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Au Nord, c'était la Joconde

Fin janvier, le ministre de la Culture a sous-entendu qu'un prêt de la Joconde ne relevait pas du domaine de l'impossible. Depuis ce jour, les Lensois imaginent Mona Lisa débarquer au Louvre-Lens, et joueurs et supporters des Sang & Or mouillent le maillot pour faire venir le sourire le plus célèbre du monde.

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Si on en croit Goldman, il suffira d'un signe pour déclencher toute une série d’événements. C'était vrai pour entrer dans le top 50 en 1981, ça l'est aussi pour agiter toute une ville en 2018. Le signe en question est venu sans prévenir du ministère de la Culture, le 23 janvier dernier. Dans un salon de la rue de Valois, entre deux tables à dorures, un drapeau bleu-blanc-rouge et un autre de l'Union européenne, la ministre Françoise Nyssen présentait ses vœux aux acteurs du monde de la culture et jetait un pavé dans la mare. « On ne va pas déplacer le Louvre » , démarre-t-elle gentiment, avant d'envoyer un hochement de tête au directeur du plus grand musée du monde. Et d’enchaîner : « Mais pourquoi s'interdire, cher Jean-Luc Martinez, c'est un exemple, de déplacer la Joconde ? »


Il n'en fallait pas plus à Sylvain Robert, maire de la ville de Lens où un deuxième Louvre a ouvert en 2012, pour s'engouffrer dans la brèche. Ni une, ni deux, il trempe sa plume dans l'encre noire et envoie une lettre au président de la République pour demander le prêt de Mona Lisa au Louvre-Lens. Explications de l'intéressé : « Vous connaissez les protocoles ministériels. Quand on voit les discours qui sont pesés à la virgule près, on se dit que si elle a posé ça, c'est qu'il y a une ouverture. Le Louvre-Lens est bien placé, avant le Louvre-Abou Dhabi ou d'autres musées. Macron venait de prêter la tapisserie de Bayeux en Angleterre, donc je l'ai sollicité en lui disant que pour un territoire comme le nôtre, ça serait une reconnaissance de la nation que l'œuvre la plus connue soit à un moment chez nous. » La suite de l'histoire, c'est le RC Lens qui va l'écrire.

Le derby comme vitrine


Cette histoire de Joconde à Lens, Arnaud Desmaretz ne la prend pas à la légère. Président de la Fédération Lens United, qui regroupe une grande partie des groupes de supporters Sang & Or, il décide de lancer le deuxième étage de la fusée et d'utiliser l'arme de destruction massive de la ville : le stade Bollaert. « Nous, les supporters, on a décidé de prendre le relais de cette initiative. De relayer publiquement la demande qui a été faite de faire venir la Joconde à Lens. » Bonne nouvelle, le hasard fait parfois bien les choses et le derby contre Valenciennes – un des plus gros matchs de la saison – est programmé pour le 10 février à Lens. Arnaud Desmaretz retrousse ses manches et contacte le club et les joueurs pour les faire tourner dans un clip de soutien.


Jérémy Vachoux, le goal du RC Lens, est embrigadé et lance sa carrière d'acteur : « On est venu me voir à la fin de l'entraînement pour me demander de faire le clip, j'ai dit OK. Je devais choisir une phrase et la dire en jouant un peu la comédie, sur un ton jovial. » Avec plusieurs autres joueurs comme Frédéric Duplus, Walid Mesloub, Cristian Lopez ou encore le directeur général Arnaud Pouille, il file dans l'amphithéâtre de la Gaillette tourner quelques prises et mettre la vidéo dans la boîte. Desmaretz fait monter le tout par les étudiants de l'IUT de la ville qui mêlent les interventions des joueurs à celles d'autres habitants de la ville, puis s'arrange avec le club pour que le clip soit diffusé sur les écrans géants de Bollaert avant le derby.

Tête de cortège


Desmaretz veut marteler le message et fait également déployer un gigantesque tifo de la Joconde en tribunes. « Ça a été la surprise pour tout le monde, commente Vachoux en se souvenant de son entrée sur le terrain. On ne s'y attendait pas, les supporters ont fait quelque chose de grandiose. » Une initiative qui rappelle celle des supporters de Nicosie, qui avaient sorti une banderole « Bring the marbles back » lors d'un match de C1 contre Tottenham en référence aux sculptures du Parthénon exposées au British Museum.


Après avoir rédigé la lettre au président qui a lancé la machine, Sylvain Robert est satisfait de voir que le club de sa ville a pris la tête du cortège. « Il faut s'attendre à tout avec les supporters et le club ! Le RC Lens est un vrai club populaire au sens noble du terme, qui colle avec les demandes, les revendications, les envies de la population. » Et en dressant un bilan de la mobilisation, il résume la situation : « Depuis le début, il y a eu des volontés de marier le sport et la culture. Le stade Bollaert est d'un côté de la voie ferrée, le Louvre Lens est de l'autre côté. Il y a une proximité géographique entre les deux, et une complémentarité entre ces deux mondes qu'il ne faut pas opposer. » Sauf qu'au-delà d'offrir de belles images et de faire frissonner Jérémy Vachoux, il faut surtout convaincre ceux qui peuvent décider du déménagement de Mona Lisa. Et pour décrocher la Joconde du mur jaunâtre contre lequel elle est scotchée toute l'année à Paris, il va falloir se lever tôt.

L'OM pour convaincre le président


Françoise Nyssen le sait bien et rappelle que ces dernières décennies, la toile n'a bougé que deux fois : « C’était pour aller à l’étranger. Aux États-Unis dans les années 1960, et un voyage au Japon avec un arrêt en Russie dans les années 1970. Il est légitime de chercher à la faire circuler sur notre territoire. » Le souci, c'est que ces prêts avaient été décidés directement par l'Élysée au mépris des avis des conservateurs, et que la Joconde est revenue endommagée. Alors, les dirigeants actuels du Louvre mettent leur veto à tout nouveau déménagement, même si la ministre de la Culture est persuadée de mener un combat juste : « La Joconde appartient à tous les Français, elle doit pouvoir être vue de tous. La mobilisation des supporters du RC Lens rappelle combien le désir de culture est fort dans tout notre pays. L’art et la culture ont leur place partout, y compris dans un stade de football. Partager une culture, ça veut dire qu’en France, le féru de peinture italienne connaît Zidane, l’amateur de foot connaît La Joconde, et parfois c’est une seule et même personne. Un pays est soudé par des références communes : la France, c’est aussi bien Zidane que La Joconde. »

Une décision du gouvernement reste le moyen le plus sûr de passer outre les réticences des conservateurs du musée, d'où la lettre de Sylvain Robert qui est prêt à aller plus loin : « S'il faut organiser un Lens-Marseille pour faire plaisir à Macron, on doit pouvoir s'arranger pour avoir un match amical. J'ai cru comprendre que même en étant de Picardie, il était supporter de Marseille. Mais s'il faut laisser gagner l'OM, écoutez, ça sera non. On ne va peut-être pas aller jusque-là, il ne faut pas trop en demander ! » Il y a effectivement des limites à ne pas franchir. Même quand on attire sept millions de visiteurs par an.


La page Facebook « La Joconde à Lens » :
https://www.facebook.com/laJocondeaLens/?ref=br_rs


Par Alexandre Doskov Tous propos recueillis par AD
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