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  1. // 80 ans d'Aimé Jacquet

« Quand je construis l’équipe, je commence par les attaquants »

Aimé Jacquet aura été le gourou de la fameuse « génération 98 » , celui qui aura su démolir une équipe de France en perdition pour mieux la reconstruire. Celui qui s’est passé de Papin et Cantona pour partir à la guerre avec Dugarry et Guivarc’h. Entretien en longueur avec un type qui a toujours musclé son jeu.

Vous devenez entraîneur à Lyon, en 1976. Vous aviez des modèles ?
Quand je suis arrivé à Saint-Étienne, à 19 ans, Jean Snella m’a tout de suite formaté. J’avais l’habitude de faire des gros casse-croûtes. Un jour, il m’a dit: « Tu vas t’asseoir en face de moi et tenir ta fourchette et ton couteau. » J’ai tout compris. Je mangeais trop de pain, je beurrais et tout ça... Snella était un homme merveilleux qui te donnait cette passion du ballon. Albert Batteux, lui, c’est le grand Reims. Un choc. Quand il signe à Saint-Étienne, on est déjà champions, mais on découvre que l’on peut parler le football. On a des mots. Première causerie : quatre heures.

Vous faites un peu comme lui dans Les Yeux dans les Bleus durant les causeries d’avant-match...
Il m’avait impressionné. J’ai compris qu’il fallait que j’écrive tout. Ça m’a sauvé. J’avais un petit cahier d’entraînement où je notais comment j’avais préparé la séance, comment les joueurs avaient réagi, comment j’étais intervenu, les joueurs qui étaient moyens. Chaque match avait sa petite fiche. J’ai tout pompé sur lui. Mais on ne peut pas avoir la qualité qu’il avait.

« Si je veux que Zidane soit le maestro, il faut le sécuriser, trois hommes au milieu de terrain. Donc pour certains, je jouais défensif. Quel raisonnement idiot! »
On avait l’impression que vous aviez lu toute la rhétorique d’Aristote, les figures de style, les métaphores, l’analogie, les répétitions...
J’avais appris en écrivant des heures et des heures après les entraînements. Plus on écrit, plus on apprend. J’étais très visuel. Je ne partais pas des entraînements avant que tout soit fait, noté et inscrit. J’avais compris que mes causeries devaient être courtes, même si elles demandaient des heures de préparation. Pour vingt minutes, il faut deux heures de préparation. Il faut cibler l’objectif avec des intonations bien précises.



Il y a même une mise en scène dans la causerie...
Il faut surprendre. Si l’entraîneur ne surprend pas ses joueurs, il ne progresse pas. Il y a ce que je dis quand je parle, quand j’interpelle les joueurs, mais aussi ce qu’ils retiennent. À peu près 30 %. Il faut être très pragmatique, aller à l’essentiel. Il ne faut pas de mots qui blessent. Jamais péjoratif, il faut que ça soit convivial. Il faut que le joueur sente la complicité et la confidence. On devient le copain, puis le père Fouettard. De temps en temps, on est le complice.

Est-ce qu’on peut admirer un joueur, quand on est entraîneur ? Zidane par exemple ?
Avec des joueurs de ce talent-là, il faut être impitoyable. Ils fédèrent autour d’eux. Ils ont une dimension qui fait que vous ne pouvez pas leur donner certaines libertés. Dans le jeu oui, mais pas dans la préparation. Nous sommes des metteurs en scène. Nous additionnons les talents. Ces grands joueurs sont les plus faciles à manœuvrer, ce sont les joueurs moyens qui posent plus de problèmes. Parce qu’ils croient être meilleurs qu’ils ne le sont en réalité.

