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Au Brésil, la fête n'a pas eu lieu

L’horrible président Bolsonaro ne s’est pas gêné pour accaparer le succès du Brésil à la Copa América. Au-delà de la photo du président avec les joueurs, c’est une victoire à domicile en demi-teinte​,​ car le désintérêt des Brésiliens pour la Seleção est profond.

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Reconnaissons-le, Audrey Pulvar avait raison de trouver que les footballeuses sont plus engagées que les footballeurs en 2019. Ce dimanche, à Lyon, on a vu le sacre des Américaines à la Coupe du monde féminine avec une porte-étendard nommée Megan Rapinoe, engagée en faveur de la cause féministe, LGBT et contre le racisme (1), notamment. Opposante déclarée à Donald Trump, la co-capitaine de Team USA ne se rendra pas à la Maison-Blanche pour présenter le trophée et c’est toute son équipe qui pourrait suivre le mouvement. Quelques heures plus tard, à Rio, le contraste est saisissant.

Alors que le Brésil vient de remporter la finale de la Copa América contre le Pérou, le capitaine de la Seleção Dani Alves serre dans ses bras Jair Bolsonaro, puis le président du Brésil s’empresse de saisir le trophée au milieu des vainqueurs, et une partie des joueurs acclame « o mito » ( « le mythe » ). C’est comme ça que Bolsonaro se fait appeler par ses soutiens.


Bolsonaro a le soutien des grands joueurs actuels

Ronaldinho, Rivaldo, Cafu, Dani Alves, Alisson Becker, Lucas Moura, Felipe Melo... Des légendes à la retraite aux internationaux actuels, nombreux sont ceux qui affichent leur soutien au président d’extrême droite. Au contraire, les opposants déclarés se font rares. Il y a Rai, Juninho et Paulo André (ancien défenseur du Mans, notamment, il est aujourd’hui dirigeant à l’Atlético Paranaense), mais aucun international brésilien actuel n’a pris position contre le « Trump tropical » .


Bolsonaro a remporté les élections présidentielles en octobre dernier dans un contexte de crise économique et sociale (13% de la population au chômage fin 2018). « Il a été élu par deux classes distinctes : les très riches et les très pauvres, qui voient en lui un leader capable de stopper la violence et la corruption. Chez les plus pauvres, son culte de la religion évangélique et son discours macho lui ont aussi rapporté des voix » , analyse Marcelin Chamoin, qui a animé le mois dernier un débat sur le sujet « Jair Bolsonaro : président des footballeurs brésiliens ? » au festival foot et ciné La Lucarne.

Le Maracaña divisé

À l’image du deuxième tour des élections d’octobre dernier remporté par Bolsonaro avec 55% des suffrages face à Fernando Haddad, le candidat du Parti des travailleurs (le parti des anciens chefs d’État Lula et Dilma Rousseff), la société brésilienne est fortement divisée. Et cela s’est ressenti quand Bolsonaro a fait son entrée sur la pelouse du Maracaña dimanche soir. « On a entendu beaucoup de sifflets et aussi beaucoup de gens qui ont scandé : "Mito ! Mito ! Mito !" » , affirme Marcelin Chamoin, présent au stade. C’est presque au moment où Bolsonaro est apparu sur les écrans que les supporters se sont le plus enflammés. »

C'est dire si cette victoire en Copa América n’a pas passionné les Brésiliens. Très chers, les tarifs des tickets de match ont exclu de fait les classes populaires des stades. « Les Brésiliens les plus pauvres, pour majorité la population noire, n’ont pas les moyens d'aller au stade, et ce, alors qu’au Brésil, ce sont eux les plus passionnés » , nous expliquait au début de la compétition Marcelo Carvalho, qui dirige l'Observatoire de la discrimination raciale dans le football. Et le désintérêt des Brésiliens pour la Seleção s’est aussi ressenti en dehors des stades.

« Les gens s’identifient moins à l’équipe nationale »

Le résultat d’un long processus, d’après le journaliste Ricardo Perrone, basé à São Paulo. « Il y a longtemps que nous n’avons pas gagné une Coupe du monde et le 7-1 a laissé des traces. Année après année, les gens délaissent l’équipe nationale au profit de leur club. Ces derniers jours, combien de fois j’ai entendu des supporters dire qu’ils se fichaient de la Copa América et qu’ils avaient hâte que le championnat reprenne pour voir leur club ! » , explique l’ancienne plume du magazine Placar, qui écrit aujourd’hui pour le média UOL, avant de citer une autre raison : « Les gens s’identifient moins à l’équipe nationale​,​ car les joueurs partent de plus en plus tôt en Europe. »

En outre, une Copa América n’est pas une Coupe du monde. « En 2014, les rues étaient décorées, là, il n’y avait rien pour te faire penser qu’une compétition était en train de se jouer au Brésil » , témoigne Marcelin Chamoin, qui a couvert la compétition comme rédacteur pour le site Lucarne Opposée. Il se souvient du match de poule Brésil-Venezuela. « Dans le bar, il n’y avait pas d’ambiance, et le lendemain, on ne trouvait rien du tout sur le match à la Une des journaux. La presse parlait de Marta qui était passée devant le record de Klose avec son 17e but au Mondial féminin. »

L’exception Tite

C’est troublant​,​ ​mais la fête n’a pas eu lieu au Brésil - du moins pas comme on l’imagine au pays du football. Et Bolsonaro, lui, est sur la photo avec les vainqueurs. À vrai dire, seul le sélectionneur Tite est apparu gêné au moment de serrer la main au président lors de la remise des médailles (2). En conférence de presse d’après​-​match, un journaliste a posé la question au coach, sans filtre : « Étant donné que Bolsonaro est un raciste, misogyne, fasciste homophobe, cela vous dérange-t-il qu'il ait détourné votre victoire ? » Mais l’attaché de presse s’est empressé de l’interrompre.



Par Florian Lefèvre Tous propos recueillis par FL

(1) En 2015, elle mettait le genou à terre pendant l’hymne américain pour protester contre les actes racistes de la police. Un mouvement initié par Colin Kaepernick, devenu le paria de la NFL (la ligue de foot US).

(2) Non, Marquinhos n’a pas esquivé la poignée de main de Bolsonaro.
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