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  1. // Coupe du monde 2018

Alexis Berg : « Une Russie d’exception, façon Disneyland »

C’est un livre de photos sur la Coupe du monde de football 2018, sans Kylian Mbappé ni aucun autre joueur de la compétition. Pas la moindre trace d’un terrain ou d’un stade, non plus. Et pour cause, ce sont sur les rues et les fan zones de Moscou, Saint-Pétersbourg ou Sotchi - parmi les villes hôtes de l’événement en Russie - que le photographe français Alexis Berg a décidé de poser son regard. Car derrière le ballon qui tourne, c’est un tout autre match qui se joue : objet politique et commercial par excellence, la Coupe du monde est un enjeu d’image qu’Alexis Berg saisit sur le vif, au beau milieu des supporters, en contre-champ. Et qu’il décortique finement, dans un livre intitulé Contre Allez (éditions Mons). Une exposition est organisée cette semaine, à la Galerie Jean-Denis Walter (31 rue Meslay, Paris), du 7 au 10 février prochains.

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Vous dépeignez une sorte de Russie « carte postale » : du métro aux cathédrales orthodoxes, tout y brille... Qu’en retenez-vous aujourd’hui ?
Je n’étais jamais allé en Russie avant ce voyage, et je ne suis pas complètement sûr d’y être véritablement allé après ces quelques semaines de Coupe du monde.
« Je n’étais jamais allé en Russie avant ce voyage, et je ne suis pas complètement sûr d’y être véritablement allé après ces quelques semaines de Coupe du monde. »
Parce qu’il y avait toute une mise en scène, c’était une Russie d’exception comme on parle d’une justice d’exception. Il y avait plein de dispositifs spéciaux, que ce soit sur les procédures d’entrée dans le pays ou dans les zones réservées aux supporters, qui avaient été précisément délimitées. Tout était à la fois sous un fort contrôle policier – aucune place pour la contestation, aucun débordement, toute forme de violence a été parfaitement invisibilisée –, mais aussi sous un vernis cosmétique : il fallait faire attention à ce qu’on allait montrer au monde extérieur, aux médias, etc. La carte postale résonne avec cette idée que la Coupe du monde est d’abord un enjeu touristique, il y a énormément de supporters étrangers et cela représente une manne très importante pour un pays comme la Russie, qui n’est pas si touristique que ça.

Vous parlez du « projet commercial de la FIFA et sa formidable ampleur de narration » : quels en sont les ressorts ?
Dès le début de la Coupe du monde, j’ai vu des gens faire la fête et célébrer dans la rue, alors que sportivement, il ne s’était encore rien passé – certes, la Russie avait gagné le match d’ouverture, mais en l’occurrence, il s’agissait là surtout de supporters étrangers... Il y avait quelque chose de simulé dans cette espèce de grande liesse collective et d’amour fraternel. Non que je la critique dans l’absolu, mais elle semblait fausse. Cette espèce d’innocence joyeuse et de bonne humeur, dans un périmètre où tout est aux couleurs du foot, de Coca-Cola et de la FIFA : tout cela donne un vrai côté Disneyland. Cela n’a rien d’étonnant lorsqu'on voit que les plus grands clubs de foot adoptent aujourd’hui cette stratégie de « marque » et n’hésitent pas à se comparer à Walt Disney. La Coupe du monde répond aux mêmes enjeux, la FIFA étant devenue une formidable multinationale du divertissement. La place Rouge en a été l’un des exemples : cet endroit historique par définition, d’ordinaire très protégé, s’est transformé en vaste supermarché, avec des mascottes partout et un terrain de foot improvisé, au milieu des symboles russes. On ressentait d’autant plus tout cela en s’éloignant des centres et des villes hôtes : le reste de la Russie est resté très éloigné de cette Coupe du monde, et c’était assez vertigineux de voir cette délimitation...



