Une caméraUne caméra qui illustre les papiers contenant une vidéoPhylactèrePictogramme représentant un phylactère (bulle utilisée dans les bandes déssinées) servant à illsutrer les commentaires envoyés par les lecteursTrophéePictogramme représentant un trophée. Ce picto illustre la section résultats / classement de SOFOOT.com Logo FacebookIcone facebook faisant le lien avec la page Facebook de notre siteFlècheUne flèche servant à la navigation. Le sens de la flèche change en fonction du contexte où elle est utiliséeLogo Google +Lien vers notre page Google+Icone "Hamburger"Icone composé de trois lignes noires horizontales identiques, les unes au dessus des autres, servant à illustrer la notion de "menu".Logo, InstagramPetit appareil photo servant à lier vers notre page InstagramPouce vers le hautPictogramme représentant une main fermée en poing avec le pouce dressé vers le haut. Illustration de la notion de "like" des réseaux sociaux MoinsLe signe mathématique "moins" Appareil photoUn appareil photo qsui illustre les articles avec photoPlusLe signe mathématique "plus" LoupePictogramme représentant une loupe, illsutrant la notion de "recherche" sur le site.Répondre àUne flèche arrondie, pointant vers la gauche et servant à évoquer la réponse à un commentaireEtoileEtoile à 5 branches, illustrant la notion de "mise en favoris"Logo twitterPetit oiseau illustrant le lien vers notre compte Twitter
MATCHS 4 Résultats Classements Options
Abonne-toi à SOFOOT Boutique (Photos, T-Shirt, goodies, etc.)

Arrêt sur image

Dernier message de la page précédente, posté par Fred Astaire
le 16/09/2021 à 20:07
Personne ne parle de " Triomphe " ? c'est une bouse ou une daube ?
Réponse de Shtrafnoï... Padatcha! Udaaaarrrr!!!
le 11/10/2021 à 20:14
Message posté par 411VM
Ce soir ma nana s’est pointée avec :
« Le vieux fusil »
« L’insupportable légèreté de l’être « 

Je suis plus sur le film de Kaufman…
Un avis éclairé ?


"L'insoutenable..."
Pas très éclairé parce que ça fait longtemps mais j'avais beaucoup aimé, ça je m'en rappelle, c'était touchant et raffiné à la fois, et Day-Lewis et Binoche sont fort bons.
Réponse de 411VM
le 11/10/2021 à 20:30
Message posté par Shtrafnoï... Padatcha! Udaaaarrrr!!!
"L'insoutenable..."
Pas très éclairé parce que ça fait longtemps mais j'avais beaucoup aimé, ça je m'en rappelle, c'était touchant et raffiné à la fois, et Day-Lewis et Binoche sont fort bons.


On le lance !^^
Réponse de Veni Vidic Vici
le 11/10/2021 à 20:47
Le vieux fusil mille fois!
Réponse de Fred Astaire
le 11/10/2021 à 23:52
Sans être un Melvile majeur " Un flic " est un bon polar avec un Delon jeune et beau (Bobby a dû frétiller devant Arte ce soir). On est quand même loin de certains Philippe Labro, non ?
Réponse de Italia'90
le 12/10/2021 à 01:25
Message posté par Fred Astaire
Sans être un Melvile majeur " Un flic " est un bon polar avec un Delon jeune et beau (Bobby a dû frétiller devant Arte ce soir). On est quand même loin de certains Philippe Labro, non ?


Delon jeune et beau, Deneuve jeune et belle...
Réponse de bobbyschanno
le 13/10/2021 à 21:47
Jamais vu "Un flic". Pourtant j'adore Melville. Et Delon... Peut-il être plus beau et mieux mis en valeur que dans "Le samouraï" ?
(Je constate, une fois de plus, qu'Italia bon goût...)

Sinon, récemment, j'ai vu "Ossessione" de Visconti. "Les amants diaboliques" en VF, tourné en 42, sorti en 43 en Italie. Un peu long, pas mal vieilli (ou bien était-ce l'édition DVD qui était merdique ?) mais, bon sang, combien de fois me suis-je dit : "Purée ! mais c'est Renoir ou bien ?"
L'Italien a retenu les leçons du maître !

Revu aussi "Les larmes amères de Petra von Kant" de mon cher RWF (1972). Un brin long, mais quelles couleurs, quelle mise en scène, quelles femmes...

Et j'ai aussi réessayé, toujours de RWF, "La troisième génération" (1979). Toujours pas réussi à aller au bout : j'ai craqué au bout de 41 minutes.

(Je viens de voir que Fred a mis Labro et Melville dans la même phrase... Melville, quoi ! le mec qui a signé "Bob le flambeur", "Le doulos", "L'armée des ombres", "Le samouraï", "Le cercle rouge"... Melville ! A côté de Labro ? Et pourquoi pas comparer Delon et Helmut Berger ?!)
Réponse de bobbyschanno
le 13/10/2021 à 21:49
Sinon, demain soir je pense me farcir "Ordet" de C.T. Dreyer. Paraît-il que c'est génial... Quelqu'un l'a-t-il vu ?
Ce message a été modifié.
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 00:08
Message posté par bobbyschanno
Jamais vu "Un flic". Pourtant j'adore Melville. Et Delon... Peut-il être plus beau et mieux mis en valeur que dans "Le samouraï" ?
(Je constate, une fois de plus, qu'Italia bon goût...)

Sinon, récemment, j'ai vu "Ossessione" de Visconti. "Les amants diaboliques" en VF, tourné en 42, sorti en 43 en Italie. Un peu long, pas mal vieilli (ou bien était-ce l'édition DVD qui était merdique ?) mais, bon sang, combien de fois me suis-je dit : "Purée ! mais c'est Renoir ou bien ?"
L'Italien a retenu les leçons du maître !

Revu aussi "Les larmes amères de Petra von Kant" de mon cher RWF (1972). Un brin long, mais quelles couleurs, quelle mise en scène, quelles femmes...

Et j'ai aussi réessayé, toujours de RWF, "La troisième génération" (1979). Toujours pas réussi à aller au bout : j'ai craqué au bout de 41 minutes.

(Je viens de voir que Fred a mis Labro et Melville dans la même phrase... Melville, quoi ! le mec qui a signé "Bob le flambeur", "Le doulos", "L'armée des ombres", "Le samouraï", "Le cercle rouge"... Melville ! A côté de Labro ? Et pourquoi pas comparer Delon et Helmut Berger ?!)


