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Au rendez-vous d’Álvaro

Prêté 18 mois à l’Atlético de Madrid par Chelsea cet hiver, Álvaro Morata retrouve mardi soir Turin, où il a découvert ses blocages psychologiques et où il a tué le petit garçon qu’il était en arrivant en Italie. Où il devra, aussi, sortir un énième tour de son drôle de chapeau.

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Lorsqu’Álvaro Morata s’avance sur la pelouse de l’Estadio Wanda Metropolitano de Madrid, le 9 février dernier, il y a l’idée d’une ouverture de film dramatique. Il faut voir l’attaquant espagnol se fondre avec douceur dans le décor, armé de ses yeux d’enfant éternel et de son allure de type parfait. Morata lève le regard, croque l’instant, il sourit. Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? « Diego Simeone n’a pas eu à me convaincre, ma vie a connu beaucoup de détours, mais mon destin était de revenir ici » , argumentait-il quelques jours plus tôt. Ici, c’est l’Atlético, le club pour lequel a tant pleuré son grand-père, Ignacio, et le club duquel il avait pris la porte à l’âge de quinze ans lorsque la direction colchonera s’était retrouvée face à un pile ou face. Pile, Álvaro Morata. Face, Borja Bastón. La pièce était tombée du côté du second. Alors, Morata avait rebondi à Getafe, puis au Real Madrid. « Cette fois encore, tout s’est arrêté lorsque j’ai entendu parler de l’Atlético. Tout ce qu’il s’est passé avant appartient à l’histoire, au passé. Je suis de retour et tout semble merveilleux. » Même des retrouvailles avec le Real, donc.


Dans ce genre de film, Álvaro Morata a toujours excellé. Un an après avoir poussé avec le Real à Lisbonne, en finale de la Ligue des champions 2014, pour retourner l’Atlético, l’Espagnol, devenu joueur de la Juventus, avait été remarquable dans la mise à mort du même Real en demi-finale de l’édition suivante. Puis, il avait été intraitable avec Chelsea, en septembre 2017, lors de la première soirée européenne organisée au Wanda Metropolitano. Ce soir-là, l’Atlético s’était incliné (1-2), et Morata était venu égaliser. Drôle d’histoire, surtout lorsqu'on sait qu’un peu plus de trois mois plus tôt, le buteur avait soulevé la deuxième C1 de sa carrière avec le Real, contre la Juventus, à Cardiff. La carrière d’Álvaro Morata a longtemps ressemblé à des retrouvailles tortueuses, des rendez-vous bizarres et à des routes qui s’emmêlent sans que l’international espagnol ne trouve totalement sa place. Au moment de croquer dans la première titularisation de sa vie avec l’Atlético lors d’un match à domicile, il était servi : le Real Madrid, again. Résultat ? Morata a joué un peu plus de 70 minutes, a touché une trentaine de ballons et a marqué, évidemment, un but magnifique. Un lob sur Thibaut Courtois, au bout d’une ouverture délicieuse de José Giménez, qui permettait à l’Atlético de revenir à 2-2 et de s’éviter une première défaite à domicile depuis plus de neuf mois. Raté.


« Tout le monde ne m’appréciera pas forcément »


Raté, car la VAR a refusé le but de Morata, comme elle lui annulera une autre réalisation contre la Juventus, onze jours plus tard. Entre-temps, les choses avaient changé de couleur, et l’homme de 26 ans avait compris qu’il lui faudrait encore se cogner contre les étiquettes : « Il y a des gens qui n’étaient pas contents que je revienne. J’avais d’autres options, mais j’ai choisi l’Atlético. Tout le monde ne m’appréciera pas forcément, mais bon, Jésus n’était pas aimé de tous. » Problème, personne n’a jamais vu le natif de Bethléem dans une surface de réparation. Et si, entre ces détours, Morata a chuté, l’Espagnol est toujours revenu. Le coup fatal est cette fois parti à la troisième tentative, face à Villarreal (2-0) fin février, avant un doublé brillant sur la pelouse de la Real Sociedad (0-2) : trois buts qui sont venus confirmer qu’Álvaro Morata a un avenir à l’Atlético, qu’il était fait pour ce football construit aux sentiments, où son entente avec Antoine Griezmann pète aux yeux, et que cela se voit dans les chiffres. À Madrid, Morata vit, gagne plus de duels aériens que jamais, dribble, tombe et se relève avec un pas affûté à l’heure où Diego Costa se bat avec son physique et doit éponger un match de suspension au moment où l’Atlético est attendu à Turin, mardi soir, pour valider sa qualification pour les quarts de finale de la Ligue des champions. Avant la fête, Diego Simeone a dressé l’objectif : « Nous allons essayer de jouer le meilleur match possible, afin que Morata puisse donner le meilleur de lui-même. » Où est passé l’enfant ?

