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Benfica : quand Football Manager n’est plus un jeu

Par Amaury Gonçalves, à Lisbonne

Avec son immense base de données, Football Manager réunit des millions de joueurs, tous à la recherche de la pépite qui fera le succès de leur club. À Benfica, ces pépites arrivent les unes après les autres en provenance du monde entier depuis quelques mois. Comme si, dans les travées de l’Estádio da Luz, on jouait aussi à FM.

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Le 15/01/2023 à 19h
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La réputation de Benfica sur le marché des transferts n’est plus à faire. Chaque année ou presque, les Aigles savent faire parler d’eux en vendant à prix d’or des joueurs recrutés pour trois ou quatre fois moins cher. Arrivé du Rosario Central contre 8 millions d’euros en 2007, Di María en rapporte 33 à Benfica en rejoignant le Real Madrid en 2011. Recruté pour 9 millions d’euros en 2011 au Standard de Liège, Axel Witsel est revendu 40 millions d’euros l’été suivant au Zénith. Bien plus récemment, Darwin Nuñez a été troqué contre 25 millions d’euros à Almería puis lâché à Liverpool il y a quelques mois pour le quadruple (incluant les bonus). La liste est encore longue, puisqu’on peut y inclure des joueurs venus de tous les horizons tels que Talisca, Lazar Marković, Ederson ou Victor Lindelöf. Depuis la prise de fonction de Rui Costa en tant que président du club en octobre 2021, cette tendance à aller chercher des pépites dans le monde entier s’est encore accélérée. À tel point que l’on pourrait croire que lui et son entraîneur allemand Roger Schmidt sont aux commandes d’une partie de Football Manager. Une partie plutôt bien maîtrisée, jusqu’ici.

Chercher partout, tout le temps

Lors du dernier mercato estival, six joueurs ont été définitivement achetés par Benfica. Sur ces six joueurs, aucun n’était issu du même championnat. Depuis l’Amérique du Sud arrivaient Enzo Fernandez et João Victor en provenance de River Plate et des Corinthians. Alexander Bah (ex-Slavia Prague) et David Neres (ex-Shakhtar Donetsk) quittaient quant à eux l’Europe de l’Est. Plus occidentaux, Fredrik Aursnes était recruté au Feyenoord, tandis que Petar Musa, plus local, faisait ses valises depuis Boavista. Ce mélange d’horizons est encore accru par les nombreuses nationalités se côtoyant au sein du club lisboète où l’on retrouve un Grec, un Norvégien, un Américain, un Serbe, un Danois, un Croate, et bien sûr de nombreux Portugais, Brésiliens et Argentins. « Aller chercher des joueurs comme ça partout dans le monde, c’est vraiment du FM ! », confirme le streamer Domingo, alias Coach Bizot sur le jeu. « Le fait de ne pas avoir peur d’aller chercher ce genre de profils, ça montre une vraie confiance dans le recrutement du club », poursuit-il. Cette politique prolonge le souhait de Rui Costa de changer d’horizons, de voir plus loin que la nationalité ou l’origine. Son objectif ? Aller chercher les meilleurs profils, peu importe où ils se trouvent. C’est dans cette optique que le président benfiquista est allé chercher l’entraîneur allemand Roger Schmidt au PSV, alors que Benfica n’avait plus connu d’entraîneur non ibérique depuis Ronald Koeman en 2006.

À Benfica, cette variété culturelle prend. D’autant plus que comme tout bon entraîneur de Football Manager, Roger Schmidt fait confiance à ses minots. Dans le onze type de l’équipe, on en retrouve un à chaque ligne : Gonçalo Ramos est devenu titulaire indiscutable en pointe de l’attaque, Florentino Luis s’est imposé comme une sentinelle de confiance et depuis qu’António Silva a été propulsé aux côtés d’Otamendi en défense, il n’a plus jamais laissé sa place. « Ce qui est intéressant dans FM, c’est qu’on doit respecter l’ADN du club et que la plupart du temps, il faut avoir confiance en son centre de formation », met en parallèle Domingo. C’est ce savant mélange entre un savoir-faire maison et un recrutement qualitatif et audacieux qui a permis à Benfica de finir premier de son groupe européen devant le PSG et de faire la course en tête en championnat. À cette échelle, on se rend d’ailleurs compte de l’originalité du recrutement benfiquista. Ces dernières années, le FC Porto a surtout usé de ses liens au Portugal et au Brésil pour recruter, tandis que le Sporting s’est pleinement réapproprié le marché national.