J'aime bien manier les extrèmes:

Labro-Melville
Verneuil-Decoin
Welles-Wood
Delon-Berger
Connery-Moore
Lewis-Leeb
Elvis-Cliff Richard
Bing Crosby-Jean Sablon
Dean Martin-Guy Marchand
etc...

Dans "Ossessione" on y voit et entend le grand baryton Tito Gobbi.
La première adaptation de "Le facteur sonne toujours deux fois" est l'oeuvre de Pierre Chenal 1937 avec Fernand Gravey (assez falot, surtout comparé à Girotti puis Garfield), Michel Simon et l'infortunée Corinne Luchaire.
Réponse de 411VM
le 14/10/2021 à 00:22
Message posté par Veni Vidic Vici
Le vieux fusil mille fois!


On s’le garde!
Réponse de 411VM
le 14/10/2021 à 00:26
Message posté par docbrown
J'avais été déçu par rapport au bouquin et ses digressions sur le kitsch notamment... Adapter Kundera est une gageure. Le film s'en sort finalement pas trop mal.

J'aurais misé sur le "Vieux fusil" personnellement...


Malheureusement je n’ai pas lu le bouquin.
Je ne m’interdit pas dû y venir désormais ^^
Bien satisfait par le film néanmoins , Juliette Binoche y est aussi magnifique que Day-Lewis
Réponse de Italia'90
le 14/10/2021 à 00:28
Message posté par Fred Astaire
J'aime bien manier les extrèmes:

Labro-Melville
Verneuil-Decoin
Welles-Wood
Delon-Berger
Connery-Moore
Lewis-Leeb
Elvis-Cliff Richard
Bing Crosby-Jean Sablon
Dean Martin-Guy Marchand
etc...


Donc si je suis la logique de ton énoncé ci-dessus, Labro > Melville ? Et Verneuil > Decoin ?

Bon après moi je préfère Moore à Connery hein...
Réponse de Italia'90
le 14/10/2021 à 00:31
Ah au fait, vous en parliez il y a peu, j'ai enfin vu George Sanders avant-hier, dans "A Shot in the Dark" (deuxième épisode de la série Pink Panther).
Très élégant effectivement.
Ce message a été modifié.
Réponse de Travis Bickle357
le 14/10/2021 à 00:44
La classe absolue.
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 00:50
Message posté par Italia'90
Donc si je suis la logique de ton énoncé ci-dessus, Labro > Melville ? Et Verneuil > Decoin ?

Bon après moi je préfère Moore à Connery hein...


J'ai pu me planter dans l'ordre des noms.

Moore n'est pas un acteur mais une gravure de mode doté d'une seule mimique, incapable d'exprimer l'action.
Et je ne parle pas que des Bond, mais si l'on compare les deux filmographies, il n'y a même pas l'amorce d'un débat tant le fossé est abyssal.
Réponse de Travis Bickle357
le 14/10/2021 à 01:06
Moore, c’est Brett Sinclair. Sorti de ça, il ne vaut pas un pet de lapin. En « Bond », il n’est qu’un énième gadget. De toute façon, Craig a tout défouraillé sur son passage.
Réponse de Italia'90
le 14/10/2021 à 01:23
J'ai toujours trouvé Moore très drôle. Les Bond dans lesquels il a joué sont d'ailleurs plus portés sur ça que sur l'action.

Craig ? Il serait incapable de briller entre Christopher Lee et Hervé Villechaize ;-)
Ce message a été modifié 2 fois.
Réponse de bobbyschanno
le 14/10/2021 à 07:25
Message posté par Fred Astaire
l'infortunée Corinne Luchaire.


Il faut la plaindre, elle aussi ? Comme Guitry et Arletty ?
Si tu veux de bonnes infos sur la chouette ambiance à Sigmaringen, son autobiographie avait été rééditée il y a quelques années par une maison d'édition dont le catalogue est pour le moins... troublant !
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 11:36
Message posté par bobbyschanno
Il faut la plaindre, elle aussi ? Comme Guitry et Arletty ?
Si tu veux de bonnes infos sur la chouette ambiance à Sigmaringen, son autobiographie avait été rééditée il y a quelques années par une maison d'édition dont le catalogue est pour le moins... troublant !


J'aurais dû mettre des guillemets pour souligner l'euphémisme.
Réponse de Pacoloco
le 14/10/2021 à 11:56
Message posté par Fred Astaire
Sans être un Melvile majeur " Un flic " est un bon polar avec un Delon jeune et beau (Bobby a dû frétiller devant Arte ce soir). On est quand même loin de certains Philippe Labro, non ?


"Un Flic", c'est surtout la scène du hold-up en Vendée qui est vraiment un modèle du genre. Après, on retrouve l'esthétique de Melvile mais le scénario s'enlise un peu à mon goût. Si je me souviens bien, c'est là aussi où il y a la scène du train survolé en hélicoptère, faite avec une maquette à l'ancienne ?

Sinon, pour moi la beauté solaire de Delon, c'est avant tout dans Plein soleil et Rocco et ses frères.
Après, c'est le début de la débandade… Dans le Guépard il est littéralement écrasé par Lancaster. et à partir de la piscine, il est déjà en mode vieux beau.
Ce message a été modifié 2 fois.
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 12:49
Message posté par Pacoloco
"Un Flic", c'est surtout la scène du hold-up en Vendée qui est vraiment un modèle du genre. Après, on retrouve l'esthétique de Melvile mais le scénario s'enlise un peu à mon goût. Si je me souviens bien, c'est là aussi où il y a la scène du train survolé en hélicoptère, faite avec une maquette à l'ancienne ?

Sinon, pour moi la beauté solaire de Delon, c'est avant tout dans Plein soleil et Rocco et ses frères.
Après, c'est le début de la débandade… Dans le Guépard il est littéralement écrasé par Lancaster. et à partir de la piscine, il est déjà en mode vieux beau.


J'avoue que je n'ai pas revu "Le guépard" depuis des lustres de peur d'être déçu ou pire de m'endormir. Et puis les co-productions franco ou américano- italiennes, y a pas de véritable VO, et ça c'est fatigant.

A propos de doublage, pourquoi dans "Un flic" Melville prend-il deux Américains et un Italien pour incarner des gangsters français pour les doubler en français par des voix archi-connues, créant ainsi une sorte de hiatus, pour ne pas dire de gêne ?
D'ailleurs dans tous ses autres polars depuis "Le deuxième souffle", il emploie des acteurs Allemands et Italiens doublés.
Réponse de Pacoloco
le 14/10/2021 à 13:35
Message posté par Fred Astaire
J'avoue que je n'ai pas revu "Le guépard" depuis des lustres de peur d'être déçu ou pire de m'endormir. Et puis les co-productions franco ou américano- italiennes, y a pas de véritable VO, et ça c'est fatigant.

