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Annie Fortems : « La FFF fait semblant de s'occuper du foot féminin »

Co-fondatrice de l’équipe de Jusivy dans les années 1970, Annie Fortems fait partie des pionnières qui ont observé l’évolution de l’équipe de France à travers les décennies. Aujourd’hui, elle refuse de porter un regard clivant sur la crise qui secoue les Bleues. Celle qui a refusé de porter le maillot tricolore, par militantisme, perçoit avant tout le conflit opposant Corinne Diacre à certaines joueuses lyonnaises comme un manque d’investissement et un défaut d’attention criant de la part de la Fédération française de football.

« Pour moi, le problème dépasse le conflit actuel entre la sélectionneuse et les internationales françaises. Ce conflit n’est qu’un symptôme d’un dysfonctionnement systémique. »

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle ?
Je trouve que c’est un psychodrame public affiché aux yeux de tous. Avec des gros clivages : il y aurait des méchantes d’un côté, des gentilles de l’autre. Ça me paraît faux. J’entends aussi beaucoup de souffrance, de rancœur et de frustration. On a une génération dorée avec l’une des meilleures équipes de France qu’on ait eue ; la Coupe du monde a eu un impact incroyable sur le grand public ; on a une sélectionneuse qui a déjà prouvé sa compétence en matière de football ; les médias et le public sont au rendez-vous, alors que ce n’était pas gagné. Il y avait un alignement des planètes qui débouche sur un immense gâchis et une grande déperdition d’énergie. Je pense que Corinne Diacre et les joueuses, chacune de leur côté, doivent être très affectées par cette situation. Pour moi, le problème dépasse le conflit actuel entre la sélectionneuse et les internationales françaises. Ce conflit n’est qu’un symptôme d’un dysfonctionnement systémique.

« Quand des pays étrangers investiront dans ce sport et parviendront à capter nos meilleures joueuses, la France risque de rater à nouveau une étape importante : celle de la professionnalisation. »

À qui la faute, alors ?
La faute revient forcément à la FFF. Quand, dans une organisation, le chaos s’installe, ceux qui sont détenteurs du pouvoir et garants du cadre sont défaillants. Ce sont eux qui auraient dû arbitrer fermement. Le conflit n’aurait jamais dû arriver sur la place publique. Il aurait dû être réglé en interne. Qu’importe la décision, la FFF aurait dû agir avec détermination. Or, je pense qu’elle fait semblant depuis un petit moment de s’occuper du football féminin. Depuis une dizaine d’années, Noël Le Graët et Brigitte Henriques font bouger les choses, c’est indéniable. On a franchi une étape importante et on a rattrapé le retard pris durant des décennies, mais l’intérêt et l’investissement dans le football féminin ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Quand des pays étrangers investiront dans ce sport et parviendront à capter nos meilleures joueuses, la France risque de rater à nouveau une étape importante : celle de la professionnalisation.


Pensez-vous que la situation aurait été gérée de manière différente avec l’équipe de France masculine ?
Oui, c’est clair. Aujourd’hui, cette situation ne se serait jamais produite avec l’équipe de France masculine. Si Pogba, Griezmann, Mbappé ou d’autres étaient allés voir le président de la FFF, comme les Lyonnaises et d’autres joueuses l’ont fait, la situation aurait été réglée d’office. La FFF a pris le problème à la légère et résultat, on se retrouve à ce stade de pourrissement.

« Amandine Henry et Sarah Bouhaddi le disent : en parlant, elles prennent des risques. Elles ne sont pas au début de leur carrière. Si elles ne sont pas convoquées pendant un long moment avec les Bleues, elles savent qu’elles n’y remettront plus les pieds. »

Avez-vous été surprise par les propos des joueuses ?
Dans un sens non, je n’ai pas été surprise. On sentait depuis la Coupe du monde qu’il s’était passé quelque chose, que certaines avaient des rancœurs enfouies. Je savais qu’il y avait d’énormes tensions entre les joueuses et Corinne Diacre. En revanche, je suis surprise par la salve des attaques. Ça m’interpelle énormément. Toutes ces révélations sont révélatrices d’un énorme dysfonctionnement au niveau des institutions. Ces joueuses n’auraient pas dû en arriver là. On les met même en danger. Amandine Henry et Sarah Bouhaddi le disent : en parlant, elles prennent des risques. Elles ne sont pas au début de leur carrière. Si elles ne sont pas convoquées pendant un long moment avec les Bleues, elles savent qu’elles n’y remettront plus les pieds. C’est l’institution qui les met en danger.

Et que pensez-vous de la réaction de Corinne Diacre ?
Je trouve que son absence de réaction est très professionnelle face à toutes ces attaques. Elle réserve ses réponses à sa fonction de sélectionneuse et rétablit ainsi le cadre. Comme lors de son intervention lors de l’annonce de la liste des vingt-trois Bleues convoquées.


