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15 000 kilomètres pour une finale

Quand Samuel Umtiti s’envolait dans la surface de Thibaut Courtois, il était 5h du matin en Australie (contre laquelle tout a commencé pour l'équipe de France). Quelque temps après, Jérémie Rioche, supporter des Bleus installé à l’autre bout du monde, décidait d’acheter un billet d’avion pour Paris, histoire d’assister à la finale « à domicile » . Quarante heures de vol pour entrevoir la finale devant un bar, sur un écran éclairé par le soleil. Une vision de l’enfer, pour certains. Mais pour Jérémie, « c’est la décision d’une vie » .

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« Rien de plus chiant que d’attendre quelqu’un à l’aéroport. » Faz est venu de Lausanne pour venir chercher son ami Jérémie Rioche à Roissy. En l’attendant porte 62, il chante « On est en finale » dans les couloirs vides du terminal 1. Les yeux plissés par les gobelets de Oasis-Vodka qu’il s’enfile depuis le milieu de l’après-midi. Faz s’ennuie, alors il simule un début de bagarre avec l’un de ses potes, devant les voyageurs en transit, médusés pour la plupart. « On hésitait à l’attendre en caleçon » , dit Jean, venu de Stuttgart pour l’occasion, fier de son idée avortée.


Avec trente minutes de retard, Jérémie finit par débarquer. En maillot de l’équipe de France et avec un drapeau de l’Australie calé sous une casquette des New York Yankees. Sa bande de potes entonne une Marseillaise. Quand il les voit, Jérémie Rioche marque un temps. Lève une jambe et enclenche un pas de danse étonnant, avant d’aller les retrouver. Ils l’agrippent le long de la barrière. Puis Jérémie court le long d’une route qui fait le tour de l’aéroport, comme pour célébrer un but. Sur une enceinte portable, il lance un Paris de Rohff, puis La Grande Classe, puis La Puissance. « Et si on mettait du Jul ? » , propose Faz dans le Uber. Mais c’est Jérémie qui décide : « Non remets du Rohff » . L’équipe arrive à Paris vers minuit. Quarante heures de vol depuis l’Australie et Jérémy Rioche n’est toujours pas fatigué : « Eh les gars, on fait quoi ? »

Pile ou face et l'argument de Micoud


13h30 le lendemain. Avec ses amis, Jérémy Rioche piétine à l’entrée de la fanzone du Champ-de-Mars. Coincé au milieu des supporters frustrés. Jérémie y croit. Après tout, il n’a pas fait 15 000 km pour échouer à 50 mètres du rêve. Pendant près de 2h, il patiente donc sous le soleil bouillant, en sirotant une mini-bouteille de Jack Daniel's. Le temps pour lui, entre deux clappings, de revenir sur les évènements qui l’ont mené jusqu’ici. D’abord, Jérémie, 25 ans est un « grand fan de foot » , évidemment. Même s’il n’a pas encore eu droit à son grand moment de victoire. 1998 ? « J’étais trop petit, je me rappelle vaguement un mec qui dansait sur une voiture, puis je me suis endormi sur les épaules de mon père » . Pareil en 2000 ? « Trop petit, mais je me rappelle le but de Wiltord. » 2006 ? « Dégoûté. » 2016 ? « J’étais venu ici-même pour la finale, resitue-t-il. J’avais dit à mes potes que ça pouvait être la meilleure soirée de toute notre vie. » Mais non. Originaire de Grenoble, Jérémie n’est pas gâté. « C’est la merde depuis 2008, mais là, c’est réglé, on remonte en Ligue 2. » Bon.



Parti pour l’Australie avec un visa working holiday, Jérémie a donc décidé de prendre sa revanche sur la vie. Et de payer 1100 euros pour prendre l’avion, histoire de voir la finale de la Coupe du monde à Paris. Une décision mûrement réfléchie. « Après le match contre l’Uruguay, je me suis dit : "Putain c’est chaud ! J’espère qu’on va perdre, je ne suis pas en France." » Ses potes l’ont alors insulté sur un groupe Facebook. « Ils m’ont traité de traître. » Alors lui a cogité. Jusqu’au match contre la Belgique. « Ça s’est terminé à 6h du matin et j’ai passé la journée dans mon lit à me demander si je devais rentrer. Puis je l’ai joué à pile ou face. » Pile, Jérémie reste en Australie. Face, il prend l’avion pour Paris. Jérémie jette la pièce, qui tombe sous son lit. Pile. Jérémie relance. Pile encore. Mais il ne s’avoue pas vaincu. « Je me suis dit qu’on avait marqué trois buts en 1998 et que c’était notre troisième finale en vingt ans donc jamais deux sans trois. » Alors Jérémie relance. « Et là face, direct. » Un signe du destin renforcé par une analyse de Johan Micoud sur le plateau de L’Équipe 21. « Ils lui demandaient : "Est-ce que c’est une finale extraordinaire ?" et il a répondu : "Évidemment que c’est extraordinaire, c’est une finale." » C’est décidé pour Jérémie.