A propos de doublage, pourquoi dans "Un flic" Melville prend-il deux Américains et un Italien pour incarner des gangsters français pour les doubler en français par des voix archi-connues, créant ainsi une sorte de hiatus, pour ne pas dire de gêne ?
D'ailleurs dans tous ses autres polars depuis "Le deuxième souffle", il emploie des acteurs Allemands et Italiens doublés.


On ne peut faire que des suppositions mais les films de Melville sont très souvent des coproductions Franco-italienne. On peut penser que les financeurs ont imposé un quota d'acteurs transalpins. Puis on est juste après l'âge d'or de Cinecittà et les connexions avec des acteurs allemands ou américains en perte de vitesse étaient nombreuses (il y a d'ailleurs interview cocasse de S. Leone par N. simsolo sur sa rencontre avec un Orson Welles déchu à Rome).
Puis Melville, malgré sa modernité, a toujours défendu un cinéma à la papa. Ca devait pas trop le faire chier de doubler les acteurs
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 14:28
Message posté par Pacoloco
Melville, malgré sa modernité, a toujours défendu un cinéma à la papa. Ca devait pas trop le faire chier de doubler les acteurs


Surtout par des voix françaises entendues mille fois autre part. J'aime pas la voix française de Volonté dans "Le cercle rouge".

A la même époque les films de Verneuil étaient eux-aussi des co-productions.

A l'instar de bon nombre de grands cinéastes, Melville était-il réellement amoureux de ses acteurs/trices (hormi les stars) ?
Je sais que Ventura est quelques fois entré en conflit avec lui sur le tournage du "Deuxième souffle".
Quand on regarde ses interviews on constate que l'humilité et la modestie n'étaient pas ses qualités premières.
Réponse de bobbyschanno
le 14/10/2021 à 14:49
Purée ! Le "Rocco" de Visconti... J'ai prévu de le revoir, c'est vrai qu'Alain y est superbe.
Je trouve Delon aussi incroyablement beau dans "Le samouraï" de Melville. Ce n'est plus la beauté apollinienne de "Plein soleil", mais c'est très intéressant.
Ce message a été modifié 2 fois.
Réponse de bobbyschanno
le 14/10/2021 à 14:51
Après, dans "Parole de flic", la première fois que Fiona Gélin le voit, à l'enterrement de sa fille (et c'est sa première ligne de dialogue dans le film !), elle ne peut pas s'empêcher de dire : "Il est beau, ce mec !"

Autant te dire qu'Alain a tôt fait de la mettre dans son lit... Erreur ! c'est elle, à poil (!), qui l'invite dans le sien.

Grand film (au moins dans sa première moitié).
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 15:40
Message posté par bobbyschanno
Après, dans "Parole de flic", la première fois que Fiona Gélin le voit, à l'enterrement de sa fille (et c'est sa première ligne de dialogue dans le film !), elle ne peut pas s'empêcher de dire : "Il est beau, ce mec !"

Autant te dire qu'Alain a tôt fait de la mettre dans son lit... Erreur ! c'est elle, à poil (!), qui l'invite dans le sien.

Grand film (au moins dans sa première moitié).


Chronique de "Parole de flic" dans Nanarland:

Aux premiers temps, il y eut la lumière. Puis Dieu sépara le ciel et la terre qu'il peupla avec les plantes et les animaux. Puis Il créa l'homme qu'Il fit à Son image. Alors Dieu s'accorda un peu de repos et contempla Sa création. Il vit que tout cela était bel et bon. Mais l'humanité croqua le fruit défendu et fut chassé du jardin d'Eden. Devenus mortels, les fils d'Adam avançaient, malhabiles, en proie au doute, au questionnement, à la déploration. Les hommes levèrent les yeux au ciel, implorants. Y aurait-il quelque part une lumière pour les guider vers la voie de la perfection ? Alors, pour consoler l'espèce humaine de sa médiocrité et lui montrer le chemin de la grandeur, Dieu créa Alain Delon.

Restait à diffuser la bonne parole. Conscient de son rôle, Alain Delon illumina de sa présence le cinéma français. Alain Delon travailla avec les plus grands réalisateurs, Visconti, Melville ou Resnais, magnifiant leur œuvrettes et les transformant en chefs-d'œuvre par la seule grâce de sa présence. Alain Delon montra au monde le sens des mots viril, ténébreux et beau. Mais le cinéma d'auteur a fini par devenir trop petit pour Alain Delon. Des histoires à raconter, d'autres stars au générique, trop de contingences empêchant le spectateur de se concentrer sur la seule chose qui vaille vraiment sur l'écran : Alain Delon. Alors, pour déployer ses ailes de phœnix, Alain Delon se mit à produire ses propres films. Des œuvres dont le seul but était de fournir un écrin digne de ce nom au talent d'Alain Delon. Ainsi naquit "Parole de Flic."

Nous sommes à Lyon dans les années 80. Alain Delon est Daniel Pratt. C'est un flic. Le meilleur. Forcément.

Mais même en étant le meilleur, Alain Delon n'en souffre pas moins. Sa femme a été assassinée. Son meurtrier, profitant des failles de la justice, a obtenu un non-lieu et a été relâché. Révolté par cette injustice, Alain Delon a rendu sa carte de police et s'est retiré loin du monde, quelque part en Afrique. Il vit de la pêche, sur une petite île, au milieu des autochtones qui l'idolâtrent. Les hommes l'appellent patron, les femmes se battent pour l'un de ses baisers et les enfants veulent tous être Alain Delon quand ils seront grands. Non, ce n'est pas du tout un cliché colonial. C'est simplement que la hiérarchie naturelle des choses est respectée : il y a l'homme noir, l'homme blanc et, loin au dessus, Alain Delon. D'ailleurs, Alain Delon fixe les choses d'entrée de jeu en corrigeant un gros mastard qui l'accuse d'avoir triché aux cartes. Pour de rire, bien sûr, car, c'est bien connu les Africains sont de grands enfants. Mais peut-être aussi parce qu'Alain Delon garde lui même une âme de gosse émerveillé sous la rude écorce du baroudeur. Et puis, cela permet de contempler le corps d'Alain Delon, toujours aussi athlétique et sculptural à 50 ans.

