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Alex Fynn : « La Premier League est une ligue internationale, qui se déroule en Angleterre »

Les noms de parrain ou architecte lui sont souvent associés. Il n’a pourtant dirigé aucune mafia ni dessiné une seule maison Du côté de chez vous. Tonton Arsène le dépeint comme un « gourou du football » . Lui, c’est Alex Fynn. Entretien en français avec « un accent impeccablement anglais » du papa de la pompe à fric du foot moderne : la Premier League.

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Comment un mec de Saatchi&Saatchi en vient à inventer ce que le claim officiel appelle « le plus grand spectacle sur Terre » ?
Notre agence avait réalisé la première pub de l’histoire pour un club de foot anglais, Tottenham, dans les années 80. Après coup, je suis devenu consultant pour la Football League (qui gérait les 4 premières divisions) et ensuite pour la Football Association (qui gère la FA Cup et la sélection). Saatchi&Saatchi était très populaire et tout le monde pensait qu’on avait réponse à tout. Dans mes activités, je suis aussi devenu ami avec deux entrepreneurs trentenaires en pleine ascension, qui ont révolutionné le football anglais : David Dein, d’Arsenal, et Irving Scholar, de Tottenham.

Pourquoi révolutionnaires ?
Ces deux-là, ont vite compris une chose : faire la différence entre l’expérience d’un match au stade et celle d’un match diffusé à la télévision. Ils appartenaient au Big Five du championnat, avec Manchester United, Liverpool et Everton. Dans les années 80, les cinq réclamaient plus d’argent, Dein et Scholar en tête. Ils avaient bien réussi à en gagner plus, mais ce n’était pas suffisant. Il ne faut pas oublier qu’il y a la tragédie d’Hillsborough en 1989. Et le gouvernement, via le rapport Taylor, obligeait à rénover les stades, avec que des places assises. Et comme le football anglais n’était pas un business rentable… Il fallait trouver un moyen de faire rentrer plus d’argent. Pour Dein et Scholar, la scission avec la Football League pour créer un championnat autonome, qui s’accaparait lui-même les droits télés, était la solution.

Que vient faire la FA dans l’histoire alors ?
La Fédération craignait la Football League, de plus en plus influente dans le foot anglais. Alors quand elle a entendu cette volonté du Big Five de couper avec la FL, elle a décidé de soutenir le projet des clubs, m’a appelé à mon bureau, par l’intermédiaire de son président exécutif, Graham Kelly, et m’a demandé de faire des propositions dans ce sens. Mais l’idée première venait du président de l’époque de Tottenham, M. Irving Scholar.

Quelles étaient vos propositions ?
Le foot comme événement était mon idée principale. Quand Arsenal joue contre Manchester United, c’est un événement national. Coventry-Oldham non. Ma proposition, c’était donc de faire beaucoup plus d’événements et beaucoup moins de non-événements. J’avais proposé une division à 18 clubs de préférence, maximum 20, au lieu des 22, une situation ridicule. Cette réduction aurait en plus profité à l’équipe nationale et aussi à la FA Cup.

Pourquoi ?
Je proposais un partage des pouvoirs et des droits télés entre tous les clubs de Premier League et la FA. Par exemple, 25% des droits étaient donnés à la FA afin de financer la formation, les entraîneurs et l’équipe nationale. J’ai présenté tout seul mes propositions à Graham Kelly, au président Albert Millichip et à Charles Hughes, responsable de la formation. Tout s’est très bien passé. Je leur présente une étude jamais réalisée en Angleterre. Premier enseignement : la plupart des fans de première division était favorable à un breakaway (la scission). Le deuxième : tous pensent que la Premier League bénéficiera à la sélection. Cette étude a probablement aussi joué son rôle pour que la FA donne son soutien à l’idée du Big Five. Mes propositions sont devenues le projet Blue Print for the Future of Football, publié en 1991 et utilisé comme base de création de la Premier League.

Premier couac : la Premier League démarre avec 22 clubs…
Parce que l’ancienne première division comportait 22 clubs. La FA n’a jamais réussi à imposer l’idée d’un championnat à 18 clubs. Elle n’a pas eu le courage de ses intentions, alors que dans les statuts, elle est bien le patron de cette Premier League. En fait, l’action de la FA, c’était plus un mouvement politique qu’idéologique. La FA voulait préserver ses intérêts, détruire le pouvoir de la Football League, et peut-être dans un second temps faire bénéficier la manne financière à la FA Cup, à l’équipe nationale. Et pour ça, il fallait accepter la scission.

