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Zizanie à Newcastle

Voilà ! Depuis lundi, la Premier League a accouché de son premier coach viré cette saison. Et à la surprise générale, la nouvelle n'est pas venue de West Ham mais plus au nord, de Newcastle. Hughton out ! Pardew in !

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Il n'y avait pourtant pas de mutineries dans la maison Toon Army. Les Magpies étaient douzièmes au classement, à mi-chemin entre la zone de relégation (4 points) et les places européennes (4 points aussi), comptaient dans leurs charts deux toises mises à Aston Villa (6-0) et au rival Sunderland (5-1), une victoire de furet à l'Emirates (0-1) ou encore un nul contre Chelsea (1-1). Faut croire que le président Mike Ashley a plutôt retenu la série en cours de cinq matches sans victoire en championnat (sales défaites à Blackburn, à Bolton surtout et la dernière en date à West Brom). « Les dirigeants sentent que, désormais, une personne avec plus d'expérience au poste d'entraîneur est nécessaire pour faire avancer le club » . Telle était l'explication donnée par le site web du club.

La décision, à première vue, est étrange mais fait aussi écho au début de saison des Magpies, illustré par les propos d'un ancien de la boutique, Alan Kennedy, dans le Chronicle du coin : « Ils ont gagné des matches qu'ils n'auraient pas dû gagner et en ont perdu d'autres qu'ils n'auraient jamais dû perdre » . Soit, peu ou prou, le résumé de cette première partie de Premier League, où un West Brom s'en va battre Arsenal, où Birmingham arrive à se farcir Chelsea, où Tottenham se fait rosser par Bolton, et où le seul Man U, à la lyonnaise de la belle époque, passe au-dessus de la mêlée, sans forcément bien jouer.

Pardew, l'ancienne grosse cote

N'empêche que Newcastle, ou plutôt l'attelage Ashley/Beardsley (promu coach de la réserve en début de saison et assez influent dans la maison), prend le pari de saquer dès décembre l'homme qui avait assuré les intérims de tous les anciens virés (Keagan, Kiennar et Shearer), qui avait aussi réussi à remonter un Newcastle en lambeau après une triste descente à l'étage inférieur en mai 2009. Dans un premier temps, Hughton s'était attaché à remettre de l'ordre dans le vestiaire, en s'appuyant sur un noyau de trois tauliers : Nolan, Harper et Alan Smith. Il était aussi à l'origine de la rédemption de Joey Barton, passé de “dirty boy” blessé la saison dernière à “playmaker” sans alcool cette année ou encore à la responsabilisation d'un Andy Carroll un peu barjot-branleur jusqu'à cet été. Dans le jeu, Hughton avait préféré s'appuyer sur un jeu restrictif fin 2009, plus adapté aux joutes de la Championship, permettant de redonner confiance à un groupe qui aura déroulé un football bien plus séduisant au cours de l'année 2010. Au point de recevoir les “dedicated songs” des Geordies, pas franchement fans de l'Irlandais après l'intérim Shearer.

Seulement, Ashley attendait une fenêtre de tir pour lourder son “toy coach”. Un peu comme Kita avec Der Zakarian à Nantes, les dés semblaient pipés d'avance. Hughton, entraîneur le moins payé du royaume (400 000 livres l'année), réclamait depuis le début de saison une prolongation de contrat qui n'est jamais venue. Mi-octobre, sentant qu'il ne représentait pas l'avenir du club aux yeux de ses dirigeants, il avait poussé son fidèle assistant Colin Calderwood à accepter l'offre des Hibernian, qui le voulaient comme manager. Assistant jamais remplacé depuis, situation dingue dans le football d'aujourd'hui et un caillou de plus mis par Ashley dans la pompe de “l'intérimaire” Chris.

Pardew : « J'ai vu jouer Newcastle deux fois à la TV »

Le nouveau jouet de Mike Ashley s'appelle désormais Alan Pardew, présenté dans le milieu des années 2000 comme l'un des plus talentueux entraîneurs britons. Il avait fait ses classes à Reading avant de reprendre en main West Ham, alors en D2 anglaise. En 2005, les Hammers retrouvent l'élite, obtiennent une honorable neuvième place, produisent un jeu séduisant et perdent in-extremis la finale de Cup contre Liverpool en mai 2006 (3-3, séance de tirs au but fatale). Ce Pardew-là était alors sur la short-list de la FA pour succéder à Eriksson à la tête des Three Lions. McClaren choisi, Pardew poursuit sa route avec West Ham, récupère dans son groupe Tevez et Mascherano mais est lourdé en décembre 2006. S'en suivent des expériences foireuses avec Charlton (D1 puis D2) et Southampton (D2) où les rumeurs laissaient entendre que Pardew avait snobé la case “remise en question” pour ne rester que sur son statut démodé “d'espoir des entraîneurs anglais”.

Aujourd'hui, le voici avec une tête paraît-il dégonflée et revancharde, prêt à relever l'un des challenges les plus sympa et casse-gueule pour un entraîneur de PL : être à la tête du Newcastle United FC, peut-être bien le club le plus populaire de l'île. De popularité, Pardew n'en bénéfice pour l'instant pas franchement. Dans un sondage réalisé par le Chronicle de Newcastle, seulement 2% des supporters interrogés le souhaitaient comme coach, les Geordies étant bien plus attirés par la venue du chômeur Martin O'Neill. Pardew doit donc convaincre les fans mais, plus important, le vestiaire, plutôt choqué par le départ de Hughton. « Cela n'a aucun sens. Les joueurs ont été meurtris par la nouvelle. Chris avait fait un travail extraordinaire à Newcastle, un “workaholic” » a balancé le vétéran Sol Campbell en guise de bienvenue.

Et les premières déclarations du nouveau chef ne sont pas de nature à rassurer : « Je n'ai pas franchement eu l'opportunité d'analyser leurs matchs, mais j'ai vu jouer Newcastle à la télé deux fois » . Sans doute pour cela que pour la venue de Liverpool à St-James Park, Quasimodo Beardsley a été chargé de préparer l'équipe titulaire.

Newcastle/Liverpool, aujourd'hui à 18h30

Ronan BOSCHER

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