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Adriano, crachat et Égypte : la folle histoire de Leo Macae

Il devait être l'héritier de Romário, celui que le Real et le Barça se disputeraient un jour. Au lieu de quoi, Leonardo Ferreira Coelho, alias Léo Macaé, sensation du mondial U17 en 1999, a embarqué dans une galère qui l'a vu confronté au racisme en Hongrie, vivoter dans les divisions inférieures brésiliennes et enchaîner les faux plans à l'étranger. Retour sur une carrière qui, faute d'atteindre les sommets espérés, s'est terminée avant l'heure, dans l'anonymat quasi complet.

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Christchurch, 17 novembre 1999. À la faveur de leur nul (0-0) face à leurs homologues allemands au Queen Elizabeth II Stadium, les U17 du Brésil compostent leur billet pour les quarts de finale de la Coupe du monde de leur catégorie, organisée en terres néo-zélandaises. Tenante du titre, la Seleção, emmenée notamment par les futurs Bordelais Henrique et Eduardo Costa, peut encore rêver à ce doublé inédit dont elle a privé le Ghana deux ans plus tôt en Égypte. Mais pour Carlos Cesar, il y a un hic : son Brésil ne domine pas son sujet.

Ce 0-0 est déjà son deuxième dans la compétition, après celui concédé face au Mali lors de la 2e journée. Là où elles avaient déjà inscrit treize buts en 1997, ses ouailles n’ont ainsi fait ficelle que deux fois, en ouverture face à l’Australie (2-1), finalement première du groupe. Le sélectionneur brésilien ne le sait pas encore, mais sur son banc, il est assis à côté de la solution aux maux offensifs de son équipe. Deux hommes cantonnés à un rôle de spectateurs lors de ce premier tour : Adriano Leite Ribeiro et surtout Leonardo Ferreira Coelho. Adriano et Leonardo pour les intimes.

Barbecues, empereur et trophée volé


« Je me souviens qu’Adriano m’avait dit qu’il arrêterait de jouer pour aller vivre de ses rentes à Vila Cruzeiro. Avec la prime de 10 000 réaux, il disait qu’il allait faire un barbecue dans son quartier pour ses amis, et moi en faire un à Macaé. »
Camarades de chambre, ces deux-là se prennent parfois à rêver dans leur piaule pendant que Souza et Leandro, leurs concurrents en attaque, bouffent la feuille sur le terrain. L’objet de leurs fantasmes ? La gloire, et l’argent qui va avec, à commencer par ces 10 000 reais (environ 2000 euros à l’époque) promis à chaque joueur en cas de victoire finale dans ce mondial. « Un jour, nous discutions dans la chambre avec Adriano, et nous nous demandions ce qu’on ferait si un jour on gagnait un million de réaux, rembobine Leonardo. Je me souviens qu’Adriano m’avait dit qu’il arrêterait de jouer pour aller vivre de ses rentes à Vila Cruzeiro. Avec la prime de 10 000 réaux, il disait qu’il allait faire un barbecue dans son quartier pour ses amis, et moi en faire un à Macaé. » Nul ne sait ce qu’Adriano a fait de son premier million. Peut-être l’a-t-il claqué en soirées. Ce qui est certain, c’est que celui qui est devenu l’Imperatore en Italie sous le maillot de l’Inter n’a pas retrouvé sa favela natale dès lors que son compte en banque a affiché sept chiffres, mais au printemps 2009, quand son spleen était devenu trop grand pour poursuivre sa carrière en Europe.