Deuxième couac : la sélection nationale ou la FA Cup ont perdu de leur aura.
La FA a laissé les clubs faire. Tout. Et la Sky… Quand elle gagne le premier contrat de diffusion de la Premier League, le foot anglais, sa présentation, son calendrier changent. Avant les matchs n’étaient pas en crypté. Avec Sky, si, dès la première année, histoire de vendre des abonnements. Elle a injecté de telles sommes… Cela a placé les clubs au-dessus de la FA Cup et de l’équipe nationale. La FA a simplement choisi la Sky en raison des sommes proposées. À cette époque, la FA était incompétente.

Mais la Premier League est devenu le championnat le plus populaire au monde…
Oui, mais si la FA avait soutenu toutes mes propositions, le foot anglais aurait été bien différent aujourd’hui. Dans le partage du pouvoir et de l’argent, elle a tout laissé. Aujourd’hui, le championnat anglais est une ligue internationale, qui se déroule en Angleterre, avec toutes les vedettes étrangères. D’accord, c’est ce que le public aime. Mais comment voulez-vous qu’avec seulement 40% de joueurs anglais en Premier League, cela bénéficie à la sélection nationale. En Italie, en France, en Allemagne ou en Espagne, on est plutôt autour des 70%. Si la FA avait réussi à taper dans les droits TV que les clubs de Premier League se sont accaparé, nous aussi on aurait eu notre Clairefontaine il y a 25 ans. Aujourd’hui, la situation est irrattrapable. La seule compétition d’envergure du foot anglais, c’est la Premier League. Pourtant, la FA pouvait et peut contrôler. Elle a un golden share, une sorte de veto. Mais elle a laissé filer. Aujourd’hui, nous avons une ligue très populaire, très riche, très excitante, mais c’est tout.

L’écart est devenu énorme entre les divisions inférieures et la PL. Les Three Lions ne gagnent rien. Vous ne vous dîtes pas parfois que vous avez créé un monstre ?

Non. Déjà parce que personne n’aurait un jour imaginé que la Premier League allait devenir le championnat le plus riche, le plus populaire dans le monde entier. Le dernier contrat avec la Sky et BT va apporter 3 milliards de livres sterling. C’est phénoménal. J’étais fan de foot, alors quand on m’a proposé de plancher sur une nouvelle Premier League, j’étais super content. Mon métier devenait incroyable. Mais ça m’a rendu naïf. Je croyais que mes propositions allaient toutes êtres approuvées, toutes. Je pensais créer un partenariat et, finalement, on se retrouve avec une dictature des clubs.

Aujourd’hui, vous travaillez toujours avec la FA ?
Je suis un paria maintenant. Je suis devenu trop important, trop dangereux pour les dirigeants. J’ai montré à la FA les moyens de financer tous les pans du football anglais. C’était plutôt révolutionnaire. Mais elle n’a finalement créé qu’une Premier League pour détruire la Football League. Ce ne sont pas des visionnaires, juste des incompétents. Pour eux, les révolutionnaires, ça reste dangereux.

En France, on aime bien ou on aimait bien les révolutionnaires…
Dans un autre pays, peut-être bien qu’avec ce genre de travaux sur le foot, j’aurais pu accéder à un poste comme Platini ou Beckenbauer. Mais en Angleterre, je suis considéré comme un homme d’hier, un yesterday’s man.

Dans une interview, vous vous définissiez comme un escroc dans le foot. Vous pouvez expliquer ?
C’était une sorte de blague. J’admire quelques clubs parce qu’ils m’ont bien traité. Désormais, je me retrouve à être supporter, et d’Arsenal, et de Tottenham. Donc on peut dire que je ne suis pas un vrai. Quand vous êtes supporter de Manchester United, vous ne pouvez pas supporter les bonnes choses de City. Mais moi, je trouve du bien dans les deux. J’ai plusieurs clubs de cœur.

Dein et Scholar, eux, c’était des passionnés d’un seul club…
David Dein et Irving Scholar ne sont plus aujourd’hui dans le foot anglais. Ce sont pourtant eux qui avaient les grandes idées, les grandes lignes commerciales du foot, mais ils sont allés trop vite pour les autres, la FA. Ils se sont faits des ennemis. Ils étaient surtout les seuls vrais fans de leur propre équipe. C’était comme leur maîtresse. Ils les ont trop aimées. Mais surtout leurs idées étaient trop grandes pour les autres.

Propos recueillis par Ronan Boscher
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