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Aristeguieta : « À cause de la crise, notre football va avoir de gros problèmes »

Fernando Aristeguieta vient d’effectuer la meilleure saison de sa carrière avec l’America de Cali et s’apprête à disputer la Copa América avec le Venezuela, ce samedi face au Pérou (21h à Porto Alegre). Le nouvel attaquant de Morelia au Mexique revient sur les aspirations de la Vinotinto pour le tournoi et sur ce que représente la sélection pour son pays, dans un contexte qu’il est compliqué d’éluder.

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19 buts en 35 matchs, avec un grand club du football colombien. De manière personnelle, on peut considérer que c’est la meilleure saison de ta carrière ?
Oui, c’est sans doute la meilleure. Je suis très heureux, parce que je l’ai réussi dans une équipe, l’America, qui est une institution en Colombie, avec une pression que je n’avais jamais connue dans ma carrière et qui peut être étouffante. En comparaison, à Nantes par exemple, les gens sont beaucoup plus respectueux, ils comprennent mieux le travail et les efforts qu’exige le football. Ils te laissent plus tranquille. La pression à l’America était beaucoup plus forte.

Tu penses que cette pression t’a été bénéfique ?
Eh bien, c’est paradoxal. Je préférerais vivre avec moins de pression, ça n’est pas agréable de ne pas pouvoir sortir de chez toi tranquillement, de ne pas pouvoir déconnecter. Mais tout cela fait que tu ne penses littéralement qu’au football 24h/24. Finalement, peut-être que le fait de ne pas pouvoir se relaxer, de devoir être toujours en alerte m’a poussé à faire cette saison. On n’est pas toujours conscient à 100% de tous les facteurs qui affectent son rendement, mais in fine si on regarde les chiffres, cette pression a sans doute été positive.

Grâce à cela, tu vas participer à ta première Copa América...
Avec le Venezuela, j’avais eu la chance de jouer des matchs éliminatoires à la Coupe du monde 2014, mais effectivement, disputer la Copa América, c’est une vraie fierté.

Quel est l’objectif de la Vinotinto lors du tournoi ?
Lors des quatre dernières Copa América auxquelles nous avons participé, nous avons passé les poules trois fois. Donc forcément, notre objectif minimal est de passer les poules. Ensuite, nous souhaitons améliorer notre meilleur résultat historique qui est une quatrième place en 2011. Cette année-là, nous avions éliminé le Chili en quarts et perdu aux tirs au but contre le Paraguay en demi-finale.

Quelles sont les caractéristiques de cette équipe vénézuélienne ?
Je crois que notre principale force, c’est l’ordre sur le terrain et la discipline tactique. On a un bloc très costaud et nous sommes une équipe difficile à manœuvrer. On l’a prouvé lors de notre victoire contre l’Argentine (3-1 en mars), c’est le symbole que depuis quelques années, nous allons sur le terrain pour gagner et pas en tant que victimes expiatoires.
« Nous allons sur le terrain pour gagner et pas en tant que victimes expiatoires. »
C’est un changement de mentalité qui fait que nous pouvons gagner ou perdre, mais nous jouons pour gagner quel que soit le rival. Lors de ce match, nous nous sommes créé beaucoup d’occasions, alors qu’eux quasiment pas. Et le football vénézuélien est de mieux en mieux. Les moins de 20 ans ont été en finale du Mondial des -20 ans en 2017. Nos joueurs s’exportent, de nombreux Vénézuéliens jouent désormais dans les meilleurs championnats du monde. Et logiquement, le fait que le niveau individuel des joueurs augmente fait que le niveau de la sélection aussi. En attaque par exemple, nous avons marqué beaucoup de buts avec nos clubs cette année. Josef Martinez et surtout Salo Rondón sont constants au plus haut niveau depuis plusieurs années. Et puis nous avons une grande confiance en nous, parce que l’ambiance au sein du groupe est très bonne. Nous sommes très soudés en dehors et sur le terrain.

