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Al Ahed Beyrouth : Hezbollah, es-tu là?

En proie à des manifestations d'une ampleur inédite, la rue libanaise s'est massivement insurgée depuis la mi-octobre contre le népotisme et la corruption de sa classe politique. Un ras-le-bol général où même le Hezbollah, grand vainqueur des dernières élections législatives de 2018, n'est pas épargné. Pas forcément étonnant, tant le Parti de Dieu, dont les financements irriguent aussi bien l'action sociale locale, politique, que sa branche paramilitaire, occupe une place centrale au sein de la société libanaise. Y compris dans la sphère footballistique, où le Al Ahed Beyrouth, champion en titre du Liban, est intimement lié au groupe islamiste chiite.

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Difficile de les compter tous. À Beyrouth, Tripoli, Nabatiyé ou Tyr, ils sont des dizaines, des centaines, des milliers, à envahir les rues, pancartes revendicatives dans une main, un drapeau dans l'autre et des slogans plein la bouche. Des paroles et des actes qui retranscrivent le ras-le-bol des Libanais face à la corruption et l'incompétence de leur classe politique, alors que leur pays, aujourd'hui troisième dette mondiale derrière le Japon et la Grèce (elle est estimée à 151% du PIB selon le FMI) est plombé par un taux de chômage d'environ 20% et voit plus du quart de sa population vivre sous le seuil de pauvreté. Plus possible, dans ces conditions-là, de ne pas s'en prendre à ceux qui tiennent les manettes et plus particulièrement au Premier ministre Saad Hariri, porte-étendard du Courant du futur, le parti sunnite majoritaire. Mais également au Hezbollah, le principal parti islamique du pays, très populaire auprès des chiites libanais, qui, avec d'autres formations politiques alliées, avait marqué un grand coup lors des élections législatives de mai 2018, en obtenant 42 sièges, soit le tiers des fauteuils du parlement national. De quoi permettre au Parti de Dieu (le surnom du Hezbollah) et à ses alliés d'obtenir plusieurs ministères, sans pour autant changer structurellement le jeu politique et le contexte économique local, délétère depuis plusieurs années maintenant.

Hezbollah, la, la land


« Les politiciens nous courent après comme des chiens pendant les élections, et ensuite ils ne font rien, expliquait récemment Safa, une manifestante à Beyrouth, au micro de TV5 Monde. Je suis allé voir Ali Ammar, un député du Hezbollah pour demander une aide pour les études de ma fille, il n’a pas eu un regard pour moi. Son fils, lui, parade dans une voiture de luxe. » Signe que malgré les espoirs qu'il a suscités, notamment auprès de la communauté chiite libanaise, le Hezbollah n'est lui aussi pas exempt de critiques. Le Parti de Dieu, notoirement financé par l'Iran et doté d'une branche militaire de plusieurs milliers d'hommes, est même souvent décrit au Liban comme « un État dans l'État » . Outre sa branche politique, le groupe fait notamment intervenir ses troupes paramilitaires sur le terrain syrien, alors que l'Iran s'est affirmé comme un soutien majeur de Bachar El-Assad.


Il a aussi, depuis les années 1990, développé un service d’action sociale massif à destination des habitants des zones les plus démunies du pays, majoritairement chiites, prodiguant diverses aides éducatives, économiques et sanitaires, notamment via son association Jihad al-Bina. Ainsi, selon le chercheur à l'Institut royal supérieur de défense de Belgique Didier Leroy, « le Hezbollah est à la fois le groupe armé le plus puissant du pays, le plus grand fournisseur d’aides sociales, la plus grande force de santé publique et une force culturelle, en particulier avec la forte audience de la chaîne télévisée Al-Manar (dont le Hezbollah est actionnaire majoritaire, N.D.L.R). Après l’armée, c’est peut-être aussi le premier employeur du pays. » Une influence qu'on retrouve aussi à travers le football et plus spécifiquement un club : le Al Ahed Beyrouth.