Plus connu aujourd’hui au pays sous le blase de Léo Macaé, Leonardo ne dit pas ce qu’il ferait avec un million de réaux. A priori, la question ne s’est pas posée : la sienne, de carrière, s’est écrite bien loin de la Serie A et des championnats européens. Bien loin, donc, des folles promesses nées de ce mondial U17 dont il a tout bonnement survolé la deuxième phase, huit mois après avoir, à pas encore seize ans, déjà marqué de son sceau (4 buts) et remporté le championnat d’Amérique du Sud de la catégorie en Uruguay. Propulsé titulaire en quarts de finale face au Paraguay, que les jeunes brésiliens ont éclaté (5-0) en mars en finale du Campeonato Sudamericano, Leonardo remercie Carlos Cesar en plantant un triplé qui élimine presque à lui seul les Guaranís (4-1), avant d’inscrire un nouveau pion en demies face au Ghana (2-2, 4-2 TAB). Muet en finale face à l’Australie (0-0, 8-7 TAB), où il convertit tout de même son tir au but, le numéro 16 auriverde repart, outre la médaille d’or, avec le soulier de bronze du tournoi sous le bras. La relique ne verra pas le Brésil : l’attaquant se la fait chourer alors qu’il est aux toilettes de l’aéroport. Pas grave, le gamin en ramènera d’autres, et sans doute de plus prestigieuses, se dit-on au pays. À tort.

Vidéo

Romário, conflit juridique et skinheads


« Ce sont mes meilleurs souvenirs, estime aujourd’hui le natif de Macaé, ville de 224 000 âmes située au nord-est de l’État de Rio, au bord de l’Atlantique. La seule explication que je puisse donner à mes performances, c’est : beaucoup de travail, beaucoup de dévouement, et avant tout beaucoup de confiance dans mon potentiel. »
« Quand l'agent de De La Peña est allé négocier avec le Vasco, ils lui ont dit que je ne partirais pas, que j’étais le successeur de Romário. J’ai loupé beaucoup d’opportunités comme ça, le club ne voulait pas me lâcher. »
Auteur en 1997 de 118 pions avec les jeunes du Vasco da Gama, record effacé depuis des tablettes par un certain Philippe Coutinho (passé par le club carioca entre 1999 et 2010), Léo n’est pas le seul à croire en ses possibilités. Conscient de tenir un crack, son club, où il est arrivé à l’âge de 12 ans, l’intègre au groupe pro dès 2000, année où il effectue à 17 berges ses débuts à la pointe de l’attaque du Vascão aux côtés de Romário, à qui certains le comparent. Le souci, c’est que le club ne fait pas que croire en sa pépite : il la retient contre vents et marées, en dépit d’intérêts français, italiens et allemands. L’agent d’Iván de la Peña, alors au FC Barcelone, pointe lui aussi le bout de son nez, persuadé de pouvoir le placer au Real ou au Barça. Sans davantage de succès : « Quand il est allé négocier avec le Vasco, ils lui ont dit que je ne partirais pas, que j’étais le successeur de Romário. J’ai loupé beaucoup d’opportunités comme ça, le club ne voulait pas me lâcher. Mais je pense que mon plus grand tort a été de davantage penser au club qu’à moi-même, parce que je suis Vascaíno et que j’étais reconnaissant. »



En 2003, sa carrière tardant à décoller et ses relations avec sa direction se dégradant, Léo Macaé prend la direction en prêt de l’America FC, club basé à Tijuca, un quartier de Rio, abonné à la deuxième division brésilienne, puis de Figueirense, promu deux ans plus tôt en Serie A. À son retour dans la Cidade Maravilhosa (la Cité merveilleuse, en VF), en conflit juridique avec son club formateur pour recouvrer sa liberté, il reste plus de six mois sans jouer. À l’été 2004, Léo Macaé est enfin libre, et encore jeune (21 ans). Mais trop peu coté sur le marché pour espérer mieux que Debrecen. Sauf qu’en Hongrie, le Brésilien n’est pas vraiment le bienvenu, ce que les supporters locaux ne manquent jamais de lui rappeler. Aux insultes et doigts levés, les ultras hongrois joignent une banderole, régulièrement déployée dans le parcage. Sur celle-ci, un message on ne peut plus clair : « Leonardo, va-t’en, nous ne voulons pas de toi ici. » « Je ne comprenais pas, jusqu’à ce que le président m’explique que j’étais le premier joueur de couleur à jouer pour le club, et que le kop était en partie composé de skinheads. » Un jour, alors qu’il salue le public à la fin d’un match, le Carioca reçoit un crachat et dégoupille, balançant sa bouteille d’eau à la tronche de son auteur. Le point de non-retour est atteint.