Pendant ce temps évidemment, sans Alain Delon, la France va mal. La criminalité explose, la ville a peur, les socialistes sont au pouvoir. Seul Alain Delon peut venir remettre de l'ordre dans tout cela.

Un commando de tueurs cagoulés sème la terreur dans la banlieue de Lyon. A coups de fusil à pompe, cette milice expéditive décime les petits voyous locaux. Braqueurs, dealers, julots casse-croûte, ils ont déjà liquidé 22 personnes. La police est dépassée et nul ne semble pouvoir les arrêter. Seulement voilà, ils commettent une grave erreur. Un soir, lors de l'une de leurs descentes punitives, ils flinguent une poignée de jeunes qui volent des magnétoscopes dans un container. Parmi ces gamins, il y a la fille d'Alain Delon.

Alors Alain Delon revient à Lyon. Il est douleur, il est colère, il est vengeance. Il est le Christ avec un gros flingue. Il est plus que le Christ car il est Alain Delon. Le visage minéral, drapé dans son deuil, Alain Delon est décidé à traquer les assassins de sa fille. Rien ne pourra l'arrêter. Forcément, c'est Alain Delon.

"Il n'a aucune piste" insiste la jeune fliquette chargée de l'enquête.

"S'il n'a pas de piste, il en inventera" rétorque Jacques Perrin qui connaît bien son Alain Delon. Jacques Perrin, c'est Reiner, le chef de la police lyonnaise, qui est aussi le meilleur ami d'Alain Delon. Jacques Perrin qui semble afficher d'ailleurs une mine totalement abattue pendant tout le film. Normal, il sait qu'il ne sera jamais Alain Delon. Juste Jacques Perrin, ce qui est bien déjà, mais ce qui n'est pas Alain Delon. Face au soleil, on doit baisser les yeux.

Oubliez Clint Eastwood et Charles Bronson. Alain Delon offre au monde ébahi sa propre version d'"Un justicier dans la ville" et de "Magnum Force". Une version terriblement française (Jean-François Stevenin en tueur fasciste, Vincent Lindon en inspecteur de police…) mais aussi outrageusement eighties, avec tous les tics de réalisation de l'époque : éclairage bleutés clipesques, nappes de synthé F.M. en guise de musique et saxophone pleurnichard pour les scènes d'amour. José Pinheiro, yes man régulier d'Alain Delon qui fera surtout carrière en enquillant les "Navarro" et les "Commissaire Moulin", filme honnêtement mais sans génie les exploits de sa star. On ne s'ennuie pas : flinguages, cascades, poursuites en voiture... Les scènes d'action ont de l'allure et reflètent le savoir-faire technique du polar français de cette époque.

Non, la source d'hilarité principale du film, c'est l'exagération avec laquelle il met en vedette Alain Delon. Et il faut dire que ce film est conçu comme un véritable mausolée à sa gloire. A cette époque, Alain Delon a trente ans de carrière derrière lui et artistiquement, après avoir brillé sous la caméra des plus grands cinéastes, il n'a plus grand-chose à prouver. Par contre, il a encore beaucoup à donner. Il enchaîne depuis la fin des années 70 les véhicules à sa gloire avec une nette préférence pour le polar politique. "Parole de flic" fait partie de cette série d'œuvres conçues et produites par la star pour la mettre en valeur, mais aussi pour rivaliser avec Jean-Paul Belmondo, l'autre acteur vedette des années 80 capable de drainer des millions de spectateurs en salles sur son seul nom.

Auto-célébration permanente de la grandeur delonienne, le film serait un honnête polar 80's s'il ne forçait pas à ce point le trait dans le narcissisme complaisant et satisfait. En fauve blessé assoiffé de vengeance, Delon est quasiment de toutes les scènes, de tous les plans, le visage souvent filmé plein cadre, pour mieux capter la puissance de son jeu. Cela finit par devenir franchement risible.

Cinq minutes d'enquête, un indic mis à refroidir dans le freezer et Delon a déjà plus d'infos sur l'affaire que la police en trois mois.

A cinquante ans, la star tient à montrer qu'elle est toujours au top, qu'elle n'a rien perdu de sa prestance. Alors Delon s'expose, paradant torse nu pour montrer à quel point il est encore bien foutu. On a même droit à une scène de montage dans une salle de sport où il enchaîne les tractions et les abdos avec la puissance d'un Rocky à l'entraînement. Il se paye même le luxe de démolir un sac de sable à coups de poings pour nous montrer sa rage et sa volonté. Il faut dire qu'avec la concurrence d'un Jean-Paul Belmondo qui a bâti sa légende sur l'image du comédien qui fait lui-même ses cascades, Delon doit se montrer à la hauteur et met un point d'honneur à nous prouver qu'il n'est, lui non plus, jamais doublé lors des scènes d'action.

De même, Alain Delon prouve une fois encore qu'il reste une boule de sex appeal en séduisant la potiche de service, ici Fiona Gelin, totalement impayable en inspectrice de 24 ans à qui on a tranquillement confié une enquête sur le massacre en série de 22 personnes. Dès la première scène où elle voit Delon en train d'enterrer sa fille, elle soupire "Il est beau ce mec" comme la première midinette venue, avant de tout faire pour le mettre dans son lit.

Idéologiquement, le film continue le virage sur l'aile que Delon entend donner à son image. Jusqu'alors, la star a toujours été cataloguée à droite, voire même à l'extrême droite, n'ayant jamais caché son amitié pour Jean-Marie Le Pen. Alors pour l'occasion, il s'est associé au romancier Frédéric H. Fajardie, un des petits maîtres du polar gauchiste très en vogue à l'époque. Et voici notre Delon qui se transforme en pourfendeur de ratonneurs fascisants. Si le film n'atteint pas encore les outrances de "Ne Réveillez Pas un Flic Qui Dort", qui deux ans plus tard transformera Michel Serrault en émule de Pinochet, il n'en demeure pas moins assez cocasse dans sa vision du danger nazillon. C'était dans ces années où le Front National émargeait tranquillement à 15 % des voix et où ça choquait encore les gens. Alain Delon affronte un escadron de la mort composé d'une belle brochette de beaufs réacs, veules et suintants, menés par un Stéphane Ferrara ("La Nuit du Risque") pas mal du tout en flingueur sadique. Ceux-ci font des descentes dans une banlieue lyonnaise imaginaire, les Magrettes (vague référence au quartier des "Minguettes" de Vénissieux). Imaginaire certes, mais surtout tellement cocasse tant elle ne ressemble à rien.

