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Top 1000 : les meilleurs joueurs du championnat de France (60-51)

Par Quentin Ballue, Jérémie Baron, Adel Bentaha, Raphaël Brosse, Clément Gavard et Steven Oliveira, avec toute la rédaction de SF

Quel est le meilleur joueur de l'histoire du championnat de France depuis sa création en 1932 jusqu'à 2022 ? Statistiques, palmarès, trajectoires personnelles, classe, dégaine, empreinte laissée : autant de critères qui nous ont permis d'établir notre classement très subjectif des mille joueurs les plus marquants de Division 1 et de Ligue 1. Le credo d'un feuilleton qui va durer précisément 100 jours.

Salif Keita

Salif Keita
Saint-Étienne (1967-1972), OM (1972-1973)

En France, et surtout à Saint-Étienne, le nom de Salif Keita renvoie à celui d’une légende. À un joueur considéré comme un monument, symbole des plus belles heures des Verts et de l’émergence d’un football français triomphant. Un talent indéniable, que l’attaquant a forgé sur les terrains sablonneux de Bamako. « Au Mali, je vivais dans un quartier où on avait un terrain de 35 mètres sur 25. Il y avait au moins 20 arbres, racontait-il dans nos colonnes. Chaque fois que tu dribblais un joueur, tu devais dribbler un arbre. Tout le monde connaît ça à Bamako. » La technique est au point, le mental aussi, pour celui qui tape dans l’œil de Charles Dagher, un homme d’affaires libanais, installé au Mali. Désireux de révéler sa pépite aux yeux du monde, le recruteur improvisé envoie des lettre recommandées à différents clubs en Europe. Auxquelles répond favorablement l’AS Saint-Étienne donc, en 1967.

Le périple enclenché, Keita embarque pour Monrovia, avant de rallier Paris. L’escale libérienne est en réalité un traquenard, puisqu’il se fait voler papiers et économies. Arrivé à Orly les mains vides, une deuxième escapade débute. « À Paris, je ne pouvais pas prendre le train. Les deux premiers taxis n’ont pas voulu m’emmener jusqu’à Saint-Étienne. Mais le troisième a accepté… » Une fois dans le Forez, les dirigeants de l’ASSE accepteront de régler la facture (1060 francs) et, en échange, chargeront leur avant-centre de leur rendre la pareille sur le terrain. La suite ? 142 buts en 186 apparitions jusqu’en 1972, trois titres de champion (1968, 1969, 1970), une Coupe de France (1968 et 1970). Suffisant pour rembourser ces frais de déplacement, au point de voir les supporters réclamer un changement d’écusson au club, afin d’y intégrer une « Panthère noire » , surnom de celui que l’on appelait déjà « Domingo » au Mali. Chose faite en 1970.

Malheureusement, la fin de l’aventure s’avérera moins idyllique, Keita étant suspendu six mois par la fédération, considérant le contrat signé avec Saint-Étienne comme illégal. Un imbroglio judiciaire et financier qui poussera Salif Keita à quitter l’ASSE, pour s’engager avec l’Olympique de Marseille. Pour son premier match avec l’OM, le 19 septembre 1972, le buteur retrouvera ainsi les Verts, inscrivant un doublé (victoire 3-1) et s’en allant célébrer devant son ancien président, Roger Rocher, en lui adressant un bras d’honneur.

Mustapha Dahleb

Mustapha Dahleb
Sedan (1969-1974), PSG (1974-1984)

Pour que le Paris Saint-Germain devienne ce grand club français, couronné de succès, il a fallu des précurseurs. Parmi eux, Mustapha Dahleb. Première véritable gloire du club de la capitale, au début des années 1970. Né à Béjaïa et arrivé à Sedan à l’âge de deux ans, le milieu offensif s’est ainsi révélé en douceur dans les Ardennes, avant d’atterrir dans le faste de la Ville lumière et son club de football fraîchement créé. Symbole de ce clinquant, déjà, le montant déboursé par Daniel Hechter, poussé par son entraîneur Just Fontaine : 1,35 million d’euros, soit le montant le plus élevé de la D1 des 70s. Un pari que le Parc des Princes ne tardera pas à oublier, hypnotisé par les exploits de ce créateur, entre 1974 et 1984. 310 rencontres et 98 pions plus tard, l’international algérien (20 capes, six réalisations et une participation à l’épopée du Mundial 1982) s’offre le record de buts du PSG durant près de trente ans. Zlatan Ibrahimović et Edinson Cavani peuvent lui dire merci.

