Zilina peur de rien

Zilina n'est pas un ténor de la scène européenne, au contraire. Novices à ce niveau, les Slovaques n'ont rien à perdre à Marseille. Et c'est justement ça le plus emmerdant.

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A priori les Marseillais ne savent pas grand-chose du MSK Zilina. Difficile néanmoins de leur jeter la pierre. Les Slovaques ne sont personne, ou presque. Il faut dire que le club a déjà changé neuf fois de nom depuis sa création en 1908. L'image d'un club instable, quelconque et barré dans son pays par les anciens monstres du Dukla, Sparta ou Slavia du temps de la grande Tchécoslovaquie. Depuis l'indépendance, la Slovaquie tente d'exister. Et Zilina ferraille chaque année avec les clubs de la capitale, Bratislava, pour s'imposer au sommet du championnat national. Mais grosso modo, c'est un novice qui débarque au stade Vélodrome. Cinq championnats au palmarès, quatre coupes et une première participation à la C1 cette saison. Autrement dit, les hommes de Didier Deschamps n'ont pas le choix. Tout autre résultat qu'une victoire serait perçu comme une contre-performance. D'autant que les Slovaques n'ont rien à perdre. Ils gèrent leur championnat sans trop forcer (premiers avec 26 points). Ce week-end, ils ont dézingué le Vion Zlate Moravce quatre à zéro (triplé de Majtan).

Le problème consiste à exister hors des frontières. C'est là que le bat blesse. Le club n'est ni riche, ni formateur, ni réputé. Pour eux, la Ligue des Champions est avant tout une histoire de tourisme. Lors du tirage au sort à Monaco, le milieu de terrain Robert Jez déclarait même que la squad crevait d'envie à l'idée de se balader dans Londres et de s'enfiler un Burger King. « C'est vrai, nous sommes tous pressés de jouer à Chelsea. Jouer en Angleterre sera une expérience pour la vie » . Avant d'aller kiffer la life in London, les Slovaques doivent faire une virée au Vélodrome. Pas forcément une bonne nouvelle.

L'expérience messine

Au-delà de leur visite du soir, les Slovaques viendront défier un club français pour la seconde fois. En 1999, Zilina était venu prendre une petite fessée 3 buts à 0 à Saint-Symphorien en coupe Intertoto. Depuis, ils n'ont jamais remis les pieds dans le Royaume. Mais certains pensionnaires des Jaune et Vert connaissent très bien le Marseillais Loïc Rémy. En 2008, Majtan et Mraz s'étaient coltiné un Slovaquie/France avec les Espoirs avec une certaine réussite (2-2, dont un but de Majtan). Rémy, alors chez les Espoirs, avait croisé le fer avec la jeunesse slovaque. Mais depuis le club peine à fournir la sélection nationale en joueurs. Martin Dúbravka, Mário Pečalka et Tomáš Oravec sont les seuls joueurs de l'effectif à figurer en équipe nationale. Aucun n'en est toutefois un taulier. CQFD. Au passage, Oravec est une véritable star locale. En effet, l'attaquant mérite une statue devant le Pod Dubnom pour avoir planté le premier but de Zilina en C1, contre Chelsea qui plus est (1-4 pour les Blues lors de la première journée). Son duo avec la tige gambienne Momodou Ceesay, auteur d'un doublé en tour préliminaire contre le Sparta Prague, promet. Rien d'étonnant alors à voir Zilina carburer à plus de deux buts par rencontre en championnat.

Mais derrière leur 4-4-2 simpliste et huilé, les hommes de Pavel Hapal vont tout miser sur leur solidarité au Vélodrome. La charnière Pecalka-Sourek est solide mais terriblement lente. Quant au système offensif, il est parfois prévisible au possible, sans parler du physique. Mais Alexander Vencel, demi-Dieu slovaque, a prévenu les Olympiens : « Pour Marseille, une défaite ou même un nul, et c'est fini ! J'ai vu les images face à Nancy et bon... Si l'OM réussit à vite débloquer la situation, il aura un match facile ; sinon, ça peut exploser et, comme contre le Spartak, on peut assister à une surprise. Individuellement, ces joueurs sont tous moins bons que les Marseillais. Ils perdront huit fois sur dix contre l'OM mais attention quand même » . Ça laisse toujours deux chances de jouer le coup à fond.

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