Les Croates de Tokyo et avocats


Il prend son billet d’avion et envoie une capture d’écran à ses copains. À qui veut l’entendre, il conseille de suivre son périple sur Instagram. Profil : jeremiecopain et #ladecision de ma vie. « 15000 km pour les Bleus. » Il part de Cairns pour arriver à Tokyo. Là, une escale de 12h. Jérémie en profite pour faire quelques visites et traîner dans la nuit tokyoïte. « Putain c’est dingue, dit-il dans sa story Instagram. Je suis tellement content que sans faire exprès je souris à tout le monde, même aux feux rouges. » Plus tard, Jérémie aperçoit un drapeau croate accroché sur la devanture d’un magasin. « Oh putain ! Qu’est-ce que ça fout là ça ? Mort de rire. On va aller voir si le patron est là. » Jérémie entre dans l’établissement : « Ola amigo. Where is the boss from Croatia ? He is not here ? Alalalala. Bon. There is France against Croa... oh you know. Alala... So... OK. Have a good day bye bye. » Une belle aventure donc.


« Si je n’étais pas parti en Australie, je n’aurais pas pris la décision de rentrer à Paris pour voir la finale » , assure-t-il, avant d’expliquer : « En Australie, j’ai cueilli des avocats tout seul dans un champ, pendant trois mois, ça te fait vraiment réfléchir sur ce que t’as envie de faire. » Diplômé en management sportif, Jérémie a remis toute sa vie en question. « Je veux faire ce qui me plaît, fonctionner à l’instinct. Si j’ai envie de faire de l’impro, je le fais. Si j’ai envie de faire un saut en parachute, je le fais. Là, c’est pareil. Faut pas se mettre de barrières. »

Un périple qui s'arrête au Champ-de-Mars


À l’entrée de la fanzone, un policier monte sur un camion et annonce l’impossibilité d'entrer. Terminé. Jérémie est furieux. Si près du but. Des bouteilles de Desperado volent vers les voitures de police. Riposte des flics qui envoient du gaz lacrymo. Jérémie et ses amis battent en retraite, les yeux embués. « Eh les gars, on essaierait pas d’aller ailleurs ? » La question se pose. Sauf que toutes les terrasses sont blindées. Impossible de s’asseoir nulle part. La belle équipe rôde dans Paris pendant près d’une heure avant de trouver, pour seul point de chute, une rue du 6e depuis laquelle on aperçoit un écran installé dans un bar. La pinte est à 10 euros. « Celle-là, elle te rappelle que t’es humain » , souffle un ami de Jérémie. Le match peut commencer. Jérémie a peur. Mais pas tant que ça. « Si on perd, je m’en bats les couilles. » Fier d’avoir fait le voyage. Et le jeune homme l’avoue à demi-mot : ce billet d’avion pourrait être l’une des dernières folies de sa jeunesse. Après son retour d’Australie, il prévoit de s’installer, du côté de Grenoble, et de « trouver une copine, peut-être » .


Fin du match. Jérémie embrasse ses amis sur la bouche, danse avec des inconnus et chante dans la rue. « Eh les gars, on fait quoi ? » , lance-t-il ensuite. Direction les Champs-Élysées, évidemment. Jérémie perd ses potes, puis les retrouve, puis les perd à nouveau. Quand ils se regroupent enfin, nouveau problème : plus rien à boire. « Eh les gars, on fait quoi ? » La troupe se dirige vers une Alimentation générale. Cinquante mètres de queue. Jérémie, encore : « Eh les gars, on fait quoi après ? »



Par Arthur Cerf, à Paris Photos : Samuel Kirszenbaum
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