Vous vous souvenez de "Rue Barbare", où le jeune de banlieue a 35 ans et est interprété par Bernard-Pierre Donnadieu ou Jean-Claude Dreyfus ? Et ben là c'est tout aussi grotesque. La banlieue dans les années 80, c'est des minets lookés skaï avec le même brushing que Daniel Balavoine. Des djeun's qui affichent facilement la trentaine et qui dansent le smurf sur le toit des voitures. Qui pour crier leur rébellion à la face de la société, ouvrent les bornes incendies comme leurs cousins du Bronx… mais eux en plein hiver. Où des remorques de camions aux pieds des immeubles servent de baisodrome pour les homos du coin. Où il n'y a pas un Maghrébin et à peine un ou deux Noirs

C'est dans ce décor, plus proche d'une BD de Margerin que d'une véritable banlieue à problème, qu'Alain Delon vient jouer les justiciers et traquer le facho militant…

Cerise sur le gâteau, Alain Delon, qui sait tout faire, nous gratifie même de la chanson du générique de fin. "I dont Know" (chanter ?) avec la chanteuse de disco Phyllis Nelson. Une merveille de ballade sirupeuse (solo de saxo inside) interprétée dans un anglais approximatif où Delon nous régale d'un accent frenchy à couper au couteau

L'avis de Mr Klaus

D'un point de vue historique, le film était vu comme une forme de cadeau d'anniversaire pour la star. L'occasion était pour lui de prouver qu'il tenait encore la forme en lattant la gueule à un gros black et en faisant du jogging au ralenti. Après avoir massacré Jean-Patrick Manchette avec "Le Choc" et "Trois hommes à abattre", Delon s'octroie les services d'un autre écrivain de romans noirs gauchiste, malheureusement beaucoup moins talentueux, afin de participer à l'histoire. Le scénario est d'ailleurs d'une bêtise assez crasse et farci d'incohérences : pourquoi le chef du commando facho a un nom arabe ? [Note de Zord : le nom du personnage joué par Stéphane Ferrara est "Abel Salem" qui, au premier abord, peut-être perçu comme arabisant, mais le patronyme "Salem" était aussi porté par de nombreuses familles sépharades et/ou pied-noirs. Il y a eu un paquet de juifs sépharades (et encore plus de pied-noirs) côté OAS lors de la guerre d'Algérie et je crois qu'il faut plutôt chercher là-dedans l'idée du nom que porte Ferrara dans le film. Il se peut également qu'il s'agisse d'un Harki, que Fajardie n'aimait pas beaucoup.] Pourquoi Delon reproche à son pote sa justice expéditive alors qu'il cherche à se venger depuis le début du film ? Et pourquoi cette idée du clown ? Le film fit scandale au point d'être interdit aux moins de dix-huit ans pendant quelques jours, jusqu'à ce que Mitterrand rabaisse cette interdiction aux moins de 13.

Le film était vendu sur la rencontre Alain Delon / Stéphane Ferrara. Ce qui est amusant vu qu'ils ne se rencontrent, quasiment, jamais dans le film.

Sinon le film est dédié à Kiki. Il s'agit de Catherine Bleynie, sa compagne de l'époque (qui avait trente ans de moins que lui aussi). C'est moins pire que "Ne Réveillez Pas un Flic Qui Dort", qui est lui dédié à Jean Gabin.
Réponse de alexandrevialatte
le 14/10/2021 à 15:47
Message posté par bobbyschanno
Après, dans "Parole de flic", la première fois que Fiona Gélin le voit, à l'enterrement de sa fille (et c'est sa première ligne de dialogue dans le film !), elle ne peut pas s'empêcher de dire : "Il est beau, ce mec !"

Autant te dire qu'Alain a tôt fait de la mettre dans son lit... Erreur ! c'est elle, à poil (!), qui l'invite dans le sien.

Grand film (au moins dans sa première moitié).


Peut-on citer un film avec Fiona Gélin dans lequel elle n'est pas à poil ?
Réponse de Hemassy
le 14/10/2021 à 15:51
Message posté par bobbyschanno
Après, dans "Parole de flic", la première fois que Fiona Gélin le voit, à l'enterrement de sa fille (et c'est sa première ligne de dialogue dans le film !), elle ne peut pas s'empêcher de dire : "Il est beau, ce mec !"

Autant te dire qu'Alain a tôt fait de la mettre dans son lit... Erreur ! c'est elle, à poil (!), qui l'invite dans le sien.

Grand film (au moins dans sa première moitié).


Ses premières dix minutes, jusqu'à la scène d'enterrement dont tu parles, sont à envoyer dans l'espace pour les générations futures et/ou l'éternité aux côtés du Septième Sceau et de la Grande Illusion.
Réponse de Pacoloco
le 14/10/2021 à 16:33
Ah non mais Melville était atroce avec ses acteurs. Dans l'armée des ombres, Ventura refusait de lui parler et je crois même que Bebel lui a pété la gueule sur un tournage.
Réponse de bobbyschanno
le 14/10/2021 à 18:00
Message posté par alexandrevialatte
Peut-on citer un film avec Fiona Gélin dans lequel elle n'est pas à poil ?


T'as déjà vu deux films avec Fiona Gélin ?
Chapeau !
Réponse de bobbyschanno
le 14/10/2021 à 18:00
Message posté par Hemassy
Ses premières dix minutes, jusqu'à la scène d'enterrement dont tu parles, sont à envoyer dans l'espace pour les générations futures et/ou l'éternité aux côtés du Septième Sceau et de la Grande Illusion.


Les femmes se battent pour Alain, et il tabasse un grand black costaud, le sourire aux lèvres... Quoi de plus réaliste ?
Réponse de bobbyschanno
le 14/10/2021 à 18:02
Et puis il y a ce duo avec Phyllis Nelson, qui fait partie de la BO de "Parole de flic" : https://www.youtube.com/watch?v=uLtNt7O5T5M

Qui a l'anglais le plus dégueulasse ?
A) Raffarin
B) Delon
C) Polstergeist
Ce message a été modifié.
Réponse de Shtrafnoï... Padatcha! Udaaaarrrr!!!
le 14/10/2021 à 18:48
Message posté par Pacoloco
Ah non mais Melville était atroce avec ses acteurs. Dans l'armée des ombres, Ventura refusait de lui parler et je crois même que Bebel lui a pété la gueule sur un tournage.