Faux plans, cafards et complétude


Sitôt le titre de champion de Hongrie dans la poche, Léo se tire à l’été 2005 en Suède, aux Landskrona BoIS, club dont le palmarès n’affiche qu’une malheureuse coupe nationale, en 1972. Tandis qu’Adriano se goinfre en Italie, son ancien camarade de chambrée se fait voler son fric par l’agent qui l’a amené en Scanie. L’expérience suédoise tourne court. Dépité, l’ex-futur Romário rentre au Brésil, et prend une licence au Corinthians Alagoano, en cinquième division brésilienne. Durant plus d’un an, le gamin de Macaé retourne toutes les défenses de l’Alagoas, État situé au nord-est du Brésil. Ce qui ressemblait fort à une retraite se transforme en parenthèse : en 2007, le Vitória Setúbal lui offre une deuxième chance en Europe. Avec le club portugais, 14e du championnat cette saison-là, le Brésilien remporte la Coupe de la Ligue. Mais sa saison moyenne ne convainc pas ses dirigeants de renouveler son bail dans la ville natale de José Mourinho, jumelée par ailleurs avec... Debrecen. Bénéficiant d’une belle proposition en Corée du Sud, il met le cap à l’est. Mais rebrousse chemin dès son arrivée au Pays des matins calmes où rien, du club au contrat, ne correspond au projet qui lui a été vendu. Leonardo Ferreira Coelho a 26 ans, et il n’est pas au bout de ses peines. Revenu au Brésil, où il traîne durant deux ans ses guêtres dans les divisions inférieures, le Macaense reçoit, dix ans après son mondial XXL, une proposition d’essai en Égypte.

Credits : Arquivo Pessoal


« On était dans une maison où la plupart des gens ne resteraient pas plus d’une demi-heure. Il y avait des cafards dans le frigo, on ne mangeait qu’un repas par jour, et on n’avait qu’un lit simple pour deux. Il m’arrivait de passer la nuit à pleurer dans la rue. »
« Une fois sur place, j’ai découvert que je m’étais fait rouler par l’agent qui m’avait proposé le plan. Comme je n’avais pas d’argent pour payer mon séjour, que l’agent s’était engagé à prendre en charge, je me suis fait confisquer mon passeport à l’auberge où je dormais. Sans argent ni solution, j’ai squatté chez un ami africain qui était dans la même situation. On était dans une maison où la plupart des gens ne resteraient pas plus d’une demi-heure. Il y avait des cafards dans le frigo, on ne mangeait qu’un repas par jour, et on n’avait qu’un lit simple pour deux. Il m’arrivait de passer la nuit à pleurer dans la rue. » Le calvaire durera un mois et vingt jours, jusqu’à cette rencontre avec un compatriote brésilien, lui aussi footballeur, dont l’agent lui trouve une porte de sortie à Oman, à Al-Suwaiq. Le dernier baroud d’honneur de Léo Macaé, pour qui la décision est déjà prise à son arrivée dans la Péninsule arabique. Sacré champion d’Oman et meilleur buteur du championnat avec 15 buts, il tire fin 2010 un trait sur le football de haut niveau. À 28 ans. Sans regrets. « Je suis heureux de tout ce que j’ai réalisé dans le football, assure celui qui reste une légende locale à Macaé, où il est aujourd’hui technicien en sécurité du travail et tâte encore le cuir. J’ai joué avec de grands joueurs comme Romário, Juninho Pernambucano, Juninho Paulista, Adriano ou Edmundo, j’ai vu du pays... je suis très reconnaissant envers le football, pour tout ce qu’il m’a apporté. Je ne suis ni frustré, ni malheureux, je me sens juste accompli. Et j’ai une épouse merveilleuse. » Le genre de choses qu’un million de réaux ne suffit pas toujours à offrir.

Par Simon Butel Propos de Léo Macaé recueillis par SB
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