derrière la bannière à la croix de Saint-Georges au début du XVIIIe siècle. Le club de football local n’échappe pas à cette schizophrénie, à en juger son blason orné des lions anglais et écossais. Officiellement fondé en 1884, Berwick Rangers effectue le chemin en sens inverse, cahotant d’abord sur les terrains raboteux du Northumberland pour finalement intégrer la ligue écossaise de football en 1951. Beaucoup plus pour des considérations logistiques et économiques qu’une volonté farouche de tourner le dos à l’Angleterre.

Ce pragmatisme est nécessaire à la survie d’un club semi-professionnel pour qui les contraintes en matière de recrutement ne sont pas uniquement financières. «  Nous nous entraînons actuellement à Haddington, à 65 kilomètres au nord de Berwick. Un maximum de joueurs vient donc des alentours d’Edimbourg afin de pouvoir conjuguer au mieux travail et les deux séances hebdomadaires d’entraînement » , détaille Dennis McCleary, secrétaire du club depuis bientôt un demi-siècle. Sans parler des matchs. Si rejoindre la capitale écossaise n’est l’affaire que d’une grosse heure, se rendre par exemple à Liverpool pour disputer un match face à Tranmere en prendrait quatre. Des virées du côté d’Exeter ou Plymouth, elles, creuseraient un trou béant dans les caisses.

« Bâtard d’Anglais »


Pour éviter d’en voir le fond, les dirigeants successifs doivent saisir les opportunités lorsqu'elles se présentent et pas seulement lorsqu'il s’agit de relancer un recalé du centre de formation du Celtic ou des Rangers au rêve brisé. En 1951, en pleine construction de Shielfield Park, Berwick Rangers réalise l’un des transferts les plus curieux de l’histoire. Le Ministry of Housing and Local Government, en charge de rebâtir le pays au sortir de la Seconde Guerre mondiale, refuse aux Borderers la livraison d’acier nécessaire à l’érection de la tribune principale du nouvel écrin. Pas découragés pour autant, ces derniers rachètent le châssis d’une ancienne tribune de Bradford City pour la modique somme de £400. Un sens de la débrouille qui semble traverser les âges : packages VIP avec ballon du match en prime, organisation d’événements divers ou encore Len Eyre, le président, s’affairant à refourguer des tickets de tombola en loge, rien n’est laissé au hasard pour maintenir le club à flot.



Mais tout club digne de ce nom, aussi modeste soit-il, se doit de posséder une identité forte. Alors qu’en est-il de celle de Berwick Rangers ? « C’est du 50/50 en matière de supporters anglais et écossais » , estime à la louche Dom Gall, en charge des médias et fan du club depuis toujours. « Les gens de Berwick nourrissent un fort sentiment d’indépendance. Vous êtes berwicker d’abord, écossais ou anglais ensuite » , appuie l’historien Derek Sharman. Les supporters des autres clubs, eux, tranchent pour les indécis. Tout particulièrement dans les années 1970 et 1980.


Dans une société britannique en crise avec un fort ressentiment envers Westminster, les noms d’oiseaux fusent à l’encontre de joueurs incarnant le pouvoir honni. « Il est déjà arrivé cette situation cocasse où l’un de nos joueurs se faisait insulter de bâtard d’Anglais alors qu’il venait d’Edimbourg » , sourit désormais Dennis McCleary. Si le chambrage se veut aujourd’hui plus festif, déployer un drapeau anglais reste interdit, histoire de ne pas jeter d’huile sur le feu. « Les supporters de Raith Rovers nous ont récemment accueillis en entonnant Flower of Scotland. Avec mes potes, nous l’avons repris en chœur, car nous sommes écossais ! » , rigole Dom Gall.

Quel avenir en cas d’indépendance de l’Écosse ?


Isolés, les fans de Berwick Rangers ne jouissent pas du plaisir de détester leur voisin. Cependant, une forte inimitié subsiste à l’égard de Cowdenbeath, sans que l’on ne sache réellement pourquoi. Si sonder les supporters un jour de match ne donne pas plus d’explications, nul doute que ce fan de Berwick agitant dans les années 1980 une liasse de billets en chantant « There’s only one Maggie Thatcher » , alors que la politique de la Dame de fer se révèle dévastatrice pour cette ville de la région du Fife, n’a pas contribué à apaiser les tensions.



En longeant la piste de speedway cerclant la pelouse, les accents et argots s’entremêlent. Difficile pour le linguiste le plus averti d’en deviner l’origine. Humant les effluves de malt qui émanent de l’usine jouxtant Shielfield Park, Dom Gall précise que « pour les Écossais, les Berwickers ont un accent anglais, tandis que pour les Geordies (habitants de Newcastle, N.D.L.R.), ils ont l’accent écossais  » . Indécis jusque dans le parler, mais un peu moins dans les urnes, à en croire un sondage de 2008 à l’initiative de la chaîne de télévision ITV. 60% des votants préféraient être rattachés à l’Écosse en cas d’indépendance, notamment en raison d’un système de services publics plus avantageux, comme les soins gratuits pour les personnes âgées ou un coût des études moins élevé.


Et si, motivée par le Brexit et le désir de rester dans l’Union européenne, l’Écosse s’émancipait enfin ? « Cela n’aurait aucune répercussion sur le club puisque nous sommes affiliés à la ligue de football écossaise, et je ne pense pas qu’ils rétablissent les contrôles aux frontières comme ce fut un temps le cas en Irlande  » , répond Dennis McCleary, dubitatif. John, la cinquantaine, transi de froid par le glacial après-midi d’hiver et les cinq buts facilement collés à son équipe fétiche par Peterhead, n’hésiterait pas une seconde : « Je franchirais sans doute le pas et irais m’installer en Écosse. Le Brexit est le résultat d’un vote contestataire et identitaire. Je veux rester dans l’Union européenne. » Et filer à l’anglaise.

Par Grégory Sokol, à Berwick-upon-Tweed Tous propos recueillis par GS
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