Buffon, les larmes et les blocages


Jamais loin avec Álvaro Morata, qui s’apprête donc à retrouver l’Italie cette semaine, où il était arrivé comme « un petit garçon » à l’été 2014 et d’où il était reparti deux ans plus tard avec la certitude d’être tombé dans un drôle d’univers : le football. En arrivant à Turin à 21 ans, il baladait déjà dans son sac une C1, une Liga et deux coupes du Roi. Et alors ? Morata était seul : seul face au but, seul face aux doutes, seul face aux attentes. Lors de sa deuxième saison à la Juve, l’Espagnol passa une centaine de jours sans marquer, tenta de changer de coiffure, de voiture, de porter la barbe. « J’étais perdu, expliqua-t-il au Guardian quelques mois plus tard. Le public pense que l’on est des machines ; ils ne comprennent pas que derrière une mauvaise série, il y a aussi des problèmes personnels. (...) Ce n’était pas que les buts, c’était un peu tout. J’ai quitté ma maison très tôt, je me suis battu pour jouer à la Juventus et j’étais conditionné par le fait que le Real avait une clause de rachat me concernant. Mon avenir ne m’appartenait pas, je ne connaissais pas mon futur. Et ça m’a affecté. »



Un matin, Álvaro Morata traverse une séance d’entraînement comme un fantôme et fond en larmes sous les yeux de Gianluigi Buffon. L’Italien prend le buteur espagnol sous son aile, mais lui demande de ne pleurer qu’à l’abri des regards, histoire de ne pas laisser ses émotions pénétrer les limites du terrain. Depuis, Morata se bat avec des « blocages psychologiques » , a consulté des spécialistes et s’est heurté aux mêmes limites lors de son passage à Chelsea. Un passage d’où il est reparti sur des mots terribles prononcés par Gianfranco Zola il y a quelques semaines : « Tu es à Chelsea. Tu ne joues pas pour Southampton ou Brighton. Les gens attendent beaucoup d’un buteur de Chelsea. » Plus qu’une quinzaine de buts inscrits en Premier League sur 18 mois.


L’été dernier, l’attaquant espagnol a alors confié avoir traversé une sorte de dépression : « Je ne voulais parler à personne, je ne voulais entendre personne, je voulais simplement rester à la maison. Ce n’était pas de la dépression, mais quelque chose de semblable. En football, tout est une question de mental, et la saison passée, j’ai souffert dans ce domaine, car je suis arrivé avec beaucoup de pression, l’attente était forte. » Elle l’est aussi à Madrid, mais Álvaro Morata est chez lui et a surtout retrouvé Diego Simeone, qui le drague depuis de nombreuses années avec une ambition : faire sauter la mélancolie accrochée aux chevilles d’un attaquant brillant dans les espaces et face au but, ce que l’Euro 2016 avait notamment confirmé. En France, celui à qui Buffon prête « un don que seuls les grands joueurs possèdent » avait été éjecté du championnat d’Europe par une Italie composée majoritairement de ses potes de la Juve, dont une triplette Bonucci-Barzagli-Chiellini qui lui avait conseillé de « porter un casque » au moment de les affronter. Mardi soir, il les retrouve pour un nouveau combat, une énième guerre, un nouveau drôle de rendez-vous. Pour une nuit où Morata pourra de nouveau hurler un bon coup, où il aura le droit d’être content, comme par magie. Où il pourra être Álvaro Morata, encore une fois.

Par Maxime Brigand
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