Hassan Akesbi

Hassan Akesbi
Nîmes (1955-1961), Reims (1961-1963), Monaco (1963-1964)

Auteur de 173 caramels en 293 matchs de D1 (ce qui en ferait le meilleur buteur marocain de l’histoire des grands championnats européens), meilleur buteur de l’histoire du Nîmes Olympique (avec qui il a connu la période la plus glorieuse et terminé trois fois de suite vice-champion), fidèle compère de Bernard Rahis (voir #228) et Henri Skiba (voir #243) chez les Crocos, artisan du dernier titre de champion de France du Stade de Reims (où il prenait la relève de Just Fontaine) en 1961-1962 avec un doublé lors du match du sacre après un transfert qui avait fait jaser, auteur de cinq saisons à plus de vingt buts entre 1958 et 1963 : Hassan Akesbi, arrivé à vingt ans en France pour tout casser, est définitivement quelqu’un. Plus spécialement dans le Gard, où l’on peut aisément le qualifier de légende.

Ronaldinho

Ronaldinho
PSG (2001-2003)

Quoi ? Comment un joueur qui n’a disputé que 55 matchs de Ligue 1 et qui s’est retrouvé parfois sur le banc pour faire de la place à Romain Rocchi peut se retrouver dans le top 100 de ce classement ? Tout simplement car il s’agit de Ronaldinho. Et Ronnie n’est pas un joueur comme les autres. Alors oui, le Brésilien n’a pas connu ses meilleures années à Paris, mais c’est là qu’il a éclos aux yeux de l’Europe. Et de quelle manière. On pourrait citer son but fabuleux à Guingamp – élu plus beau but de la saison du championnat de France – où il s’amuse avec toute la défense bretonne. Ou encore son doublé au Parc des Princes face à l’OM et son rush au retour au Vélodrome où il efface Vedran Runje avant de voir Jérôme Leroy lui voler son pion. Bref, celui qui a joué dans Trois zéros est ce qu’on peut appeler un artiste. Peut-être le plus beau. Et tant pis s’il n’a pas remporté le moindre trophée avec le PSG. L’impact de Ronnie sur le championnat va au-delà des trophées.

«  C’était Michael Jordan sur un terrain de foot. C’était Air Ronnie, avance Jérôme Alonzo dans les colonnes de So Foot. Même, on a fait deux ou trois bringues ensemble. À l’époque, je gagnais 10 000 euros par mois, mais Ronnie, il n’en avait rien à foutre, même dans mon Audi A3. On partait bouffer, c’était le copain que tu pouvais avoir en PH. Il avait une simplicité en dehors effarante.  » Car oui, celui qui maîtrise l’art de la virgule et des passes à l’aveugle comme personne, c’est aussi un sourire constant et un amour de la fête qui lui a causé des embrouilles avec Luis Fernandez et des matinées compliquées au Camp des Loges. «  Le matin à l’entraînement, tu le voyais arriver avec les lunettes de soleil, bon… Ensuite, il s’habillait, et il allait direct à la table de massage pour dormir » , raconte Jérôme Leroy dans SoFoot. Une gueule de bois qui disparaissait dès qu’il avait le ballon dans les pieds. À ce moment-là, sa magie pouvait opérer. Et ce, dès l’échauffement où il enchaînait les jongles, les tours du monde et autres facéties pour le plus grand plaisir du public qui zappait la bière d’avant-match pour ne pas rater une miette de l’échauffement du Brésilien. Car la moindre seconde de Ronnie sur un terrain de football est précieuse. Et inoubliable.

