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Adam, vénézuélien, volontaire à Porto Alegre

Quand on vient du Venezuela, la Coupe du monde ça se passe toujours à la télé. Alors à défaut d'y soutenir un jour leur sélection, certains Vénézuéliens ont décidé de vivre le Mondial à leur façon. Comme Adam, le volontaire polyglotte.

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C'est la veille de France-Honduras, et il pleut des cordes sur Porto Alegre. Journalistes et supporters s'approchent du Beira-Rio, où Didier Deschamps et Luis Fernando Suárez donnent la conférence de presse d'avant-match. Pour guider jusqu'à l'entrée du stade, un petit bonhomme en tee-shirt bleu reçoit, un parapluie à la main. Vénézuélien, Adam est, comme sa sœur, basée à Rio, l'un des milliers de volontaires sur lesquels s'appuie la FIFA pour l'organisation de ce Mondial brésilien. « Le foot, c'est toute ma vie. Cette Coupe du monde sur notre continent, c'était une unique occasion de vivre ça de l'intérieur. Pour être sélectionné, j'ai rempli un formulaire, passé une interview de 30 minutes sur Skype et réussi un test en ligne  » , sourit-il comme un enfant.

Dans et autour des stades et des camps d'entraînement, les volontaires pullulent. « La majorité sont jeunes et d'Amérique du Sud, même si ici on travaille aussi avec des gens de Malaisie, de Russie, de Pologne, d'Inde et de Namibie. » Les langues communément parlées sont l'anglais, le portugais et l'espagnol. Adam, lui, s'exprime dans un français parfait. Il y a deux ans, il touchait une bourse et réalisait un échange universitaire en France. À Vannes. « La meilleure année de ma vie. Là-bas, j'ai pu jouer toute la saison à l'AS Ménimur. La France, j'y étais déjà allé en 2006. J'avais gagné deux places pour la finale de la Ligue des champions au stade de France, sur le site de l'UEFA » , jubile-t-il. Au plus proche de l'événement, ce fan du Deportivo Táchira s'émerveille de tout. « Le Venezuela n'ayant jamais disputé de Mondial, je m'identifie depuis tout petit à la sélection brésilienne. Être là, chez elle, c'est fou ! »

« On m'a proposé jusqu'à 350 dollars pour mon tee-shirt »


Le rythme est intense. Dix heures de boulot par jour, avec une petite heure pour manger. Logés chez l'habitant, les volontaires ont droit à un ticket pour retirer trois bouteilles d'eau par jour. Strict, mais Adam ne critiquerait la FIFA pour rien au monde. « Le matin, on a droit à du café et des fruits. Et les jours de match, à un sac de bouffe pour manger pendant le travail. » Deux événements auront marqué « [son] Mondial » . Le match de l'Argentine contre le Nigeria, d'abord. « Les Argentins étaient désespérés pour pouvoir entrer. Ils me demandaient tous si j'avais des places ou un moyen de les faire passer contre de l'argent. On m'a proposé jusqu'à 350 dollars pour mon tee-shirt. » Celui entre l'Allemagne et l'Algérie, ensuite. « Il pleuvait ce jour-là. À la fin du match, un de nos chefs m'amène un parapluie. Je le remercie et lui réponds que je n'en ai pas besoin. Il me dit : "Ce n'est pas pour toi, mais pour les joueurs." Je n'en croyais pas mes yeux. J'ai raccompagné Götze, Lahm, Özil, Kroos, Podolski et Halilhodžić jusqu'à leur bus ! »

Par Léo Ruiz à Porto Alegre
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