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Mkhitaryan, les dessous d'une finale à Bakou

Après plusieurs semaines d'indécision, Arsenal a tranché. Mkhitaryan, dont le pays, l'Arménie, dispute la souveraineté de la région du Haut-Qarabağ à l'Azerbaïdjan, n'ira pas jouer la finale de C3 à Bakou, face à Chelsea. Comme un dernier clou dans le cercueil d'un match dont la perspective n'enchante plus grand monde.

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En silence, l'Europe du football s'interrogeait. Mais pourquoi donc l'UEFA avait choisi en 2017 l'Azerbaïdjan et Bakou pour accueillir la finale de la Ligue Europa 2019 ? Mystère. Finalement, Jürgen Klopp, sondé sur le sujet, a lui-même décidé de dire tout haut ce que tout ce beau monde pensait tout bas : « Ces gars qui prennent les décisions, je ne sais pas vraiment ce qu’ils mangent pour le petit-déjeuner... Pour la finale de C1, Madrid doit se préparer pour 200 000 fans anglais, mais Bakou, je ne sais pas comment y aller, ni s'il y a un vol régulier. » Un problème logistique parmi d'autres, auquel se sont greffés la politique et le cas épineux d'Henrikh Mkhitaryan. Ressortissant arménien, le milieu d'Arsenal paie le conflit larvé entre son pays et l'Azerbaïdjan, les deux nations se disputant la souveraineté du Haut-Qarabağ. Une région à majorité arménienne rattachée à l’Azerbaïdjan et géographiquement située entre les deux États.

Mkhitaryan, persona non grata


Problème : le visa d’entrée en Azerbaïdjan est habituellement refusé à tout citoyen arménien. Le cas échéant, Arsenal comme l'UEFA prétendent avoir tenté de négocier la venue du meneur de jeu londonien, mais en pure perte : mardi 21 mai, Arsenal annonçait que son joueur ne serait pas du rendez-vous de Bakou. Une décision dont l'UEFA, qui assure avoir tout mis en œuvre avec les autorités locales pour que la sécurité du joueur soit assurée, se lave les mains : « L'UEFA a demandé et obtenu des assurances concernant la sécurité du joueur en Azerbaïdjan de la part des plus hautes autorités du pays... Un plan de sécurité complet a été élaboré et transmis au club. Alors que le club reconnaît les efforts que l'UEFA et le gouvernement azéri ont produit dans cette affaire, nous respectons la décision personnelle de ne pas voyager avec le joueur. »


La direction des Gunners aurait-elle été coupable d'un excès de prudence ? Le club du nord de Londres n'est pourtant pas le premier à avoir renoncé à emmener Mkhitaryan en Azerbaïdjan. En 2015, alors que Dortmund devait affronter le Qabala FK en terre azérie, les Borussen avaient eux aussi préféré laisser leur milieu de terrain à la maison. Un principe de précaution : si un cessez-le-feu a bien été signé entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie en 1994, les tensions restent extrêmes entre les deux nations, dont le désir de souveraineté sur le Haut-Qarabağ avait déclenché un conflit armé qui avait fait au moins 30 000 morts au début des années 1990. Mais, par intermittence, les violences reprennent : en avril 2016, un conflit de quatre jours entre les séparatistes arméniens du Haut-Qarabağ et l'armée azerbaïdjanaise avait provoqué la mort d'une centaine de personnes issues des deux camps.

Bakou ne répond plus


Un contexte sécuritaire gratiné, qui s'ajoute aux critiques visant l'UEFA quant à sa décision d'organiser en Azerbaïdjan la finale de la C3. Logistiquement, le déplacement est cauchemardesque pour les supporters anglais, quasiment aucun vol direct n’existant entre Londres et Bakou la semaine de la finale. Pire, l'UEFA n'a alloué que 6 000 billets à chacun des deux clubs qualifiés, alors que le stade olympique de Bakou, structure ultramoderne ouverte en 2015, compte 68 700 places.


Pour se justifier, l'instance européenne a déployé une rhétorique pour le moins surprenante : « Il est impossible de prévoir à l’avance quels clubs seront en finale, alors que son site doit être déterminé avec deux ans d’avance. Offrir davantage de tickets aux fans des finalistes, sans avoir la garantie qu’ils pourront se rendre à Bakou dans des conditions convenables, était par conséquent une option irresponsable. » Bakou se trouvant à des milliers de kilomètres des villes où sont basées les équipes espagnoles, allemandes et portugaises, trois pays qui regroupent à eux seuls 15 des 18 clubs qui sont allés en finale de C3 depuis 2010, l'argument peut faire sourire : il paraît évident que la capitale de l'Azerbaïdjan risquait d'être une destination difficile d'accès pour les fans de ces équipes, qui sont coutumières des sommets de la Ligue Europa.

Les millions de la SOCAR


De quoi se demander ce qui a décidément poussé l'UEFA à organiser cette finale de C3 à Bakou. Pour trouver ce qui ressemble à un début de réponse, il faut comme souvent suivre l'argent, remonter à la source des financements. Depuis 2013, la SOCAR, la compagnie nationale pétrolière et gazière d'Azerbaïdjan, est devenue sponsor majeur de l’UEFA. Ce géant de l'énergie est une compagnie étatique née en 1992 de l'effondrement du bloc soviétique qui emploie autour de 60 000 employés et contribuerait à lui seul jusqu'à 10% du PIB azéri. L'entreprise est sans surprise devenue un instrument de soft power pour l'État azéri, qui, à l'instar du Qatar, veut lisser son image en investissant massivement dans le sport : l'Azerbaïdjan, parfois décrit comme une dictature officieuse, est en effet depuis 2003 sous la coupe autoritaire d'Ilham Aliyev, reconduit au pouvoir suprême en 2018 pour un quatrième mandat, avec un score stalinien de plus de 86% des voix. Détail supplémentaire, particulièrement significatif de l'investissement de la SOCAR dans le monde du football : Rovnag Abdullayev, le PDG de SOCAR, est aussi président de l'Association des fédérations de football d'Azerbaïdjan depuis 2008. La boucle est bouclée.


En devenant un sponsor majeur de l'Euro 2016, puis de l'Euro à venir en 2020, la SOCAR a semble-t-il permis à l'Azerbaïdjan de s'attirer les bonnes grâces de l'UEFA. Comme par magie, le comité exécutif de la Fédération européenne décidait d'organiser la finale de la C3 à Bakou en 2017, alors que trois ans plus tôt, en 2014, il avait offert au régime autoritaire azéri l'organisation de plusieurs matchs de l’Euro 2020, qui se tiendra dans 13 villes d’Europe. Un échange de bons procédés qui, à en croire un article de l'agence Reuters datant de 2016, rapporterait à l'UEFA une somme « valorisée à hauteur d'environ 80 millions d'euros sur quatre ans par la publication spécialisée Sports Sponsorship Insider » . Beaucoup d'or vert en contrepartie d'une finale en toc, sevrée d'une bonne partie de ses supporters et d'Henrikh Mkhitaryan, qui, finalement, ne regrettera peut-être pas tellement d'avoir à zieuter tout ce bazar sur la télévision de son spacieux salon.

Par Adrien Candau
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