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Abdoulaye Doucouré : « Petit, j'excellais en français et histoire-géo »

Titulaire régulier à Rennes depuis trois ans, Abdoulaye Doucouré aurait pu partir en Premier League cet été. Mais le milieu franco-malien a préféré continuer de s'aguerrir en Ligue 1 plutôt que de palper des livres sterling. Entretien avec un mec de 23 ans, ancien délégué de classe, et ancien du conseil municipal des jeunes des Mureaux.

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Gamin, paraît que tu faisais de la politique...
Tout à fait (rires). On était pas mal d'élèves à se présenter et se faire élire comme conseillers municipaux des enfants aux Mureaux (dans les Yvelines, ndlr). On avait des réunions avec le maire et on proposait des idées pour le quartier. J'avais réussi à faire construire un terrain de foot dans mon quartier alors qu'on n'en avait pas. À la base, je suis quelqu'un qui aime parler avec les gens. Dans mon école, j'étais un petit leader, alors ce rôle me permettait d'aller au front. Je n'avais pas peur d'aller voir les grandes personnes pour leur exposer des problèmes. Et vu que j'adorais le foot, ma première idée a été de faire construire un terrain. Cela n'avait pas été dur à faire passer, on avait dû simplement monter un projet qui expliquait pourquoi il fallait un terrain à cet endroit. L'année suivante, c'était fait. C'est un petit terrain de five en synthétique, c'est nickel. Avant, on jouait dans l'herbe, avec des T-shirts pour faire les buts. Ce n'était pas top.

Tu étais du genre à te présenter pour être délégué de classe ?
Ouais, c'était un peu ça. Je ne voulais pas forcément me présenter, mais à chaque fois, les autres me désignaient, car j'avais un peu d'aura. Je me débrouillais pas mal dans ces rôles-là. Pour le rôle de conseiller municipal, c'est pareil, on m'a poussé pour que j'ai le courage d'y aller.

En général, c'est pour les bons élèves, c'était ton cas ?
Oui, j'étais plutôt un bon élève. Et de manière générale, je suis très curieux, j'aime bien m'intéresser à tout, poser des questions, savoir le pourquoi du comment. Et il y avait des matières où j'excellais, comme en français ou en histoire-géographie. J'étais à l'aise et je continue à m'intéresser à des sujets de sciences humaines.

C'est vrai que tes parents n'étaient pas chauds pour te laisser faire du foot au départ ?
Oui. Il y avait une route à traverser entre chez moi et le stade, et mes parents ne voulaient pas que je la traverse tout seul. Au départ, c'est ça qui coinçait. Puis un grand du quartier est venu militer chez moi en disant que j'avais du talent, qu'il fallait me laisser jouer et que quelqu'un du quartier m'accompagnerait. À partir de là, mes parents m'ont autorisé ; avec mes frères et sœurs, on a pu s'inscrire. J'avais 10-11 ans pour ma première licence, j'ai rapidement été l'un des meilleurs joueurs du club, j'ai même été surclassé.

Quand tu as commencé et monté les échelons aux Mureaux, tu as été recalé à l'INF Clairefontaine...
Comme quoi on peut échouer dans une sélection, mais néanmoins terminer en pro. Cet échec-là n'était pas grave. Cela m'a fait mal sur le moment, mais je savais que Rennes me suivait et que j'aurais ma chance dans un autre club. Cela m'a encore plus motivé. C'était un premier échec, mais je savais que le plus important était d'intégrer un club. On ne m'a pas trop dit pourquoi l'INF Clairefontaine m'a refusé, c'était au dernier stade des sélections et ils ont préféré prendre d'autres joueurs. De cette promotion, peu sont devenus pros, il y a Alphonse Areola et Jérôme Roussillon qui ont réussi.

Comme quoi un échec peut être bénéfique pour faire carrière...
Cela m'a un peu renforcé, car Clairefontaine, c'était un but. Je sortais d'un petit club, c'était l'occasion de me montrer. L'échec en lui-même est dur à encaisser, mais vu que beaucoup de clubs ensuite m'ont proposé des essais, je peux dire que cela m'a servi.

Tu es originaire de la région parisienne, le PSG s'était intéressé à toi ?

