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Matchs de légende (7e) : l'histoire belge de Maradona

S'il était un match qui démontrerait la thèse que Diego Armando Maradona a bien gagné la Coupe du monde 1986 à lui tout seul, c'est bien cette demi-finale Argentine-Belgique qu'il faudrait retenir. Le jour où il est redevenu homme pour être Dieu…

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ArgentineBelgique (2-0)

Demi-finale de Coupe du monde – 25 juin 1986
Estadio Aztequa de Mexico


One man team, one man time…

Oral de Sciences-Po : « Est-ce que Maradona a gagné la Coupe du monde 1986 à lui tout seul ? » Oui, bien sûr. Mais… Et Garrincha 1962 ? Avant Diego, Mané avait quasiment fait gagner la Seleção au Mundial 1962 à lui tout seul. Pelé était out très tôt dans la compétition et il fut alors le héros brazileiro qui ensoleilla cette Coupe du monde au Chili. Et l'homme du Mundial, « l'homme d'un Mondial » , ce fut donc lui : Garrincha ! Il avait planté quatre fois lors de deux rencontres cruciales. Un doublé en quarts contre Angleterre (3-1) et un autre en demies contre le Chili (4-2), mais zéro pion en finale contre la Tchécoco (3-1). Exactement comme Maradona en 1986 ! Deux doublés en quart contre l'Angleterre (2-1) puis contre la Belgique en demies (2-0), mais zéro pion en finale contre la RFA (3-2)... Et Gerd Müller 74 ? Deux buts cruciaux en « demies » contre la Pologne (1-0) et en finale contre les Pays-Bas (2-1, but vainqueur) ! Der Bomber avait été pile au vrai rendez-vous des grands buteurs, non ?... Et Paolo Rossi 1982 ? Paolo, c'est 6 buts cruciaux en trois matchs au Mundial espagnol. Un triplé contre le Brésil (3-2), un doublé en demies contre la Pologne (2-0) et un en finale contre la RFA (3-1)… Paolo a bien gagné le Mondial à lui tout seul aussi, non ?

Deux autres étoiles auraient pu égaler tous ces « hommes d'un Mondial gagnés à eux tout seuls  » : Johan Cruyff en 1974 et surtout Zinedine Zidane en 2006 qui, sans le coup de boule et avec deux coupes du monde remportées, siègerait aujourd'hui tout là-haut sur l'Olympe... Mais c'est Diego Armando qui demeure au top des légendes de la Coupe du monde. Grâce à ses exploits de 86 et bizarrement, grâce aussi au Mondial US 94 où une Argentine transfigurée par un Diego renaissant à 34 ans fut sur le point de laisser croire qu'elle pourrait gagner l'épreuve ! Après la victoire en 86, la finale perdue de peu en 90 contre la RFA (0-1), le charisme irrationnel de Maradona sur ses coéquipiers fit comprendre au monde entier, face caméra hurlante, que ce mec pourrait « encore » faire triompher SON Albiceleste. À lui tout seul… Même sa suspension pour dopage à Dallas n'entama pas cette conviction renforcée que Diego avait bien braqué Mexico 86 en solo. Parce qu'il avait été ce « one-man team » quasi irrésistible durant trois coupes du mondes d'affilée…