« Al Ahed, c'est le club du Hezbollah »


En pleine guerre civile libanaise, un conflit confessionnel qui voit s'affronter diverses milices musulmanes et chrétiennes de 1975 à 1990, le Hezbollah se décide à racheter en 1985 le club d'Al Ahed, une formation relativement modeste sur le plan sportif, qui n'a à l'époque encore jamais connu les joies de la première division nationale. « Après la fin de la guerre civile en 1990, la plupart des postes à la direction du club n'étaient plus occupés par des membres du parti, mais le secrétaire général du club restait, lui, un membre du Hezbollah, explique Axel Maugendre, doctorant en sciences sociales du sport et auteur de Ethnography of the Lebanese Football Clubs. De plus, les gens impliqués dans les activités du club sont généralement connus pour soutenir la politique du Hezbollah et d'Hassan Nasrallah (le dirigeant du Parti de Dieu, depuis 1992). » « À l'origine, Al Ahed est rattaché au Comité pédagogique (Division de la jeunesse et des sports) du mouvement, analysait Franck Moroy, alors chercheur associé au Centre d'études et de recherches sur le Moyen-Orient à Beyrouth, dans un article de la revue Politix intitulé « Le sport comme adjuvant à l'action politique. Le cas du Hezbollah à Beyrouth » . Ce comité est hiérarchiquement dépendant du Majless al-Shoura, la plus haute autorité du "Parti de Dieu", qui détient les pouvoirs législatif, exécutif, judiciaire, militaire et administratif. »


C'est à cette époque que le club quitte les quartiers centraux de Beyrouth pour s'installer à Ouzaï, dans la banlieue sud, un quartier administré par le Hezbollah. À l'issue du championnat 1996-1997, Al Ahed est même promu dans la plus haute division du championnat de football libanais. Le moment choisi par la direction du Hezbollah pour couper le cordon, du moins sur le plan symbolique et officiel : « Le club se sépare alors du Comité pédagogique du Hezbollah, estimant qu'il est préférable - afin de ne pas transposer d'éventuelles dissensions politiques et/ou confessionnelles sur le terrain sportif - que le parti ne soit pas officiellement lié à l'association sportive, poursuit Franck Moroy. Mais pour les supporters de football comme pour les profanes, l'identification entre le club et le mouvement chiite s'est réalisée. Al Ahed, c'est le club du Hezbollah. »

Beyrouth de la victoire


Si, à ce jour, aucune documentation officielle ne permet plus de prouver que le Ahed reçoit des financements du Hezbollah, le lien idéologique entre le club, ses fans et le parti perdure : « En 2008, pour la première fois de son histoire, le Ahed gagne le championnat du Liban et brise ainsi le monopole d’al-Nejmeh et d’al-Ansar, les deux clubs les plus puissants du pays, historiquement, expliquait Olfa Lamloum, chercheuse et politologue franco-tunisienne, membre de l'Institut français du Proche-Orient (IFPO) et aujourd'hui directrice du bureau de Tunis d’International Alert, dans l'ouvrage Métamorphose des figures du leadership au Liban. Quelques jours plus tard, le club dédie cette victoire à Imad Moughnieh, chef militaire du Hezbollah assassiné en février 2008 à Damas. » Par ailleurs, comme le souligne Franck Moroy le sigle d'Al Ahed rappelle, de par les couleurs et la calligraphie utilisées (inscription en vert ou en noir sur un fond jaune), le drapeau du Hezbollah.


« En outre, pendant les matchs d'Al Ahed, les drapeaux du parti chiite sont généralement interdits, précise Axel Maugendre. Cependant, pendant les matchs importants, des drapeaux du club et des drapeaux du Hezbollah, qui partagent les couleurs jaune et verte, sont brandis par certains supporters aux stade. » Coïncidence ou non, la montée en puissance d'Al Ahed au sein du football libanais a accompagné celle du Hezbollah sur la scène politique nationale. Depuis 1992 et sa première participation aux élections législatives et municipales, le Hezbollah, champion de la cause chiite, reste le principal parti d’opposition au Courant du futur, une formation plus proche des sunnites et pro occidentale. En parallèle, Al Ahed, dont le palmarès était vierge en 1985, année de sa reprise en main par le Hezbollah, a depuis remporté pas moins de 7 championnats et 6 coupes du Liban. La formation de Beyrouth s’est même adjugé les trois dernières éditions du championnat. Reste maintenant à voir si les manifestations en cours iront jusqu'à modifier en profondeur le jeu politique et le contexte sportif qui l’accompagne.

Par Adrien Candau Propos d'Alex Maugendre issus d'Ethnography of the Lebanese Football Clubs, ceux de Franck Moroy issus de Le sport comme adjuvant à l'action politique. Le cas du Hezbollah à Beyrouth, ceux d'Olfa Lamloum issus de Métamorphose des figures du leadership au Liban.
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