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Baup et le spectre de l’an II

Parmi les nombreux supporters de l’Olympique de Marseille, les superstitieux sont les plus inquiets. Plus menaçant que le calendrier maya, le calendrier Baup est sans appel : pour une équipe de foot, l’an II sous Élie serait une condamnation à mort. Un constat basé sur deux échecs à Saint-Étienne puis à Toulouse qui ne doit pas pour autant donner des sueurs froides aux Phocéens. Explications.

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Il y a des multiplex qui marquent la peau au fer rouge. C’est comme ça, c’est indélébile. Les amoureux de l’OM se rappellent que le 19 mai 2001, ils ont frôlé la relégation au stade de l’Aube, après un but de Nicolas Goussé, avant d’être sauvé par Zoumana Camara, puis par l’AS Saint-Étienne. Pas épargnés, les inconditionnels du Téfécé ont en mémoire un 17 mai 2008. À 20h50, ce samedi, 26 391 supporters sont présents sous 20 degrés pour voir le Toulouse FC d’Élie Baup se sauver des rives du Styx à l’occasion de la réception de Valenciennes. Ce jour-là, André-Pierre Gignac, sur le banc, voit Jérémy Mathieu et Pantxi Sirieix abattre le Cerbère nordiste de deux balles dans le buffet. Ce jour-là, Élie Baup s’est vu coller une étiquette. Celle d’un entraîneur de première saison. Celle d’un homme de coup. Celle d’un homme de mission. Un constat difficile, mais basé sur quelques vérités.

Toulouse et Saint-Étienne, un petit tour et puis s’en va

Il paraît que pour savoir comment sera la femme de notre vie dans quelques années, il suffit de contempler sa mère. Force est de constater que souvent, avec Élie Baup, la mère est beaucoup plus belle que sa progéniture. Depuis le début du XXIe siècle et après s’être fait un nom sous la casquette, le natif de Saint-Gaudens eu la mauvaise idée de promettre sans jamais honorer, de faire rêver sans jamais concrétiser. Un an avant la sueur froide de Valenciennes, les Toulousains se sentaient bien, en haut de l’affiche. 58 points à la fin d’un exercice 2006-2007 serré, soit un de plus que le quatuor Rennes-Lens-Bordeaux-Sochaux, suffisant pour accrocher la troisième place qualificative pour la Ligue des champions. Une première saison extrêmement prometteuse pour Élie qui régale avec Elmander, Mansaré et Achille Emana. Alors comment passe-t-on d’une saison à neuf petites défaites à un maintien in extremis ? « Avec l’équipe de Toulouse, on est partis deux jours et deux nuits en montagne, avec sac à dos et tentes. Quand on se revoit, on en parle encore. On avait fini troisièmes cette saison-là » , se rappelle Élie, amoureux de randonnée, dans le Journal du Dimanche. Les Toulousains manquaient donc d’air. Ce qui expliquerait la gifle mythique reçue face à Liverpool en barrage de Ligue des champions. Moins le fait que la deuxième saison du coach marseillais à Saint-Étienne s’est également terminée en eau de boudin. Si la première année de Baup chez les Verts étaient clairement moins flamboyante qu’à Toulouse sur le plan sportif, là encore, les résultats sportifs de la seconde étaient catastrophique, menant même au licenciement de celui-ci en cours de saison. Trop court, son passage d’un an à Nantes ne lui a même pas permis de briser la malédiction. Alors, jamais deux sans trois ?

Des relations complexes avec les dirigeants


« Whatever people say I am, that’s what I am not. » Élie Baup n’écoute certainement pas les Arctic Monkeys, mais il a l’habitude que l’on dise tout et son contraire à son sujet. Au vrai, si cet amoureux des cheveux a effectivement connu des deuxièmes années compliquées à Sainté puis Toulouse, c’est aussi et surtout parce que le contexte l’était tout autant. En froid avec ses dirigeants, notamment avec Sadran et Rachedi au Tef, l’ancien gardien de but a, dès qu’il a pu travailler dans des conditions optimales, réussi à donner satisfaction. Ce fut le cas chez les Girondins de Bordeaux où, un an après sa prise de fonction, il a emmené la bande à Pascal Feindouno sur le toit de la France. À Marseille comme en Gironde, le mangeur de romans a, à sa disposition, un effectif qui doit lui permettre de ne pas décevoir après une première année réussie. Cependant, pour cela, Élie doit encore apprendre. Et ce, même à 58 ans et après 30 ans de métier. Du côté du Vieux Port, on s’agace notamment de son incapacité à prendre des décisions tôt dans un match. Au vrai, avec un banc comme le sien, on ne peut qu’entendre les arguments de la vox populi. Après avoir mis son coach dans les meilleures dispositions au mercato estival, Vincent Labrune sait donc ce qu’il doit éviter : se prendre le chou avec le petit Élie. Jusqu’ici, tout va bien, alors les supporters de l’OM peuvent se rassurer. Si Élie dure parfois moins de deux ans, l’amour,lui, laisse le temps aux Phocéens d’espérer jusqu’en 2015.

Par Swann Borsellino
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