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Adil aux merveilles

Titularisé mardi soir contre l'Uruguay, Adil Rami a rendu une copie quasi parfaite à Didier Deschamps, mais a aussi probablement avalé son dernier shot international. À 32 ans, le défenseur de l'OM devrait enfin croquer dans une retraite internationale méritée et ouvrir les vannes d'un réservoir qui dégueule à son poste. Pour autant, il ne faudra jamais l'oublier.

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À 22h40 mardi soir, Antoine Griezmann a décidé qu’il était l’heure pour lui de lever les bras au ciel : alerte, quelqu’un n’a pas respecté le jeu et surtout le sens du jeu. Sur le bord de la touche, Didier Deschamps, lui, a explosé intérieurement. « Sur une action comme ça, ça n’a pas lieu d’être » , glissera après la rencontre le sélectionneur des Bleus. Sa cible ? Adil Rami, trente-deux ans, trente-six capes internationales dans le sac, titularisé pour la première fois en équipe de France depuis le mois de juin. Pour le défenseur de l’OM, la réception de l’Uruguay était d’abord l’occasion de retrouver Mamadou Sakho, un type aux côtés de qui il n’avait plus été aligné depuis plus de cinq ans et une leçon reçue face au Brésil, à Porto Alegre. Ce qu’il en a fait : une soirée réussie, où Rami a tenu avec autorité Luis Suárez, mais où il aura également fait flipper son monde en tentant une talonnade incroyable à la 81e minute au moment de réaliser une passe simple pour Hugo Lloris, le tout quelques secondes seulement après une roulette de Ferland Mendy sur Giorgian De Arrascaeta. Sans conséquence : oublions.

Porteur « d'ondes positives »


Au fond, l’action est parfaite au moment de résumer les huit ans de vie tricolore d’un joueur qui se balade depuis l’été avec la mention « homme de vestiaire » scotchée sur la tronche : un mélange d’audace, de folie, d’insouciance, d’un destin tenu par un fil fin. Depuis quelques mois, Adil Rami est devenu le levier interne de Deschamps, le mec qui sert à lier les générations, à mettre l’ambiance, qu’on peut également envoyer pour noyer le poisson avant un quart de finale de Coupe du monde. Souvenons-nous de sa visite à Istra, début juillet, lors de laquelle Rami avait affiché sa banane avant d’éteindre son rôle de G.O. face à un journaliste présent : « Tu me prends pour un clown, c’est ça ? » L’intéressé sait que, pour lui, tout n’a pas toujours été linéaire, qu’il n’a jamais eu les qualités techniques d’un Mbappé qui « joue sur le terrain comme dans FIFA, clic droit et hop, accélération » et que Didier Deschamps l’a aussi (surtout ?) emmené en Russie pour « apporter des ondes positives » . Ce qu’il a fait, en grand et sous de multiples formes, on connaît l’histoire. Mais où est le joueur Rami dans tout ça ? Que reste-t-il du mec qui avait aidé la défense des Bleus à ne concéder que deux tirs cadrés lors du premier tour de l’Euro 2016 avant de disparaître au profit de Samuel Umtiti en bout de tournoi ? N’est-il qu’un vieux souvenir ? À plus de trente piges et un peu moins de 500 matchs professionnels dans les pattes, Rami avouait au printemps dernier devoir encore « progresser » . Étrange.


Le déçu et la justice


Une certitude dans la courbe d’évolution d’Adil Rami : il y a eu changement. Lors de l’Euro 2016, alors qu’il appartenait au FC Séville, club avec lequel il venait de remporter la Ligue Europa et de disputer une finale de Coupe du Roi face au Barça, l’ancien défenseur du LOSC se méfiait. Sur ses performances, il disait seulement : « J’ai fait mon taf. J’essaie d’être plus régulier, voilà ce que je pense de moi. » Et sur Deschamps, coupable de l’avoir écarté dans un premier temps de sa liste de vingt-trois, il s’était acharné : « Quand il dit qu’il privilégie le groupe plutôt qu’autre chose, alors il insinue que je ne suis pas un bon garçon ou alors que je suis un voyou. Quand on parle avec de vrais connaisseurs, j’ai de quoi être déçu. C’est quand même Deschamps qui m’a conseillé de signer à Séville pour que je reste sélectionnable. » Brûlant et pas simple à gérer pour Didier Deschamps, qui a accepté malgré tout de tendre la main (une rareté) au bonhomme. Parce que le sélectionneur savait déjà à l’époque que, dans le circuit, Adil Rami est un diamant : il fonce sur des routes où les autres refusent de s’avancer. Ainsi, il peut servir à double titre : pour donner de la matière aux médias, mais aussi pour servir d’exemple. Car c’est ce qu’est avant toute chose Rami. C’est ce que son parcours raconte, d’une vie d’employé municipal à Fréjus, où il aura notamment nettoyé des graffitis, à champion de France, avant de finir à Valence, à l'AC Milan, en finale de Ligue Europa et même champion du monde, rien que ça.


Un jour, Claude Puel en a parlé dans L’Équipe : « Ces incidents de parcours, je trouve que ça correspond à l’homme, qui vit, qui bouge, qui a du mal à avoir une certaine régularité, mais qui, à chaque fois qu’il a dû faire face à des difficultés, a su relever le défi. Il fait preuve d’un caractère exceptionnel. » Enterrer Rami est devenu impossible : à chaque fois, il renaît. En Russie, il n’aura pas disputé la moindre minute. Il a avoué mardi soir s’en « battre les couilles » . Au fond, il a eu son rôle, l’a tenu, est convaincu être porté par « une bonne étoile » et s’est retrouvé en judoka sur un plateau télé avec Teddy Riner. Pas mal. Le France-Uruguay avait donc un intérêt majeur pour lui : après qu’il a annoncé sa retraite internationale dans la foulée de la finale, Deschamps a voulu lui apporter une sortie de scène de joueur. Adil Rami la tient et cela prouve qu’il existe une forme de justice. Demain, le train bleu partira sûrement sans lui, le réservoir français à son poste (Laporte, Lenglet, Diallo...) ne cessant de se remplir. Il restera alors un souvenir, une moustache, mais aussi une talonnade. Cette talonnade dont il se fiche sûrement pas mal : une fermeture de boucle à son image. Bluffante.



Par Maxime Brigand
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