Justement, on a l’impression que le football vénézuélien ne s’est jamais aussi bien porté, alors que le pays vit la pire crise de son histoire...
Cela s’explique parce que les résultats actuels viennent d’un processus assez long qui commence lors de l’année 1998 ou 1999, où la sélection commence à avoir des résultats internationaux. Avant, le football vénézuélien n’existait pas. Quand nous jouions contre nos rivaux continentaux, c’était trois points gratuits à coup sûr, il y a à peine 30 ans, le professionnalisme en tant que tel n’existait pas. La culture du football est récente en réalité. Depuis 1998 ou 1999, il y a une nette amélioration qui est irréversible. Car de plus en plus de gens s’intéressent au football, jouent au football. Les enfants rêvent de devenir pros. C’est comme un effet boule de neige ou domino, cela ne s’arrête pas. Les équipes ont de meilleurs joueurs, investissent plus. Il y a sept ou huit ans, aucun club à part Caracas n’avait d’installations de qualité. Depuis, d’autres clubs ont investi dans des infrastructures et centres de formation. Maintenant, je pense que dans quelques années, à cause de la crise actuelle, notre football va avoir de gros problèmes.

Pourquoi ?
Un footballeur pro n’est pas uniquement son présent. Il est aussi son passé, son histoire, comment il s’est alimenté, la formation intellectuelle qu’il a reçue. Cela influe sur lui en tant que personne et sportif.
« Si un gamin ne peut pas manger trois fois par jour à 10 ans, cela aura des conséquences sur sa vie. »
Si un gamin ne peut pas manger trois fois par jour à 10 ans, cela aura des conséquences sur sa vie, quelle que soit sa profession. Actuellement, il y a toute une génération d’enfants qui ne peuvent pas s’alimenter correctement, aller en cours. Cela aura des conséquences. Nous qui jouons aujourd’hui avons tous eu la possibilité de jouer à l’étranger, de nous former correctement et même si la crise nous affecte, nous en sommes bien plus éloignés que l’immense majorité des gens.

Vous parlez de politique dans le vestiaire ?
Évidemment qu’on parle de politique dans le vestiaire. Nous sommes tous affectés par cette crise, car nous avons tous de la famille au Venezuela. On en parle énormément, et il y a une sorte de consensus politique dans le vestiaire et au pays en général sur la situation du Venezuela, donc c’est plus facile d’en parler. Le problème en politique, c’est quand tu as deux camps opposés avec des opinions différentes qui se divisent ; mais aujourd’hui il y a un consensus quasi national. Tout le monde sait contre qui nous nous battons et c’est Nicolas Maduro. C’est plus facile d’en parler puisque nous sommes tous d’accord. Il n’y a absolument aucun membre de la sélection qui est pro Maduro, et la majorité des joueurs s’est même prononcée ouvertement et publiquement contre le gouvernement depuis deux ou trois ans.

Avant, il n’y avait pas ce consensus.
Il y a six ou sept ans, quand j’ai commencé en sélection, c’était plus délicat de parler de politique. Il y avait des indécis, le pays était encore polarisé politiquement. Je crois que les politiques menées sont exactement les mêmes entre Chávez et Maduro. La seule chose est que Chávez n’a pas eu à affronter la crise à laquelle Maduro fait face, pour une raison simple qui est que l’unique produit d’exportation du Venezuela, le pétrole, était à l’époque bien plus haut qu’aujourd’hui. Par conséquent, la dette était bien moindre, mais on voyait venir la catastrophe. Mais à l’époque, et jusqu’au début de la présidence de Maduro, il y avait encore beaucoup de gens qui croyaient en la révolution bolivarienne et il valait mieux ne pas en parler.

Pourquoi ?
Je crois que de manière générale, et encore davantage au Venezuela, la politique est quelque chose qui a toujours divisé, polarisé le pays et que la sélection était le trait d’union entre tous les Vénézuéliens. Le seul probablement qui rassemblait tout le Venezuela comme pays, apportait de la joie à tous, toutes couleurs politiques confondues. C’était en quelque sorte le seul domaine qui échappait à la polarisation croissante du pays.

La situation du pays aujourd’hui vous donne une motivation supplémentaire ?
Oui, sans aucun doute. La sélection doit être à la fois un point de rassemblement et quelque chose qui apporte de la joie et de la fierté au pays, à un moment où notre identité nationale est meurtrie, où les gens ne comprennent pas pourquoi ils subissent cette crise. Pouvoir donner de la joie ne serait-ce que pour une nuit, c’est très important. Cela nous motive. Mais il faut trouver cet équilibre un peu paradoxal entre la concentration sur notre objectif et la conscience de la crise que notre pays vit. Je m’explique : nous devons essayer en même temps de nous éloigner le plus possible de ce qui se passe au Venezuela, aussi difficile que cela soit, pour être pleinement focalisés sur le tournoi. C’est uniquement à ce prix que nous pourrons apporter un peu de joie au Venezuela.

Propos recueillis par Arthur Jeanne
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