Oui, il s'est fâché parce qu'il supportait pas comme il traitait Vanel sur le tournage de "L'ainé des Ferchaux", suite à quoi ils se sont barrés du tournage (Bebel et Vanel).
Réponse de alexandrevialatte
le 14/10/2021 à 18:53
Message posté par bobbyschanno
T'as déjà vu deux films avec Fiona Gélin ?
Chapeau !


Que des extraits...quand elle est à poil !
Ce message a été modifié.
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 19:34
Pas de bol avec ses filles, ce bon Daniel Gélin.
Ce message a été modifié.
Réponse de bobbyschanno
le 14/10/2021 à 19:40
Message posté par Fred Astaire
Pas de bol avec ses filles, ce bon Daniel Gélin.


Tu veux dire qu'elles ont toutes été à poil au cinéma ?

Bon, en attendant, z'avez pas répondu à mon quiz : c'est qui qui a l'anglais oral le plus nul ?
Réponse de alexandrevialatte
le 14/10/2021 à 19:44
Message posté par Fred Astaire
Pas de bol avec ses filles, ce bon Daniel Gélin.


Je viens de lire sur wikipédia qu'il est le père de Maria Schneider.
Réponse de alexandrevialatte
le 14/10/2021 à 19:44
Message posté par bobbyschanno
Tu veux dire qu'elles ont toutes été à poil au cinéma ?

Bon, en attendant, z'avez pas répondu à mon quiz : c'est qui qui a l'anglais oral le plus nul ?


Jacques Delors
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 20:07
Message posté par bobbyschanno
Tu veux dire qu'elles ont toutes été à poil au cinéma ?


Des putes, des putes, oui mais de Tante Zianie !
Et en plus y en a une qui était droguée et décédée.
Un fils meurt jeune.
Bonjour Zola !
Réponse de Italia'90
le 14/10/2021 à 21:17
Message posté par Fred Astaire
Chronique de "Parole de flic" dans Nanarland:

Aux premiers temps, il y eut la lumière. Puis Dieu sépara le ciel et la terre qu'il peupla avec les plantes et les animaux. Puis Il créa l'homme qu'Il fit à Son image. Alors Dieu s'accorda un peu de repos et contempla Sa création. Il vit que tout cela était bel et bon. Mais l'humanité croqua le fruit défendu et fut chassé du jardin d'Eden. Devenus mortels, les fils d'Adam avançaient, malhabiles, en proie au doute, au questionnement, à la déploration. Les hommes levèrent les yeux au ciel, implorants. Y aurait-il quelque part une lumière pour les guider vers la voie de la perfection ? Alors, pour consoler l'espèce humaine de sa médiocrité et lui montrer le chemin de la grandeur, Dieu créa Alain Delon.

Restait à diffuser la bonne parole. Conscient de son rôle, Alain Delon illumina de sa présence le cinéma français. Alain Delon travailla avec les plus grands réalisateurs, Visconti, Melville ou Resnais, magnifiant leur œuvrettes et les transformant en chefs-d'œuvre par la seule grâce de sa présence. Alain Delon montra au monde le sens des mots viril, ténébreux et beau. Mais le cinéma d'auteur a fini par devenir trop petit pour Alain Delon. Des histoires à raconter, d'autres stars au générique, trop de contingences empêchant le spectateur de se concentrer sur la seule chose qui vaille vraiment sur l'écran : Alain Delon. Alors, pour déployer ses ailes de phœnix, Alain Delon se mit à produire ses propres films. Des œuvres dont le seul but était de fournir un écrin digne de ce nom au talent d'Alain Delon. Ainsi naquit "Parole de Flic."

Nous sommes à Lyon dans les années 80. Alain Delon est Daniel Pratt. C'est un flic. Le meilleur. Forcément.

Mais même en étant le meilleur, Alain Delon n'en souffre pas moins. Sa femme a été assassinée. Son meurtrier, profitant des failles de la justice, a obtenu un non-lieu et a été relâché. Révolté par cette injustice, Alain Delon a rendu sa carte de police et s'est retiré loin du monde, quelque part en Afrique. Il vit de la pêche, sur une petite île, au milieu des autochtones qui l'idolâtrent. Les hommes l'appellent patron, les femmes se battent pour l'un de ses baisers et les enfants veulent tous être Alain Delon quand ils seront grands. Non, ce n'est pas du tout un cliché colonial. C'est simplement que la hiérarchie naturelle des choses est respectée : il y a l'homme noir, l'homme blanc et, loin au dessus, Alain Delon. D'ailleurs, Alain Delon fixe les choses d'entrée de jeu en corrigeant un gros mastard qui l'accuse d'avoir triché aux cartes. Pour de rire, bien sûr, car, c'est bien connu les Africains sont de grands enfants. Mais peut-être aussi parce qu'Alain Delon garde lui même une âme de gosse émerveillé sous la rude écorce du baroudeur. Et puis, cela permet de contempler le corps d'Alain Delon, toujours aussi athlétique et sculptural à 50 ans.

Pendant ce temps évidemment, sans Alain Delon, la France va mal. La criminalité explose, la ville a peur, les socialistes sont au pouvoir. Seul Alain Delon peut venir remettre de l'ordre dans tout cela.

Un commando de tueurs cagoulés sème la terreur dans la banlieue de Lyon. A coups de fusil à pompe, cette milice expéditive décime les petits voyous locaux. Braqueurs, dealers, julots casse-croûte, ils ont déjà liquidé 22 personnes. La police est dépassée et nul ne semble pouvoir les arrêter. Seulement voilà, ils commettent une grave erreur. Un soir, lors de l'une de leurs descentes punitives, ils flinguent une poignée de jeunes qui volent des magnétoscopes dans un container. Parmi ces gamins, il y a la fille d'Alain Delon.

Alors Alain Delon revient à Lyon. Il est douleur, il est colère, il est vengeance. Il est le Christ avec un gros flingue. Il est plus que le Christ car il est Alain Delon. Le visage minéral, drapé dans son deuil, Alain Delon est décidé à traquer les assassins de sa fille. Rien ne pourra l'arrêter. Forcément, c'est Alain Delon.

"Il n'a aucune piste" insiste la jeune fliquette chargée de l'enquête.

"S'il n'a pas de piste, il en inventera" rétorque Jacques Perrin qui connaît bien son Alain Delon. Jacques Perrin, c'est Reiner, le chef de la police lyonnaise, qui est aussi le meilleur ami d'Alain Delon. Jacques Perrin qui semble afficher d'ailleurs une mine totalement abattue pendant tout le film. Normal, il sait qu'il ne sera jamais Alain Delon. Juste Jacques Perrin, ce qui est bien déjà, mais ce qui n'est pas Alain Delon. Face au soleil, on doit baisser les yeux.