Jean Baratte

Jean Baratte
Lille (1945-1953), CO Roubaix-Tourcoing (1954-1955)

Si l’on peine encore à déterminer avec exactitude le nombre de buts inscrits – toutes compétitions confondues – par Jean Baratte au cours de sa prolifique carrière, on peut malgré tout retenir un chiffre a priori fiable : 169, comme le nombre de fois où il a trouvé le chemin des filets en D1 entre 1945 et 1955. Arme offensive du Lille OSC nouveau-né, l’attaquant d’1,73 m est l’une des grandes figures du championnat dans l’après-guerre. Un championnat qu’il remporte à deux reprises (1946, 1954) et dont il finit meilleur buteur deux années de rang (31 réalisations en 1948, 26 en 1949). En plus d’être un buteur insatiable, l’homme aux quatre Coupes de France (1946, 1947, 1948, 1953) et aux dix-neuf pions marqués avec les Bleus (en 32 sélections) est un vrai patron sur le terrain, ce qui lui vaut d’hériter du brassard après le départ de Jules Bigot au Havre, en 1950, et d’être surnommé « Capitaine courageux » . En demi-finales de la Coupe 1952, alors que le gardien titulaire est blessé et que l’habituel remplaçant est absent, c’est lui qui prend place dans les bois pendant 90 minutes, effectuant une prestation honorable sans toutefois parvenir à éviter la défaite des siens contre Bordeaux (2-1 AP). L’emblématique joueur nordiste s’éteint à 63 ans, le 1er juillet 1986. Un stade situé à Lille porte son nom, et c’est tout sauf surprenant.

Thiago Silva

Thiago Silva
PSG (2012-2020)

28 février 2016. Pour son 100e match de Ligue 1, Thiago Silva ne va pas vivre la meilleure soirée de sa vie. Déjà car son PSG s’incline sur la pelouse de l’Olympique lyonnais, mais surtout car le Brésilien s’est mangé un violent coup de sombrero de Sergi Darder qui bat ensuite Kevin Trapp de l’extérieur du pied. Si cette action est restée dans la mémoire, ce n’est pas seulement pour la beauté du geste, mais tout simplement car il s’agit de la première et de la dernière fois que celui qui a inscrit un coup de tête mémorable à Stamford Bridge en 2015 s’est fait dépasser par un joueur de Ligue 1. Car le reste du temps, l’attaquant adverse passait les 90 minutes dans la poche de celui qui a été naturalisé français en 2019. Toujours bien placé, jamais dépassé, toujours propre – il n’a commis que 14 fautes lors de sa première saison et a enchaîné plus de 700 minutes sans fautes en 2015 -, intraitable dans les airs comme au sol, « O Monstro » a prouvé durant ses années parisiennes qu’il était bien l’un des meilleurs défenseurs centraux du monde. Si ce n’est le meilleur comme l’affirmait en conférence de presse Laurent Blanc – « C’est un défenseur moderne parce qu’il est aussi fort défensivement que beaucoup d’autres, mais il a quelque chose en plus que ceux-là : quand il a le ballon, il sait quoi en faire ! Pour moi, c’est le meilleur défenseur du monde. » -, Carlo Ancelotti – « Thiago Silva est le meilleur défenseur central du monde. Il a toutes les qualités du monde. Il est intelligent, il va vite, il a la qualité technique… Il a tout ! » – ou Ronaldo : « Thiago Silva est sans aucun doute le meilleur défenseur central du monde. Il a des qualités insolentes. C’est un symbole d’élégance, comme l’était Franz Beckenbauer. Il marche sur ses traces. » Et ce n’est pas sa présence dans l’équipe type de la FIFA entre 2013 et 2015 qui va venir contredire tout ça.

Une chose est certaine, pendant les huit saisons qu’il a passées en France, Thiago Silva, qui a été élu tous les ans dans l’équipe type aux trophées UNFP, a été le meilleur défenseur central de ce championnat. Mais celui qui a joué le plus de matchs en tant que capitaine du PSG (293) est aussi le symbole de ce Paris Saint-Germain version qatarie : des trophées à la pelle – dont l’Hexagoal de 2015 soulevé par Zoumana Camara ( « Les gars, cette année c’est pas moi qui vais monter la cope, c’est Papus Camara !  » ) – une ultradomination de la Ligue 1, mais aussi des pépins physiques et un mental fragile au moment des grandes échéances européennes. Et preuve que cela ne vient pas forcément de lui, mais de l’environnement parisien, un an après son départ de la capitale – sans pouvoir être salué comme il se doit par le Parc des princes en raison du Covid – et de la défaite en finale de Ligue des champions face au Bayern Munich, Thiago Silva a remporté la C1 avec Chelsea et Thomas Tuchel. Bon, il est sorti blessé en finale.

