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Le Paris Saint-Germain, c’est au Parc des Princes

Par Mathieu Faure

Nasser al-Khelaïfi a profité de sa Coupe du monde au Qatar pour mettre la pression à la mairie de Paris concernant le Parc des Princes que le patron parisien considère trop petit. Pour le président du PSG, la donne est simple : soit la mairie de Paris accepte de vendre l’enceinte au club afin de l'agrandir, soit QSI ira voir ailleurs.

C’est un secret de polichinelle qui dure depuis un moment : QSI, l’entité qui a racheté le Paris-SG en 2011, aimerait agrandir le Parc des Princes, dont la capacité maximale – 48 000 places – ne correspond pas aux ambitions ni au nouveau standing du club de la capitale. Sauf que le PSG, et c’est une rareté dans les clubs de haut niveau, n’est pas propriétaire de son stade, puisque c’est la mairie de Paris qui en a les clés et qui le loue sur la très longue durée, via un bail emphytéotique, au club de la capitale. Alors après avoir investi 70 millions d’euros pour moderniser l’enceinte en dix ans, les dirigeants qataris veulent passer le seconde : racheter le Parc des Princes et en faire ce que bon leur semble. Comprendre l’agrandir et porter sa capacité à, au moins, 60 000 places.

 Nous avons dépensé 70 millions d’euros pour améliorer le Parc des Princes, mais ce n’est pas notre stade.

Et comme le club et la municipalité parisienne n’arrivent pas à s’entendre sur la marche à suivre, Nasser al-Khelaïfi vient de profiter de la fenêtre médiatique liée à la Coupe du monde pour balancer un coup de pression public envers Anne Hidalgo et son équipe dans un entretien accordé à Bloomberg : « Le PSG mérite un meilleur stade. Ma première option est de ne pas bouger, mais la ville de Paris nous pousse à le faire. Nous avons dépensé 70 millions d’euros pour améliorer le Parc des Princes, mais ce n’est pas notre stade. » Il n’en fallait pas plus pour mettre en marche la machine à idées. Surtout que, dans le même temps, la mairie de Paris a apporté un début de réponse par l’intermédiaire d’Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie, à Sud Radio : « Notre option prioritaire n’est pas de vendre le Parc, mais de rester sur ce mode de bail de location longue durée. Vendre n’est clairement pas notre préférence, et ils le savent au PSG. » On appelle ça un cul de sac.

Tout centraliser à Poissy ? Le Stade de France ?

Du coup, quelles options s’offrent au PSG ? Se construire son propre stade, ailleurs. Le site de Poissy, où le futur centre d’entraînement est en train de voir le jour, est envisagé, au plus grand plaisir de Karl Olive, le premier magistrat de la ville et fan avéré du club : « Poissy a déjà montré sa capacité à trouver des solutions quand d’autres ne cessaient de communiquer sur les problèmes. Alors si nous pouvons rendre service, nous saurons saisir cette opportunité extraordinaire. » L’autre grande idée s’appelle le Stade de France, l’enceinte de Saint-Denis, qui n’a aucun résident depuis son inauguration en 1998, malgré ses 80 000 places. Le stade, qui appartient à l’État, se cherche un propriétaire et l’idée de faire jouer le PSG au SDF n’est pas nouvelle, puisque c’était déjà une folle rumeur au milieu des années 1990, ce qui avait donné lieu à une vague massive de contestation au sein du Parc des Princes avec un slogan simple et direct : « Le Parc est à nous, Saint-Denis on s’en fout. »

Le Parc c’est le PSG, le PSG c’est le Parc

Le fond du problème est peut-être là, dans l’attachement viscéral du public parisien au Parc des Princes. Parce que le Parc, justement, est le Parc. Tout dans l’enceinte dessinée par l’architecte Roger Taillibert transpire le football. Son nom, déjà : Le Parc des Princes. Son emplacement ensuite, à Paris, coincée entre deux stations de la ligne 9 du métro, la ligne qui relie le 16e à Montreuil, et au-dessus du boulevard périphérique. Surtout, le Parc a une gueule, une dégaine, une posture, une couleur, un bruit, une résonance, un écho, une âme, une histoire, une aura, une ambiance. Il n’y a pas d’équivalent en France ni dans le monde.

Et puis le Parc a tout connu avec le PSG : le barrage contre Valenciennes et le but de l’improbable Michel Marella pour accéder pour la première fois en D1 en 1974, Francis Borelli qui mange la pelouse, le coup de casque d’Antoine Kombouaré contre le Real Madrid, le but de Vincent Guérin face au Barça, le PSG-OM de 1999, la folie pour la réception de Twente, le but de Javier Pastore contre Chelsea, la retraite de David Beckham, les larmes de Rai, Lionel Messi, le show Ronaldinho contre Bordeaux, la finale de la Coupe de France contre Nantes en 1983, PSG-Bucarest, les échauffements de Marko Pantelić et Maxime Partouche, le scorpion de Coridon. Le Parc, c’est aussi deux virages distincts, avec deux ambiances et deux mondes qui, après plusieurs années de frictions, ont fini inévitablement par s’entrechoquer pour complètement exploser et rendre le plan Leproux inévitable en 2010. Un temps abandonnées, les tribunes du Parc se sont remises à faire du bruit depuis 2016 en même temps que la corbeille se garnissait de stars mondiales – Rihanna, Beyoncé, Michael Jordan – et que le prix des places explosait.

Faire comme tout le monde…

Le Parc des Princes est sans doute trop petit pour les ambitions – marketing, financière et mégalo – de QSI, et c’est dans l’air du temps de quitter son enceinte historique pour s’amouracher d’un stade ultra moderne, puisque la Juventus, le Bayern, l’Atlético de Madrid, Arsenal et Tottenham sont récemment passés par là, alors que Liverpool et Milan sont dans un processus de changement aussi, quand, de son côté, le Real Madrid a entièrement modernisé Bernabéu. Mais ce n’est pas parce que tous les clubs majeurs le font qu’il faut se résoudre à l’accepter sans rien dire. Le PSG est à la croisée des chemins, se contenter d’une enceinte historique, mythique, esthétique et surtout parisienne, mais trop étroite pour les ambitions de ses propriétaires ou mettre ses menaces à exécution et se construire son propre stade, ailleurs, avec ce que cela sous-entend dans la rupture, inévitable, avec le cœur de certains romantiques. Alors que le Paris Saint-Germain va bientôt quitter Saint-Germain-en-Laye pour Poissy, le voir quitter également Paris répondrait à une certaine forme de logique. Une bien triste logique… Mais le football moderne est ainsi, il se fiche des sentiments et veut simplement rêver plus grand.

Par Mathieu Faure


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