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50+1 nuances de Buli

Le 22 mars dernier, le football professionnel allemand a tranché. L'emblématique règle du 50+1, qui stipule qu’un club ne peut être détenu à plus de 49% par un seul actionnaire, sera maintenue. De quoi défier les noires prédictions de Karl-Heinz Rummenigge, pour qui cette réglementation instaurée en 1998 limite la compétitivité du football d'outre-Rhin. Le débat est ouvert.

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La réunion de la DFL, la ligue de football allemande, vient à peine de s'achever et, face aux médias, Karl-Heinz Rummenigge bouillonne. Les 36 clubs professionnels allemands se sont rassemblés ce jeudi 22 mars et le sentiment général ne laisse pas de place au doute : le 50+1, cette règle instaurée en 1998 qui empêche tout investisseur privé de posséder plus de 49% des parts d’un club, et donc de le contrôler, vient d'être maintenue. Une régulation emblématique du football allemand, qui laisse aux supporters cotisant pour leur club favori un certain pouvoir de décision. Mais une relique du passé pour Rummenigge, pour qui le 50+1 agit comme un repoussoir à l’encontre des investisseurs de poids. Et condamnerait ainsi la Bundesliga à stagner économiquement et sportivement.

Le coup de gueule de Rummenigge

« Je pense que le développement de la DFL est très préoccupant, mitraille d’entrée le gourou munichois. Nous aurions dû réfléchir aux évolutions du 50+1, cela aurait dû être mis au point jusqu'à la fin de l'année, puis soumis à l'assemblée pour un vote. Mais c'est devenu un spectacle émotionnel et populiste. Je suis très préoccupé par la compétitivité, nationale et surtout internationale du championnat. » La compétitivité, voilà le maître-mot des critiques du 50+1. Alors que l’Allemagne est repassée derrière l’Italie au coefficient UEFA, que les droits TV de la Premier League explosent et que le Bayern s’inquiète du puits sans fond de dépenses qui caractérise le recrutement du PSG ou de Manchester City, certains acteurs de la Bundesliga s’effraient de voir les clubs allemands distancés économiquement et sportivement. De quoi diviser le football allemand. Avec d'un côté ceux qui militent pour le maintien du 50+1, une mesure tenante d’un modèle économique sain et populaire, et de l'autre ceux qui prônent l’introduction d’une forme de dérégulation ouverte à de nouveaux investisseurs.


« Le 50+1 est un réflexe conservateur, mais dans le bon sens du terme »


« Nous sommes très satisfaits du maintien du 50+1 » , se réjouit Manuel Gaber, co-fondateur du mouvement 50+1 bleibt!, une association qui réunit 3000 fans-clubs de tout le pays et qui a reçu le soutien d’initiatives similaires dans toute l’Europe. « Cela montre bien que les fans sont très attachés au processus démocratique au sein de leur équipe. » Pour le sociologue Albrecht Sonntag, enseignant-chercheur à l'ESSCA et spécialiste du football allemand, cette règle serait même liée à l’identité culturelle du football outre-Rhin : « Le 50+1 est un réflexe conservateur, mais dans le bon sens du terme. II a été créé comme un garde-fou, à une époque où le football se professionnalisait de plus en plus, afin que les clubs maintiennent leur statut d’association sportive à but non lucratif et conservent l’important rôle social qui les caractérise » , explique-t-il. Dit autrement, la Ligue professionnelle reconnaît que le football est devenu un business, mais elle souhaite empêcher les dérives financières provoquées par la prise de pouvoir d'un seul investisseur, dont les exemples sont légion, en Angleterre ou en Italie.

Vox populi

Concrètement, l’application de la règle du 50+1 permet de maintenir – dans la mesure du possible – un football populaire. Le prix des places, qui est resté relativement bas au sein de nombreux stades allemands, est aussi démocratique que la participation des supporters dans le processus décisionnel. Ces derniers ne manquent pas de renvoyer l'ascenseur en consommant allègrement des produits dérivés de leur équipe de cœur. Mais surtout, en ces temps de mondialisation, elle garantit une valeur chère aux Allemands : l’ancrage local. « Actuellement, il n’est pas impossible de vendre des parts d'un club à des investisseurs étrangers, mais vous ne pourrez jamais le déménager, ou toucher à son nom et à ses couleurs » , poursuit Albrecht Sonntag. Et gare à celui qui tenterait de changer la donne : « Cela fait longtemps que les fans allemands sont très engagés et combattent la commercialisation outrancière du football » rappelle Marius Kunziger, du mouvement 50+1 bleibt! « En octobre 2010 par exemple, il y a eu une grande manifestation à Berlin à laquelle ont participé des supporters de tous les clubs du pays. Cela se vérifie également chaque week-end au stade depuis des années. »


Pourtant, la règle n’est pas intouchable. Des clubs comme le RB Leipzig la contournent subtilement quand d’autres, à l’image du Bayer Leverkusen ou du VfL Wolfsburg, l’outrepassent carrément, mais en toute légalité. « Il existe une clause qui permet à un actionnaire présent depuis vingt ans sans interruption de détenir la majorité des parts du club » , résume Albrecht Sonntag. Malgré cela, les équipes concernées n’en profitent pas pour dépenser sans compter. « Regardez Bayer et Volkswagen, ce sont deux groupes mondiaux, mais la gestion de leurs clubs de football reste raisonnable. » La fameuse rigueur allemande ?


Modèle alternatif

S’il fallait faire une corrélation entre les moyens financiers théoriques et les bons résultats sportifs, Leverkusen et Wolfsburg en seraient les contre-exemples parfaits. Jamais titré en championnat, le club du groupe Bayer porte bien son surnom de « Neverkusen » . Quant à celui de Volkswagen, depuis son sacre de 2009, chacune de ses fins de saison ressemble à un long combat contre la relégation, à l’image de sa quinzième place actuelle. A priori surprenant pour deux équipes qui appartiennent à des groupes dont les chiffres d’affaires dépassent allègrement les dix milliards de dollars. Signe que, même s'ils sont parvenus à s’émanciper du 50+1, les deux clubs restent fidèles au contrat moral que la règle implique, en se tenant à une gestion financière raisonnée. Peut-être aussi parce que faire pleuvoir les billets verts ne serait pas forcément populaire auprès d’une part non négligeable de leurs supporters. « Le 50+1 est devenu la mesure qui canalise toute la colère des fans, reprend Albrecht Sonntag. Ils sont écœurés par les dérives que prend le football et ont le sentiment que leur sport commence à leur échapper. Le maintien de cette règle est devenu un symbole dans leur lutte contre les évolutions du football, qu’ils perçoivent comme nocives. »


Reste que le problème de la compétitivité des clubs allemands à l'échelon continental se pose toujours. « Bien sûr qu’avec l’arrivée de gros investisseurs, il y a plus d’argent en jeu dans les championnats européens ces dernières années, concède Manuel Gaber. Mais nous considérons qu’il est néfaste de vouloir à tout prix attirer des investisseurs comme les Qataris. Pour nous, on devrait plutôt se demander comment rendre le football européen plus proche des individus qui se passionnent pour lui. Que ce soit avec un développement conséquent du fair-play financier ou en mettant en place d'autres limitations comme le salary-cap. » En substance, exporter le modèle allemand dans toute l’Europe, au lieu de photocopier celui des voisins. La sempiternelle « Deutsche Qualität » , encore et toujours.

Par Adrien Candau et Julien Duez Tous propos recueillis par AC et JD sauf ceux de Rummenigge.
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