CAN 2013 – Présentation des équipes – Groupe C

Par Régis Delanoë

Zambie II, le retour ?

Vainqueur surprise de la précédente CAN l'an dernier, la Zambie du nouveau sorcier blanc Hervé Renard avait su trouver la potion miracle de la réussite : grosse solidarité collective, discipline en béton armé, réalisme offensif et un soupçon de chatte. Pour doubler la mise, il ne va pas falloir oublier un seul de ces ingrédients…

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L'équipe de Zambie, lors de la séance des tirs au but victorieuse contre la Côte d'Ivoire (CAN 2012)
L'équipe de Zambie, lors de la séance des tirs au but victorieuse contre la Côte d'Ivoire (CAN 2012)
Le CV express

Il y a un an, la Zambie a défloré son palmarès footballistique en remportant la Coupe d'Afrique des nations. La finale eut lieu à Libreville, la capitale gabonaise d'où avait décollé l'avion de malheur d'avril 1993 dans lequel avait péri la quasi-totalité de l'équipe nationale zambienne de l'époque dans un terrible crash aérien. Ce fut donc une victoire forte en émotion des Chipolopolo en apesanteur tout au long de la compétition. Plutôt que de les inhiber, le souvenir de leurs aînés au destin tragique avait semblé donner aux joueurs la force nécessaire pour passer un à un les obstacles, jusqu'aux boss de fin : Ghana en demi-finale, Côte d'Ivoire en finale. Un an après, la Zambie tenante du titre, ne s'est pas pour autant muée en un favori à sa propre succession. La bande à Renard aime trop son rôle d'outsider poil à gratter, capable du meilleur – taper encore le Ghana en éliminatoire de la Coupe du monde 2014 – enchaîné avec du pire – une qualification douloureuse à cette CAN 2013 face à la terrible sélection ougandaise.


Pourquoi ils vont perdre leur titre

Ok la victoire hommage de l'an dernier, c'était beau, ok la Zambie avait apporté fraîcheur et enthousiasme à la compétition, mais même si on aime beaucoup cette sélection et qu'on ne lui souhaite que le meilleur, il faut savoir raison garder : il y a mieux comme équipe sur le continent. Le sacre des Chipolopolo en 2012, c'est aussi et surtout la déroute des favoris, qui tous ont déjoué et se sont fait surprendre. Mais il est clair que l'équipe ivoirienne, par exemple, a appris de sa douloureuse défaite en finale et ne se fera pas gauler une deuxième fois. Créer la sensation, c'est bien, confirmer, c'est nettement plus balèze. D'autant que les derniers matchs de préparation n'incitent guère à l'enthousiasme : 0-1 face à la Tanzanie, 0-2 face à l'Angola, 0-0 face au Maroc, 0-0 face à la Norvège.

Le onze type

Mweene, Nkausu, Himoonde, Sunzu, Mbola, Sinkala, Chansa, Lungu, Kalaba ou Mayuka, Mulenga ou Mayuka, Ch. Katongo

Globalement, c'est la même équipe qu'il y a douze mois, avec tout de même deux changements notables : l'émergence du jeune Emmanuel Mbola en défense à la place du vétéran Joseph Musanda et le retour en attaque de Jacob Mulenga, forfait sur blessure lors de la dernière CAN. Le joueur d'Utrecht (7 buts en 16 match d'Eredivisie cette saison) doit permettre de relancer une animation offensive en grosse difficulté ces derniers temps. Pour le reste, la méthode Hervé Renard reste identique, avec une discipline collective quasi-soviétique, qui réussit bien à ce groupe homogène et solidaire.

Le mec à suivre

Révélé à la Coupe du monde des 20 ans en 2007, Stophira Sunzu n'était pas encore prêt l'année suivante à évoluer en Europe et son passage à Châteauroux s'était soldé par un échec. Mais évoluant depuis 2009 au TP Mazembe, l'une des meilleures formations d'Afrique, le grand défenseur central a pu acquérir suffisamment d'expérience et de confiance pour retenter l'expérience. Approché un temps par Arsenal, il vient de s'engager avec Reading. Ce stoppeur désormais âgé de 23 ans doit aider sa sélection à conserver sa solidité défensive, l'une des clés de sa réussite.