À propos de la question de la stratégie, de la tactique de jeu, vous dites : « L’entraîneur est un équilibriste. »
C’est ce qui est difficile : l’équilibre de l’équipe. Équilibre sur la largeur et sur la profondeur. La construction d’une équipe, c’est la construction d’une maison. D’abord des fondations, la défense, ensuite la cuisine, c’est le mouvement, c’est le milieu de terrain, c’est la vie quotidienne. Puis il y a les attaquants, c’est le toit. Il y a des toits à deux pentes et des toits plats. Paradoxalement, quand je construis l’équipe, je commence par les attaquants. Des denrées rares. N’est pas attaquant qui veut. C’était mon rêve, j’avais commencé attaquant, je n’étais pas bon, j’ai fini milieu de terrain. Suivant le nombre d’attaquants dont vous disposez, vous construisez votre équipe. Je me rappelle avoir eu tous les problèmes possibles avec les attaquants de l’équipe de France. C’était dramatique, je me suis longtemps demandé qui allait être l’attaquant de cette équipe de France. J’étais limité. J’ai fait une équipe en fonction de mes possibilités.

Comment fabrique-t-on une équipe pour qu’elle joue bien ?
On part de la qualité des hommes. Les idées ne sont peut-être pas adaptables à ces hommes. Lorsque je prends l’équipe de France en 1993, je connaissais bien les joueurs, puisque j’étais adjoint de Gérard (Houllier, NDLR). On va jouer l’Italie, on me dit qu’il ne faut pas y aller parce qu’on va se faire exploser. Je demande à Marcel Desailly, milieu de terrain fantastique de l’AC Milan, de jouer libero. On n’a pas le choix. Je n’avais pas d’arrière droit. Je vais voir les entraînements de Monaco, je demande à Tigana de me rendre service et de faire jouer Tutu arrière droit. Si je veux que Zidane soit le maestro, il faut le sécuriser, trois hommes au milieu de terrain. Donc pour certains, je jouais défensif. Quel raisonnement idiot! Karembeu, Deschamps, Petit et voilà. Je voulais associer Zizou à Youri. Il ne fallait pas lui demander ce qu’il ne savait pas faire : « Reste dans la zone offensive, tourne autour de l’attaquant. » C’est l’utilisation des hommes qui compte. On articule tout ça. On fait une équipe où les gens sont heureux de jouer, où ils s’associent naturellement. Pendant deux ans, j’ai doublé tous les postes. Pendant les matchs amicaux, je ne me préoccupais pas de l’adversaire, mais de mon organisation. On a tout prévu.

Qu’est-ce qui peut changer quand ça se passe mal ?
On est au Parc des Princes (26 février 1997). Je cherche un autre milieu de terrain gauche contre les Pays-Bas. C’est Pierre Laigle, il est très bon. Mais on prend un but, le système prend l’eau. Je le sors au bout de 35 minutes. Je reviens sur mes idées. Injustement, je le sors, je me suis trompé. On repart et on gagne le match (2-1, buts de Pires et Loko). Il faut changer au bon moment, prendre des risques. C’est ça, le métier des entraîneurs. Il faut faire attention à la subtilité des mots. À partir de janvier 1998, je suis sûr de l’équipe que je mets en place pour le match d’inauguration. On est partis pour gagner la Coupe du monde, j’en suis sûr.

Le 12 juin, c’est France-Afrique du Sud à Marseille, le premier match.
C’est le match le plus dur, le plus tendu, le plus exigeant. Un fantastique moment de vie. Il faut annoncer les onze. Un onze que l’on a depuis longtemps dans la tête. Il faut faire passer les messages individuels, le message collectif. Il y a la peur d’avoir oublié quelque chose. C’est terrible, les détails. Il faut être au très haut niveau pour les gérer.