Oubliez Clint Eastwood et Charles Bronson. Alain Delon offre au monde ébahi sa propre version d'"Un justicier dans la ville" et de "Magnum Force". Une version terriblement française (Jean-François Stevenin en tueur fasciste, Vincent Lindon en inspecteur de police…) mais aussi outrageusement eighties, avec tous les tics de réalisation de l'époque : éclairage bleutés clipesques, nappes de synthé F.M. en guise de musique et saxophone pleurnichard pour les scènes d'amour. José Pinheiro, yes man régulier d'Alain Delon qui fera surtout carrière en enquillant les "Navarro" et les "Commissaire Moulin", filme honnêtement mais sans génie les exploits de sa star. On ne s'ennuie pas : flinguages, cascades, poursuites en voiture... Les scènes d'action ont de l'allure et reflètent le savoir-faire technique du polar français de cette époque.

Non, la source d'hilarité principale du film, c'est l'exagération avec laquelle il met en vedette Alain Delon. Et il faut dire que ce film est conçu comme un véritable mausolée à sa gloire. A cette époque, Alain Delon a trente ans de carrière derrière lui et artistiquement, après avoir brillé sous la caméra des plus grands cinéastes, il n'a plus grand-chose à prouver. Par contre, il a encore beaucoup à donner. Il enchaîne depuis la fin des années 70 les véhicules à sa gloire avec une nette préférence pour le polar politique. "Parole de flic" fait partie de cette série d'œuvres conçues et produites par la star pour la mettre en valeur, mais aussi pour rivaliser avec Jean-Paul Belmondo, l'autre acteur vedette des années 80 capable de drainer des millions de spectateurs en salles sur son seul nom.

Auto-célébration permanente de la grandeur delonienne, le film serait un honnête polar 80's s'il ne forçait pas à ce point le trait dans le narcissisme complaisant et satisfait. En fauve blessé assoiffé de vengeance, Delon est quasiment de toutes les scènes, de tous les plans, le visage souvent filmé plein cadre, pour mieux capter la puissance de son jeu. Cela finit par devenir franchement risible.

Cinq minutes d'enquête, un indic mis à refroidir dans le freezer et Delon a déjà plus d'infos sur l'affaire que la police en trois mois.

A cinquante ans, la star tient à montrer qu'elle est toujours au top, qu'elle n'a rien perdu de sa prestance. Alors Delon s'expose, paradant torse nu pour montrer à quel point il est encore bien foutu. On a même droit à une scène de montage dans une salle de sport où il enchaîne les tractions et les abdos avec la puissance d'un Rocky à l'entraînement. Il se paye même le luxe de démolir un sac de sable à coups de poings pour nous montrer sa rage et sa volonté. Il faut dire qu'avec la concurrence d'un Jean-Paul Belmondo qui a bâti sa légende sur l'image du comédien qui fait lui-même ses cascades, Delon doit se montrer à la hauteur et met un point d'honneur à nous prouver qu'il n'est, lui non plus, jamais doublé lors des scènes d'action.

De même, Alain Delon prouve une fois encore qu'il reste une boule de sex appeal en séduisant la potiche de service, ici Fiona Gelin, totalement impayable en inspectrice de 24 ans à qui on a tranquillement confié une enquête sur le massacre en série de 22 personnes. Dès la première scène où elle voit Delon en train d'enterrer sa fille, elle soupire "Il est beau ce mec" comme la première midinette venue, avant de tout faire pour le mettre dans son lit.

Idéologiquement, le film continue le virage sur l'aile que Delon entend donner à son image. Jusqu'alors, la star a toujours été cataloguée à droite, voire même à l'extrême droite, n'ayant jamais caché son amitié pour Jean-Marie Le Pen. Alors pour l'occasion, il s'est associé au romancier Frédéric H. Fajardie, un des petits maîtres du polar gauchiste très en vogue à l'époque. Et voici notre Delon qui se transforme en pourfendeur de ratonneurs fascisants. Si le film n'atteint pas encore les outrances de "Ne Réveillez Pas un Flic Qui Dort", qui deux ans plus tard transformera Michel Serrault en émule de Pinochet, il n'en demeure pas moins assez cocasse dans sa vision du danger nazillon. C'était dans ces années où le Front National émargeait tranquillement à 15 % des voix et où ça choquait encore les gens. Alain Delon affronte un escadron de la mort composé d'une belle brochette de beaufs réacs, veules et suintants, menés par un Stéphane Ferrara ("La Nuit du Risque") pas mal du tout en flingueur sadique. Ceux-ci font des descentes dans une banlieue lyonnaise imaginaire, les Magrettes (vague référence au quartier des "Minguettes" de Vénissieux). Imaginaire certes, mais surtout tellement cocasse tant elle ne ressemble à rien.

Vous vous souvenez de "Rue Barbare", où le jeune de banlieue a 35 ans et est interprété par Bernard-Pierre Donnadieu ou Jean-Claude Dreyfus ? Et ben là c'est tout aussi grotesque. La banlieue dans les années 80, c'est des minets lookés skaï avec le même brushing que Daniel Balavoine. Des djeun's qui affichent facilement la trentaine et qui dansent le smurf sur le toit des voitures. Qui pour crier leur rébellion à la face de la société, ouvrent les bornes incendies comme leurs cousins du Bronx… mais eux en plein hiver. Où des remorques de camions aux pieds des immeubles servent de baisodrome pour les homos du coin. Où il n'y a pas un Maghrébin et à peine un ou deux Noirs

C'est dans ce décor, plus proche d'une BD de Margerin que d'une véritable banlieue à problème, qu'Alain Delon vient jouer les justiciers et traquer le facho militant…

Cerise sur le gâteau, Alain Delon, qui sait tout faire, nous gratifie même de la chanson du générique de fin. "I dont Know" (chanter ?) avec la chanteuse de disco Phyllis Nelson. Une merveille de ballade sirupeuse (solo de saxo inside) interprétée dans un anglais approximatif où Delon nous régale d'un accent frenchy à couper au couteau

L'avis de Mr Klaus

D'un point de vue historique, le film était vu comme une forme de cadeau d'anniversaire pour la star. L'occasion était pour lui de prouver qu'il tenait encore la forme en lattant la gueule à un gros black et en faisant du jogging au ralenti. Après avoir massacré Jean-Patrick Manchette avec "Le Choc" et "Trois hommes à abattre", Delon s'octroie les services d'un autre écrivain de romans noirs gauchiste, malheureusement beaucoup moins talentueux, afin de participer à l'histoire. Le scénario est d'ailleurs d'une bêtise assez crasse et farci d'incohérences : pourquoi le chef du commando facho a un nom arabe ? [Note de Zord : le nom du personnage joué par Stéphane Ferrara est "Abel Salem" qui, au premier abord, peut-être perçu comme arabisant, mais le patronyme "Salem" était aussi porté par de nombreuses familles sépharades et/ou pied-noirs. Il y a eu un paquet de juifs sépharades (et encore plus de pied-noirs) côté OAS lors de la guerre d'Algérie et je crois qu'il faut plutôt chercher là-dedans l'idée du nom que porte Ferrara dans le film. Il se peut également qu'il s'agisse d'un Harki, que Fajardie n'aimait pas beaucoup.