Un « projet FM » qui respecte les contraintes du réel

Ces dernières semaines, le « projet Football Manager » de Roger Schmidt et Rui Costa s’est prolongé par le biais de nouvelles arrivées encourageantes. D’une part, l’attaquant danois Casper Tengstedt, fraîchement arrivé du club norvégien de Rosenborg. Sur les 6 derniers mois, il y a inscrit 15 buts et délivré 9 passes décisives en à peine 14 rencontres de championnat. D’autre part, celle de l’ailier norvégien de 18 ans s’étant révélé chez les Danois du Nordsjælland, Andreas Schjelderup. Étant l’un des joueurs stars de Football Manager 2023, au point d’être le joueur qui a été le plus recruté sur cette édition du jeu, il est aussi l’un des chouchous de Domingo : « Il fait partie des plus grosses pépites du jeu. « SCH », comme je l’appelle, c’est vraiment un joueur violent sur FM ! » Fin décembre, les rumeurs envoyant Schjelderup à Benfica ont ainsi largement été reprises sur les réseaux sociaux par la communauté FM. De quoi permettre au club portugais de susciter aussi l’intérêt de nouveaux curieux. De tels transferts servent les ambitions claires d’une nouvelle direction voulant faire du SLB la meilleure équipe nationale ainsi qu’un concurrent sérieux à l’échelle européenne. Rui Costa veut aussi montrer la cohérence d’une telle politique. En septembre dernier, le président benfiquista participait dans cette perspective à une émission de Benfica TV, la chaîne du club. Dans celle-ci, il revenait sur chaque transfert estival du club, dans le sens des départs comme des arrivées, afin de les expliquer avec le plus de clarté possible. Au-delà de l’équilibre exprimé entre Roger Schmidt et le département de recrutement piloté par Pedro Ferreira, l’ancien n°10 de Milan a aussi mis en avant le comblement des trous créés par des départs ainsi que le renforcement de plusieurs positions encore fragiles.

L’une des principales caractéristiques de Football Manager, au-delà des résultats sportifs, c’est aussi de remplir des objectifs divers qui permettent de rester en poste. « Il y a beaucoup d’objectifs et de contraintes économiques sur FM, affirme Domingo. Ça rend le jeu réaliste, mais ça peut aussi être embêtant en tant que joueur. » À ce jeu-là, Benfica n’est pas le meilleur des élèves. Malgré des recettes totales s’élevant à 240 millions d’euros la saison passée, cumulant les ventes de joueurs et les résultats sportifs, la saison s’est soldée par un préjudice économique d’environ 17 millions d’euros. On peut toutefois se dire qu’à la fin de cette saison, les Aigles pourraient retomber dans le vert. Des sommes astronomiques sont déjà évoquées concernant Enzo Fernandez, tandis qu’António Silva et Gonçalo Ramos sont surveillés par des cadors européens. Surtout, le club lisboète est parti pour réaliser un exercice européen au moins aussi bon que celui de l’année passée. Rui Costa et les siens ont également réussi à se délester d’une certaine masse salariale n’apportant plus rien à l’équipe, par des ruptures de contrat conventionnelles ou des prêts. L’objectif désormais, certes très ambitieux, sera peut-être le même que celui des meilleurs joueurs FM : remporter la Ligue des champions avec son club.

Dans cet article :

Par Amaury Gonçalves, à Lisbonne

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