Serge Chiesa

Serge Chiesa
Lyon (1969-1983)

« Le Petit Mozart » réinventait le football d’après son ancien entraîneur Aimé Mignot. Joueur le plus capé de l’histoire de l’Olympique lyonnais, avec qui il a remporté une Coupe de France, Serge Chiesa ponctue ses 541 apparitions de 132 buts (seuls Fleury Di Nallo et Bernard Lacombe font mieux). Ses 119 pions en D1 permettent aux Gones de monter par deux fois sur le podium du championnat, à la troisième place, en 1974 et 1975. « C’était le joueur parfait. Une grande élégance et une grande humilité. Il jouait toujours juste. Franchement, il avait un petit côté Lionel Messi » , louait l’ancien secrétaire d’État aux Sports Thierry Braillard dans les colonnes du Parisien. Après 14 saisons à Lyon, le natif de Casablanca file à Orléans et raccroche à Clermont. L’artiste passera ensuite des terrains au comptoir. «  Je connaissais un autre footeux, Alain Moizan, avec qui je jouais à Lyon, qui avait ouvert un tabac/presse. Après avoir discuté deux, trois fois avec lui, j’ai décidé de partir sur ça également  » , expliquera-t-il à So Foot. Un homme définitivement à part.

Bernard Lama

Bernard Lama
Lille (1984-1989), Metz (1989-1990), Brest (1990-1991), Lens (1991-1992), PSG (1992-2000), Rennes (2000-2001)

Des pantalons fuselés, des maillots bariolés et une allure de félin… Bernard Lama, c’était un peu tout ça à la fois. Un gars formé sur les plages de Cayenne, où le rêve de devenir footballeur professionnel a pris forme, avant que celui-ci ne commence à devenir réalité dans le Nord de la France, à Lille. Son style à part ne passe pas inaperçu, il tape dans l’œil, il intrigue, il séduit, même s’il lui faut du temps pour s’adapter à sa nouvelle vie et s’imposer comme titulaire dans les cages. Ce qu’il finit par faire, avec caractère, en dévoilant à la D1 ses qualités exceptionnelles. Son culot, aussi, qui le pousse à s’improviser tireur de penalty. Un petit plaisir qu’il s’accordera de temps en temps au fil de sa carrière, parfois sans succès. Lama, c’est une personnalité, un type capable de s’embrouiller avec ses dirigeants, des coéquipiers ou à les dézinguer des années plus tard. Un gardien qui pouvait jouer à mains nues, comme à Metz.

Il y aura aussi Brest et Lens, puis surtout le Paris Saint-Germain, où il signe pour succéder à Joël Bats. Dans la capitale, il vit les meilleures années de sa carrière. À 30 piges, Lama est encore plus complet : ses réflexes sont monstrueux, son jeu au pied précis à souhait, sa détente impressionnante. Il est en quelque sorte le gardien que les gamins imitent dans la cour de récré ou sur les terrains stabilisés. Il ne faut pas se tromper, entre 1993 et 1996, le Chat est l’un des meilleurs derniers remparts au monde. Dans le top 5, facile. Il collectionne les trophées sous la tunique parisienne, dont un championnat de France et une Coupe d’Europe, au même moment qu’il devient incontestable en équipe de France. Trop fort, ce Bernard. Jusqu’à ce qu’une grave blessure et un contrôle positif au cannabis ne viennent le stopper dans son élan et ternir son image. Chez les Bleus, il laisse sa place de numéro un à Fabien Barthez, et deviendra champion du monde dans le costume de la doublure. À Paris, il n’est plus en odeur de sainteté, Christophe Revault pointant le bout de son nez, mais sa parenthèse en Angleterre ne dure pas longtemps, et il revient au PSG, où il souffle le chaud et le froid pendant deux ans. Sa dernière pige à Rennes sera comme un baroud d’honneur, un adieu à un championnat qu’il a dominé et à des fans qu’il a fait rêver. Qui n’a jamais voulu plonger dans l’herbe avec un pantalon à la Lama ?

