1. // Japon

Zaccheroni, made in Japan !

Et de trois ! Après Trapattoni en Irlande, Capello en Angleterre, c'est au tour d'un autre Italien, Alberto Zaccheroni de coacher une autre sélection en vue, le Japon (8ème finaliste de la dernière coupe du Monde). Analyse de la tendance exportatrice transalpine hyper intéressante, méga passionnante et ultra interpellante.

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Bon, d'abord, il faut rendre hommage au prédécesseur d'Alberto, le Nippon Takeshi Okada. Grande gueule au caractère samouraï qui avait annoncé que son équipe finirait demi-finaliste du Mondial sud-africain. OK, il n'a pas réussi, mais son équipe a bigrement séduit et elle n'a été sortie qu'en 8èmes, aux tirs au but contre un Paraguay aussi insipide qu'un roman de Célestin Burnin. Pas de quoi se faire hara-kiri : Okada a fait du bon boulot... Autre info factuelle, l'Argentin Jose Pekerman (dont une partie de la presse japonaise avait annoncé à tort la nomination) ou les Néerlandais Marco van Basten et Ronald Koeman avaient été eux aussi pressentis pour entraîner les Soleils Levants. Coaches argentins et hollandais, soit les deux puissances exportatrices mondiales de sélectionneurs, ex-aequo avec le Brésil. Et pourtant, c'est un Rital (pas la peine de saisir le MRAP, on a mis une majuscule !) qui a eu le job. Un hasard ? Pas vraiment. Plutôt une tendance qui se dessine : le savoir-faire italien s'impose aussi petit à petit. Pourquoi ? Parce que !Techniciens italiens, la classe !Quand des sélections britanniques comme Irlande (Trapattoni) et l'Angleterre (Capello) appellent des Italiens, c'est que culturellement on va chercher ce qui manque chez soi. Une façon de se remettre à niveau à l'échelle mondiale. La griffe italienne s'impose donc. Écoutez Lippi : « C'est vrai que nous sommes plusieurs entraîneurs à disposer d'un bon crédit à l'étranger. Mais je crois que c'est la qualité d'ensemble des entraîneurs italiens qui est à souligner. Leur niveau moyen est très élevé. En Serie B ou C, on trouve ainsi d'excellents entraîneurs, avec un très bon bagage tactique et méthodologique. Et il y a surtout la Serie A : toutes les équipes disposent d'une excellente organisation de jeu, ce qui explique que même la lanterne rouge peut te poser des problèmes. Notre championnat n'est peut-être plus le plus beau du monde, mais il reste le plus dur, le plus disputé » . CQFD ? Allez ! Encore une louche avec Capello, prototype du coach italien qui gagne (même si en Afsud, l'Angleterre était aussi pathétique qu'un film de Célestin Burnin) : « D'abord, vous êtes là pour gagner. Si vous gagnez, les gens sont contents, à 100 %. Si vous avez bien joué, si c'était joli à regarder et que vous perdez, il est impossible que les gens soient heureux » . Et voilà pour le pourquoi du comment on va chercher du sélectionneur rital, dans le temps même où des grands clubs comme Chelsea ont mis un Ancelotti à sa tête. Qualité, tradition, rigueur tactique, efficacité : tous les ingrédients du foot moderne. Pour le “beau jeu”, engagez plutôt des Hollandais. A condition de (très) bien les payer... Donc, voilà, c'est sur la foi de cette réputation enviable qu'Alberto Zaccheroni a pu à son tour se voir attribuer un poste d'une sélection aujourd'hui plus négligeable du tout. Qui est Alberto Zaccheroni (57 ans) ? Un plutôt bon coach, qui a commencé sa carrière en 1983 dans des équipes de divisons inférieures. Adepte d'un schéma de jeu plutôt original en Italie (le 3-4-3, pratiqué par moments par le Barça, version Dream Team de Johann Cruyff). Zaccheroni s'était fait remarquer à la tête de l'Udinese (1995-1998), ce qui lui avait permis d'arriver au Milan AC (1998-2001) et d'y remporter le Scudetto 1998-1999 dès sa première saison. Ce seront ensuite la Lazio (2001-2002) et l'Inter (2003-2004). Après son limogeage du Torino en février 2007, il n'a plus entraîné jusqu'à son intérim à la Juve en remplacement de Ciro Ferrara, limogé le 29 janvier dernier. Udinese, Milan AC, l'Inter Milan, la Lazio Rome et la Juventus : y'a pire comme CV... Entraîneurs italiens, la tendance forte ?Donc voilà, avec Alberto Zaccheroni, l'Italie compte donc un sélectionneur de plus à l'étranger, outre Capello et Trapattoni. Un petit coup d'œil sur le passé pour se rappeler d'autres expériences “exotiques”. Giuseppe Dossena (2001) avait entraîné un temps du Ghana. Une aventure perturbée par des histoires de salaires qui s'achèvera avec la non-qualification de la Black Stars au Mondial 2002. Le grand Cesare Maldini était sur le banc du Paraguay (2001-2002). Du bon boulot puisque les Paraguayens avaient atteint les 8èmes au Mondial asiatique de 2002. Et l'avenir ? L'avenir c'est Marco Tardelli, adjoint du Trap en Irlande qui a pris l'intérim quand ce dernier a été opéré au mois d'août. Adjoint aujourd'hui, il pourrait éventuellement remplacer son mentor à la tête de la sélection irlandaise, ou voler de ses propres ailes avec une autre sélection, vu l'expérience et les pas trop mauvais résultats accumulés avec l'Eire (cf. la main de Thierry Henry...). S'il est à peu près certain à 99 % que Lippi n'entraînera plus nulle part (ceci dit, on ne sait jamais), il est acquis que Carlo Ancelotti prenne plus tard une sélection, après Chelsea. Ancelotti ne s'en n'est jamais caché, il souhaiterait beaucoup entraîner une grande nation africaine. Plus globalement, ces dix dernières années ont vu la montée en puissance des techniciens italiens, forts de leurs expériences marquantes en clubs, notamment en Angleterre. Après les Vialli ou Ranieri, il y a actuellement quatre Ritaux en Premier League : Ancelotti (Chelsea), Mancini (Manchester City) et Roberto Di Matteo (West Bromwich Albion). Il y a eu l'Espagne (Capello à Madrid), ou en Allemagne (Trappatoni au Bayern), voire en Ukraine et Russie (Nevio Scala au Spartak Moscou). Récemment, Fabrizio Ravanelli, major de "promo" des entraîneurs italiens en 2008 (à égalité avec deux autres anciens Azzurri, Alessandro Costacurta et Ciro Ferrara) avait émis le souhait de coacher un jour l'OM. Peut-être qu'il rejoindra plus tard une sélection... Enfin, joke ! Le dernier grand sélectionneur brésilien était... italien. Felipe Scolari ! Naaaaan, on déconne. Mais on déconne qu'à moitié ! Ayant toujours revendiqué ses racines italiennes, ce bon vieux Felipe rêve toujours de coacher un grand club transalpin. Si son rêve se réalise et qu'il gagne des titres, les portes de la Squadra s'ouvriraient-elles pour autant ? Jamais de la vie ! Hormis Helenio Herrera en 1966-67 (et encore, comme co-entraîneur, et citoyen “franco-argentin” et Italien de cœur mort à Venise), la Nazionale n'a jamais eu de sélectionneur étranger ! Faut pas déconner : les coaches sont italiens et le Vatican est à Rome.

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