Comment expliquez-vous que ce ne soit quasiment que des Lyonnaises qui s’expriment publiquement ?
Il y a certainement d’autres joueuses qui pensent qu’il y a un problème, mais les Lyonnaises ont le pouvoir de le dire. Déjà, elles sont soutenues par leur président, Jean-Michel Aulas. Et puis elles sont légitimes. Elles arrivent avec un palmarès qui fait rêver les footballeuses dans le monde entier. Elles sont professionnelles, et certaines ont même un gros salaire. Elles arrivent aussi avec une énorme culture de la gagne. Elles ont tout gagné, sauf un titre avec les Bleues. Atteindre ce graal devient pour elles une urgence.



« Si elles ne remportent pas un titre en sélection, elles vont le vivre comme un échec. C’est ça que j’entends quand Wendie Renard, Sarah Bouhaddi et Amandine Henry s’expriment. Et elles me touchent énormément. »

Donc les autres ne sont pas légitimes à prendre la parole ?

En dehors de Gaëtane Thiney qui savait très bien qu’elle n’allait plus jouer en équipe de France, je pense qu’il n’y a que les Lyonnaises qui soient en mesure de transgresser les règles. À mon avis, ce n’est pas éthique, voire même non réglementaire de tenir ces propos. Mais elles ont tout gagné et arrivent pour la plupart en fin de carrière. Ce sont de remarquables compétitrices et elles n’ont plus de temps à perdre. Si elles ne remportent pas un titre en sélection, elles vont le vivre comme un échec. C’est ça que j’entends quand Wendie Renard, Sarah Bouhaddi et Amandine Henry s’expriment. Et elles me touchent énormément. Elles vont aussi loin dans la transgression, car elles ont peur de ne pas décrocher la médaille suprême et de devoir quitter le football avec des regrets immenses, comme la génération avant elles.

Ce conflit entre certaines joueuses et la sélectionneuse peut-il être bénéfique ?
Si on assiste à une prise de conscience de l’institution, voire même s’il le faut à un changement d’acteurs, oui cela peut être bénéfique. Mais ce n’est pas du tout gagné. Virer la sélectionneuse ne résoudra pas le problème. Pour l’instant, personne n’a été en mesure de faire gagner l’équipe de France. On attaque Corinne Diacre à boulets rouges, mais il y en a eu d’autres avant elle. Ils avaient de l’expérience aussi et des joueuses de talent. J’en ai vu passer des sélectionneurs. Souvenez-vous en 2012, Bini écarte Henry, Bouhaddi et Bompastor, donc trois Lyonnaises. Sauf qu’à l’époque, il n’y a pas eu de déclaration publique, car je pense que les filles ne se sentaient pas assez fortes, elles étaient plus jeunes et n’avaient pas la légitimité que leur confère aujourd’hui leur palmarès. On retrouve donc deux de ces joueuses huit ans plus tard. C’est un signe qu’il y a une répétition anormale dans l’institution. Si on ne change pas au niveau structurel, on assistera au même résultat, encore et encore.


Donc la réunion annoncée par Noël Le Graët après la fin des qualifications pour l’Euro 2021 n’y changera pas grand-chose, à vous entendre...
Pour l’instant, il faut limiter la casse et appeler à la responsabilité de chacune pour les deux prochaines rencontres. L’objectif n’est pas de destituer Corinne Diacre, il est de qualifier la France pour l’Euro. Il faut donc mettre les rancœurs de côté. Une réunion avant le match face à l’Autriche pour aborder les problèmes de fond aurait été une hérésie. La manière parfaite pour saborder l’équipe et le résultat de la rencontre. Après effectivement, c’est indispensable de réunir les acteurs, individuellement pour certains, collectivement à un moment donné. Il y a un conflit majeur au sein du groupe. L’enjeu sportif actuel, une qualification pour l’Euro 2021, va aussi jouer pour la suite. Mais pour l’instant, le président de la FFF laisse pourrir la situation. Il semble ambivalent et soutient tout le monde, ce qui veut dire personne. Il n’est pas capable d’assumer son rôle de garant du cadre. Et ce pourrissement conduit au passage à l’acte, à des sorties médiatiques hors cadre.

« Je m’interroge sur l’explosion de la crise. Elle couve pourtant depuis la fin de la Coupe du monde. Or, depuis trois semaines, on assiste à une véritable accélération médiatique. »

Vous insinuez que la FFF laisserait faire ?
Je m’interroge sur l’explosion de la crise. Elle couve pourtant depuis la fin de la Coupe du monde. Or, depuis trois semaines, on assiste à une véritable accélération médiatique. La crise est évoquée dans les médias, Noël Le Graët communique beaucoup. On est arrivé à un niveau de visibilité extrêmement brutal qui me surprend. Je ne voudrais pas que cette crise que traverse l’équipe de France féminine relève d’une stratégie de communication de crise et soit un contre-feu à l’article du NY Times sorti il y a un mois et qui discrédite la FFF. Après le désastre en Afrique du Sud en 2010, on s’était déjà servi du football féminin. On avait vanté le côté fair-play et collectif des filles pour redorer le blason du football en général, tellement les garçons avaient écœuré l’opinion publique. C’était déjà une espèce de contre-feu. Et là, j’ai l’impression de voir le même phénomène. Le football féminin servirait à masquer d’autres choses.

Propos recueillis par Tara Britton
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