Non, il y avait Rennes, Monaco ou encore Le Havre. Je ne peux pas dire que le PSG me faisait rêver. En jeunes, je n'y pensais pas. Quand on jouait contre eux, parfois on gagnait, donc je n'avais pas forcément conscience de la différence. Et puis ce n'était pas le PSG d'aujourd'hui. Ce club fait rêver, mais quand j'étais en jeunes, je n'y pensais pas vraiment.

« C'est ce que je recommande à tous les joueurs qui ont une longue blessure : s'évader du foot. » Abdoulaye Doucouré

À Rennes, tu aurais été « recommandé » par un professeur de ton collège ?
Oui, Mickaël Pellen, qui entraîne aujourd'hui les U19 à Brest. Il était recruteur au Stade rennais et professeur d'EPS au collège des Mureaux. Il a milité pour ma venue à Rennes, car il me connaissait bien. Je reste en très bons termes avec lui. C'est grâce à lui que je suis dans ce club.

Quitter les Mureaux pour aller vivre tout seul à Rennes, c'était comment ?
Un peu difficile, mais après, j'avais 2-3 potes comme Dimitri Foulquier et Axel N'Gando. Cela m'a facilité la vie, car on était tous les trois dans le même cas. On a passé de superbes années ensemble et on est toujours proches aujourd'hui. Ce n'était pas évident, mais je savais pourquoi j'étais en formation. Le but était de signer pro, donc il y avait des efforts à faire.

Durant ta formation, tu as vécu une rupture des ligaments croisés en 2011. Rien n'a été facile pour toi...
Le genou gauche, comme en 2013. C'était en fin de formation, je n'avais pas encore signé pro, mais je devais le faire. Heureusement que le club m'a quand même fait signer mon contrat, cela m'a rassuré. Le club avait proposé le contrat et je me suis blessé avant de signer, mais il ne s'est pas rétracté. Je me suis dit que ce n'était qu'un coup d'arrêt qui arrivait à pas mal de joueurs et qu'il fallait bien travailler pour se relever. Grâce à la signature du contrat, je n'ai pas eu la peur de manquer une carrière pro. Après, si on regarde le recalage à Clairefontaine et cette blessure, c'est clair que mon parcours n'est pas simple. Je le répète souvent, mais tout ce que j'ai aujourd'hui, je suis allé le chercher, personne ne m'a facilité la tâche. Mais aujourd'hui, je suis fier d'avoir rebondi après ces échecs et d'être en Ligue 1.

Deux ans plus tard, tu t'es encore pété les croisés du genou gauche...
Cela met un peu de doute sur une éventuelle fragilité physique. On se demande pourquoi cela nous arrive à nous... Je suis croyant, donc le destin, bon ou mauvais, je prends et j'avance. C'était dur, car c'était mes premiers matchs en pro, mais ma foi m'a permis de me relever. J'avais faim de matchs, cela a coupé mon élan, mais quand je regarde avec du recul, cela m'a renforcé. Aujourd'hui, je fais attention à tout pour pas que cela se reproduise.

Comment tu avais géré au niveau mental, mais aussi au niveau de l'occupation du temps ?
Je me suis un peu évadé. Je ne suis pas resté à Rennes pour me soigner, je suis plutôt allé à Capbreton, à l'INF Clairefontaine. Je me suis aussi reposé chez moi, en famille, cela m'a fait du bien. C'est ce que je recommande à tous les joueurs qui ont une longue blessure : s'évader du foot. Cela m'a permis de tenir, car rester au club, voir les autres s'entraîner alors que pour moi, c'était déjà la seconde fois, ce n'était pas possible. Je me suis aéré l'esprit, j'ai travaillé sur moi-même, appris des choses, je me suis ouvert sur le monde. Aujourd'hui, cela me sert. Quand on ne peut pas travailler le sportif, autant travailler l'humain. Cela m'a permis de passer plus de temps avec ma famille, de me rapprocher d'eux. J'ai aussi fait de belles rencontres, notamment avec mon préparateur physique.

Sans cette blessure, tu aurais remporté le Mondial U20 2013 avec Pogba and co...
J'y pense parfois. Au départ, j'étais dans la liste, mais Mario Lemina m'a remplacé quand je me suis blessé. Sur le coup, cela m'a fait mal, car une Coupe du monde, c'est important, et je savais que cette génération pouvait gagner. J'aurais aimé être avec eux, mais ma première préoccupation était de revenir et de rejouer en Ligue 1. Il vaut mieux manquer une Coupe du monde U20 qu'une Coupe du monde senior.