Merci pour le partage de cette chronique.
Vivement ce soir, que je télécharge et visionne cette merveille.
Réponse de Polstergeist
le 14/10/2021 à 22:40
Dans le polar made in France des 80's, il y a aussi le génial " Le Faucon".

https://youtu.be/kC6wNp_imWw

https://www.nanarland.com/chroniques/na … aucon.html
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 22:59
" Du rififi à Paname" de Denys de la Patellière 1966.
Un des bon Gabin des années 60 avec Claudio Brook, Gert Fröbe (doublé par Roger Carel), Nadja Tiller, Marcel Bozzuffi, Daniel Ceccaldi, George Raft, Claude Brasseur, Mireille Darc. Comme son titre l'indique c'est tiré d'un bouquin d'Auguste Le Breton, dialogues d'Alphonse Boudart. Assez rare pour ce genre de film, les images sont très soignées en franscope et eastmancolor grâce à des coproductions avec Munich, Rome et les Productions du Plat pays. Gabin tournera encore deux rôles de gangsters dans "Le soleil des voyous" (à chier) et "Le clan des siciliens" (à voir).
Le film typique du samedi soir dans un ciné de quartier.
Réponse de Fred Astaire
le 14/10/2021 à 23:02
Message posté par Polstergeist
Dans le polar made in France des 80's, il y a aussi le génial " Le Faucon".

https://youtu.be/kC6wNp_imWw

https://www.nanarland.com/chroniques/na … aucon.html


N'oublions pas celui avec Sardou.
Réponse de bobbyschanno
le 15/10/2021 à 06:29
Message posté par Fred Astaire
"Le clan des siciliens" (à voir)


Oh ! purée, Fred a réussi à ne pas dire du mal d'un Verneuil...
Sur l'échelle de Fred, un Verneuil "à voir" c'est un chef-d'oeuvre.
En vérité, il n'est pas mal du tout Le clan des Siciliens. Et c'est pas seulement paske y a Delon dedans...
Réponse de Hemassy
le 15/10/2021 à 11:42
Message posté par Fred Astaire
N'oublions pas celui avec Sardou.


https://www.youtube.com/watch?v=Awf8xvyQ4zA

N'oublions jamais.
Réponse de Fred Astaire
le 15/10/2021 à 12:28
Message posté par Hemassy
https://www.youtube.com/watch?v=Awf8xvyQ4zA

N'oublions jamais.


Qu'est devenu le réalisateur ?
Réponse de Pacoloco
le 15/10/2021 à 13:22
Message posté par Hemassy
https://www.youtube.com/watch?v=Awf8xvyQ4zA

N'oublions jamais.


Mon dieu.
Je clique sur le lien, je mets le curseur au hasard, et je tombe sur Roland Giraud torse poil au milieu d'une arène de MMA. J'ai préféré couper tout de suite, sinon je me suis dit que j'allais perdre mon après-midi...
Réponse de Hemassy
le 15/10/2021 à 14:41
Message posté par Fred Astaire
Qu'est devenu le réalisateur ?


Il a fait pas mal de trucs en vrai, et pas que de la merde : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Setbon

(en fait si... mais tout n'est pas totalement à jeter, son scénario pour le Godard a donné un film intéressant à défaut d'être génial - n'est-ce pas là tout Godard...? - tandis que la série Greco est plutôt sympathique dans le genre des irregardables naphtalinés proposés par le Service Public)
Réponse de Fred Astaire
le 15/10/2021 à 16:07
Message posté par Hemassy
Il a fait pas mal de trucs en vrai, et pas que de la merde : https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Setbon

(en fait si... mais tout n'est pas totalement à jeter, son scénario pour le Godard a donné un film intéressant à défaut d'être génial - n'est-ce pas là tout Godard...? - tandis que la série Greco est plutôt sympathique dans le genre des irregardables naphtalinés proposés par le Service Public)


A lire le résumé de "Mister Frost" ça promet !

Scénariste de "Parole de flic" dont nous parlions, coïncidence, juste avant, la boucle est bouclée.
Réponse de Fred Astaire
le 15/10/2021 à 23:34
Message posté par docbrown
Scénariste de la série "Fabio Montale", avec le même Alain, adaptation de la trilogie de Izzo.

Ben il aurait mieux fait de se prendre une grosse pétée la veille et ne pas se lever avant de pondre cette adaptation infâme.


Jamais regardé un épisode de "Fabio Montale" ni de "Riva".
Réponse de bobbyschanno
le 16/10/2021 à 06:33
J'ai donc vu "Ordet" (1955) de C.T. Dreyer. Je l'avais déjà vu ou, au moins, des passages. Je ne me souvenais plus du finale.
C'est un peu long, assez lent, mais c'est très beau, parfois fascinant. Et puis, surtout, il y a ce finale... INCROYABLE ! 20 minutes de toute beauté, comme j'en ai rarement vu.

Connectez vous pour participer à cette discussion

Hier à 12:58 Kansas City va construire le tout premier stade dédié à une équipe féminine 38
Partenaires
MAILLOTS FOOT VINTAGE Pronostic Foot 100% Gratuits ! + de 100 Matchs analysés / semaine Foot.Fr : Boutique De Foot : Maillot, Survêtement, Chaussures, Ballons Tsugi Olive & Tom
Hier à 12:09 Le magnifique tacle d'un streaker en D5 anglaise 21 Hier à 11:49 Le Hebei FC (D1 chinoise) arrête les frais 43
Hier à 10:33 Pastore, Pelé... découvrez la collection de photos So Foot d'octobre Hier à 09:58 La FIFPro appelle à une réforme de la gouvernance de l’UEFA 7