« Avant son but contre l’Afrique du Sud, il faut voir l’accueil que le public réserve à Dugarry. C’est là qu’on voit le manque de culture foot en France. »
Il y a un moment phare dans ce match : Stéphane Guivarc’h se blesse, et vous faites entrer Dugarry qui marque le premier but. Qu’est-ce qui se passe dans votre tête ?
On ne pense à rien. Uniquement à la gagne. Ce match est très dur, on arrive à Marseille, il y a du vent. C’est redoutable, je me dis « merde » . On va être obligé de se livrer, de se découvrir. Dans le couloir, les Africains se mettent à chanter tous ensemble. En réaction, les gars se soudent et c’est de là que part la chanson I Will Survive. Là, je suis sûr qu’il va se passer quelque chose de grand. On entre sur le terrain, et bam, premier coup dur, je me dis que je suis maudit. Stéphane Guivarc’h, sur lequel je misais beaucoup, que j’avais mis du temps à connaître, à bien sentir, se blesse. Je connais bien Dugarry, je le mets. Mais avant le but, il faut voir l’accueil que le public lui réserve. C’est là qu’on voit le manque de culture foot en France. On est des professionnels, on connaît la valeur des gens. C’est le départ de l’aventure. Un premier match réussi, ça veut dire que le reste va bien se passer.

Quel est le système de jeu de cette équipe de 1998 ?
Je n’ai jamais été un homme de système, mais plutôt d’animation du système. En partant de l’axe central : Lolo Blanc en libero, plaque tournante de l’équipe, associé à Desailly. Là, c’est fantastique. C’est une des grandes réussites de cette équipe de France. Un milieu solide et l’imagination des deux techniciens Youri et Zizou. Et on me dit qu’elle n’est pas offensive. Alors je me demande si je connais bien le football. Deux joueurs de cette qualité...

Un deuxième moment important, c’est Zidane qui sort, expulsé, contre l’Arabie saoudite, et vous ne lui adressez pas un regard. C’est un peu compréhensible.
On pense à l’équipe et pas à Zidane. Tant pis, il s’est éliminé. On perd notre meneur de jeu, celui sur qui on a tout misé. Je montre que c’est l’équipe qui est la plus importante. Je rassure, je parle avec Didier et Manu. Ce n’est pas une réaction de dédain vis-à-vis de Zidane. Je suis dans mon rôle, avec mon survêtement. J’ai peur que l’équipe s’inquiète, qu’elle déjoue. Donc j’interviens.

« Avec Albert Batteux, je découvre que l’on peut parler le football. On a des mots. Première causerie : Quatre heures. J’ai tout pompé sur lui. »
Lors du match contre l’Italie en quarts, vous n’avez pas réagi sur proposition des joueurs en plaçant trois récupérateurs ?
Je n’ai jamais été dans une telle situation. Mon équipe était bâtie sur trois milieux de terrain, c’était très naturel. C’est un match spécial, j’en ai huit qui jouent en Italie. Ils sont tellement présents, tellement motivés que c’est presque un des matchs les plus faciles que j’aie eu à gérer. Je n’ai aucun souci à me faire, les hommes sont là. On réalise sûrement l’une des plus belles mi-temps. L’équipe de France a surclassé l’Italie. Mais on n’a pas marqué. Terrible pour un entraîneur. Par la suite, les évènements nous ont donné raison. Tout est organisé jusqu’aux tirs au but. Youri me demande de ne pas tirer, car son pote est dans les buts. Je désigne les deux jeunes Henry et Trezeguet. On connaît la suite.

On arrive à la finale. France-Brésil, c’est le match parfait ?
Il y a un décalage avec ce que ressentent les acteurs. Ce que j’avais prédit s’est réalisé. Sur les coups de pied arrêtés, ils étaient un peu dilettantes, donc j’avais dit à Zidane d’en profiter. On est extrêmement conquérants pour ne pas se retrouver avec un Ronaldo qui aurait pu nous percuter. Tout se passe beaucoup mieux que prévu. Je garde une image terrible en tête : quand Ronaldo vient fusiller à bout portant Barthez, et que Fabien ne relâche pas le ballon. S’il le relâche, c’est but. À vingt minutes de la fin, 2-1 contre ces monstres, vous en pensez quoi ? En revanche, ils ont été très friables défensivement. Avec un peu plus d’adresse, on aurait pu corser l’addition. Mais ça ne nous intéressait pas. L’essentiel, c’était un but de plus qu’eux et d’être champions du monde.

Propos recueillis par Xavier de la Porte Extrait de l'entretien fleuve paru dans SO FOOT en 2007
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