Dans vos photos et dans les textes qui accompagnent, il y a presque une dimension sacrée, comme si la Coupe du monde était devenue une religion...
J’ai 32 ans et pour moi, France 98 marque un avant et un après, un sédiment particulier dans la mémoire, qui ordonne pas mal de choses. D’une certaine manière, dans un monde où il n’y a plus beaucoup de grand récit, la Coupe du monde en reste un. Il y a un décompte, avec une attente liée à sa répétition, tous les quatre ans. Et pour moi, le sacré est là, dans la puissance d’un mythe qui s’est installé dans le temps et qui nous traverse dans nos histoires. Cette force-là de narration, c’est celle de la religion depuis toujours.

Vous parlez d’un « pacte d’innocence signé autour du jeu » : on s’évertuerait ainsi à ne pas vouloir voir ce qu’est devenu le football moderne ?
C’est notre propre rapport général au foot d’aujourd’hui, au fond : à ce niveau-là, le foot est devenu une industrie capitaliste qui fonctionne, comme toutes les industries capitalistes, avec ses mythes, son rapport à la marchandise, sa distribution des bonnes et des mauvaises histoires... Et on est nombreux à en être conscients et à pouvoir déconstruire ces dispositifs, tout en conciliant ce discours-là avec le fait de regarder des matchs. Ce sont des choses très différentes, et pour moi, c’est très important de faire la distinction. On peut critiquer le système et les infrastructures, mais en revanche, je ne critiquerai pas le public. C’est toujours l’œuvre d’une facilité un peu coupable de mépriser les spectateurs plutôt que le spectacle.

Votre travail illustre aussi un football à deux vitesses, entre celui « officiel » et professionnel, organisé commercialement par la FIFA, et son alter ego par opposition, un foot de passion et de rue, plus populaire... Comment le nommer, ce football-là ?

Je pense que c’est un piège de vouloir le nommer. C’est un peu comme l’invention du « bio » : à la base, il fut une époque où une tomate, elle était bio par nature, il n’y avait pas d’industrie pour cultiver à base de produits chimiques. Et cette tomate, on n’avait pas besoin de la nommer « bio » ... Pour le football, c’est un peu la même chose : le foot qu’on a tous joué enfant, en club ou avec des potes, contre un mur dans la rue ou à l’école, ce foot-là, pourquoi on devrait le nommer ? C’est celui qui appartient à tout le monde. Celui qu’il faut nommer, c’est l’autre, le foot-spectacle – ce que j’appelle le « football industriel » –, car c’est lui qui est une invention...



Dans une deuxième partie, vous photographiez Paris lors des célébrations de victoire après la finale, notamment sur les Champs. Cela donne à voir, dans l’instant, un roman national tout à fait différent de celui de la Russie, aseptisé et sous contrôle : en France, le 15 juillet donne l’impression qu’à l’inverse, plus rien n’est sous contrôle, que c’est la nuit de tous les possibles...
C’est vrai, mais cela reste extrêmement temporaire.
« À Paris, le moment de "hors-contrôle" a duré une poignée d’heures. À minuit, les canons à eau et les CRS commençaient à nettoyer les Champs... »
À Paris, le moment de « hors-contrôle » a duré une poignée d’heures. À minuit, les canons à eau et les CRS commençaient à nettoyer les Champs... Ce moment d’union nationale, ce récit-là, a été très court. Et trois à quatre jours après démarrait l’affaire Benalla, qui a peut-être empêché la même récupération politique qu’en 98. La séquence historique est renversante, puisque quatre mois plus tard, au même endroit, on assiste au stigmate de la fracture nationale, avec les Gilets jaunes. Le parallèle est frappant, même s’il faut le prendre avec précaution : le 15 juillet, les gens qui sont venus sur les Champs étaient réunis par la promesse d’avoir enfin gagné. Cet hiver, par la réalité de perdre trop souvent.

Propos recueillis par Barnabé Binctin
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