La métamorphose par 10

Ce mercredi 25 juin 1986, la deuxième demi-finale du Mundial oppose l'Argentine à la Belgique. Un peu plus tôt, la RFA s'est qualifiée pour la finale en apprenant à nouveau aux Français qu'en foot il valait mieux être « carré » que « magique » (2-0). La Belgique a raté son premier tour, repêchée en tant que meilleur troisième au sortir d'une poule dominée par le Mexique et le Paraguay. Mais en 8e les Diables rouges ont fait plier l'URSS (4-3 a.p) et en quarts ils ont écarté l'Espagne (1-1, 5 tab à 4). Leur instinct de survie à l'italienne les font craindre désormais. Qui plus est, l'équipe belge regorge de joueurs talentueux (Pfaff, Ceuleman, Gerets, Renquin, Vercauteren, ou le jeune Scifo). Reste que les Diables viennent de jouer deux matchs à rallonge au soleil mexicain et que ça va se sentir contre cette Argentine qui monte en puissance. Et puis il y a Maradona : quelle antidote apporter à ce poison foudroyant qui a laissé l'Angleterre à la morgue (2-1) ? Le n°10 argentin est sur la sellette depuis ce quart anglais : malgré son but du siècle, sa main de Dieu passe mal. Diego doit alors frapper fort contre la Belgique. Il va y parvenir en poursuivant une mystique de la gagne personnelle qu'il s'est lui-même imposée pour ce Mundial. À 25 ans, il pète la santé : pas une ride, pas un bouton. Un poids de forme idéal pour cette boule de muscles qu'un léger embonpoint naturel fait passer pour une obésité sympatoche. Erreur ! Le sprint inouï qui a tracé son deuxième but contre l'Angleterre atteste d'une surnérgie longue durée. Sa patte gauche prouve bien qu'il a « deux pieds » : l'inter et l'exter (il va le prouver tout à l'heure face à Pfaff).

Le coach Carlos Bilardo a bâti un système exprès pour lui, un 3-5-2 révolutionnaire où il joue, en principe, deuxième attaquant avec Valdano. « C'est parce que j'avais Maradona que j'ai joué comme ça. C'était pour lui permettre de se libérer complètement  » : bien vu, Carlos ! Car Mexico 86 sera la dernière Coupe du monde des n°10 classiques. Alors comme ces artistes ont de moins en moins de latitude pour s'exprimer, Diego va se réinventer en se multipliant par 10, notamment contre la Belgique : en ailier gauche, en relayeur droit, en attaquant de pointe, en temporisateur majestueux, en passeur et en finisseur, en gratteur de ballons au milieu, en organisateur très reculé (Platoche le fait déjà), en meneur à une touche et pas une de plus, etc. Survivre en échappant à la meute, être là mais en se faisant oublier, disparaître pour mieux jaillir. Et surtout : ne pas finir comme Cruyff 74, quasi neutralisé en finale par le « maquage » en individuelle du roquet Vogts… Parce que tous les Belges vont défendre contre lui, ensemble ou à tour de rôle. Une photo célèbre a justement ramené cet Argentine-Belgique à ce qu'il fut vraiment : un documentaire animalier. Balle collée au pied gauche, tête haute, prêt à démarrer, le jeune lion Diego s'approche, menaçant, d'un troupeau rouge et compact de ruminants apeurés…

Homme-orchestre et homme d'orchestre…

Le fauve est lâché ! Au bout de 24 secondes de jeu Diego charge le mâle dominant du camp adverse. Ce pauvre capitaine Jan Ceuleman est déjà à terre… Diego vient d'envoyer un message aux siens : pas question de tourner autour du pot comme face à l'Angleterre, où la partie de bloc contre bloc fut indigne de l'Albiceleste. Contre la Belgique, l'Argentine va attaquer, faire le jeu et se positionner souvent très haut, contredisant par là même la réputation d'entraîneur « défensif » qui colle toujours à Bilardo. Les Argentins jouent enfin libérés ! Il faut dire que cette fameuse mystique personnelle de Diego (évoquée plus haut) avait quelque peu perturbé ses coéquipiers au match d'avant : contre les Anglais, Diego ne voulait rien de moins que « venger les morts argentins des Malouines » (authentique)… C'est aussi parce qu'il en avait fait une affaire personnelle contre « les gringos » anglais que Diego avait marqué ses deux buts insensés. Ses coéquipiers furent plus spectateurs que partenaires de ces deux coups de théâtre en forme de one man show.
Mais une fois sa vengeance accomplie, Diego abordera la Belgique plus apaisé, en redevenant un coéquipier joignable et dispo.