La banane

L'an dernier, la Zambie fut une révélation de la compétition. Et au sein même de l'équipe zambienne, Emmanuel Mayuka fut certainement le joueur qui a le plus séduit. Aux côtés des frangins Katongo, il symbolisait la jeunesse, avec une grosse marge de progression et déjà pas mal de réussite devant les buts. Sauf que douze mois plus tard, le jeune Padawan s'est un peu cramé les ailes. Couvé en Suisse par les Young Boys de Berne, il peine à confirmer en Premier League avec le promu Southampton, jouant peu et perdant du même coup confiance. Et c'est bien connu, la confiance pour un attaquant, ça fait une bonne moitié du bonhomme. En manque de compétition, Manu le malin pourrait donc perdre sa place de titulaire au profit du revenant Jacob Mulenga.

Emmanuel Mayuka face à Didier Zokora


Le portrait-robot

15 % de Chinois. Trois membres de la sélection zambienne évoluent chez le géant asiatique, dont le capitaine Christopher Katongo. Sur le front économique aussi, Chine et Zambie s'entendent plutôt pas mal…
20 % de Congolais. Le Tout Puissant Mazembe du RD Congo voisin est le premier employeur des internationaux zambiens. Normal, l'un des meilleurs clubs du continent est situé à Lubumbashi, tout proche de la frontière congolo-zambienne.
30 % de fleuve Zambèze. ZAMBEZE. Dites-le à voix haute. Et rigolez, vous avez le droit, c'est même fait pour. Le symbole de la Zambie est seulement devancé par le lac Titicaca au classement mondial des noms de site naturel à la con.
10 % de chutes Victoria, l'autre symbole du pays, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Rien à voir avec la plastique de la meuf Beckham donc.
15 % de cuivre, la grande richesse de la Zambie. Sa réserve est la première d'Afrique et la neuvième au niveau mondial.
10 % de Michael Sata, le président de la République depuis 2011. « King Cobra » comme il est surnommé est un fort en gueule, proche du peuple et accessoirement ennemi de la Chine, accusé d'un peu trop se taper l'incruste en Zambie.

Le dicton local

« Attends d'avoir traversé la rivière pour dire que le crocodile a une sale gueule. » Vaut pour l'entrée en lice des Zambiens face à la présumée faible sélection éthiopienne. Se méfier, quand même…

Pourquoi les Chipolopolo

Littéralement, Chipolopolo veut dire « Les boulets de cuivre », en référence à la principale richesse du pays. Ce serait aussi un terme guerrier né lors des troubles de l'indépendance et faisant référence aux balles des fusils. L'autre surnom de la sélection, les « KK Eleven » - en hommage à Kenneth Kaunda, le premier président de la Zambie – sert aujourd'hui plus à désigner la tragique équipe de 1993 qui avait péri en avion.

La banderole de supporters

« Chiiiipolopo-Polo-PO !! » Belle référence des fans zambiens au Seven Nation Army des White Stripes.

L'hymne officieux

What's in your head, in your head,
Zambie, Zaaaambie, Zaaaaambie yeee-eh yeee-eh yeah !


Et spécialement pour le sélectionneur

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7 réactions ;
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  • Message posté par Telex le 18/01/2013 à 13:01
      Note : 1 

    J'y pense que maintenant, mais cette CAN ça va être l'occasion de retrouver les immondes vuvuzelas...

  • Message posté par themiz le 18/01/2013 à 13:44
      

    AH ah ah excellent !! renard chenapan !!!

  • Message posté par Genius le 18/01/2013 à 14:16
      Note : 1 

    Ils s'en cognent, tant qu'ils ZAMBEZE des meufs, là-bas, en Zambie.

    Pas taper ====> je sors

  • Message posté par Sly le 18/01/2013 à 16:51
      

    ça a surtout été dit autre part, mais je me posais une question : sur quelle chaîne la CAN est-elle retransmise?

    D'emblée je parierais sur un petit Eurosport ou France 4

  • Message posté par Jdaille le 18/01/2013 à 17:57
      

    La référence aux Cranberries m'a bien tué!

  • Message posté par themiz le 18/01/2013 à 18:08
      

    Message posté par Sly
    ça a surtout été dit autre part, mais je me posais une question : sur quelle chaîne la CAN est-elle retransmise?

    D'emblée je parierais sur un petit Eurosport ou France 4


    d8 et toutes les chaines du groupe Canal+ ;)

  • Message posté par Sly le 19/01/2013 à 03:13
      

    Thank you !


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