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1991, la première vraie crise du football français

C’était il y a presque trente ans. Le sniper financier qu’est la DNCG venait d’être mis sur orbite, et le printemps 1991 allait se muer en une succession de passes d’armes entre la Ligue, la Fédération, les tribunaux et trois clubs dans le viseur des autorités (Bordeaux, Nice et Brest). Lens, pourtant battu en barrage d’accession à l’élite, se verra repêché, tout comme Rennes, bon dernier de D1. Un vrai foutoir qui ferait passer l’acharnement actuel de Jean-Michel Aulas pour sauver le pâle bilan lyonnais et l’agitation de Bernard Joannin à Amiens pour des bisbilles de cour d’école. À l’époque, les descentes avaient été entérinées deux semaines avant la reprise du championnat et le Niçois Éric Roy en parle encore comme « le premier grand traumatisme de (sa) carrière » . Retour vers le passé.

Pendant qu’à Marseille, on sabre le champagne – ou plutôt le pastis – sur le Vieux-Port, en ce mois de mai 1991 après le titre de champion de la bande à Papin et Cantona, la France du football, elle, vacille. « On savait que pas mal de clubs avaient des difficultés financières » , livre Gervais Martel, l’ex-président du Racing Club de Lens (1988-2012, 2013-2017), alors membre du conseil d’administration de la Ligue nationale de football (ancêtre de la LFP). Bordeaux, Brest et Nice sont dans le viseur des autorités. « En 1989, la direction nationale de gestion et de contrôle (DNCG) est lancée, détaille Jean-Baptiste Giniès, avocat du droit du sport au barreau de Montpellier. À l’époque, le déficit global du football français était estimé à 150 millions d’euros (soit 1 milliard de francs, N.D.L.R.). » Les collectivités locales ne viennent plus déposer de garrot sur les dettes, pendant que certains présidents flambent. Bordeaux (300 millions de francs de déficit), Brest (70 millions) et Nice (57 millions) doivent passer à la trappe. D’autant qu’en 1991, l’article 9 du règlement administratif de la LNF dispose qu’en cas de dépôt de bilan d’un club, « il sera procédé à la relégation sportive du club dans la division inférieure pour la saison suivante » . Le feuilleton judiciaire est interminable de mai à juillet. On tente le tout pour le tout pour mettre sur pied un sauvetage de dernière minute et on saisit les tribunaux et les commissions internes à tour de bras. « J’étais un jeune pro, décortique Éric Roy, alors à Nice, club dans l’impasse depuis la fuite du maire de Nice Jacques Médecin en Uruguay et le défilé de repreneurs potentiels. Nous n’avions pas forcément de notions financières. Tu joues au foot, tu fais le taf sportivement (Nice avait terminé 14e cette saison-là, N.D.L.R.) et on te dit que tu vas devoir jouer en deuxième division. »

« Tu te dis que ce n’est pas de ta faute »


Parce qu’en 1991, ni Nice, encore moins Bordeaux (9e) et Brest (10e) ne doivent prendre l’ascenseur. « On savait que le club n’était pas géré d’une manière assez rigoureuse, qu’il y avait un déficit, poursuit Éric Roy. Mais quand tu touches 3 000 francs par mois, tu ne comprends pas trop, tu te dis que ce n’est pas de ta faute, que ce n’est pas nous qui faisons couler la boutique. » En Gironde, le président Claude Bez a quitté le club, et les repreneurs contestent la validité du règlement de la Ligue. Le Conseil d’État est saisi, mais confirme, le 15 mai 1991, la validité de l’article 9 de la LNF prévoyant la rétrogradation d’un club dans la division inférieure en cas de dépôt de bilan. L’imbroglio ne s’arrête pas là et début juillet, à trois semaines de la reprise de la saison 1991-1992 (prévue le 20 juillet), le flou demeure. Le conseil d’administration de la Ligue pense même à « reporter le début du championnat de deux ou plusieurs semaines » .


La commission d’appel de la DNCG, elle, offre un dernier sursis à Nice, jusqu’au 10 juillet, pour élaborer un dossier qui tienne la route. Brest Armorique (qui disparaîtra finalement début décembre 1991), doit lui aussi faire appel. À Bordeaux, le Conseil d’État doit de nouveau se prononcer sur le dossier le 12 juillet sur l’opposabilité de l’article 9 aux Girondins. Mais le 5 juillet, la Ligue y va de son coup de force, usée par les démarches judiciaires à répétition. Les trois bonnets d’âne (Nice, Brest et Bordeaux) évolueront dans l’antichambre de l’élite et basta. Administrateur général de la LNF, Jacques Thébault insiste : « Nous avions atteint la limite de la rupture. Ces décisions peuvent paraître brutales, mais il fallait que le championnat reprenne à la date prévue pour stopper la dérive procédurière. »

« L’un des meilleurs souvenirs » de Gervais Martel


La FFF, qui dans un premier temps joue la carte de la prudence, finira par suivre. Et dans le même temps, c’est dans le bassin minier que l’on trinque. Battu en barrages d’accession à la D1 par Toulouse (0-4, 1-0), Lens est finalement repêché à la dernière minute, tout comme Rennes qui avait terminé bon dernier de D1. Le pire, c’est que dans le règlement de la LNF, aucun cas de figure ne prévoyait le repêchage du club barragiste de la deuxième division. Mais « en considérant la nécessité d’assurer à la compétition un équilibre sportif et économique » , la troupe de Gervais Martel a retrouvé l’élite : « Quand Guy Roux est sorti de ce conseil d’administration de la Ligue, il m’a dit : "Tu joueras en D1." On connaissait les problèmes de Bordeaux, Brest et Nice, mais rien n’était fait. » Le malheur des uns fait le bonheur des autres. « C’est l’un des meilleurs souvenirs que j’ai » , assure presque trente ans plus tard l’ancien boss lensois, qui en profite cet été-là pour enrôler Bernard Lama, alors... à Brest. « Pour nous, ça a été le début d’un cycle avec Sikora, Wallemme, etc. Cette montée sur tapis vert nous a permis aussi d’enclencher une machine qui nous conduira au titre de champion de France 1998. On ne pouvait pas cracher sur une montée que nous attendions et qui nous avait échappé de peu. »


Le 12 juillet 1991 s’achève définitivement le cirque judiciaire. Le Conseil d’État rejette l’ultime recours des Bordelais. Le championnat reprend « correctement » le 20 juillet, avec une D1 à 20 clubs, pendant qu’à Nice, Éric Roy entre en plein marasme. Dépôt de bilan, placement en redressement judiciaire, l’avenir en D2 est synonyme de galère. « C’est le premier vrai traumatisme de ma carrière. Les gros salaires sont partis. J’avais des contacts avec deux-trois clubs de D1, mais on m’a obligé à rester. Nice, c’était mon club évidemment, mais dans ces conditions, c’était très compliqué, et l’été suivant, je pars libre à Toulon. Nous avions vécu cette relégation comme une forme d’injustice. Cette fin de saison, impossible de l’oublier. »

Par Florent Caffery Tous propos recueillis par FC.
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