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Zidane, de l’Atlético à l’Atlético

De la Décima à ses débuts en tant qu’entraîneur en chef, Zinédine Zidane a toujours croisé sur sa route le voisin rojiblanco. Des duels décisifs autant qu’historiques qui en disent long sur coach Zizou. Et ce n’est pas le derby madrileño du jour qui devrait y changer quelque chose. Bien au contraire.

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« J'entends beaucoup de choses ici, des gens qui doutent de mes capacités en tant qu’entraîneur. » Jamais, depuis son intronisation, Zinédine Zidane n’avait autant haussé le ton en conférence de presse d’avant-match. Un pic envers des détracteurs médiatiques, qu’il s’attend à retrouver au moindre coup de moins bien de son Real Madrid. Autrement dit, le Marseillais n’est pas à l’abri de nouvelles véhémentes critiques d’ici la fin d’une saison qui s’annonce des plus pénibles pour le monstre de Chamartin. Ce derby madrileño face au trublion des bords du Manzanares, premier adversaire de taille du double Z (n’en déplaise à la Roma), pourrait d’ailleurs officialiser sa première défaite à la tête de l’équipe première merengue. Une possibilité à laquelle le coach français s’est préparé. Et qu’il a déjà vécue. Dans un passé pas si lointain, précisément il y a un an et demi, Zidane s’étrennait ainsi en tant qu’entraîneur par une défaite sur la pelouse de l’Atlético de Madrid. Le revers, 2-1, lançait ainsi sa carrière des bancs de touche face à la réserve des Colchoneros. Des Matelassiers qui, depuis la réorientation professionnelle du Français, en sont devenus le grand rival.

Du short au costard, de Lisbonne à Majadahonda


Précoce, la rentrée des classes espagnole de l’exercice 2014/15 s’effectue le 24 août. Un retour aux affaires courantes pour le Real Madrid Castilla, fraîchement rétrogradé en Segunda Division B - soit le troisième échelon national -, qui s’accompagne d’une vraie frénésie médiatique. Pour sûr, la nomination de Zinédine Zidane n’y est pas étrangère, le derby annoncé face à la filiale des Rojiblancos pour l’ouverture des hostilités en championnat non plus. En ce dimanche midi, à l’heure de la messe et des premières cañas, la canicule n’empêche pas le minuscule stade du Cerro del Espino d’afficher comble. Plus que des suiveurs colchoneros ou d’invétérés supporters merengues, les journaliste se taillent la part du lion dans cette enceinte au petit millier de spectateurs. Les gratte-papier français, venus de toutes les rédactions parisiennes, sont légion et offrent à cette rencontre des airs surréalistes. Zidane, paré de son combo short-polo-casquette, tente bien de ne pas y prêter attention, il ne peut éviter de détourner son regard vers cette unique tribune remplie de vieilles connaissances médiatiques. Sur le pré, ses jeunes poulains lui offrent une première ivresse en ouvrant le score. L’histoire est en marche ?


Pas vraiment, car à ce premier pion succèdent deux réalisations estampillées rojiblancos, et une première défaite en compétition officielle. Loin des conclusions hâtives, cette rencontre entre les jeunes pousses des deux rivaux madrilènes permet tout de même de s’interroger sur la faculté de Zinédine Zidane à contrer des équipes aux blocs regroupés. Car à l’instar de leurs aînés du Vicente-Calderón, les pensionnaires du Cerro del Espino de Majadahonda évoluent dans un dispositif similaire. Qu’elles se fassent chez les U-10, les réserves ou les féminines, les confrontations entre Atlético et Real offrent systématiquement des physionomies équivalentes : une addition de talents qui bute et/ou rebondit sur un bloc compact. Quelques semaines plus tôt, ce scénario se répétait à Lisbonne. Zidane, alors entraîneur adjoint de Carlo Ancelotti en smoking, s’égosillant dans le rectangle technique des Merengues sans permettre à ses joueurs de trouver la faille. Un casse-tête qui se résout par un coup de tête désormais légendaire de Sergio Ramos au bout du temps additionnel, mais qui ne dévoile pas une recette applicable en toute circonstance.

Diego Simeone, l’anti-Zidane


Bien qu’attendue et espérée, la nomination de Zinédine Zidane sous la guérite du Santiago-Bernabéu n’en reste pas moins un cadeau empoisonné de Florentino Pérez. Avec une saison déjà à mettre aux oubliettes - à moins d’un hypothétique sacre pour la Undécima - et une équipe qu’il n’a pas construite, le double Z se retrouve prisonnier des mauvais choix présidentiels. De fait, avec une paix sociale presque assurée, il tente de redynamiser un vestiaire dont le moral est au plus bas. Cela passe par « donner des libertés à tous » , comme il l’évoque sitôt son intronisation. Une méthode douce qui ravit tout le monde à Valdebebas, mais qui peut se retourner dès ce samedi contre lui. Face à un Diego Simeone aux antipodes des préceptes du Français, qui préfère l’ordre à la liberté, et fait primer l’effort sur le talent, l’enfant de la Castellane peut recevoir une grosse claque en pleine face. Une situation qu’il a déjà connue lors de ses débuts du 24 août 2014 et qu’il aimerait ne pas revivre, sous peine de déclarer officiellement forfait dans la lutte à la Liga. Un interdit, pour ce Real déjà à la limite de la crise de nerfs.

Par Robin Delorme
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