Philippe Gondet

Philippe Gondet
Stade français (1959-1960), Nantes (1963-1971), Red Star (1972)

Si les extraterrestres Carlos Bianchi (37 buts en 1977-1978), Zlatan Ibrahimović (38 buts en 2015-2016) ou Salif Keïta et Josip Skoblar (respectivement 42 et 44 buts en 1970-1971) n’avaient pas vu le jour après lui, Philippe Gondet et ses 36 caramels lors de l’exercice 1965-1966 serait encore le meilleur buteur de l’histoire de la première division sur une saison. Pour ce qui est des Français, il est par ailleurs toujours détenteur de ce record. Le 11 juin 1966 lors de la dernière journée du championnat à Cannes, alors que son FCN était déjà champion, l’attaquant nantais battait ainsi les 35 pions de Gunnar Andersson et Serge Masnaghetti : « Mes coéquipiers m’ont épuisé, nous racontait-il en 2015 pour honorer sa sixième place dans notre classement des 50 joueurs ayant écrit l’histoire du FC Nantes. Ils jouaient tous les ballons sur moi. J’avais envie de battre le record, mais eux en avaient peut-être encore plus envie que moi. » Auteur d’un doublé, le buteur entrera bel et bien dans la légende, aucun Nantais n’ayant depuis réussi à atteindre cette barre des 36 unités. « Ce match, c’est à la fois un bon et un mauvais souvenir. Parce que quand je marque mon 36e but, Daniel Eon (le gardien nantais de l’époque, voir #593) saute de joie et en retombant, il se blesse au tendon d’Achille. Une blessure dont il ne s’est jamais vraiment remis. » Gondet lui-même ne retrouvera jamais sa forme olympique de 1966, ne dépassant pas la barre des quatorze banderilles par la suite, même s’il atteindra tout de même les 100 buts tout rond en D1. Celui qui compte quatorze capes en Bleu, et marqua deux fois face au Luxembourg le jour de la qualification au Mondial 1966, s’est éteint le 21 janvier 2018 à l’âge de 75 ans, du côté de Vertou. Autrement dit à deux pas du stade Marcel-Saupin, dont les tribunes ont scandé « Gondet, ton but ! » des centaines de fois au cœur des années 1960.

Dominique Colonna

Dominique Colonna
Montpellier (1948-1949), Stade français-Red Star (1949-1950), Stade français (1950-1951 puis 1952-1954), Nice (1955-1957), Reims (1957-1963)

Du haut de ses 94 ans, Dominique Colonna est, depuis le 4 septembre dernier et le décès de François Remetter, le doyen des internationaux français. D’abord passé par Montpellier puis par le Stade français, avec lequel il navigue entre D1 et D2, le gardien originaire de l’Île de Beauté signe un premier coup d’éclat en 1956, quand son OGC Nice décroche le titre national. C’est alors que le grand Reims, tout récent finaliste malheureux de la Coupe d’Europe des clubs champions, lui fait les yeux doux. « Le club a accueilli pas mal de Corses, comme moi, narre le portier d’1,72 m dans un entretien accordé au Temps. Albert Batteux (l’entraîneur rémois, NDLR) avait une propriété à Ajaccio. On a souvent dû lui dire « il faut que tu prennes Colonna ». Et puis j’avais été champion de France avec Nice, quand même, ce qui était d’ailleurs un petit miracle. Je n’ai donc pas été étonné du tout de voir une demande de Reims, où j’ai trouvé ma place. » C’est peu de le dire : celui qui fait office de dernier rempart des Bleus à treize reprises s’adjuge trois couronnes hexagonales supplémentaires avec les Champenois (1958, 1960, 1962), raflant une Coupe de France au passage (1958)… et connaissant à son tour le goût amer d’une défaite en finale de C1 face au Real Madrid, en 1959 (2-0). Le 1er octobre 1985, « Dumè » est à la retraite depuis un bail quand il devient le premier vainqueur de l’histoire du Loto foot, ce qui lui permet d’empocher la coquette somme de 2,34 millions de francs. Bien vu d’avoir coché le « N » pour le match Bordeaux-Bastia, pourtant déséquilibré sur le papier.

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