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90 minutes de battements

Ce mercredi sort en salles le film 120 battements par minute, qui relate les actions de militants d’Act Up-Paris au début des années 1990, quand le sida tuait presque dans l’indifférence générale. Et à l’époque, le football n’était pas épargné. Et ne réagissait pas forcément non plus, contrairement à aujourd’hui.

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« À part quelque cas, on ne peut pas vraiment dire que c’est un vrai sujet. Il y a de rares sportifs connus qui ont révélé leur séropositivité, mais c’est un peu tout » , affirme-t-on du côté d’Act Up-Paris. Autant dire qu’au début des années 1990, le monde du foot semble aussi indifférent que la société à ce virus qui sévit depuis dix ans. Pas étonnant dans un milieu où l’homosexualité reste très taboue. Certains préfèraient même « utiliser » cette maladie. Récemment, Bernard Tapie expliquait au Monde comment il avait rusé pour recruter Abedi Pelé. En 1987, l’ancien président de l’Olympique de Marseille fait croire que le Ghanéen est séropositif pour que Monaco le rejette et qu’il puisse le recruter. Une anecdote consternante qui montre bien que VIH et football ne font pas bon ménage.

Vis mon VIH


Job Komol peut en témoigner. Alors joueur du Vitesse Arnhem, sa licence est suspendue en 2000, après qu’un test révèle sa séropositivité. Des recherches montreront pourtant que le risque de transmission pendant un match était de moins de 0,1% dans son cas. Deux ans plus tard, Anthony Joseph Isibor connaît la même mésaventure. Le Nigérian, aujourd’hui décédé, est renvoyé du FC Zurich sans autre forme de procès, car les médecins du club ont découvert qu’il était atteint du VIH. Le club suisse devra finalement verser 315 000 francs suisses à la famille pour ce licenciement.

Alors, joue-t-on vraiment moins bien au football en étant séropositif ? Jean-Paul Escande, spécialiste du VIH et de la médecine du sport, fut l’un des premiers médecins à suivre, au début des années 1980, des sportifs séropositifs. Interrogé par une radio dédiée aux séropositifs, le médecin rappelle d’emblée que la contagion dans la pratique du sport reste très rare et note aussi « un recul dans l’excès » . « Sur les terrains de football, on ne voit plus des médecins avec des gants qui vont sortir un blessé qui saigne. Ces mesures de précaution et d’hygiène ont reculé, parce que les médecins qui arrivaient avec des gants, ça créait de la panique, explique-t-il. Alors qu’on sait très bien que ce n’est pas comme ça que ça se passe. » Quant à l'aspect sportif, Jean-Paul Escande reconnaît qu’une fois malade, un champion ne sera plus le champion qu’il a été et que, sous trithérapie, un gardien de but par exemple arrêtera moins de ballons à cause de la fatigue et de la diminution des réflexes. En revanche, la séropositivité n’empêche pas de jouer à un bon niveau. « C’est très simple. Les très bons joueurs, ils ont un minimum de déchet dans leur jeu. Alors, avec la maladie, si leur pourcentage de déchet augmente, ça se voit comme le nez au milieu de la figure. Vous imaginez Zidane loupant six contrôles dans une partie ? Tout le monde va dire qu’il a été nul. Maintenant, vous prenez un joueur qui joue bien en deuxième ou troisième division par exemple, qui est bon, il loupe six contrôles durant une partie. S’il en loupe huit, ça passera inaperçu. »

« Le sida ne faisait aucune distinction »


Aujourd’hui, le sida tue deux fois moins qu’il y a dix ans. Cela n’empêche pas le football de s’engager davantage pour cette cause. En première ligne, l’UNICEF qui s’est associé à la FIFA pour faire de la prévention auprès des jeunes grâce au football. Brochures, pochettes d’information, discussions ou autres animations éducatives sont proposées à la mi-temps de certains matchs. Les actions sont surtout menées dans les pays en développement, plus touchés par le virus. En 2002, Ethan Zohn, joueur professionnel au Zimbabwe, constate les ravages du sida dans cette région et la popularité toujours croissante du football. Avec d’autres joueurs, il fonde Grassroot Soccer, toujours dans le but d’éduquer les jeunes footballeurs.


« Le sida ne faisait aucune distinction. Tout le monde était touché à l’époque, y compris la communauté footballistique. J’ai perdu plusieurs coéquipiers. Les gens mouraient, tout le monde savait pourquoi, mais personne ne faisait rien. C’est pour ça qu’on a lancé Grassroot Soccer » , raconte Ethan. Depuis, l’association a fait des partenariats avec la fondation Bill Gates, l’Elton John AIDS Association, et s’est même vu confier la gestion du premier Centre Football for Hope lancé par la FIFA à Johannesburg. « Le vrai problème pour nous était de rendre accessible l’information aux jeunes et le faire de manière ludique. Nous avions ce merveilleux outil qu’est le football et nous voulions utiliser ces jeux qu’on utilise pour apprendre le foot afin d'aider les jeunes à parler des problèmes sexuels, du VIH et du sida » , explique Ethan. Aujourd’hui, plus de deux millions d’enfants participent aux programmes proposés par l’association, et son co-fondateur tient à rappeler que de nouveaux partenariats sont toujours les bienvenus.

Football Fighting Back Against HIV


De l’autre côté de la Manche, le club de Brighton and Hove Albion, aujourd’hui en Premier League, est lui aussi investi dans la prévention. Il faut dire que la communauté LGBT de ces deux villes est une des plus importantes du Royaume-Uni. Une statistique qui fait du club une cible facile pour les insultes homophobes. Et dans ce genre de dérapage, le sida n’est jamais loin. « Vous êtes d’une ville pleine de gays et on espère que vous mourrez tous du sida » , avaient chanté des adversaires du club alors en Championship. Une branche du club s’est donc lancée dans une initiative appelée « Football Fighting Back Against HIV » . Un événement auquel a participé Deradjat Ginanjar Koesmayad. Séropositif et ancien toxico, il est à la tête de Rumah Cemara, une organisation indonésienne fondée pour les gens vivants avec le VIH et les consommateurs de drogue. Depuis 2006, le football est utilisé par cette organisation pour garder ses membres en forme, faire de la prévention et vaincre les stigmates. « Généralement, on invite d’autres équipes de foot et, après le match, on leur montre un film dans lequel on révèle notre séropositivité, raconte Ginan au Guardian. Au début, ils sont sous le choc. Mais c'est un bon moyen de surmonter les stigmates et de les inviter à nouveau. » Sur une cinquantaine d’équipes rencontrées, seulement trois ont refusé un nouveau match.

Par Robin Richardot Propos d'Ethan Zohn recueillis par RR
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