C'est lors de ce match qu'il jouera le plus justement la difficile partition à la fois de soliste surdoué et de simple musicien d'orchestre. Pour les joueurs hors classe le rôle de « joueur-équipe » est de parvenir en match à une formule parfaite en agissant en crack assumé de façon décisive sur une rencontre mais sans rompre l'équilibre collectif. Ce que Cruyff avait manqué de peu en 74, notamment en finale… Seul Pelé, avant Diego, était parvenu à cet accomplissement au Mundial 70 : Gerson et Tostao menaient la danse et Jaïrzinho était le buteur, mais Pelé restait bien le vrai boss de cette Seleção. Pelé, modèle à suivre, ça tombait bien : c'est au Stade Aztèque de Mexico que se déroule cet Argentine-Belgique, l'arène où fut sacré Edson Arantes do Nascimento meilleur footballeur de tous les temps seize ans plus tôt. De ce côté, tout va bien : le public de 115 000 personnes est largement acquis à l'Albiceleste, solidarité latino oblige, et les hinchadas ont déroulé au son des tambours des longs oriflammes aux couleurs de Boca Juniors !


51e minute…

Pour ce match contre la Belgique, comme pour tous les autres depuis le début du tournoi, Diego doit aussi se trimballer le cadavre de Daniel Passarella… Le capitaine déchu et humilié pourrit sur le banc, prêt à infester de ses miasmes putrides ce muchacho qu'il déteste et qui lui a volé le brassard et le titre de chef de meute. On est le 25 juin 86, en plus ! Le 25 juin 1978, Daniel avait brandi le trophée mondial au Monumental de Buenos Aires… Diego est le complice de Bilardo de l'assassinat de Daniel P. Un truc décidé six mois plus tôt entre les deux hommes : « Nous avons scellé un véritable pacte dans le courant de l'hiver. Je lui ai dit que j'avais décidé de le nommer capitaine. Je savais qu'avec lui, tous les espoirs nous étaient permis. Mais encore fallait-il le convaincre de consentir des sacrifices durant un mois… Pour devenir un véritable patron, responsable et adulte, qu'il n'avait pas toujours été dans le passé. Et un exemple pour ses partenaires  » .

Très suspicieuse envers Maradona en tant que capitaine, l'Argentine du Foot avait critiqué le choix de Coach Carlos et elle avait même plébiscité pour ce rôle emblématique l'excellent Ricardo Bochini. Bilardo fit de Bochini un simple remplaçant tout au long du tournoi (il ne rentrera que quelques minutes face aux Belges !). Le sélectionneur lui avait préféré Burrachaga… Et toc !
Passarella et Bochini : Diego a deux morts sur la conscience et une main du Diable à faire oublier. Alors il faut expier en beauté au moment même de « la faute » contre l'Angleterre, c'est-à-dire à la 51e minute exactement ! C'est à cette minute de jeu très précise que Diego avait planté de la main son premier but contre Albion. Il fera de même contre la Belgique à la 51e… Sauf que contre les Diables rouges, son ouverture du score est magistrale : une passe aveugle de Burruchaga (il regarde à gauche, mais transmet le ballon dans l'axe) transperce la ligne Maginot vers Diego qui glisse la ballon de l'exter gauche dans le filet opposé de Pfaff (1-0). Diego a réussi son coup : il vient de marquer comme Valdano et Burrachaga lui a passé le ballon comme Maradona ! Collectif et soliste à la fois : Diego s'est dilué dans l'huile de table pour s'en extraire soudainement sous forme de nitroglycérine. L'alchimie parfaite. Les Belges ne s'en remettront pas… Maintenant que l'Albiceleste mène, Diego va dynamiter ce qui reste de vestiges défensifs éparpillés. À la 63e, il refait le coup de la passe de quatre interprété déjà face aux Anglais : sur un démarrage des 30 mètres il met dans le vent quatre défenseurs belges pour finir par croiser une frappe sèche inter gauche qui abat encore Pfaff. C'est l'autre image forte de ce match : Diego funambule exulte en déséquilibre dans sa course extatique. Il ne s'est pas cassé la gueule en courant après avoir marqué ! Il a gagné. À lui tout seul… À toi de jouer, Lionel Messi !

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À lire : la suite du top 100 des matchs de légende

Par Chérif Ghemmour
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