Depuis, tu t'es bien remis, tu es devenu un titulaire régulier à Rennes, tu as goûté aux Espoirs...
Je suis content d'avoir bien géré cette deuxième grosse blessure, même si cela n'a pas été facile tous les jours. J'ai fait un bon parcours, je joue régulièrement, c'est ma troisième saison pleine. Donc je suis content de la situation.

« Tant que je sens que j'ai une chance en équipe de France, c'est ma priorité. Mais c'est dans mon secteur de jeu qu'il y a le plus de concurrence. » Abdoulaye Doucouré

Cet été, tu as été approché par un club de Premier League, Watford. Toi dont on dit que tu as un profil de joueur box to box, jouer en Premier League, c'est inscrit dans ton plan de carrière ?
C'est sûr que cela m'attire. Watford a proposé une belle somme, et j'ai pesé le pour et le contre avant de décider de rester une saison de plus. C'est vrai que l'Angleterre attire pas mal de joueurs et c'est idéal pour ceux comme moi qui aiment à la fois attaquer et défendre. J'aimerais intégrer ce championnat, pourquoi pas dans un plus gros club.

Tottenham ou Arsenal seraient venus...
(Rires) Là, c'est clair, cela aurait été réglé rapidement.

À défaut d'Abdoulaye Doucouré, Watford a pris Étienne Capoue. Cela t'impressionne qu'un promu anglais puisse recruter des joueurs de ce calibre ?
C'est clair. Ils ont pris Étienne à 10 millions d'euros, je crois. Tous ces clubs sont ambitieux, mais pour moi, c'était un choix stratégique de rester à Rennes. Je pensais progresser plus en restant un an de plus ici. À 23 ans, le financier n'est vraiment pas ma priorité. Les sommes de Watford étaient belles, mais je préfère privilégier le sportif dans ma carrière.

Récemment, dans Le Télégramme, tu as évoqué ta polyvalence et le fait qu'on ne t'ait pas fixé à un poste. Dans quel rôle tu te sens le mieux ?
Je pense que je suis meilleur en milieu relayeur, même si tout dépend du système mis en place. Quand il y a une pointe basse dans le milieu, j'aime bien être un peu plus haut, comme Blaise Matuidi au PSG. C'est vraiment ce poste-là qui me met à l'aise. Le plus difficile quand on bouge beaucoup, c'est de sortir d'un match où se sent bien et se retrouver le match d'après dans un nouveau poste. C'est ça le plus dur à gérer, mais en même temps, je n'ai pas été si trimbalé que cela, je suis resté au milieu de terrain, même si, parfois, j'ai joué numéro 10. Le plus frustrant, c'est de se sentir limité parce que l'on n'est pas à son poste de prédilection. Mais le plus important, cela reste de jouer, donc je ne me plains pas. Peu importe le poste, je veux jouer.

Tu as des modèles ?
J'ai toujours aimé Abou Diaby et Lassana Diarra. Depuis qu'il a joué en Angleterre et au Real, je le suis. Il y a aussi Yaya Touré. Que des mecs qui ont travaillé dur. Pour atteindre leur niveau, il faut bosser dur.

On a tendance à oublier que tu n'as que 23 ans, ton anniversaire est le 1er janvier. Toi qui as la double nationalité franco-malienne, tu rêves des Bleus ou du Mali ?
Le rêve, c'est l'équipe de France, mais les places sont difficiles à prendre. Le Mali me suit, donc le choix va peut-être devoir être fait dans quelque temps. Pour l'instant, je n'y pense pas. Tant que je sens que j'ai une chance en équipe de France, c'est ma priorité. Mais dans mon secteur de jeu, c'est là où il y a le plus de concurrence. Pour l'Euro, c'est compliqué. Pour après, peut-être que des places se libéreront. Il faut prendre du temps, car le choix est irréversible.

Dans Le Télégramme toujours, tu es revenu sur les attentats du 13 novembre en précisant que tu étais musulman...
C'est sûr qu'on est indirectement pénalisés, même si tout le monde peut voir que leurs actions n'ont rien à voir avec l'islam. On est tous en colère, ce qu'ils ont fait est horrible. Ils ont tué des musulmans et des non-musulmans, sans distinction. Ils ont attaqué la France, notre pays, donc on est tous touchés. J'espère que les différents États vont réussir à les arrêter.

Propos recueillis par Nicolas Jucha
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